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« Je donne mon avis non comme bon mais comme mien. » — Michel de Montaigne

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26 janvier 2021

מסיתרי העולם החרדי

Classé dans : Littérature, Société — Miklos @ 0:21

 
מימין – הספר. משמאל – קיטלודו בספריה הלאומית. לחץ על התמונה להגדלתה.

אני כעת קורא את הספר שתיקת החרדים מעת שייע בריזל, בהוצאת משכל/ידיעות אחרונות משנת 1999. החלק הראשון (אני כעת מתקרב לסיום הספר) הרשים אותי מאד בתוכנו המרגש ולא פעם מזעזע, על אף סגנון לפעמים ”כבד“ – כגון חזרות על דברים שנכתבו לא הרחק קןדם.

אבל מאמצע הספר שמתי לב לשימוש באוצר מלים די מפתיע מפי (או מעט) יוצא החברה החרדית, כמו ”הבחורה הייתה אסרטיבית“. בערך מאותו איזור בספר, הסיפור נקרא יותר כרומן מאשר כסיפור תיעודי.

מתוך סקרנות, התחלתי לחפש מידע על יצירה זו, באתר הספריה הלאומית (ובמקורות אחרים, אבל זו האמינה בעיני) מופיע בקיטלוג אותה הוצאה ”שתיקת החרדים / שייע בריזל ; כתבה יפעת אביצדק-קלפה“.

לפי מקור זה – ואחרים – היא מחברת הספר ולא ”שייע בריזל“, אבל שמה אינו מופיע בשום מקום בספר שבידי. בו מצוינים שלשה שמות אחרים:

1. ”עריכה לשונית: איילת בר טל“.

2. ”תודה לשרון שמואלי שהייתה הראשונה שעזרה לי להוציא את זכרונותי ואת רגשותי מהמוח אל הפועל. תודה לסופרת אורלי וינר-קראוס, שנטעה בי אומץ להוציא את הספר“.

האם כל הספר אינו אלא רומן של אותה מחברת, ומדוע שמה אינו מופיע בספר?

פתרון התעלומה

מספר ימים מאוחר יותר, קבלתי תשובה ממקור מוסמך ביותר: שייע ברילז (שם בדוי) סיפר את חייו לאותה מחברת, שרשמה וערכה אותם. המהדורה הראשונה (זו שבידי) לא נשאה את שמה מחשש תביעות, אבל הופיע במהדורות מאוחרות יותר. מידע זה מאפשר להעריך את התוכן לערכו ולהתעלם משאלות הסגנון. נשאר רק לקוות ששייע בריל מצא, עם הזמן, שלוות נפש ואולי גם קשר חם יותר עם משפחתו.

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29 novembre 2020

Apéro virtuel II.28 – dimanche 29 novembre 2020

Sylvie, Jean-Philippe et Léo, ce dernier soutenu en arrière-plan par Superman, rejoignent The Emperor dont la présence fait écho justement à cet infâme prétendu sur­homme de papier, et, indi­rec­tement, à la dispa­rition hier de l’acteur anglais David Prowse qui avait incarné Dark Vador (sans la voix) dans Star Wars. Cette person­nalité partie et Michel arrivé, Léo change son arrière-plan en le remplaçant par une image de bande dessinée repré­sentant une femme armée tenant en joue un homme (cf. ci-contre). Il s’agit de Ms. June Justis, « la seule femme membre du FBI des US », parue dans le magazine G-Woman en décembre 1937 (alors que Wonder Woman, adulée par Sylvie et ses filles, n’a fait son apparition qu’en 1941) – et ce n’est que plus tard que les héros masculins ont évincé quasiment toutes leurs contreparties féminines de ce type de littérature.

Françoise (P.) arrivant, Léo et Sylvie mentionnent respectivement Little Orphan Annie, parue en 1924 (en anglais uniquement) et Fifi Brindacier (nom complet : Fifilolotte Victuaille Cataplasme Tampon Fille d’Efraïm Brindacier) en 1945 (en suédois puis en français et nombre de langues). Tous deux s’accordent pour avoir adoré Tartine Mariol, créée en 1955 – pastiche de Martine Carol… –, vieille grand-mère avec un menton en galoche, avec des poils, des gros godillots, mais balaise comme tout, qui avait du punch et mettait k.o. tous les méchants, que Sylvie avait dû lire en cachette. Lorsqu’elle a passé son bac avec succès, à la question de ses parents quel cadeau lui ferait plaisir, elle a répondu qu’elle aimerait avoir le tout premier volume d’Astérix (Astérix le Gauiois) de Goscinny. Jean-Philippe dit alors qu’il était assez mal dessiné par rapport aux versions suivantes, Sylvie rajoutant que c’est le cas pour beaucoup de bandes dessinées, par exemple celle de Mickey. Léo cite alors l’analyse de Stephen J. Gould concernant l’évolution du personnage de Mickey et de sa repré­sen­tation, turbulent, voire légèr­ement sadique à ses débuts, puis, au fur et à me sure de son succès populaire, il s’amadoue dans son compor­tement, ce qui se reflète aussi dans sa repré­sen­tation, devenant graduel­lement de plus en plus juvénile, puis enfantine malgré son âge inchangé (processus appelé néoténie), dans le but d’exploiter l’affection humaine profonde pour les jeunes. Et ainsi, le rapport tête – corps de Mickey, initialement celui d’un adulte, évolue vers celui d’un adolescent. Michel, quant à lui, n’a jamais aimé Mickey.

