Miklos
« Je donne mon avis non comme bon mais comme mien. » — Michel de Montaigne

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20 avril 2022

Comment appelle-t-on les pains azymes consommés à Pâque ?

Classé dans : Actualité — Miklos @ 18:57

Agnolo di Cosimo, dit le Bronzino (1503-1572), Passage de la Mer Rouge (1541-1542). Cliquer pour agrandir. (source)

Lors de la fête de Pâque (juive, car au singulier, bien qu’elle dure sept ou huit jours ; à ne pas confondre avec les Pâques, chrétiennes, car au pluriel, mais qui ne durent qu’un jour), il est interdit de consommer du pain « normal », c’est-à-dire qui aurait fermenté (et par ex­tension, tout produit de fermen­tation de céréales, par exemple de la bière) et dont la pâte aurait levé (cf. Exode XII:18).

Cette fête célèbre la Sortie d’Égypte : les Israélites devant quitter le pays en quatrième vitesse après le succès des Dix Plaies, il est dit que la pâte du pain qu’ils se préparaient quoti­diennement n’eut pas le temps de fermenter ; et c’est en souvenir qu’on mange du pain azyme durant cette fête (il est tout à fait possible d’en manger aussi durant le reste de l’année).

Il n’y a d’ailleurs pas que dans ce contexte qu’on utilise du pain azyme, terme générique décrivant un pain non fermenté ; c’est le cas de l’hostie chez les Chrétiens, par exemple, mot dont l’ori­gine latine signifie « victime, victime expiatoire ». En hébreu, on l’appelle matsa (au pluriel matsot).

Le dîner rituel du premier soir de Pâque (et éventuellement du second soir, pour ceux n’habitant pas en Israël) suit un ordre bien précis (appelé en hébreu séder, mot qui signifie « ordre ») accompagné de textes en hébreu et en araméen relatant cette Sortie, mais aussi tout ce qui a précédé, en remontant jusqu’à la naissance du peuple juif, et ce qui s’en est ensuivi (l’errance dans le désert, l’entrée dans le pays d’Israël, etc.). Ce rituel est compilé depuis des siècles dans un recueil appelé Haggada (venant du verbe hébreu signifiant « raconter »), souvent accompagné d’une traduction dans la, ou les, langues du pays d’édition de ce recueil.

On peut voir ci-contre (cliquer pour agrandir) un extrait d’une Haggada éditée à Bordeaux en 1813. Les juifs qui y vivent descendant principalement de ceux chassés d’Espagne par Isabelle la Très Catholique, on y parlait parmi eux non seulement le français, mais aussi le judéo-espagnol. Dans cette page, le texte de la colonne de droite, traduit dans celle de gauche en français, est en judéo-espagnol (qui s’écrit avec les lettres de l’alphabet hébreu). On remarquera qu’on y parle de « Schimour » (uniquement dans la version française, alors qu’en judéo-espagnol il est écrit « matsa »), mot accompagné d’une note de bas de page qui précise : « Ce sont six petits gâteaux Azimes que l’on fait avec beaucoup d’exactitude dont trois servent pour la cérémonie du premier soir, & trois pour celle du deuxième. Ces six gâteaux doivent être faits par les Israëlites & mis dans le four par eux même. »

Cette note de bas de page se retrouve presque à l’identique dans une édition différente, celle de Mar­do­chée Venture (nom d’o­ri­gine judéo-hispanique) publié à Paris en 1807 (cf. ci-contre, cliquer pour agrandir), mais où l’on fait expli­ci­tement la dis­tinc­tion entre les deux « classes » de matsot (« Ce sont six petits gâteaux Azimes que l’on fait avec beaucoup plus d’exac­titude que l’autre pain Azime dont trois… »), et qui en nomme les meilleures « Schi­mou­rim », plu­riel hé­braï­que de « Schimour », ce qui en rend plus clair l’origine : la première nuit de Pâque est appelée dans le Pentateuque (Ex. XII:42) « leïl shimourim », littéralement « la nuit qui doit être soigneusement observée » (du verbe « shamor », signifiant « garder »).

