Miklos
« Je donne mon avis non comme bon mais comme mien. » — Michel de Montaigne

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16 juillet 2017

« Elle (la sagesse) sait mêler les jeux et les ris avec les occupations graves et sérieuses. »—Fénelon, Télémaque, livre VIII.

Classé dans : Langue, Littérature — Miklos @ 9:38

Gratification

«Il y a des seigneurs et des magistrats à qui vous ne pouvez parler sans avoir essuyé les caprices du portier, d’un premier laquais qui est à l’entrée de l’appartement, et d’un valet-de-chambre qui est de garde à la porte du cabinet. Tous ces petits messieurs vous repoussent avec une fierté insolente ; sourds à vos compliments, ils ne prêtent l’oreille qu’au son des espèces.

Le comédie Mézetin, voulant présenter un ouvrage de sa composition au duc de ***, fut d’abord rebuté par le portier. « Monsieur, lui dit-il fort honnêtement, je dois être récompensé d’un ouvrage que je dédie à monsieur votre maître : laissez-moi entrer ; je vous promets, foi d’homme d’honneur, le tiers de ce qu’il me donnera. » Le portier, humanisé, lui dit : « Passez, monsieur : je vous crois homme de parole. » À l’entrée de l’appartement, il eut un nouvel assaut avec le laquais ; mais il le gagna par la même voie, en lui promettant un autre tiers de la récompense. Parvenu à la porte du cabinet, il est aux prises avec le valet-de-chambre, et ce n’est que par la promesse du dernier tiers qu’il parvient à l’attendrir.

Le voilà enfin dans ce cabinet si difficile à atteindre ; il fait son compliment et son présent au duc, qui lui dit : « Mézetin, je ressens vivement l’hommage que vous me faites : j’estime infiniment l’ouvrage et l’auteur. Je veux que vous me demandiez vous-même la récompense que vous souhaitez : je vous déclare que je ne la limite point.—Hé bien, monseigneur, répondit l’auteur, je vous demande cent cinquante coups de bâton.—Quel est donc le but de cette plaisanterie ? » reprit le duc. Mézetin lui raconta à quel prix il avait attendri son portier, son laquais, son valet-de-chambre. « Vous voyez bien, poursuivit-il, monseigneur, que, n’ayant aucune part à la récompense, je n’aurai que le plaisir de voir châtier ceux qui m’ont contraint de me relâcher de ma prétention. » Le duc, ayant ri de tout son cœur, fit la mercuriale à ses gens,» et donna un présent à la femme de ce comédien, afin qu’il en pût profiter sans violer sa parole.

A. Roy, Le Narrateur français ; or, a selection of anecdotes, repartees, & characters, in the French tongue, printed with two new orthoepic signs, in order to facilitate the attainment of a correct and elegant pronunciation ; To which are annexed, Premiminary Grammar Principles, an Interpretative Index, and a Free Translation of the first Anecdotes,—by which means, the Text can be critically understood without any other assistance: The whole being executed on an Original Plan, and adapted to the use of Adults. London, 1827.

9 juillet 2017

Détails

Classé dans : Arts et beaux-arts, Peinture, dessin, Photographie — Miklos @ 21:06


Antinoüs Mondragone. Vers 130 après J.-C. Cliquer pour agrandir.


Achille chez le roi Lycomède. Vers 240 après J.-C. Cliquer pour agrandir.


Achille chez le roi Lycomède. Cliquer pour agrandir.


Giovanni Bellini : La Vierge et l’Enfant entre saint Pierre et saint Sébastien. Vers 1487.
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Domenico Ghirlandaio : Portrait d’un vieillard et d’un jeune garçon. Vers 1490.
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Carlo Braccesco : L’Annonciation. Vers 1490-1500. Cliquer pour agrandir.


Orazio Samacchini (1532-1577) : Mercure ordonne à Énée d’abandonner Didon.
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Tiziano Vecellio, dit Titien : Les Pèlerins d’Emmaüs. Vers 1530. Cliquer pour agrandir.


Véronèse : Les Noces de Cana. 1562-1563. Cliquer pour agrandir.


Louis David : Les Sabines. 1799. Cliquer pour agrandir.

►►► Autres photos ici.◄◄◄

28 mai 2017

Culture et communication à la Mairie de Paris

Classé dans : Actualité, Arts et beaux-arts, Langue, Progrès, Sciences, techniques — Miklos @ 17:41

Madame Hidalgo
Maire de Paris
Mairie de Paris
 
Paris, le 27 mai 2017.

Madame la Maire,

En passant en fin de matinée le vendredi 26 mai devant la mairie du premier arrondissement, j’ai contemplé l’accrochage de Miroslav Sekulic-Struja sur ses grilles. La pancarte qui parle de l’œuvre et de l’artiste y parle d’un ouvrage, « Renée Magritte Vu par... » (pancarte que j’ai prise en photo). Or comme vous devez le savoir, il s’agit de René Magritte.


Cliquer pour agrandir.

J’ai voulu le signaler aussitôt. Le gardien à l’entrée de la mairie m’a dit qu’il n’y avait personne pour ce faire…

J’ai alors voulu le signaler sur le site de la dite mairie : à la fin de la saisie, le site me répond invariablement que « Les caractères : <, >, #, « , & sont interdits dans les champs de saisie !  » Or mon message ne comportait aucun de ces caractères (j’avais même supprimé les guillemets partout).

