Miklos
« Je donne mon avis non comme bon mais comme mien. » — Michel de Montaigne

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1 octobre 2016

Les envahissantes religions à la Fnac

Classé dans : Religion — Miklos @ 14:03


Cliquer pour voir en détail l’ouvrage
placé au-dessus du panneau « Judaisme » (sic).

Comme on peut l’apercevoir ci-dessus, le – petit, tout petit – rayon consacré au judaisme (sic) à la Fnac des Halles comprend principalement des livres traitant de l’islam et du christianisme.

Quand j’en ai fait la remarque à un vendeur de la dite FNAC, il m’a répondu : « Oui ».

27 août 2016

La liste de diffusion : un média de communication comme un autre

Classé dans : Sciences, techniques, Société — Miklos @ 21:10

(source)

Une liste de diffusion est un dispositif infor­matique sur l’Internet comprenant essen­tiel­lement une adresse élec­tro­nique et des abonnés. Chaque abonné (et pour certaines listes, pas que des abonnés) qui envoie un message à cette adresse le voit être auto­ma­ti­quement retransmis aux adresses élec­tro­niques de tous les autres abonnés. Ce dispo­sitif permet donc à ses abonnés d’échanger sur un sujet d’intérêt commun : le propos de la liste.

Chaque abonné peut se désinscrire de la liste, en général en envoyant un message type à une adresse distincte de celle utilisée pour y envoyer des contenus, et/ou sur un site destiné à gérer la liste.

Chaque liste a, en principe, un ou des administrateurs chargés de veiller à son bon fonc­tionnement. Ce sont eux qui déter­minent le degré d’ouverture de la liste : est-ce que les messages doivent être validés par eux avant d’apparaître sur la liste (on dit alors que la liste est « modérée », un anglicisme de plus) ou non ; est-ce que la liste est ouverte aux messages provenant de non abonnés ou non, etc. Une adresse générique de mail (différente des deux autres) est attri­buée à l’ensemble de ces mo­dé­rateurs que l’on peut joindre indé­pen­damment.

Ce texte, écrit après une « crise » dans une liste de dif­fusion spé­cia­lisée consa­crée à la com­mu­ni­cation et aux médias, se voulait une cri­tique rai­sonnée et raison­nable de ce qui s’y était passé. Il n’y a pas été (encore ?) validé par le(s) ges­tion­naire(s) de la liste 24 heures après son envoi.

Ouverte auparavant à tous (non modérée), cette liste autre­fois assez léthargique – moins d’une demi douzaine de messages depuis janvier – a vu soudain s’y diffuser plus de 70 mes­sages en quelque 12 heures, et puis silence total : appa­rem­ment main­tenant modérée et muette comme une tombe, elle a dû être verrouillée par ses admi­nis­trateurs sans l’annoncer aux abonnés, effet boomerang si commun en politique : après le laxisme, le tour d’écrou.

La récente poussée de fièvre sur cette liste de diffusion consacrée à l’« histoire de la com­mu­nication – temps médias société » par le groupe éponyme de Sciences Po. et en relation avec la revue Le Temps des Médias, pourrait faire l’objet d’une étude scientifique (ou d’un article dans leur revue ?), ce que ce billet ne se targue pas d’être. Son auteur ayant déjà assisté à un phénomène quasi identique sur une autre liste – bien plus technique dans son propos – il tente de faire ici un bref résumé des événements assorti de quelques réflexions post liminaires.

___

C’est le 25/8 à 20h32 que l’épidémie s’est déclarée, lors d’un message envoyé à la liste demandant d’en désabonner son auteur, alors qu’il aurait dû être envoyé à l’adresse destinée à gérer les abonnements (ou à passer par son site). Un second message – qui y faisait référence (puisque son contenu se résumait à « Moi aussi ») – est arrivé 5 minutes plus tard, et puis la cadence et le nombre de demandes se sont accélérés. Le dernier message (public) demandant d’être désinscrit est arrivé le lendemain à 9h28.

Des plus de 70 messages échangés sur la liste au cours de cette épidémie de relativement courte durée mais parfois intense (au vu des majuscules et points d’exclamation) – l’auteur de ces lignes, un abonné parmi d’autres, en a fait le décompte exact – 45 demandaient qu’on les désabonne, 6 indiquaient comment le faire soi-même, et le reste contenait des demandes de non désabonnement, des commentaires sur ce phénomène (allant du « Que se passe-t-il ici ? » à des demandes insistantes de ne plus encombrer les boîtes mail de tous et même un « Bonjour Edgar » à vous-savez-qui). Enfin, un seul message concernait le propos de la liste (et non son fonctionnement) : il s’agissait d’un appel à communications pour un numéro futur d’une revue, appel probablement noyé dans le bruit et la fureur.