Par glissement, et comme le laisse entendre cette note de bas de page, les pains azymes devaient être « fait avec beaucoup d’exactitude », d’où cette dénomination. Ailleurs dans ces éditions on utilise le terme plus courant de « matsa », ce qui laisserait entendre que, pour la cérémonie, on utilisait des matsot plus surveillées dans leur production que celles pour le repas.

Cette distinction existe encore de nos jours : si l’on connaît en gé­néral les matsot faites indus­triel­lement – rectan­gulaires, plutôt blanches –, dans certaines tra­di­tions plus rigou­reuses, elles sont produites arti­sa­na­lement, à la main et dans des fours à feu, et en fait surveillées depuis la moisson du blé jusqu’à la production finale, pour éviter que le blé ne fermente (donc : pas humide avant la préparation qui consiste à humecter la farine, suivie de cuisson, le tout devant durer moins de 18 minutes…). Ces matsot produites ainsi sont appelées matsot shmourot (matsot surveillées). En général, et en dehors de toute consi­dération religieuse, on les trouve souvent bien plus goûteuses. On peut voir ci-contre ces deux types de matsot côte à côte (cliquer pour agrandir).

On peut d’ailleurs voir cette distinction de façon encore plus explicite dans une gravure , tirée de Céré­monies et coutumes reli­gieuses de tous les peuples du monde repré­sentées par des figures dessinées de la main de Bernard Picard: avec une expli­cation historique, & quelques disser­tations curieuses, vol. 1, Amsterdam 1723-1738 : on y aperçoit (cf. ci-dessous) une matsa (dénommée « matsot », au pluriel) et une autre galette, « simurim » (pluriel de « simur », analogue à « shim[o]ur »). Deux notes les décrivent, la première « Pain ordinaire sans levain qui se mange pendant la fête », et la seconde « Pain sans levain avec lequel ils font la Pâque ». La matsa est donc bien « ordinaire », alors que la shimour (de nos jours : matsa shmoura) n’est pas si ordinaire que cela…

Simurim et matsot, 1723-1739. Cliquer pour agrandir.

En résumé, et pour répondre à la question initiale : pain azyme ou matsa pour la version simple, et matsa shmoura pour sa version ultra.

7 novembre 2021

Nouvelles du jour, ou, Elle va où, la France ?

Classé dans : Actualité, Société — Miklos @ 15:34

Nouvelles du jour : nombre de manifestants à Paris COP26 vs anti pass sanitaireCliquer pour agrandir

17 août 2021

Akbar s’en va-t-en guerre, mironton, mironton, mirontaine….

Classé dans : Actualité, Progrès, Sciences, techniques, Économie — Miklos @ 14:25

Cliquer pour agrandir.

Akbar se rend gare Saint-Lazare pour (évidemment) y prendre le train : il va rejoindre Jeff dans leur future maison de campagne. Avant le départ, il entre dans le petit magasin Relay qui se trouve sur le quai à proximité de la voie de départ. Il constate d’abord que plus de la moitié des étagères de livres ont disparu – le vendeur lui dit que ce n’est que le début – puis aperçoit un casque Scheider qui lui permet­trait d’écouter ses cours de russe dans le train sans déranger les voisins. Il l’achète.

Une fois installé dans la voiture (on lui a dit que « wagon », ce n’est pas pour les humains), il branche ledit casque sur son téléphone, et constate qu’il n’entend le son que d’une oreille – et pourtant il n’est pas encore sourd. Il traficote la connexion, rien n’y fait. À l’arrivée, il teste le casque de Jeff sur son téléphone : ouf, il n’est pas sourd. Il essaie sa nouvelle acquisition sur le téléphone de Jeff : oui, il y a un problème !

