Miklos
« Je donne mon avis non comme bon mais comme mien. » — Michel de Montaigne

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10 novembre 2020

Apéro virtuel II.9 – mardi 10 novembre 2020

Classé dans : Actualité, Arts et beaux-arts — Miklos @ 23:59

En arrière-plan de Michel on peut voir une affiche – datant sans doute de la première moitié du XXe siècle, d’après son style –, proclamant « Fais le bien sur-le-champ, tu n’es pas sûr de vivre longtemps ». Sitôt aperçue par Jean-Philippe, celui-ci brandit une brochure de spectacle (au Théâtre des Quartiers d’Ivry, du 9 mai au 5 juin 2016) de La Cerisaie d’Anton Tchekov (quelle magnifique pièce !) sur la couverture de laquelle il est écrit « De toutes façons, on meurt ». Ça commence bien… En fait, celle de Michel est exposée au Musée national de l’éducation à Rouen, ville qu’il a visitée avec François, et fait partie des photos qu’il y a prises (ici, à partir de la photo n° 22) et qu’il fait défiler ce soir à l’écran, alliant ainsi les thèmes de voyage et pédagogie. On y remarque entre autres des élèves bien sages, les instituteurs enseignant aux garçons et les institutrices aux filles (et pas que la couture), les pupitres en bois, les encriers (à ce propos, on évoque les plumes Sergent-Major, les essuie-plumes et les buvards !), une publicité pour la gouache Caran d’Ache, des bons points de styles variés (et notamment un illustré du corbeau de La Fontaine tenant en son bec un fromage, et fourni en tant que publicité d’une marque de chocolats…), un guide-chant à manivelle, des planches illustrant diverses matières enseignées (à propos desquelles Jean-Philippe feuillette à l’écran Leçons de choses, ouvrage regroupant nombre des planches pédagogiques de Deyrolle qu’on voyait aux murs des classes), la couverture du Roti-Cochon ou Méthode très-facile pour bien apprendre les enfans à lire en latin & en françois par des inscriptions moralement expliquées [...] très-utile, & même nécessaire, tant pour la vie & le salut, que pour la gloire de Dieu, les tables de multiplication, de grandes pancartes alertant contre l’alcoolisme (ce qui rappelle à Michel le Papa, ne bois pas, pense à nous, du métro, où une main facétieuse avait rajouté tout après le pas, et à Françoise (C.) le Dubo Dubon Dubonnet des tunnels du métro)… Pour finir sa présentation, Michel montre la couverture de la « Méthode active de grammaire et de français » intitulée La grammaire nouvelle et le français des petits, un de ses tous premiers livres d’apprentissage de la grammaire, au revers de laquelle il avait dessiné le célèbre 0 + 0 = la tête à Toto.

Françoise (P.) présente Sœur Corita Kent, tombée dans l’oubli après avoir été considérée icône du pop art, qui est maintenant à l’honneur d’une réjouissante exposition à Nice, She-Bam Pow Pop Wizz ! Les Amazones du Pop (voir ci-dessous l’article de Soline Delos que le magazine Elle lui consacre et dont Françoise lit quelques lignes). Recommandée aussi, une très intéressante page (en anglais) consacrée à sa vie (texte et vidéos), à ses œuvres et à son style, illustrée de quelques reproductions. Pour Michel, l’affiche intitulée Immaculate Heart College Art Department Rules est purement géniale et si vraie ! Puis Françoise continue en mentionnant le décès récent (6/11) d’un publicitaire important, Jean-Michel Goudard, cofondateur avec Jacques Séguéla du réseau international de publicité Havas Worldwide (ex Euro RSCG) et proche conseiller de Jacques Chirac et de Nicolas Sarkozy (alors que Séguéla soutenait Mitterand). On pourra lire ici la lettre que Séguéla lui adresse.

Et même si la thématique cuisine n’a pas été développée, on a eu la recette de la mayonnaise faite maison, on a vu du curry vert et brièvement évoqué la crème Budwig dont on trouvera la recette originale ici.