Voici la répartition horaire des deux catégories de message les plus pertinentes : les demandes de désabonnement, et les instructions pour ce faire :

Heure
d’envoi
 

Demandes
de désabonnement

Instructions
pour se désabonner

20-21

2

21-22

12

2

22-23

6

2

23-00

1

00-01

0

01-02

1

02-03

1

03-04

1

04-05

0

05-06

1

06-07

1

07-08

4

08-09

10

2

09-10

7

Total

45

6

On pourrait se poser quelques questions :

Pourquoi ces demandes sont-elles parvenues à la liste – et donc à tous les abonnés ?

Il y a deux explications possibles : l’une, c’est que le pied-de-page de chaque message diffusé sur la liste indique (fort ma­len­con­treu­sement – c’est l’un des reproches que l’on peut faire à la façon dont est configurée cette liste) que pour ce faire « il suffit de le signaler par retour de mail. » Faux : « on » aurait dû y indiquer soit l’adresse mail des administrateurs, soit une procédure de désa­bon­nement automatique. La première réaction du destinataire moyen de ces messages – et la réactivité est une des carac­té­ristiques de ce phénomène – est de suivre litté­­ra­­lement cette directive, et donc d’envoyer une demande de désinscription à la liste et donc à tous ses abonnés que cela n’intéresse absolument pas.

Mais on est en droit de se demander comment il se fait que des personnes intéressées souvent professionnellement par les médias (sinon pourquoi s’abonner à cette liste ?) ne connaissent pas les bases du fonctionnement des listes de diffusion, qui existent depuis belle lurette. Celles-ci comprennent en général deux adresses : l’une utilisée pour permettre à chaque abonné de communiquer avec tous les autres abonnés, et l’autre pour communiquer avec les gestionnaires (humains ou automatiques) de la liste. Ce qui se passe dans l’office de la cuisine ne doit pas déborder dans le salon, Madame Michu.

Or là c’est ce qui s’est passé. Il aurait dû être évident à tout usager d’une liste qu’envoyer une demande de désinscription à la liste l’enverrai à tous ses abonnés, tout en n’atteignant pas forcément son but, et ayant pour double effet celui de la contamination (on en reparlera) et de l’exaspération, avec à la clé d’autres demandes de désinscription. Un tel usager utiliserait alors son moteur de recherche favori pour trouver comment le faire – il lui aurait suffi d’un clic en l’occurrence pour trouver le site de gestion de la liste comprenant une page pour se désinscrire.

Quand bien même les participants à cette foire d’empoigne n’auraient pas été au fait des modalités de désinscription de listes de diffusion, pourquoi ont-ils persisté à y envoyer des messages, tout en étant eux-mêmes inondés par les demandes précédentes ? Il s’agit probablement d’une combinaison de mimétisme de foule (il est plus facile de lancer un moi aussi que de réfléchir à une solution prag­ma­tique) à l’emprise croissante du passionnel, de la réactivité et de l’instan­tanéité sur le rationnel et sur la réflexion posée (phéno­mène commun dans les commu­nications électroniques), avec pour consé­quence une atmosphère qui ressemble plus à des criailleries d’enfants trépignant de dépit dans une cour de récréation qu’à une société savante.

O tempora ! O mores !

Pourquoi se désinscrire ?

Avant ce big bang, la liste était particulièrement calme : on a compté moins d’une demi-douzaine de messages pertinents envoyés depuis janvier, ce qui en fait moins qu’un par mois.

Il est plausible qu’une partie des abonnés s’y soient inscrits sans trop connaître le propos de cette liste, ou, avec le temps, s’en soient désintéressés. Un des abonnés, bardé de titres, a même envoyé un message virulent à l’auteur de ce message (après qu’il ait indiqué en public comment se désinscrire) le critiquant pour l’y avoir inscrit sans qu’il l’ait demandé, une autre a parlé d’« abonnements d’office ».