À son retour quatre jours plus tard, il essaie de rendre le casque au Relay où il l’avait acheté : refus du magasin de le reprendre. Il doit s’adresser au constructeur… ce qu’il fait. Celui-ci répond qu’il ne rembourse rien, qu’il faut s’adresser à… Relay, qui le renvoie alors vers Lagardère, leur maison-mère. Celle-ci confirme le refus de remboursement. Relay en remet une couche, écrivant que « Dans le cadre de nos conditions commerciales, nous ne sommes pas tenus de vous rembourser ». Conditions écrites où ? Et la loi alors ?

Après trois semaines de va-et-vient entre ces « marques », et bien qu’il souffre en général de vertige en hauteur, Akbar se dit qu’il en a assez d’être manipulé comme une balle de ping-pong. Il décide d’escalader l’attaque : il s’adresse alors à SignalConso, un des services du Premier Ministre. Celui-ci lui répond rapidement, deman­dant une preuve d’achat, qu’il envoie par retour de mail.

Est-ce le début de la fin ? Que nenni : SignalConso lui répond « Je suis désolée mais nous ne répondons qu’aux questions relatives aux difficultés techniques rencontrées avec le site »… Encore un embrouillamini entre deux services, ronchonne Akbar : il avait pourtant bien répondu au mail qui lui demandait un justificatif, mais celui-ci provenait d’évidence d’une adresse destinée au support technique… Impossible de savoir comment répondre pour que la réponse arrive au bon service.

Plus tard, un nouveau mail de SignalConso lui demande s’ils peuvent l’appeler. Il répond par la positive et fournit son numéro : aucun appel ne viendra, ni aucune réponse à ses mails ultérieurs.

Le lendemain, en désespoir de cause, il appelle la DGCCRFDirection générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des fraudes, dont dépend SignalConso. Après une looooongue tirade de plus d’une minute, le répondeur lui annonce qu’il y a moins de dix minutes d’attente. Une minute plus tard, le répondeur lui annonce qu’il y a moins de dix minutes d’attente. Une minute plus tard, le répondeur lui annonce qu’il y a moins de dix minutes d’attente. Et ainsi de suite, jusqu’à la fin des dix minutes, où le répondeur lui dit que, puisqu’il y a plus de dix minutes d’attente, il est prié de rappeler. Et le répondeur coupe la communication…

Akbar ne renonce pas : il renseigne un formulaire de réclamation (pas facile) sur le site de la DGCCRF, et la réponse qui s’affiche dit (on abrège la réponse) que sa plainte sera examinée dans les 15 jours ouvrés, bla, bla, bla… et donc jamais, se dit Akbar in petto.

Voilà où il en est à cette heure. On verra bien quelle suite sera donnée à cette rocambolesque affaire.

Akbar commande au BHV Rivoli un beau, un grand, un confortable lit pour l’une des chambres de la future maison de campagne. Les vendeurs du service literie, très aimables, l’informent qu’il sera appelé la veille de la livraison pour en préciser le créneau horaires.

Quelques semaines plus tard, Akbar reçoit deux messages vocaux « urgents » en provenance du service de livraison, concernant l’enlèvement d’un matelas à Paris le jour-même.

Aucun enlèvement n’avait été demandé ni prévu – ni à Paris ni en province – et la livraison devait avoir lieu… en province. Akbar rappelle le service, le dit à la responsable qui lui répond que cette livraison en province n’est pas son affaire.

Le lendemain, les livreurs se présentent à la future maison de campagne sans qu’on en ait été prévenus, heureusement que Jeff était sur place. Ils avaient bien avec eux le lit qu’Akbar avait choisi et payé, mais, en sus, un matelas qui n’avait pas été commandé… Par honnêteté – ils auraient pu ne rien dire, garder le matelas et le donner à un proche –, Jeff le leur a signalé. Les livreurs repartent avec.

Plus tard, la même personne du service livraison qui avait appelé Akbar le rappelle, lui demandant si le matelas qui avait été livré par erreur en province avait été bien repris par le livreur… Le comble, se dit Akbar in petto : voilà que le service livraison ne sait pas ce qu’il livre et délivre.