Après un bref échange entre Françoise (P.) et Jean-Philippe à propos du « caractère bien trempé » de Françoise Giroud (évoquée en mentionnant le décès de Jean-Louis Schreiber hier) et de ses présumés actes (qu’elle a nié) à l’encontre des parents de JJSS qui s’était séparé d’elle, pour se marier à une (autre) jeune femme, Michel lit trois citations d’un même auteur, la première de circonstance vu le contexte :

– Vaurien, tu viens de prendre la taille à ma femme !
– Moi, Monsieur ? Fouillez-moi !

Alphonse Allais ? Non.

– Sais-tu pourquoi les sauvages vont tout nus ?
– Parce que Christophe Colomb les a découverts.

Tristan Bernard ? Non. Le dernier indice, plus long, est une fable en alexandrins, Bon conseil aux amants :

Un brave ogre des bois, natif de Moscovie,
Était fort amoureux d’une fée, et l’envie
Qu’il avait d’épouser cette dame s’accrut
Au point de rendre fou ce pauvre cœur tout brut.
L’ogre, un beau jour d’hiver, peigne sa peau velue,
Se présente au palais de la fée, et salue,
Et s’annonce à l’huissier comme prince Ogrousky.
La fée avait un fils, on ne sait pas de qui.
Elle était ce jour-là sortie, et quant au mioche,
Bel enfant blond nourri de crème et de brioche,
Don fait par quelque Ulysse à cette Calypso,
Il était sous la porte et jouait au cerceau.
On laissa l’ogre et lui tout seuls dans l’antichambre.
Comment passer le temps quand il neige en décembre.
Et quand on n’a personne avec qui dire un mot ?
L’ogre se mit alors à croquer le marmot.
C’est très simple. Pourtant c’est aller un peu vite,
Même lorsqu’on est ogre et qu’on est moscovite,
Que de gober ainsi les mioches du prochain.
Le bâillement d’un ogre est frère de la faim.
Quand la dame rentra, plus d’enfant. On s’informe.
La fée avise l’ogre avec sa bouche énorme.
— As-tu vu, cria-t-elle, un bel enfant que j’ai ?
Le bon ogre naïf lui dit : « Je l’ai mangé. »
 
Or, c’était maladroit. Vous qui cherchez à plaire,
Ne mangez pas l’enfant dont vous aimez la mère.

Pour bien comprendre le – double – sens de cette fable, il est bon de garder en mémoire le premier sens de marmotFigure grotesque décorant un élément architectural et, en partic., un heurtoir de porte. et celui de croquer le marmotAttendre longtemps en se morfondant.. L’ogre, un peu simplet, est passé du figuré au littéral.

Jean de la Fontaine ? Que nenni. Dickens ? Oh no! Jules Renard ? Eh non. Il s’agit de Victor Hugo, dont l’humour souvent féroce paraît dans ses écrits (on pense surtout aux Châtiments), à l’instar de ce petit quatrain à l’encontre de Louis Veuillot, journaliste, partisan passionné du catholicisme ultramondain :

O Veuillot, face immonde encore plus que sinistre,
Laid à faire avorter une femme, vraiment !
Quand on te qualifie et qu’on t’appelle cuistre,
                istre est un ornement.

Ces quatre citations sont tirées d’un livre que Michel n’a de cesse de parcourir depuis qu’il l’a acheté dans les années 1960 : Humour 1900, éd. J’ai lu.

C’est au tour de Françoise (P.) de poser quelques devinettes : avez-vous entendu parler de Victor Lustig ? Jean-Philippe répond du tac au tac : « Un escroc international ». Françoise dit alors avoir cherché qui étaient les plus grands escrocs au niveau mondial ; Lustic a vendu la Tour Eiffel (en 1920)…

Et Anna Anderson ? Imposteuse s’étant faite passer, au début des années 1920, pour la princesse Anastasia, qui donc n’aurait pas été tuée avec son père, le tsar Nicolas II, et leur famille, en 1918. Si cette imposture est démontée à partir de 1927 – il s’agit en fait d’une ouvrière polonaise mentalement malade –, elle ne sera définitivement prouvée par des tests ADN en 1998 (ce qui n’a pas mis fin aux thèses soutenant l’affirmation d’Anderson). Michel et Sylvie mentionnent qu’il y a eu d’autres prétendues Anastasia…

Et Charles Ponzi ? Certains des présents ont entendu parler de la pyramide de Ponzi, d’autres non. Il s’agit d’un montage financier frauduleux inventé par cet Italien arrivé fauché aux US au début du XXe siècle, régulièrement utilisée jusqu’à nos jours et récemment rendue célèbre par l’affaire Madoff. Léo dit alors que David Lescot en a fait une pièce de théâtre (avec chœur). Jean-Philippe signale qu’une arnaque de ce type a eu lieu très récemment (durant la pandémie actuelle) par l’entremise des réseaux « sociaux ».

