Miklos
« Je donne mon avis non comme bon mais comme mien. » — Michel de Montaigne

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19 août 2016

L’abeille

Classé dans : Littérature, Nature, Photographie — Miklos @ 22:37


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«Aucun être vivant, même pas l’homme, n’a réalisé au centre de sa sphère ce que l’abeille a réalisé dans la sienne ; et si une intelligence étrangère à la nôtre» venait à demander à la terre l’objet le plus parfait de la logique de la vie, il faudrait lui présenter l’humble rayon de miel.

Maurice Maeterlinck, La vie des abeilles.

21 juillet 2015

Le grand lion et son petit chien

Classé dans : Littérature, Nature — Miklos @ 13:52


Heinrich Leutemann, „Von den großen Katzen. Menagerie-Bilder. Nr. 5”,
in Die Gartenlaube n° 18, 1863. Cliquer pour agrandir.

«Sous le règne de Guillaume III, roi d’Angleterre, tous les étrangers qui allaient à Londres se rendaient à la tour pour voir le grand lion et son petit chien ; l’affluence du peuple était si grande, que le garde se procura en peu de tems une petite fortune. Cet animal était si prodigieux, qu’on l’appelait le roi des lions. Tandis qu’il se promenait dans les étroites limites de ses États ; il était suivi par un joli petit épagneul noir qui gambadait autour de lui et souvent même le mordillait, tandis que le noble animal, avec un air de complaisance, baissait sa tête formidable, et se prêtait au badinage du roquet. Voici son histoire telle qu’elle a été racontée par le gardien :

Il était d’usage que ceux qui se présentaient pour voir les lions de la tour, lorsqu’ils ne voulaient ou ne pouvaient donner six sous, apportassent ou un chien, ou un chat comme une offrande à l’animal, au lieu d’argent. Un particulier ayant un jour apporté ce petit chien qu’il avait trouvé dans la rue, le jeta dans la cage du lion ; on vit cette petite bête, a demi morte de frayeur, renversée sur le dos, la langue hors de la gueule et les pattes en l’air, en un mot dans une attitude suppliante et semblant demander merci à un si redoutable maître. À ce spectacle le lion, loin de le dévorer ainsi qu’il avait fait des autres, se contenta d’abord de le regarder d’un œil grave, puis s’approchant doucement de lui, de le sentir, de le tourner tantôt d’une patte, tantôt de l’autre, et comme voulant caresser une espèce de joujou qui avait su lui plaire. Le gardien, aussi surpris que les spectateurs, alla chercher le dîner du lion ; alors on vit avec un surcroît d’étonnement ce redoutable animal se retirer dans le fond de sa cage les yeux fixés sur le petit chien, et l’invitant pour ainsi dire, à faire l’essai du met qu’on lui servait. L’épagneul enfin un peu remis de sa frayeur, et sentant son appétit réveillé par l’odeur de la bonne chère, s’approcha d’abord en rampant, et, quoique tremblant encore, se hasarda de manger un peu. Le lion alors s’approcha doucement, mangea avec le petit chien, et le repas finit entr’eux de la manière la plus amicale.

À dater de cet instant, le petit chien devenu cher à son souverain, s’apprivoisa tellement avec lui, que sa familiarité fut poussée au point de risquer de l’impatienter par ses aboiements, et quelquefois même par des morsures ; mais le magnanime lion, loin de jamais en paraître irrité se prêtait avec grâce à toutes les folies de son ami et semblait même l’en aimer davantage. Environ un an après, l’épagneul étant mort d’un poison qu’un autre gardien jaloux de la prospérité de son confrère, lui avait, dit on, administré, le lion d’abord parut croire que son favori dormait un peu trop longtemps, ensuite il le flaira à différentes reprises ; puis le retourna de tous cotés, et enfin, traversant sa cage d’un air inquiet et d’un pas précipité, il revint au petit animal le fixa d’un œil aussi tendre que douloureux, éleva sa superbe crinière et fit entendre un hurlement prolongé qui, pendant quelques minutes, affecta les cœurs de tous les assistant. On tenta sans succès d’ôter de dessous lui la carcasse du petit chien ; on lui offrit vainement les mets qu’il aimait le mieux : on lui jeta plusieurs autres petits chiens ; mais il les mit en pièces, ne voulut essayer d’aucun, et ses rugissements, ainsi que ses efforts pour briser les barres de sa cage, devinrent si terribles que ses forces s’étant insensiblement» épuisées, on le trouva mort le cinquième jour au matin, sur le cadavre de son petit ami. Ils furent enterrés ensemble et vivement regrettés.

Francis Benjamin Gardera, Le lecteur français de la jeunesse, ou Choix d’historiettes morales, anecdotes, fables en prose et en vers, &c, &c., Northampton (Mass), 1826.

1 mars 2015

Salon de l’agriculture 2015

Classé dans : Nature, Photographie — Miklos @ 16:10


Nos belles campagnes. Autres photos ici


Une vache bien de chez nous. Autres photos ici


Un membre de la famille Bush ? Autres photos ici


Cornu. Autres photos ici


Vachement primée. Autres photos ici


Arrière-trains. Autres photos ici

Que la paix soit avec vous.

23 décembre 2014

Life in Hell : bio c si bon que ça ?, ou, Horreur pour potage Aurore

Classé dans : Actualité, Cuisine, Nature, Santé — Miklos @ 17:40

Akbar veut refaire le délicieux potage Aurore dont il a trouvé la recette chez, il vous en donne mille, Ginette Mathiot, bien évi­demment. C’est une soupe de saison : potiron, tomates, pommes de terre, généreusement agrémentés de beurre, de crème fraîche, d’œuf et de tapioca comme il se doit pour toute bonne soupe d’hiver bien française destinée à tenir au corps et à réchauffer le cœur, à laquelle il rajoute, au moment de servir, du râpé au trois fromages (maasdam-emmental-mozzarella) et des croûtons. De quoi se pourlécher les babines.