Akbar et Jeff s’accordent sur le modèle de sèche-linge à acheter chez Ubaldi pour leur future maison. Quelques jours plus tard, le service livraison apporte la bête, la déposent emballée sur une palette devant la maison, ne font signer aucun papier et repartent. Tant bien que mal, Jeff l’installe avec l’aide de proches.

Une semaine plus tard, il est informé de la livraison imminente dudit sèche-linge. Perdu, il appelle Akbar. Ensemble mais à distance ils examinent la situation. Il s’avère finalement que le sèche-linge livré précédemment est légèrement différent de celui commandé : cela ne se voit pas à l’œil nu, ce n’est que le numéro du modèle qui est différent et quelques caractéristiques de performance.

Ils discutent entre eux de la conduite à adopter. Oui, ils pourraient ne rien dire, se retrouver avec deux machines pour le prix d’une et donner l’autre à un proche ou la revendre sur le Bon Coin, mais, comme pour le matelas superfétatoire (mot qu’Akbar apprécie), ils rejettent cette approche qui ne serait pas honnête. Ils s’accordent pour refuser la seconde livraison, et informer le vendeur qu’ils garderont la machine livrée précédemment (qui est légèrement moins chère que celle commandée et dont les performances sont plus que satis­fai­santes), lui demandant de leur fournir attestation et garantie pour ce modèle (et leur rembourser la différence). Accepteront-ils, n’accep­teront-ils pas (parce que peut-être ce modèle était destiné à un autre de leurs clients) ?

Voilà où ils en sont à cette heure. On verra bien quelle suite sera donnée à cette rocambolesque affaire.

Le Péruvien Huascar (qui est bien devenu pour Akbar ce qu’Étienne de la Boétie était pour Montaigne : un ami) s’est envolé avant-hier au Pérou avec Jaspe, sa compagne française. Quelques heures après son départ, il envoie un message à Akbar l’informant qu’ayant fait escale (prévue) à São Paulo, ils y restent bloqués : le Pérou interdit tout vol en provenance du Brésil, du fait de la situation sanitaire catas­tro­phique dans ce pays. Comment se fait-il qu’ils n’en aient pas été prévenus au départ de Paris ?, se demande Akbar.

Plus important : Huascar a besoin de l’aide d’Akbar : ayant quasi­ment vidé son compte en banque pour avoir des espèces pendant son voyage, voilà qu’il fait face à d’autres dépenses qu’il aurait à régler avec sa carte, ce qui mettrait son compte à découvert.

Ni une ni deux, Akbar se précipite sur le site de son compte bancaire, pour tenter de lui faire un virement immédiat. Mais voilà, le site de HSBC semble perclus de rhuma­tismes : le passage d’une page à l’autre, s’il a finalement lieu, prend plus d’une minute, et s’il n’a pas lieu, affiche que la destination n’existe plus, pour réappa­raître quelques minutes plus tard. Après de longs moments de frustration, Akbar appelle leur service télé­pho­nique qui, lui, ô miracle, s’exclame Akbar in petto, répond rapidement et aima­blement, et aide Akbar patiemment à finaliser le transfert.

Banques, je vous hais, repense Akbar.

15 janvier 2021

#TousAntiCovid grand corps malade

Classé dans : Actualité, Santé, Sciences, techniques — Miklos @ 11:20

Dès l’annonce de sa disponibilité, j’avais installé et activé cette application sur mon smartphone (Android, récent, à jour). Et voici les symptomes évolutifs que j’ai pu constater dans son comportement.

Catalepsies périodiques

Au fil du temps, j’ai constaté qu’elle se désactivait régulièrement, sans que je n’aie fait quoi que ce soit qui aurait pu expliquer ce comportement (éteindre le smartphone ou arrêter des applications, par exemple).