Léo mentionne une arnaque très simple : une annonce parue dans un journal disait « Vous n’avez plus que 3 jours pour envoyer 1$ à Mr. Un Tel » (et l’adresse était fournie), sans autre précision ; le lendemain, « Vous n’avez plus que 2 jours… », etc. Et ce Mr. Un Tel avait tout de même récolté 1000 ou 2000$/ Ce type de procédé est dorénavant interdit.

Et quid de van Meegeren ? On avait effectivement entendu parler de ce grand arnaqueur dans le monde de la peinture (il « créait » des Veermer).

Quant à Frank Abagnale Jr., jeune escroc, faussaire et imposteur, il se reconvertit finalement en conseil et détection de fraudes. Sa vie – romancée, sans doute – a été l’objet en 2003 du film Arrête-moi si tu peux de Spielberg avec DiCaprio et Tom Hanks.

La conversation aborde alors le sujet des arnaques par courriel, et Michel met en garde contre des mails qui semblent venir d’amis ou d’organismes connus, et qui demandent (ou proposent) soit d’ouvrir une pièce jointe – celle-ci peut contenir un virus informatique –, soit de cliquer sur un lien menant vers un site Web – qui peut télécharger subrepticement des virus dans l’ordinateur –, soit enfin de répondre par mail au dit ami ou organisme, mais en fait l’adresse de réponse n’est pas celle de la personne à laquelle on pense mais en diffère si peu qu’on ne remarque pas cette différence…

Léo signale une plateforme Web utile pour lutter contre la désinformation dans des domaines aussi divers que les médias et la technologie (dont l’inter­net), la politique, l’envi­ron­nement, la santé (d’autant plus impor­tant ces temps-ci)… il s’agit de hoaxbuster.com.

Pour redétendre l’atmosphère, Michel lit une brève histoire tirée de Humour 1900, Old England de Mac-Nab (1856-1889), poète et chansonnier français. L’extrait ci-dessous est copié de l’édition des Poèmes mobiles * Monologues de l’auteur, publiée en 1886.

Jean-Philippe rebondit sur la mention qu’avait faite Michel, lors d’un récent apéro, de la Cantilène de Sainte Eulalie, datant de la fin du IXe siècle comme étant le premier document écrit en langue française. Ayant un vague souvenir de ses études d’antan et ayant effectué des recherches de son côté, il a trouvé ceci : peuvent prétendre être les premiers en français cinq textes écrits entre 842 – les Serments de Strasbourg1 – et 1050 – La Vie de Saint Alexis, tous sauf le premier étant des textes religieux, écrits pas uniquement en latin mais aussi en vernaculaire, afin que le vulgus pecum comprenne quand on leur en fait la lecture. Durant ces deux siècles, on a retrouvé dans les documents d’époque 11 000 mots en français d’alors (ou protofrançais), qui n’a vraiment été étudié que récemment dans sa structure : Jean-Philippe mentionne l’ouvrage Histoire de la phrase française : des Serments de Strasbourg aux écritures numériques de Gilles Siouddi qui vient de sortir chez Actes Sud, et en lit un extrait. Michel remarque que la diction et la prononciation de l’époque devaient être très différentes de ce qui est pratiqué aujourd’hui (il suffit de voir comment notre parlé diffère de celui d’avant-guerre…), ce que confirme Sylvie, ayant une bonne expérience du chant Renaissance.

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1. La version originale des Serments est perdue. Le texte que l’on en possède (par exemple à la BnF) est extrait du livre de Nithard, rédigé en latin, Histoire des fils de Louis le Pieux. Nithard est le petit-fils de Charlemagne.

28 novembre 2020

Apéro virtuel II.27 – samedi 28 novembre 2020

Place des Victoires

Sylvie arrive avec son lot de popcorn, suivie de Léo, Françoise (P.) et Françoise (C.). Michel raconte alors avoir pris la photo ci-dessus environ une heure plus tôt, en rentrant chez lui. Françoise (P.) dit qu’elle se trouvait alors aux Champs-Élysées, et le nombre de personnes dans les rues était impressionnant – ce que confirment Michel et Françoise (C.), chacun pour son quartier, cette dernière ayant vu aussi de la fumée s’élevant au-dessus des toits en direction de la Bastille – « produit » des affrontements de rue entre manifestants et forces de l’ordre durant la manifestation pour la défense des libertés.