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Soeur Corita Kent : pop modèle
(Source : Elle)

Le 25 décembre  1967, l’hebdomadaire américain « Newsweek » consacrait sa couverture de Noël à une religieuse hors norme, sister Corita Kent. À 49 ans, cette sœur de l’ordre du Cœur immaculé de Marie, à Los Angeles, est alors considérée comme une icône du pop art, avec ses sérigraphies aux couleurs vivifiantes prônant la tolérance. Pédagogue attentive et exigeante, elle enseigne également à l’Imma­culate Heart College, diffusant sur le juke-box de l’établis­sement les chansons de Bob Dylan ou projetant sur grand écran le dernier film de François Truffaut. Parmi ses admi­rateurs : Alfred Hitchcock, John Cage, les designers Ray et Charles Eames ou encore l’architecte visionnaire Richard Buckminster Fuller, qui décrira sa classe comme « l’une des expériences les plus fondamentalement inspirantes de [sa] vie ». Si Corita Kent joue avec les mots depuis les années 1950, c’est en 1962, lorsqu’elle découvre les « Campbell’ Soup Cans » d’un certain Andy Warhol à la Ferus Gallery, haut lieu de la contre-culture californienne, que son art prend définitivement les couleurs du pop.

TROP RADICALE POUR L’ÉGLISE

L’élève a trouvé son maître, mais c’est peut-être aussi l’inverse, car certains avancent que les sérigraphies de sister Corita auraient influencé le jeune artiste. Dès lors, elle puise sans réserve dans la société de consommation, les slogans publicitaires, les enseignes de rue, les magazines, les paroles de chansons, maniant comme personne le copier-coller et les images fortes pour diffuser des messages de plus en plus engagés. Elle critique la brutalité de l’armée américaine au Vietnam, accompagne les féministes, condamne les inégalités raciales. Trop radicale pour l’Église, elle quitte les ordres en 1969 et s’installe à Boston, où elle peint notamment le célèbre « Rainbow Swash » sur une citerne de gaz, tout en luttant contre un cancer qui l’emporte en 1986. « Elle a inventé un art qui donne envie d’être dans l’action, sans donner de leçon de morale », expliquent Hélène Guenin et Géraldine Gourbe, commissaires de l’exposition « Les Amazones du pop ». L’occasion de découvrir également d’autres oubliées du pop art et féministes avant l’heure, comme Nicola L., Dorothy Iannone ou encore Kiki Kogelnik. Alléluia pour sister Corita et pop bless America !

« LES AMAZONES DU POP », jusqu’au 28 mars 2021, Musée d’art moderne et d’art contemporain, Nice (06).

7 novembre 2020

Apéro virtuel II.6 – samedi 7 novembre 2020

Classé dans : Actualité, Arts et beaux-arts — Miklos @ 23:59

Le choléra en France. Paris : mesures de désinfection prises à la gare de Lyon,
à l’égard des voyageurs arrivant de Toulon et de Marseille.
Cliquer pour agrandir.

Amusante coïncidence, l’apéro d’hier étant passé par la Gare du Nord, Michel commence par une brève visite de la gare de Lyon, avec, en arrière-plan, une gravure de 1884 illustrant les mesures de désinfection qui y avaient été prises à l’égard des voyageurs arrivant de Toulon et de Marseille (ce que ne fait pas la SNCF de nos jours…), suivie d’un album en ligne de photos qu’il y avait prises – et notamment du Train Bleu – en 2014, lors des Journées du patrimoine, avec pour finir une photo du repas que François lui y avait offert pour son anniversaire en 2019.

Après une discussion de « la situation » et de la complexité des décisions que doivent prendre les uns et les autres, Françoise (C.) fait visiter l’église Santa Maria presso San Satiro (cf. ses photos) qui a la particularité de n’avoir quasiment pas de chœur (du fait d’une rue qui passe derrière l’église et qu’il fallait préserver), remplacé par une peinture en trompe-l’œil derrière l’autel qui donne l’illusion de profondeur.

Ensuite, Jean-Philippe parle de Civilizations de Laurent Binet1, qui, malgré l’orthographe plutôt anglaise de son titre, est bien écrit en français, livre dont il a déjà lu trois des quatre parties. Il s’agit d’une uchronie, selon laquelle ce seraient les Vikings qui seraient arrivés, bien avant Colomb, aux Amériques; que Colomb et les siens y disparaissent, et que c’est Atahualpa l’Inca qui débarque avec son entourage, au Portugal… L’auteur veut-il, demande Jean-Philippe, faire ressentir aux Occidentaux leur responsabilité d’avoir assujetti, colonisé, perverti, et doivent donc rendre ce qu’ils y ont pris (pour leurs musées, par exemple) ? Une longue discussion s’ensuit, dans laquelle Michel questionne (sans avoir une opinion tranchée) les recherches scientifiques (archéologiques, médicales, culturelles, etc.) qui ne respectent évidemment pas les valeurs des cultures passées ou présentes (par exemple avec l’exhumation de morts, leur transport ailleurs, et tout ce qui en découle). Questionnement sur le savoir, ses valeurs, son utilité (et pour qui)…

Sur ce, on termine l’apéro pour aller voir si les États-Unis continuent ou non à se Trumper.