Raisonnements lacunaires et contradictoires

Puis, lundi dernier, en la réactivant, voici que :
  – elle m’annonce en rouge que j’ai été cas contact « ces derniers jours » ;
  – elle me recommande de me faire tester immédiatement et de m’isoler pour 7 jours « depuis le dernier contact » avec la personne en question  or comme elle ne fournit ni la date, ni l’heure, ni le lieu, impossible de savoir comment caler cet isolement et surtout quand y mettre fin ;
  – et enfin, à l’issue du bref questionnaire qu’elle propose, elle me recom­mande de me faire tester à la fin de l’isolement… Donc deux fois ?

Du coup, après avoir discuté avec mon médecin traitant, je m’isole pour 7 jours depuis la réception de cette alarme ; je me suis fait tester à une date que je suppose être de 4 jours après l’éventuel contact (dans un laboratoire où j’avais attendu une prise de sang pour une autre raison ? dans une queue à la pharmacie du coin?), et me ferai retester à l’issue de cet isolement.

J’ai envoyé un mail sur ces problèmes à l’adresse indiquée pour l’appli, ai reçu un accusé de réception, puis plus rien.

Morts subites

Et voilà que hier soir, voulant vérifier si elle était activée, je constate qu’elle plante immédiatement au lancement, avec java.lang.NullPointerException: Attempt to invoke virtual method ‘boolean com.lunabeestudio.stopcovid.model.KeyFigure.isFeatured()’ on a null object referenceune erreur système (je précise : aucune mise à jour ou installation récente sur mon smart­phone). J’ai essayé à nombreuses reprises, sans succès.

J’ai envoyé les informations sur l’erreur à l’adresse mail indiquée pour l’appli, ai reçu un accusé de réception, puis plus rien.

Mort-vivante

Ce matin, l’appli démarre. La pro­cé­dure d’activation initiale est différente – est-ce une nouvelle version ? – et voilà qu’elle affiche en même temps (cf. image ci-contre, cliquer pour agrandir) qu’elle est DÉSACTIVÉE, tout en four­nis­sant un lien pour la désac­tiver ainsi que des infor­mations qui semblent indi­quer qu’elle est activée (« Pas d’expo­sition détectée », etc.)…

J’ai envoyé les informations sur ce compor­tement à l’adresse indiquée pour l’appli, ai reçu un accusé de réception, puis plus rien.

Diagnostic

De là à se poser des questions sur la santé de cet outil pourtant vital (est-ce lui qui devrait se faire vacciner en premier ?)… Phéno­mène typi­quement français : en théorie, c’est génial (mais la France n’a pas inventé la roue, d’autres pays avaient mis en place une telle appli­cation plus tôt), mais en pratique, ça laisse à désirer.

Mort et transfiguration

Par acquis de conscience, j’ai redémarré mon smart­phone (ce que la procé­dure d’instal­lation de l’appli ne demandait pourtant pas) et oh ! miracle, l’appli indique qu’elle est activée… Je la mets en observation pour voir si elle a vraiment guéri.

Rechute

Et voilà que, une heure plus tard, l’appli indique qu’elle est désac­tivée et ne donne aucun moyen pour se réactiver : le bouton pour ce faire (« ActiverTousAntiCovid ») est aussi désactivé… Il s’avère que c’est dû au fait que l’appli ne peut plus accéder au BlueTooth, et pourtant elle le pouvait il y a une heure. Je lui ai signifié qu’elle pouvait, qu’elle essaie, elle verra bien. Eh bien elle m’a écouté cette fois, et j’ai pu la réactiver. Jusqu’à quand, je vous le demande ?

Et la réponse est…

Quelques jours plus tard, une réponse à mes mails arrive enfin :

Merci pour votre suggestion et d’être un acteur de la lutte contre l’épidémie.votre suggestion sera remontée au service développeur car l’application est en cours de développement.Nous avons identifié le problème ,c’est un soucis technique qui sera résolu prochainement.Nous vous rassurons que l’application est bien activée à ce moment là ,sachez que nous mettons tous en œuvre pour résoudre cette confusion.
L’application continuera d’être enrichie régulièrement de nouvelles informations et de nouveaux services.
Prenez soin de vous et de vos proches.
L’équipe TousAntiCovid.