Concernant l’histoire du monument central de la place des Victoires, Michel montre une gravure illustrant le monument d’origine qui s’y était élevé jusqu’à la Révolution française, Louis XIV sur un piédestal, entouré de quatre statues. Celle du roi fut alors fondue, et les quatre autres se trouvent actu­el­lement au musée du Louvre. La place elle-même a changé depuis : on aperçoit sur cette gravure, au fond et des deux côtés de la statue, deux des quatre fanaux, qui brûlaient en permanence pour éclairer la statue, eux-mêmes démontés en 1718. Il est amusant d’en savoir la raison, voici ce qu’en dit la Notice sur la nouvelle statue équestre de Louis XIV, fondue d’après le modèle de M. Bosio, membre de l’Institut, précédée de quelques considérations critiques et d’un aperçu historique sur la place des Victoires et sur les divers monuments qui l’on décorée depuis sa construction de C.-Olivier Blanchard de Boismarsas en 1822, qui remet aussi en cause l’identification des quatre statues en tant que représentations de quatre nations vaincues :

«Au milieu de cette place s’élevait, avant la révolution, sur un piédestal de marbre blanc veiné, la statue pédestre de Louis-le-Grand. Ce monarque était représenté avec les habits de son sacre, et foulant aux. pieds un Cerbère ; une victoire ailée, un pied posé sur un globe et l’autre en l’air, mettait d’une main Une couronne de laurier sur la tête du héros et tenait de l’autre un faisceau de palmes et de branches d’olivier. Ce groupe monumental était de plomb doré et fondu d’un seul jet, ainsi que le globe, la massue d’Hercule, la peau de lion, le casque et le bouclier qui en formaient les ornemens et accessoires.

Aux angles du piédestal étaient quatre figures en bronze de douze pieds, représentant des esclaves chargés de chaînes. On a toujours voulu voir dans ces statues la désignation des peuples que Louis XIV avait subjugués ; mais il est plus généreux de penser que le fondateur avait seulement eu en vue d’exprimer par une allégorie la puissance du monarque et le succès de ses armes.

Les bas-reliefs représentaient, l’un la préséance de la France sur l’Espagne en 1662 ; l’autre, la conquête de la Franche-Comté en 1668 ; le troisième, le passage du Rhin en 1672 ; et le dernier, la paix de Nimègue en 1678.

Tous ces ouvrages avaient été conduits avec un rare talent par Martin Vanden-Bogaer, connu sous le nom de Desjardins. Enfin l’élévation du monument entier était de trente-cinq pieds.

Plusieurs inscriptions fastueuses couvraient les différentes faces du piédestal. Au bas de la statue on lisait ces mots gravés en lettres d’or : VIRO IMMORTALI.

Jusqu’en 1699, la place des Victoires fut éclairée pendant la nuit par quatre grands fanaux ornés de sculptures et d’inscriptions relatives aux actions les plus mémorables de Louis XIV. Un arrêt du Conseil ordonna à cette époque que ces fanaux ne seraient plus allumés ; et, peu d’années après, ils furent démolis. Les motifs de cet arrêt étaient d’une frivolité qui allait jusqu’au ridicule : les habitans des maisons de cette place étaient, disait-on, incommodé par l’attroupement des fainéans et vagabonds qu’attirait la lumière de ces fanaux. Des personnes bien instruites ont attribué, avec plus de vraisemblance, cette détermination à ce distique assez plaisant que l’on vit un matin sur le piédestal de la »statue :

Lafeuillade, sandis, je crois que tu me bernes,
Dé placer lé soleil entre quatre lanternes.

Léo mentionne deux « champions de la courte nouvelle », qui va de trois lignes à 2 pages : Fredric Brown, auteur de polars et de science-fiction humo­ris­tique, qui a notamment écrit Martiens, Go Home! (œuvre que Michel avait citée en 2018 suite à une jolie coquille de Libé), le second Jacques Sternberg (1923-2006), auteur belge franco­phone notam­ment de science-fiction et de fantas­tique. En préli­minaire, il cite la plus courte histoire de science-fiction qu’il connaisse : « Allô ? C’est de la part de quoi ? »1 Il commence alors la lecture de « La Disparition » (non, pas celle de Perec, mais on ne peut s’empêcher d’y penser), tirée du recueil 188 contes à régler de Sternberg et illustré par son ami Topor : « Tout arriva en un dixième de seconde. De tous les grains de sable susceptibles de tomber dans les rouages d’une civilisation de haute technicité, celui-là semblait vraiment l’un des plus impro­bables : partout, sans explication plausible, et sans le moindre signe précur­seur, le chiffre 2 disparut du monde des mathématiques. [...] »

Michel évoque deux autres auteurs de microcontes : Alphonse Allais et l’auteur contemporain israélien Etgar Keret (excellemment traduit en français).