Et pour demain : comme précédemment, nombre de sujets ont été proposés – un instituteur (ou institutrice) qui a changé votre vie, une expérience en tant qu’enseignant(e), une œuvre musicale qui vous a marqué, une visite de là où l’on se trouve actuellement (ou de tout autre endroit), et, bien entendu, chacun est libre de choisir un autre sujet. Il faut penser à avoir beaucoup à dire, parce qu’on n’aura pas l’occasion de remplir les vides en parlant encore une fois de la bataille Trump-Biden…

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1 Après l’apéro, en effectuant quelques recherches, j’ai trouvé cette intéressante critique du roman de Binet.

6 novembre 2020

Apéro virtuel II.5 – vendredi 6 novembre 2020

Classé dans : Actualité, Arts et beaux-arts, Lieux — Miklos @ 23:59

De la galerie Vivienne à Paris à la centrale thermique du Havre via la plage de Trouville.
Cliquer pour agrandir.

Après avoir levé ensemble (bon difficile à synchroniser parfaitement sur Zoom) le coude, Michel ouvre la séance par une brève pré­sen­tation de quelques galeries et passages couverts de Paris qui s’est terminée sur une vue de la plage de Trouville et, au loin, Le Havre (cf. photos ici, prises lors des différentes visites de Paris et de ses musées, monuments et autres lieux intéressants qu’il avait fait faire à des couchsurfeurs qu’il avait hébergés et nourris, le tout gracieu­sement).

Après, c’est le tour de Sylvie : ayant parcouru le très beau site dont François avait envoyé l’adresse et qu’il avait fait suivre, elle parle (et montre des photos) d’un des monuments qui y sont mentionnés, Saint-Germain-de-Charonne, l’une des plus anciennes églises de Paris, et de ses environs, rues et autres lieux intéressants (religieux ou non). Puis, pour faire le lien avec un thème d’un précédent apéro, l’enseignement, elle raconte son expérience entre autres à la FCPE (fédération des conseils de parents d’élèves). Jean-Philippe rappelle que cette église était devenue quelque peu mythique au cinéma, parce qu’on la voit entre autres dans Les Tontons flingueurs.

Françoise (C.) aurait voulu par exemple faire visiter les Navigli, quartier pittoresque en bordure de Milan (ville dans laquelle elle se trouve actuellement) où l’on trouve encore quelques restes des canaux artificiels construits au cours des siècles passés, mais ne sachant comment montrer les photos qu’elle en a fait, elle n’a pu préparer leur présentation pour l’apéro. Michel lui dit alors qu’il l’aidera pour ses prochaines présentations.

Enfin, Jean-Philippe présente un de ses livres, Paris déplacé. Du XVIIIe siècle à nos jours (architecture, fontaines, statues, décors) de Ruth et Gilles Fiori, qui relate plus de 200 « déplacements » du patri­moine parisien, dans Paris ou ailleurs en France, voire à l’étranger ; ainsi, l’édifice original de la Gare du Nord se trouve… à Lille.

On termine l’apéro sans pouvoir éviter d’évoquer la paire Trump-Biden.

10 août 2020

Pourquoi les Américains à Paris souffrent moins de la canicule que les Français

Classé dans : Actualité, Sciences, techniques, Société — Miklos @ 14:42

Hot Weather Sketches. Illustration du The Illustrated London News, 23 juillet 1881..

J’ai deux thermomètres qualifiés de vintage par leur vendeur (« néo-rétro » vend moins bien) : l’un accroché à l’ombre sur l’embrasure externe d’une de mes fenêtres, l’autre au centre de mon appartement.