Il est tout de même étonnant – voire décevant – d’apprendre que l’appli­cation est encore « en cours de développement » tellement de temps après le début de cette pandémie qui, elle, n’a de cesse d’être (malheu­reu­sement) en cours de déve­lop­pement…

14 novembre 2020

Apéro virtuel II.13 – samedi 14 novembre 2020

Classé dans : Actualité, Arts et beaux-arts — Miklos @ 23:59

Machine à coudre à moteur animal – Machine à écrire musicale dite « L’Harmoniscribe » – Brosse à dents sans manche – Métronome géant – W.C. pour bergers landais
Cliquer pour agrandir

Michel trinque à la santé des arrivants – Jean-Philippe, suivi de Sylvie puis de Françoise (P.) – en levant un verre de côtes de Provence bio et en croquant de délicieux canistrelli au citron, biscuits originaires de Corse (et non pas d’Italie comme il l’avait suggéré).

Les quatre présents évoquent ensuite l’actualité – à commencer par cette fête clandestine monstre qui avait réuni tout à fait illégalement, la nuit dernière, plus de trois cent personnes dans un loft à Joinville-le-Pont (Val de Marne), dont au moins une s’est révélée porteuse du coronavirus, soirée qui a dégénéré en bagarre générale avant que la police n’intervienne avec des grenades de désencerclement.

On évoque ensuite le long film complotiste Hold Up devenu viral grâce (si l’on peut dire) aux réseaux sociaux, utilisant des méthodes de démagogie (mensonges, citations hors contexte, appel à l’affect et aux peurs plutôt qu’à la raison, etc.) communes aux négationnistes de la Shoah et leurs semblables pour « démontrer » une « manipulation mondiale » autour de la pandémie actuelle1. Comme le dit un professeur des écoles, « Ce documentaire a atteint un public que le fact-checking à son sujet n’atteindra jamais. Les dégâts sont considérables. »

Selon Michel, la démocratie est menacée, voire impuissante, devant ces types de phénomènes – le complotisme venant d’« en-bas », la démagogie et les abus de pouvoir venant d’« en haut » (Netanyahou, Trump…). Que reste-t-il pour nous défendre ? « La presse ! », répond Jean-Philippe. « Les gens ! », rajoute Sylvie, rappelant que depuis août des manifestations se tiennent partout en Israël chaque semaine pour demander le départ de Netanyahou. Mais qu’est-ce que cela changera ?, demande Michel, ni l’un ni l’autre de ces personnages ne sont impressionnés par les manifestations à leur encontre. Qu’est-ce qui fera sortir Trump de la Maison Blanche s’il refuse d’en partir ? « Le Secret Service », répond Sylvie. Jean-Philippe rajoute que le chef de l’État major de l’armée américaine a déclaré n’avoir prêté allégeance ni au roi ni au président, mais à la Constitution.

On en vient à discuter de la méthode actuelle utilisée dans ce pays pour déclarer le vainqueur : ce sont les médias qui le font, très rapidement, non pas basés uniquement sur un décompte (partiel) des voix, mais sur des sondages. Ce qui n’est pas sans rappeler à Michel une extraordinaire nouvelle américaine publiée en 19552 et qui illustrait, de façon ironique et prémonitoire, l’absurdité du système électoral qui se décide de fait sur un nombre de moins en moins élevé de votants et à l’aide de logiciels de statistiques de plus en plus performants.

Pour faire écho aux textes inexploitables de Hubert Haddad d’une part, et aux détournements d’œuvres littéraires et artistiques par Clémentine Mélois d’autre part, mentionnés l’un et l’autre hier par Jean-Philippe et Michel respectivement, ce dernier présente le second volume du Catalogue d’objets introuvables3 de Carelman (publié en 1976), n’ayant pas trouvé son premier volume (qu’il préfère). Carelman, à l’origine dentiste, invente des objets absolument abracadabrantesques (cf. certains dans l’image ci-dessus), qu’il représente sous forme de gravures anciennes, objets qui, pour certains, se réaliseront bien plus tard sous une forme ou une autre.