La rareté des messages jusqu’à hier était telle que le « bruit » qu’ils généraient pour ces personnes était sans doute négligeable. Mais avec le début, puis le nombre croissant, de messages de désinscription a rendu ce bruit insupportable, probablement même pour ceux qui étaient réellement intéressé par le propos de la liste, devenu inaudible.

Enfin, on ne peut ignorer aussi l’effet d’entraînement dans une foule, aussi virtuelle soit-elle (par exemple le nombre de clics « J’aime » sur un item vous-savez-où, souvent sans trop savoir de quoi il s’agit vraiment).

Pourquoi continuer à envoyer des demandes publiques de désinscription après l’arrivée des messages qui expliquaient comment le faire ?

Il semblerait que ce soit dû aux intitulés (ligne « Sujet ») de certains de ces messages. Le tout premier qui expliquait comment se désinscrire est arrivé à 21h26, une petite heure après le début des événements et après que 8 demandes soient parvenues à la liste. Portant comme intitulé « Re : me désabonner de la liste Temps media. » comme tous les messages qui le précédaient et qui avaient demandé une désinscription, il se peut que les personnes intéressées à le faire ne l’aient même pas ouvert pour le lire et aient ainsi loupé l’occasion de se taire en public.

Soit dit en passant, un quart d’heure plus tôt (donc à 21h10, après l’apparition des quatre premières demandes) l’auteur de ces lignes avait envoyé à la liste un message intitulé « Comment se désabonner sans envoyer votre message au monde entier » dans lequel il expliquait comment le faire. Ce message n’est jamais parvenu à la liste, l’adresse d’émission n’étant pas la bonne… et le moteur de la liste n’ayant pas renvoyé un message d’erreur ou de transmission au modérateur (deuxième problème de configuration de la liste).

Quoi qu’il en soit, il semblerait que ce soient deux messages, envoyés à quelques minutes près vers 8h30 qui aient finalement attiré l’œil de ceux qui souhaitaient quitter la liste (pour autant qu’il y en avait encore…), intitulés respectivement « POUR SE DESABONNER SANS POLLUER » et « Arrêtez svp d’envoyer ces messages en rafale sur cette liste pour demander inutilement à vous désabonner, il y a un autre moyen… » qui aient fait de l’effet, quoiqu’au ralenti : 11 demandes de désabonnement sont arrivées dans l’heure qui a suivi ces deux messages : elles font en fait suite (« réponse ») à des demandes de désabonnement arrivées dans la boîte aux lettres de ces personnes avant les deux messages en question.

Ceci soulève l’intéressante question de l’arborescence des messages (qui répond à qui) qui, en général, n’est pas affichée dans nombre d’applications de lecture de mail qui en font une présentation linéaire qui réduit parfois ad absurdum les « fils de sens » qui se ramifient graduel­lement et peuvent parfois diverger consi­dé­ra­blement tout en s’affichant dans une séquen­tialité temporelle qui les mêle tous.

À quoi servent les intitulés des messages ?

On peut se le demander, par exemple à la lecture d’un message dont l’intitulé est « me désabonner de la liste Temps media » et le contenu « Idem ». On en déduirait que son auteur souhaite quitter la liste ? Eh bien non, il répondait à un précédent message portant le même intitulé, mais dont le contenu indiquait explicitement que son auteur souhaitait rester sur la liste…

Le plus curieux intitulé dans ce lot aura été sans doute « La Gratuité à quel prix ? », et dont le contenu était « Veuillez me désabonner de votre liste ». L’auteur « répondait » en fait à un message datant de… mars 2015 et annonçant la publication d’un ouvrage sur ce thème.

Le plus curieux contenu aura été le mail privé qu’a reçu l’auteur de ce texte en réponse à son message public expliquant comment se désinscrire, et qu’on ne résiste pas à citer (en omettant l’auteur et sa bardée d’une demi-douzaine de titres universitaires) :

La faute est à vous. Je n’avais nullement demandé d’être inscrit sur votre liste. Et, ayant répondu aux instructions affichées pour m’en désabonner, apparemment c’est à moi maintenant de perdre encore plus de temps à suivre vos instructions pour trouver un autre moyen de le faire. Vous exagérez.

Il est amusant de constater qu’une telle sommité n’avait pas compris que l’auteur n’était qu’un des usagers exaspérés par ce bruit et cette fureur et qui, au lieu de crier « Moi aussi » avait préféré répondre à la profonde détresse de l’abonné-malgré-lui et de celui-ne-sachant-pas-comment-faire.

Et l’administration de la liste, alors ?