Sans attendre, il se précipite chez son Bio C Bon favori ; c’est là qu’il se fournit en fruits et légumes qu’il pourra éven­tuel­lement consommer, crus ou cuits, avec leur peau (ah ! le citron confit, soupire-t-il d’aise), celle-ci n’étant pas saturée de produits chimiques de tous ordres destinés à les faire reluire aux yeux des consommateurs tout en tuant sans coup férir tous les insectes qui seraient attirés par ces fruits plus-que-parfaits.

Il se dirige vers le stand des légumes pour y prendre un morceau de courge musquée qu’il avait précédemment utilisé à cette faim fin. Quelle n’est pas sa surprise de constater que toutes les portions (emballées sous cellophane) de ce légume sont soit couvertes de tâches de moisissure, soit carrément liquéfiées (à tel point que le sol en est mouillé) ! Même la baguette de la marraine de Cendrillon n’aurait pu y remédier, et quant à s’en servir pour Halloween, c’est trop tard.

Horresco referens, Akbar interpelle un vendeur et lui montre ce désastre. Celui-ci lui répond qu’on avait dû oublier de s’en occuper ce matin-là. Akbar se dit in peto que cette explication ne tient pas la route : d’évidence, cela fait plusieurs jours que les tranches de ce pauvre légume avaient dû séjourner à l’étalage pour être dans cet état de décom­position avancée. Le vendeur rajoute qu’il va chercher un cageot de remplacement : ce sont des courges reçues et emballées ce matin-même, précise-t-il italiquement.

Quelques longues minutes passent, les courges présumées fraîches sont apportées. Akbar examine de plus près le contenu du nouveau cageot, et constate que toutes les portions portent une date d’emballage remontant à six jours en arrière et une date limite du surlendemain. Il en déduit que le magasin a conservé ces courges autrefois fraîches dans ses réfrigérateurs pour les mettre à la disposition du public juste avant qu’elles ne pourrissent à leur tour.

Akbar se dit alors pensivement qu’il ne suffit pas qu’on affiche un label bio pour que ce qui le porte soit de qualité. Il commence à se demander si tout le reste de la chaîne alimentaire dans ce magasin fait ainsi fi des principes d’hygiène : se peut-il que d’autres produits qui s’y vendent soient avariés sans que cela soit visible à l’œil nu ?

Si c’est le cas, il ne lui reste comme alternative que d’en faire pousser sur son rebord de fenêtre.

Quelques jours plus tard, Akbar retourne au magasin en question. Par curiosité, il jette un œil aux courges musquées. Il constate que ce sont celles qui avaient remplacé le cageot avarié : même date d’emballage, même date limite de consommation. Or cette dernière est dorénavant dépassée de deux jours. Akbar n’est pas vraiment surpris. Il le signale à un vendeur qui s’empresse d’enlever le cageot.

À ce jour, Akbar n’a pas reçu de réponse à la lettre de réclamation qu’il avait envoyée à la chaîne après avoir trouvé les courges avariées. Akbar n’est pas vraiment surpris. Par acquis de conscience, il en envoie une seconde dans laquelle il relate ce nouvel épisode, avec copie cette fois à la direction départementale de la protection des populations.

Jeff et Akbar sont les personnages d’une série de bandes dessinées de Matt Groening, qui est aussi le père de la fameuse – et infâme – famille Simpson.

17 décembre 2014

Animaux de Paris. Le serval.

Classé dans : Nature, Peinture, dessin, Photographie — Miklos @ 0:24

Street art. Autres photos ici.
À propos de l’artiste.

«Serval (le), que les habitants du Malabar appellent maraputé, est un animal sauvage et féroce, plus gros que le chat sauvage et un peu plus petit que la civette de laquelle il diffère en ce que sa tête est plus grosse et plus ronde relativement au volume de son corps, et que son front paraît creusé dans le milieu.

Il ressemble à la panthère par les couleurs du poil qui est fauve sur la tête, le dos, les flancs, et blanc sous le ventre, et aussi par les taches qui sont distinctes, également distribuées et un peu plus petites que celles de la panthère ; ses yeux sont très brillants, ses moustaches fournies de soies longues et raides ; il a la queue courte, les pieds grands et armés d’ongles longs et crochus.

On le trouve dans les montagnes de l’Inde ; on le voit rarement à terre et il se tient presque toujours sur les arbres où il fait son nid et prend les oiseaux, desquels il se nourrit ; il saute d’un arbre à un autre avec tant d’adresse et d’agilité, qu’en un instant il parcourt un grand espace et ne fait, pour ainsi dire, que paraître et disparaître.

Malgré sa férocité, il fuit à l’aspect de l’homme, à moins qu’on ne l’irrite, surtout en dérangeant sa bauge, car alors il devient furieux, il s’élance, mord et déchire à peu près comme la panthère. La captivité, les bons ou mauvais traitements ne peuvent ni dompter ni adoucir la férocité de cet animal qui nous paraît être le même que le chat tigre du Sénégal et du cap de Bonne-Espérance, et le même encore que le chat-pard décrit par MM. de l’Académie. Ce chat-pard ne diffère du serval que par de longues taches qu’il a sur le dos, et les anneaux qu’il a à la queue, caractère qui manquent au serval ;» mais cette différence est trop légère pour qu’on puisse douter de l’identité d’espèce de ces deux animaux.

Encyclopédie méthodique. Histoire naturelle des animaux Chez Panckoucke. Paris, 1782.

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