Léo pose alors un problème de logique. Il présente la phrase suivante : « Cette phrase contient sept mots. » Manifestement, elle est fausse. Donc sa négation doit être vraie : « Cette phrase ne contient pas sept mots. » Mais elle en contient sept… Bon exemple d’une phrase et de son contraire, toutes deux auto­référentielles, ou ni l’une ni l’autre sont vraies et fausses en même temps. Situation indé­cidable (autre exemple : « Je suis un menteur »). Léo indique alors que cette problé­matique de logique a été abordée de façon bien plus générale en mathé­matiques, notamment par Gödel dans ses « théorèmes d’incomplétude », qui démontrent que toute théorie mathé­matique équi­valente à, ou plus déve­loppée que, l’arithmétique, contenait forcément des affirmations indémontrables voire contradictoires dans le cadre de cette théorie, et qu’on ne pouvait traiter que dans une théorie plus « vaste ». De là la discussion s’élève jusqu’à la preuve onto­logique (ou non) de l’existence de Dieu (pour dire simple : puisqu’on peut imaginer la transcendance qui est forcément hors de nous, c’est qu’elle existe).

Pour en revenir à des concepts humains, ceux de théories mathé­matiques, Léo montre que certains concepts simples s’interprètent diffé­­remment selon le contexte. Ainsi, la somme des trois angles d’un triangle, dessiné sur une surface plane, est toujours de 180°, alors que si l’on prend par exemple un triangle dessiné sur la face terrestre, la somme de ses angles peut dépasser de loin cette limite (et arriver jusqu’à 540°) : dans le premier cas, c’est la géométrie euclidienne qui y règne, dans l’autre c’est la géométrie sphérique. La conversation s’élevant derechef vers des dimensions (mathématiques) supérieures (nous vivons dans trois dimensions, mais quid des êtres dans une quatrième ou cinquième dimension?), Léo mentionne le joli petit ouvrage d’Edwin Abbott Abbott (oui, deux fois), Flatland: A Romance of Many Dimensions (en français : Flatland ou Le pays plat ; Flatland : Fantaisie en plusieurs dimensions), qui se passe dans un monde… à zéro, une ou deux dimensions, dans lequel les femmes sont pointues, du fait de leur forme triangulaire… Ce qui fait mentionner à Michel Les Xipéhuz (1888) de J.H. Rosny Aîné (auteur aussi de La Guerre du feu), dans laquelle les humains – dans un lointain passé (« mille ans avant le massement civilisateur d’où surgirent plus tard Ninive, Babylone, Ecbatane. ») – se trouvent confrontés à des Formes, « cônes bleuâtres, translucides, la pointe en haut, chacun du volume à peu près de la moitié d’un homme », d’autres « quasi cylindriques », inorganiques et pourtant organisées et violentes, conflit de deux mondes totalement étrangers l’un à l’autre, décrit dans une langue très poétique.

Léo ayant changé son arrière-plan, il affiche maintenant la genèse de Superman, représenté ici avec son père Jor-El, tous deux nés sur la planète Krypton. Le père ayant prévu qu’un cataclysme détruirait la planète, il envoie son fils sur Terre dans un vaisseau spatial qu’il a conçu et construit, et le bébé Superman se retrouve être le seul survivant des Kryptoniens (à l’exception, précise Jean-Philippe, quelques prisonniers à Krypton, qui se retrouvent en fait emprisonnés dans une capsule en dehors de la planète). Les ennemis de Superman, qui se doivent d’être à sa hauteur, sont appelés les Supervilains.

Françoise (P.) cite deux petites phrases absurdes : « La pizza est une spécialité culinaire ronde placée dans un emballage carré pour être dégustée en triangles. » et « C’est l’histoire d’une fraise qui fait du cheval… Tagada, tagada, tagada ! »

Françoise (C.) fournit celle-ci : « Comme son nom l’indique, le violoncelle est un instrument qui se joue assis. »

Léo lit une autre histoire courte qui commence ainsi : « La guerre de 1999 éclata si brutalement qu’on eut à peine le temps d’y croire », montrant en quelques mots les vices et les vertus de… l’informatique, et une autre, encore plus courte, qu’on citera intégralement : « Il était le dernier homme à survivre tant bien que mal dans l’unique maison encore intacte d’une banlieue de la capitale entièrement détruite, quand il reçut la-bas un dernier avis avant saisie que lui envoyaient les contributions. »

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1. On en a trouvé une version un chouia plus longue et attribuée ici (p. 17), datant de 1976 : « Sur les ondes de CBOF-AM, Gérard Gravelle raconte : “Cela se passe en l’an 2000. Une sonnerie retentit. Le téléphone robot décroche et dit : Allô, c’est de la part de quoi ?” ».

27 novembre 2020

Apéro virtuel II.26 – vendredi 27 novembre 2020

Classé dans : Arts et beaux-arts, Littérature, Sciences, techniques, Théâtre — Miklos @ 23:59

Jean-Philippe, Sylvie, Françoise (P.), Léo et Françoise (C.) étant arrivées, Michel demande à Sylvie si elle veut bien qu’ils fassent un peu d’arithmétique. Elle consentante, ils s’engagent dans un extrait du dialogue du Professeur et de l’Élève de La Leçon d’Ionesco, celui où le Professeur essaie d’inculquer les bases de l’arithmétique à l’Élève, qui n’arrive à comprendre ce qu’est une soustraction (et encore moins son essence universelle), alors qu’elle excelle en addition et… et multiplication (savez-vous, vous, répondre du tac au tac à la question « Combien font 3 755 998 251 x 5 162 303 508 ? »). Cet extrait faisait écho d’une part aux récentes évocations des instituteurs que les participants avaient eus à l’école, mais aussi au fait que la moitié des présents étaient des anciens matheux et avaient enseigné cette science (non, cette méthode ; voire cette thérapeutique) à un moment plus ou moins long de leur vie, et enfin que Michel avait contribué – selon Sylvie – à son apprentissage éclair et intransigeant de l’hébreu alors que tous deux étudiaient les mathématiques au Technion.