On peut se le demander, mais on n’a pas de réponse. Tout ce qu’on peut dire, c’est qu’une liste de diffusion, aussi sérieux que soit son propos, ne peut fonctionner sans que quelqu’un garde un œil sur ce qui s’y passe. On n’est pas dans une cour de récréation, tout de même…

— Un abonné qui résiste encore à la vague (de désinscriptions).

Post-scriptum 1

Après avoir écrit ce texte, son auteur l’a envoyé à la liste. Oh surprise ! En retour, il reçoit une notification que son message a été transmis aux modérateurs, ce qui n’était pas le cas quelques heures avant, quand il y avait envoyé un message indiquant comment se désinscrire : ce dernier y avait été automatiquement retransmis et, on l’espère, aura contribué à la baisse des demandes publiques de désincription..

On imagine donc qu’un administrateur a finalement vu ce qui se passait, et a changé le mode opératoire de la liste, de « non modérée » à « modéré », avec pour conséquence que tout message qui y est envoyé doit forcément être validé avant sa rediffusion. Or depuis 8h51, la liste est muette.

Quant bien même ce serait le cas, on se demande pourquoi ils n’ont pas (encore ?) autorisé la retransmission de ce texte-ci.

Post-scriptum 2

Tout vient à point à qui sait attendre : un courriel personnel envoyé trois jours plus tard par la modération – qui, non connectée durant les quelques heures en question, avait sans doute dû éplucher la centaine de messages publiée sur la liste durant ces douze heures – a, entre autres, indiqué que la configuration de la liste avait changé de modérée à non modérée, pour une raison encore inconnue, ce qui avait causé son emballement (soit dit en passant, on comprend maintenant la raison du pied-de-page indiquant que, pour se désinscrire de la liste, il suffit de le demander en répondant à un message quelconque, cette réponse devant parvenir à la modération).

Ce qui soulève la question de la « nécessité » (sociale et/ou technique) de la connectivité permanente – les modérateurs de la liste auraient-ils dû surveiller la liste 24 heures sur 24 pour le cas où « la machine » se serait détraquée ? (on pense à Metropolis, aux Temps modernes ou à Mon Oncle) – voire uni­quement pour modérer instan­ta­nément les messages envoyés à cette liste en général si calme ? On est bien dans l’ère de l’emprise de la réaction sur la réflexion dont on a parlé plus haut.

Ô temps, suspends (un peu) ton vol !

20 août 2016

Faut-il que vous soyez voussoyé ?, ou, Des bienfaits de la douche

Classé dans : Langue, Littérature — Miklos @ 16:22


Article du Trésor de la langue française. Cliquer pour agrandir.

«Il n’est personne, peut-être, qui n’ait souri, sans grande réflexion, en lisant que Buffon n’écrivait qu’en habit de velours avec des manchettes de dentelles.

On connaît moins une femme de la cour, à peu près contemporaine de Buffon, qui rendait à l’amour le culte que Buffon rendait à la nature et à la muse, et qui n’écrivait pas à son amant qu’elle n’eût fait sa toilette complète, et ne se fut mise en grande parure.

Eh bien, je pensais, il n’y a qu’un instant, que nous faisons tous un peu comme Buffon et comme cette chère et dévote femme, et que la plume à la main, il est rare que nous ne nous imposions pas la gêne de certaines conventions, de certains préjugés, etc.

Par exemple, en commençant cette lettre, mon bon, mon vieux, mon illustre camarade, je me suis demandé s’il serait bienséant de te tutoyer, comme nous avons l’habitude de le faire mutuellement depuis un peu plus d’un. demi-siècle.

Il y a, dans la politesse convenue; de singulières nuances. — La question n’en serait pas une, si j’écrivais en vers. — On tutoie en vers des gens qu’on ne s’aviserait pas de tutoyer en prose.

Grand Roi, cesse de vaincre, ou -je cesse d’écrire,

disait Boileau à Louis XIV.

Prends ta foudre, Louis, et va, comme un lion,

etc., disait Malherbe à Louis XIII.

Les Anglais tutoient Dieu, et je crois qu’ils ne tutoient que Dieu.

C’est du reste un singulier usage que le vousoiement par lequel on parle à an homme comme s’il était plusieurs. J’en ai trouvé le sens et dans Cicéron et dans Mme de Sévigné.