Sylvie présente un trio de sites consacrés à la culture générale : Artips pour les arts, Musiktips pour la musique et Sciencetips pour les sciences. Ceux qui s’y inscrivent (gratuitement) reçoivent une ou plusieurs fois par semaine (selon le site) un courriel avec une « anecdote décalée et mémorable à lire en une minute seulement », suivie d’un jeu-concours qui consiste à identifier l’auteur d’une œuvre dont ils montrent une image, voire identifier un animal étrange. Sylvie affiche les pages des récents concours d’Artips et de Musiktips – faisant passer un examen aux présents avant de leur montrer les réponses elles-mêmes (mais par erreur parfois avant même d’avoir laissé le temps de répondre…). Celui qui cumule le plus grand nombre de bonnes réponses dans le mois peut recevoir un livre d’Artips… L’animal étrange en question était le wombat, de la famille des mammifères marsupiaux, c’est-à-dire à poche, poche dans laquelle se développe le petit à sa naissance. Et, précise Michel, une fois parti, la mère peut se servir de sa poche pour l’autorisation de sortie en cas de confinement.

Pour ceux des présents qui, après s’être inscrits, voudraient gagner à tous les coups, Michel suggère l’utilisation des sites d’identification de photos Google Images et TinEye, complémentaires (parfois l’un identifie ce que l’autre n’arrive pas à trouver) et qui lui a servi dans diverses occasions (en général, pour identifier des arnaques dans des annonces de location…).

De son côté, pour faire écho aux récentes évocations d’école communale (par exemple dans la visite du musée national de l’éducation à Rouen, il y a quatre jours), Françoise (P.) montre l’ouvrage À l’encre violette. Un siècle de vie quotidienne à la communale, de Clive Lamming, qui comprend de nombreuses photos4 – en noir et blanc principalement, assez sombre et triste, selon Françoise.

Michel remarque que l’école communale ne s’appelle plus ainsi de nos jours, mais, comme le précise Sylvie, « école primaire ». Il trouve cet abandon regrettable, « communale » suggérant ce qui est commun à tous, et quand on dit de quelqu’un qu’il est primaire, ce n’est pas un compliment !

À ce propos, Jean-Philippe conseille d’écouter l’enregistrement de l’émission Répliques d’Alain Finkielkraut chez France Culture de ce matin consacrée à Régis Debray, retraçant son parcours depuis la lutte armée et politique en Amérique latine jusqu’à ses engagements et réflexions plus récentes autour de la « médiologie » ainsi qu’également la place de l’Histoire et de la Nature pour comprendre l’actuel changement de paradigme. Michel en profite pour raconter avoir croisé Régis Debray chez Marcel Bénabou, alors, et toujours, secrétaire définitivement provisoire (c’est son titre officiel) de l’Oulipo (et donc encore un écho à Clémentine Mélois, membre du même organisme…).

Pour finir, Sylvie rappelle que ce soir a lieu La Nuit des musées, qui se fera de façon virtuelle, ou, comme le précise la Ville de Paris, sous la couette… Elle fournit aussi un lien récent en provenance du Grand Palais consacré à la naissance du fauvisme.

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1. On trouvera ici l’article que Libération a consacré à ce « documentaire » dans sa rubrique Check News.

2. Il s’agit de Franchise (en français : Le Votant) d’Isaac Asimov. On trouvera ici un extrait très significatif (en français) de l’essence de cette nouvelle.

3. Le titre se poursuit, comme celui de recueils bien plus anciens, par « …et cependant indispensables aux personnes telles que : acrobates, ajusteurs, […] xylographes, yogis, zingueurs et bricoleurs en tous genres… » En feuilletant l’ouvrage, ne pas oublier de lire la très fine ligne de citations en bas de chaque page !

4. Provenant, pour une bonne part, de quatre musées de l’éducation dont celui de Rouen… Cf. cet article.

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