Ce grand classique d’Ionesco fait penser Léo au Théâtre de la Huchette, où se donnent cette pièce et un autre classique du même, La Cantatrice chauve depuis… 1952. Françoise (P.) s’exclame alors qu’elle y était allé voir ces deux pièces juste avant le confinement (et avait trouvé le spectacle un peu vieilli)… Sylvie dit l’y avoir vue dans les années 1960. Pour Michel, Ionesco est le type d’auteur qui lui « parle » particulièrement : il est de ces écrivains ou poètes qui sont passés d’une langue à l’autre (à ce propos, on peut voir le documentaire de Nurith Aviv, D’une langue à l’autre, 2004). Léo, lui, se souvient d’avoir été impressionné par une autre pièce d’Ionesco, Rhinocéros.

Michel raconte alors où il a trouvé le texte de La Leçon dont il a extrait les quelques pages lues par Sylvie et lui : il s’agit du site Internet Archive, bibliothèque numérique à but non lucratif proposant gracieusement l’accès à un fonds de millions de livres, de vidéos (certaines néonazies…), d’enregistrements sonores et de logiciels, ainsi qu’un archivage partiel de sites Web présents et passés remontant jusqu’à 1996). Cet ouvrage, intégralement consultable (mais non copiable) ne se trouvait pas chez Gallica ni chez Google Books. Ensuite, il exprime son opinion selon laquelle le numérique ne remplace pas le physique (cf. Le poids d’un livre), de même que le télétravail ne remplace pas le présentiel – à chacun ses avantages et désavantages. En outre, il pose la question de la pérennité des collections numériques du fait de l’obsolescence croissante des technologies (supports, formats, logiciels…).

Ce qui s’affiche lorsqu’on clique sur un lien vers ce qui devrait être l’annonce du spectacle Ionesco, lien fourni par un moteur de recherche.

On a eu un exemple en « temps réel » de l’obsolescence de sites web et donc de leurs contenus numériques : en rédigeant ce compte-rendu, on avait cherché à l’illustrer avec quelques contenus se trouvant sur le site du Théâtre de la Huchette. Et voilà qu’une heure plus tard, tous ces contenus avaient disparus, et étaient remplacés par une page d’erreur… Il s’avère qu’à ces heures-là le théâtre avait remplacé toute l’infrastructure de son site web – sans aucun doute pour le « moderniser »… Et de ce fait, tous les contenus – textes et images – que référencent actuellement moteurs de recherche et autres sites web ne sont plus accessibles, les adresses de référencement ayant changé. C’est aussi ce qui est arrivé récemment au site du Centre Pompidou. Les moteurs de recherche vont se mettre à jour puisqu’ils réindexent sans répit le web, mais pas forcément les autres sites qui parlent ou parlaient des activités et de l’histoire du théâtre (il suffit de regarder des pages anciennes de ce blog-ci : nombres de photos qui l’illustraient ont disparu). L’alternative pour tenter de se protéger de ces disparitions ? Copier les contenus qu’on souhaite référencer sur son propre site (et ne pas en modifier sa structure !).

Léo dit qu’il préfère évidemment les livres qu’on peut toucher à ceux qu’on lit à l’écran, mais il y en a qu’on ne trouve que numériquement ; d’autre part, il se rappelle que lorsqu’il a débuté en tant que journaliste, il écrivait à la main alors que ses collègues utilisaient déjà l’ordinateur, autre forme d’écriture. Le problème, dit alors Michel, c’est que la pérennité des écrits numériques n’est pas aussi assurée que celle de l’écrit sur papier. Léo rétorque que, quand le livre est apparu, ceux qui racontaient des histoires ont dit qu’il était impossible de le faire par l’entremise des livres (même s’ils ont quelques avantages), comme quoi chaque innovation est sujette à des critiques… Michel reconnaît bien qu’il y a des anciens livres et documents qu’on peut lire dans de meilleures conditions via l’informatique, ce qu’il a constaté aux Archives générales des Indes à Séville qu’il avait visitées dans les années 1990.