« II y a eu, dit Cicéron, quatre Jupiter — quatre Mercure et six Hercule — et on a attribué à un seul et même de ces personnages les actes plus ou moins réels appartenant à tous ceux qui portaient le même nom. »

Mme de Sévigné, parlant à sa fille d’un de leurs amis qui s’appelait je crois d’Hacqueville.

Je dis : je crois, car j’écris à Saint-Raphaël hors de ma maison, sur une table d’ardoise et sous des rosiers en fleurs le 20 janvier et tu me pardonneras de citer de mémoire pour ne pas me déranger.

Mme de Sévigné dit que cet ami est si obligeant, si dévoué, si actif, qu’il rend si vite un si grand nombre de petits services, qu’on ne peut les attribuer à un seul homme, et qu’on l’appelle « les d’Hacqueville ».

Dire vous à une femme ou à un homme signifie :

O femme, tu offres à mon admiration tant de beautés, de grâces et de charmes, que c’est trop pour une seule mortelle, trop pour une seule déesse; tu réunis les perfections des plus belles et des plus séduisantes ; tu es à la fois Vénus, Junon et Pallas et je vous adore toutes trois en une seule.

O homme, tu es si brave, si noble, si généreux, si savant, si spirituel, si éloquent — tu réunis en toi des vertus et les qualités si diverses qu’on ne peut les attribuer à un seul homme — que je vois en toi Hercule, Jupiter, Decius, Voltaire, Rousseau,» etc., — je vous présente mes respects.

[…]

Alphonse Karr, « Lettres de Saint-Raphaël. IV. À Monsieur Ernest Legouvé, de l’Académie française », in Le Figaro, journal non politique, 21 janvier 1877, p. 1.

1 août 2016

La Prusse dans l’Ancien Testament

Classé dans : Géographie, Histoire, Peinture, dessin, Religion — Miklos @ 14:38


Hans Holbein (1497 ?-1543) : Esther intercède auprès du roi de Prusse [sic] Assuérus pour le peuple juif. Bibliothèque municipale de Lyon (source).
Cliquer pour agrandir.

La bibliothèque municipale de Lyon détient une belle gravure du grand Hans Holbein, intitulée : « Esther intercède auprès du roi de Prusse Assuérus pour le peuple juif », pourtant bien classifiée (entre autres) comme « personnage de l’Ancien Testament ».

On ne peut qu’en conclure que la Prusse existait déjà en ces temps révolus ou que le catalogueur aimait bien faire des vers (sans en avoir l’air) . On n’ose imaginer qu’il ait confondu Prusse et Perse (quel beau lapsus calami !), contrées si lointaines géographiquement et tempo­rel­lement bien que proches alphabétiquement.

12 mars 2016

Ouille ouille ouille ! Dire qu’une seule lettre, une seule, fait toute la différence…

Classé dans : Langue, Musique — Miklos @ 15:32

Bouille. Ancienne mesure de capacité pour le vin. Hotte pour la vendange. Mesure de charbon de bois. Bidon à lait. Ventre, panse. Longue perche dont les pêcheurs se servent pour remuer la vase et troubler l’eau, afin que le poisson entre plus facilement dans les filets. Marque de plomb apposée sur les pièces de drap et d’autres étoffes déclarées au bureau des fermes du roi ; droit payé pour l’apposition de cette marque. Tête, expression du visage. (TLFi)

Couille. Bijou de famille. (TLFi) Il y a bien cette chanson… on vous laisse la trouver.

Douille. Partie d’un instrument ou pièce de métal, creuse et généralement cylindrique, destinée à recevoir une tige, à assembler deux pièces, ou à servir de manche, de poignée. Tube cylindrique, de cuivre ou de laiton destiné à recevoir le culot d’une lampe électrique ou les broches terminant le culot d’un tube électronique et à assurer la connexion avec le circuit d’alimentation. Tube cylindrique qui contient l’amorce et la charge explosive d’une cartouche pour arme à feu. Instrument de forme conique adapté à une poche de toile forte, qui sert à former un ruban de crème dont on décore les pâtisseries. Argent. (TLFi)

Fouille. Excavation pratiquée dans le sol. Action d’examiner minutieusement l’intérieur d’une chose ou les vêtements d’une personne pour y trouver ce qui peut y être caché. Poche d’un vêtement. (TLFi)

Gouille. Boue, mare, fondrière. Lac, mer. (TLFi)

Houille. Combustible solide résultant de la fossilisation de végétaux au cours des temps géologiques, et qui se présente en gisements. Charbon. (TLFi)