En désespoir de cause, je me suis rendu sur le site de la Mairie de Paris, pour vous déposer le message ci-dessus dans le formulaire de contact qui s’y trouve. Et voilà que je reçois cet « accusé de réception » n° Ref417095 par courriel :


Cliquer pour agrandir.

et pourtant c’était ce que je venais de faire !

Je trouve cette conjonction de problèmes – culturel et commu­ni­ca­tionnels – bien désolante. À toutes fins utiles, je précise qu’étant infor­ma­ticien je sais en général me servir des outils de commu­ni­cation disponibles sur l’internet (quand ils fonctionnent correctement).

Veuillez accepter, Madame la Maire, l’expression de mes salutations distinguées.

23 avril 2017

“Nonnegotiable”

Classé dans : Actualité, Littérature, Politique, Société — Miklos @ 13:43


Some of the words ending in ism. Click to enlarge.

Two poems by Karl Jay Shapiro (1913-2000), quite relevant this very day of national elections in France and during the whole campaign that preceded it.

ISMs

The liberal is your true undying friend
But disagree with him and that’s the end.

The radical, however, claims no friend
Except his catechism, which can bend.

In the revolution there are always cracks:
The Communists killed Trotsky with an ax.

The guns of the Idealists are red-hot:
Whoso commits nonviolence is shot.

Sestina: Of the Militant Vocabulary

The first word you must know is relevant,
The qualifier of experience.
Relevant experience of the revolution,
For instance, trains you to confront the pigs,
The first defense line of the power structure,
Which guards insidiously the Establishment.

What we are after is the Establishment,
Which acts as if we are not relevant
And forces us to wreck the power structure.
This confrontation is an experience
Not only for the people but for the pigs
Whom we’ll win over in the revolution.

When we make love we make the revolution,
As war is made by the Establishment,
For in our confrontation with the pigs
We prove to them that they’re irrelevant
And immaterial to the experience,
Which in itself can wreck the power structure.

The military-industrial power structure,
A major target of the revolution,
Must also be a sexual experience.
To expose the symbols of the Establishment
Expose yourself—it’s highly relevant
And absolutely petrifies the pigs.

In our utopia there will be no pigs
And no remains of any power structure
Except what we decide is relevant;
And what is relevant but revolution?
We spell the death of the Establishment,
Which will probably welcome the experience.

Meanwhile, experience the experience;
Demand, demand, and overwhelm the pigs
Till we in fact are the Establishment
And constitute a groovy power structure.
Remember the slogan of the revolution:
Now is forever; Now is relevant.

While pigs perpetuate the power structure,
Baby, be relevant to the revolution
Till we experience the Establishment.

11 décembre 2016

Qu’ont André Comte-Sponville et Guy Bedos en commun ?

Classé dans : Littérature, Médias, Philosophie — Miklos @ 17:47


« Il m’arrive de m’abriter derrière l’humour pour supporter des choses qui pourraient me faire mal. Vous savez, je suis très fidèle à une phrase du philosophe Kirkegaard qui avait écrit “L’humour est la politesse du désespoir”. » (Guy Bedos)

Dans un article de Philomag du 2/10/2013, l’un écrivait : « L’humour, disait Boris Vian, est la politesse du désespoir. » L’autre attribuait aujourd’hui même, sur France 2 lors du « 13h15 Le Dimanche, Les humoristes politiques », cette citation à Søren Kirkegaard, d’un air doctement profond (cf. copie d’écran ci-dessus).

Soit dit en passant, on peut comprendre leurs choix respectifs : pour le premier, on l’imagine mal sur la 2e marche du podium des philosophes, et pour le second, rien de plus valorisant que de citer le philosophe de la vérité de l’existence individuelle et de la subjectivité. La classe, quoi. Surtout dit avec un tel sérieux.

Et justement, même en français (à vrai dire je ne comprends pas le danois, moi ; Bedos peut-être oui), ça me semblait un peu, comment dire, idée reçue ? « Cherchez et vous trouverez », a dit Jacques Lacan (qui cherchait dans les profondeurs), pardon, non, Irène Joliot-Curie (première sous-secrétaire d’État chargée de la recherche), zut, non plus, ah, c’est celui, là, qu’avait qu’un cheveu sur sa tête.

J’ai donc cherché et ai trouvé cet article de Jérôme Garcin, qui dit de Dominique Noguez, « excellent écrivain, qui tient à la fois de l’égyptologue et du détective privé » et auteur de La Véritable origine des plus beaux aphorismes (Payot) :

Il rend, par exemple, à Chris Marker, cette magistrale définition de l’humour : « la politesse du désespoir », que d’aucuns attribuaient à Hugo, Wilde, Duhamel, Vian, Valéry, voire Churchill. L’enquête d’authen­ticité menée par l’inspecteur Noguez fait six pages, elles sont dignes d’un mini-polar.

Et maintenant, attribuée à Kirkegaard aussi, grâce à Bedos. Mais comme le disait si justement celui-qu’a-qu’un-ch’veu, « Il faut rendre à César ce qui est à César », ce que nous illustrerons ainsi :


César : Compression Renault

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