Jean-Philippe présente alors le livre Logique sans peine de Lewis Carroll, – auteur très apprécié d’Ionesco –, illustré par Max Ernst… C’est la troisième édi­tion de l’ouvrage, parue en 1966, et pourtant elle est pleine de coquilles. Il en lit l’intro­duction « À l’adresse des débu­tants » (de Lewis Carroll) : « Tout débutant qui souhaite vérifier loya­lement si ce petit livre est, ou n’est pas, matière à un passe-temps intel­lectuel extrê­mement inté­ressant, est vivement invité à observer les règles suivantes : 1. Commencer au commen­cement, sans vouloir, pour satisfaire une simple et vaine curiosité, ouvrir le livre au hasard, ce qui vous conduirait vraisem­bla­blement, cher lecteur, à l’aban­donner en disant : “C’est beaucoup trop difficile pour moi !”, et vous ferait ainsi perdre toute chance d’augmenter consi­dé­ra­blement votre répertoire de jeux intel­lectuels…. » puis en cite brièvement quelques problèmes de logique.

Françoise (C.) pose alors une devinette de circonstance : « Mon premier est une salade. Mon second est une salade. […] Mon huitième est une salade. Mon tout est un romancier et écrivain britannique. » Vous avez trouvé ? Non ?Les 8 scaroles…

Léo pose encore deux énigmes : 1. Un nénuphar double de surface tous les jours. Au bout de 30 jours, il a recouvert l’étang. Au bout de combien de jours avait-t-il rempli la moitié de l’étang ? (On laisse le lecteur trouver la réponseNon, pas 15 jours…). 2. Trois personnes vont au restaurant et qui commandent chacun un repas coûtant 10 €. Ayant fini, ils payent chacun le patron. Ils bavardent sympathiquement avec lui, du coup il leur rend 5 €. Ils prennent un euro chacun – il en reste donc deux. Mais si on fait le compte : ils ont payé chacun 10 – 1 = 9 €. 3 x 9 € = 27 €, et si on rajoute les 2 € restant, cela fait 29 € et non 30… où a disparu cet euro ? (Non, ce n’est pas la TVA qui serait allée aux impôts).

24 novembre 2020

Apéro virtuel II.23 – mardi 24 novembre 2020

Classé dans : Arts et beaux-arts, Littérature, Peinture, dessin, Photographie — Miklos @ 23:59

Place de la Concorde, ca. 1982. Photo : Miklos.

Jean-Philippe, Léo, Françoise (C.) et Sylvie arrivent rapidement l’un après l’autre. La dernière arrivée prend la parole la première pour informer les présents qu’elle devra quitter l’apéro bientôt pour une conférence zoom « Après les élections américaines » sur le site de Jcall ; Léo s’empresse de remarquer qu’elle s’était tenue hier, et qu’il y avait assisté (d’où son absence de cet apéro-là)… Tant pis pour Sylvie (elle pourra tout de même en regarder la vidéo, quand elle sera mise en ligne), tant mieux pour les autres, elle partagera l’intégralité de cet apéro-ci. Elle en profite pour mentionner que le festival du cinéma israélien de Paris aura lieu en ligne du 25 au 29 novembre, mais comment fait-on pour s’inscrire ? La réponse : on choisit un film ici, on clique sur l’imagette, on choisit la séance, et puis on achète sa place.

Entre temps, Léo en profite pour s’affubler d’une petite moustache à la Hercule Poirot, grâce aux effets spéciaux de Zoom. Jean-Philippe suit son exemple par d’autres moyens et se transforme en un des frères Marx. Quant à Michel, il garde la sienne, naturelle(ment). Sur ces entrefaites, Françoise (P.) se joint à l’apéro. Léo explique alors que son arrière-plan est une des illustrations de sa prochaine intervention sur les Lois de la robotique d’Asimov (auteur que Michel avait brièvement évoqué il y a dix jours), et mentionne leur rapport entre les robots, les super héros (d’où l’illustration de Stan Lieber) et le Golem, nom provenant de l’hébreu, apparu pour la première fois dans la Bible (Psaume 126 selon Léo ; non, mais presque) et dont le sens originel était : masse brute, inerte (en hébreu contem­porain, le mot sert aussi d’insulte pour qualifier quelqu’un de parti­cu­liè­rement bouché). Il dénote une créature, à l’origine masse inerte de terre ou d’argile, qu’une personne – dotée de pouvoirs ou de savoirs particuliers – peut animer, en général en lui écrivant sur le front un mot (le nom ineffable de Dieu, ou alors le mot hébreu signifiant « vérité ») ; doté de force quasi surhumaine, son rôle est d’aider son inventeur jusqu’à ce que celui-ci efface le mot (ou une partie ; dans le cas du mot « vérité », si on en supprime la première lettre, il se transforme en un autre mot, signifiant « mort »). C’est d’évidence l’illustration du fantasme de l’homme d’égaler son Créateur en en devenant un lui-même en insufflant la vie dans l’inerte… Le personnage du Golem apparaît au fil des siècles dans des légendes, notamment celle du MaharalMot hébraïque composé des initiales de « Notre maître le Rabbin Loew »., chef spirituel de la communauté juive de Prague au XVIe siècle, et qui aurait créé un Golem qu’il pouvait animer selon que de besoin ; dans la littérature, à l’instar du roman éponyme de Gustav Meyrink, publié en 1915, ou celui d’Isaac Bashevis Singer ; et évi­demment à l’écran dès le début du XXe siècle et dans les bandes dessinées (on pense à Superman, et plus récemment à Johann Sfar). Quant au mot robot, il a été inventé par l’écrivain tchèque Karel Čapek (1890-1938) pour sa pièce de théâtre R.U.R., à partir d’une racine slave qui veut dire « travail ». Parmi les nombreux person­nages inspirés par le Golem, on évoque la créature du Frankenstein de Mary Shelley, ou le balai animé dans le poème L’Apprenti sorcier de Goethe et qui à son tour a inspiré le poème symphonique éponyme de Paul Dukas, qui fait son apparition dans le film d’animation Fantasia de Walt Disney. Enfin, si vous avez peur des robots, lisez ce qu’a écrit Sylvie à ce propos.