Jouille. L’Officiel annonçait, il y a quelques jours, la nomination dans l’ordre de la Légion d’honneur d’un simple préposé des douanes nommé Jouille. Entre autres états de service, Jouille a tenu en échec, tout seul, dans les montagnes du Jura, une troupe de contrebandiers commandée par le fameux Paul Rabbe, dit le Malin, et plus connu encore sous le nom de Nul-s’y-Frotte. Lorsque les secours arrivèrent, la bande avait disparu, mais Jouille avait déjà fait deux prisonniers. (Le Voleur illustré, cabinet de lecture universel. Paris, 10/1/1873)

Mouille. Creux dans le lit à fond mobile d’un cours d’eau, localisé le plus souvent au sommet de la courbe d’une sinuosité. Avarie de tout ou partie d’une cargaison par suite d’humidité ou d’inondation. Source de faible débit ; dans un pré, suintement qui favorise la pousse de l’herbe au printemps ; endroit humide, marécageux, dans un champ ou dans un pré. (TLFi) On se mouille : on commence à se griser. (Dictionnaire du jargon parisien : l’argot ancien et l’argot moderne. Paris, 1878)

Nouille. Pâtes alimentaires. Personne niaise et peu énergique. Style en arts décoratifs. (TLFi)

Ouille. La crique de l’Ouille, entre Collioure et Le Racou.

Pouille. Pauvreté extrême et sordide ; aspect misérable d’un lieu, de personnes. Avarice, lésinerie honteuse. Lieu où l’on déposait les habits des malades pauvres dans un hôpital. Lieu ou objet misérable, sordide. Ensemble de personnes très pauvres ou très malpropres. (TLFi)

Rouille. Produit de corrosion (hydroxyde de fer) de couleur brun orangé qui se forme sur un métal ferreux exposé à l’air humide. Ensemble de taches roussâtres dues à l’humidité, qui apparaissent avec le temps sur certains matériaux. Altération du tain d’un miroir ; rousseurs qui apparaissent sur un miroir dont le tain est altéré. Sauce provençale froide à base de gousses d’ail et de piments rouges pilés avec de la mie de pain et de l’huile d’olive, qui accompagne la soupe de poisson et la bouillabaisse ; p. ext., mayonnaise à l’ail relevée de piments rouges. Tache naturelle que l’on peut observer à la surface de certains granits et qui est due à la présence de biotite ou d’hématite dans la pierre. Maladie cryptogamique des végétaux et en particulier des céréales caractérisée par l’apparition de taches orangées sur la tige et les feuilles des plantes atteintes. Mordant composé avec un sel ferrique, qui est utilisé dans la teinture en noir de la soie. Action destructrice du temps écoulé. Engourdissement intellectuel ou moral. Effet pernicieux d’un mal ; le mal lui-même. D’une couleur brun orangé rappelant celle de la rouille. La couleur elle-même. (TLFi)

Souille. Lieu bourbeux où le sanglier se vautre. Réduit servant de chambre, maison très petite où l’on se niche, ou s’isole. Empreinte que laisse l’étrave d’un bâtiment échoué dans le sable fin ou la vase. Fosse creusée et draguée au pied d’un quai permettant de recevoir des bâtiments de grande calaison. Puisard qui recueille l’eau infiltrée dans la cale au niveau de l’arbre d’hélice. Tranchée, sillon creusé dans le sol. Excavation allongée creusée sous l’eau pour recevoir une canalisation, des caissons, des blocs de béton lors de la construction d’une jetée. Sillon, trace que laisse dans le sol, un obus qui ricoche. Taillis médiocre, clair, à sous-bois peu épais à cause des grands arbres de futaie qui l’étouffent. Enveloppe d’oreiller, de traversin ou de matelas. Blouse. (TLFi)

Touille. L’action d’agiter, remuer pour mélanger. (TLFi)

Zouille. Quoi ! disent aujourd’hui nos coquettes Jeannetoun, vous voulez que j’accepte pour danser le radotage de nos chabrettaïres ! Bravo le violon ! bravo la clarinette ! La chabrette, ça n’est plus qu’une vieille zouille dont il n’est plus permis de faire cas, pas plus que de cette mauvaise guenille qu’on appelle encore notre pimpant barbichet. (Bulletin de la Société archéologique et historique du Limousin, T38. Limoges, 1891.)

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