À la question de Françoise (C.) sur le noir-et-blanc de son incarnation, Michel explique qu’elle est due à la présentation qu’il va faire, et qu’il illustre par la photo en arrière-plan – une vendeuse de marrons, deux policiers coiffés de képis (ça date) et une camionnette de vente de glaces, qu’il avait prise sur la place de la Concorde vers 1982. Avant que de passer à la présentation en question, il affiche une photo extraordinaire (cf. ci-contre, cliquer pour la source) d’insectes à l’apparence de branches et de feuilles (appelés phasmes, merci Jean-Philippe et Léo), qui leur permet de se dissimuler soit pour se protéger de prédateurs, soit pour attraper une victime ne soupçonnant pas leur présence. Jean-Philippe mentionne qu’on peut en acheter à Paris, à la Ferme Tropicale, 54 rue Jenner dans le 13e arrondissement. À propos d’insectes prédateurs, Françoise (P.) raconte avoir vu une émission qui montrait à quelle point la jolie et gentille (d’apparence !) coccinelle est un terrible prédateur dès son état larvaire.

Michel passe à sa présentation, celle d’une trentaine de photos en noir et blanc – mises en ligne sur Facebook – du Paris des années 1950 de Sabine Weiss, qui, à 96 ans, est la dernière repré­sen­tante de l’école humaniste, incarnée par Doisneau, Ronis ou Brassaï ; comme on peut le voir sur son site et dans la vidéo ci-dessus – et, comme le signale Jean-Philippe, comme on peut l’entendre dans Boomerang d’il y a une dizaine de jours –, elle est toujours alerte et active, et vient de décrocher le Prix Women In Motion 2020 (attribué par Kering et Les Rencontres d’Arles) pour la photographie. Ces photos, accompagnées de leur titre et d’informations concernant la photographe, ont été mises en ligne par un profil Facebook « John d’Orbigny Immobilier », profil qui ne contient que des photos et des vidéos plus remarquables les unes que les autres du Paris d’époque. Patrick Marsaud, dirigeant de cette agence, s’en explique ici. Pour certaines, elles rappellent à certains des présents des souvenirs d’enfance, par exemple les chaises dans les jardins publics (ci-contre au Jardin du Luxembourg, en 1952) qu’il fallait payer (à une chaisière) pour pouvoir s’y asseoir, la fumée des locomotives dans les gares, les amoureux qui s’bécottent sur les bancs publics… Françoise (P.) se souvient des tentures (de deuil, funèbre, mortuaire…), draperies noires accrochées au-dessus et sur les côtés de la porte d’entre de la maison d’un défunt, avec les initiales de son nom au centre, le registre de condoléances dans le hall… ; des enterrements de 1ère, 2e et 3e classes… : des marchands de glaces qui passaient avec un cheval en criant « Glaces ! Glaces ! Glaces ! »… Michel, lui, se souvient des vitriers (et de la chanson qui en parle). Sylvie mentionne le groupe Facebook « DOISNEAU ou Ce Paris Disparu », avec des photos et des petites histoires du Paris des années 1950. Françoise (C.) mentionne le groupe « J’aime Paris » (mais comme il y en a plusieurs qui portent ce nom, difficile de savoir lequel !). Quant au noir et blanc des photos, pour Michel, il correspond si bien à Paris, ville qui, pour lui, est en noir et blanc et tous les gris intermédiaires, ce qui n’enlève rien à son charme, sa profondeur, sa légèreté ou sa noirceur.

Françoise (P.) présente la petite vidéo ci-dessus, mais tous sauf Léo l’avaient déjà vue (elle date de juin) ; on décide d’un commun accord de la signaler dans le compte-rendu – dont acte – et d’en arrêter la diffusion. Françoise montre alors un livre consacré au Bauhaus (1919-1933), qu’elle a acheté après avoir vu la récente expo­sition consacrée à ce mouvement qui s’était tenue au Centre Pompidou. Elle men­tionne avoir été parti­cu­liè­rement inté­ressée par les dessins, les objets, qui ont été créés à cette époque, ainsi que le mouvement intel­lectuel qui l’accom­pagnait. Après cette expo­sition, il y en a eu une autre non moins intéressante – mais différemment – sur les cocottes (non, pas l’instrument culinaire) et les endroits mal famés.

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