Pour illustrer la grande diffé­rence de températures hier à 17h30 – 39,5°C sur rue, 28°C en intérieur (sans cli­ma­ti­sa­tion, je précise : je ferme volets et fenêtres), j’ai photo­gra­phié ces deux instru­ments, et ai mis côte à côte, à la même échelle (en alignant les deux gra­duations en Celsius), le résultat, que l’on peut voir ci-contre (cliquer pour agrandir).

C’est alors que j’ai remarqué que les graduations en Farenheit ne correspondaient pas l’une à l’autre, elles. Et si l’on fait un rapide calcul (C = (F-32) x 5 / 9), on constate que c’est le thermomètre de droite qui affiche une échelle plus basse de 10°F que les valeurs correctes.

En regardant de plus près l’ensemble de ce thermomètre (que l’on peut voir ci-contre à gauche, cliquer pour agran­dir), je m’aperçois que le mar­quage en Farenheit disjoncte au-dessus des 50°F : l’indi­cation suivante aurait dû être 70°C, puis 90°, etc. Soit dit en passant, il manque aussi le signe « moins » devant les mesures en-dessous du 0°F.

Et enfin, comble de la contre­façon contre lequel ce thermo­mètre avertit, si l’on compare cet objet à celui d’ori­gine (cf. photos ci-contre, cliquer pour agran­dir), on voit que sur ce dernier les tempé­ratures sont indi­quées en Celsius des deux côtés du tube central. Le rem­pla­cement du marquage de droite par l’échelle Farenheit est destiné, sans nul doute, aux touristes anglo­phones qui utilisent encore cette unité de mesure. On est très curieux de savoir dans quel pays ces contre­fa­çons ther­mo­mè­tres ont été fabriqués.

Ainsi, pour eux, il ne ferait, d’après ce thermomètre, que 92°F (ce qui correspond à 33°C, au lieu des 39,5°C = 102°F). Mais au vu des restrictions sur les vols internationaux du fait de la pandémie, ce type de touristes ne vient pas chez nous. Alors pourquoi ne pas revenir au vintage d’origine ?

23 juillet 2020

Monoprix se voile la face à défaut de se la masquer

Classé dans : Actualité, Santé, Société — Miklos @ 1:16

Respect du port du masque dans les surfaces de mon quartier. Cliquer pour agrandir.

Lundi 20 juillet est entrée en vigueur l’obligation du port de masques dans les lieux publics clos par « toute personne de onze ans ou plus » (cf. le décret en vigueur). Cela concerne donc et les clients, et les employés.

Lundi 20 juillet j’étais allé faire une course au grand Monoprix de mon quartier. Au sous-sol, où se trouve l’alimentation, je vois près des caisses un employé le masque sous le menton, alors que ses collègues – toutes des femmes – portent le leur correctement.

M’adressant à lui, je lui demande pourquoi ne le porte-t-il pas correctement. Il me lance : « Parce que je ne veux pas respirer du CO2. » M’adressant alors à une responsable, je lui relate cet incident, et lui demande pourquoi ne lui font-ils pas respecter la loi, ou, à défaut, travailler hors contact du public s’il n’est pas capable de porter un masque. Elle me répond qu’on lui avait déjà demandé par le passé à plusieurs reprises de porter le masque correctement, ce qu’il se refuse à faire. Elle rajoute, « Nous allons maintenant le lui écrire ».

Il est clair qu’ils n’ont rien fait de concret par le passé pour corriger la situation, et que, vu les délais de la Poste, ce n’est pas un échange de courriers qui va en accélérer la résolution. Une fois rentré chez moi, j’écris au service clients de Monoprix. Leur réponse est un copié-collé de formules standard : « Nous mettons en place tout le nécessaire afin d’assurer votre protection et celle de notre personnel. Nos équipes suivent des consignes d’hygiène très strictes. » etc. S’ils les suivent, c’est de très loin. Rien de concret, donc. Bonne raison de ne plus y aller, du moins avant la disparition de ce petit virus.

Il n’y a pas que Monoprix qui semble prendre à la légère cette affaire : le supermarché G20 de mon quartier était affligé du même problème, comme récemment relaté.

Heureusement qu’il y a un Franprix non loin, où tout le monde semble bien masqué.

Plus sérieusement : il est désolant que tant de gens et d’entreprises (on pense aussi par exemple à ces bars à Nice, le week-end dernier, dans lesquels des foules de jeunes faisaient la fête, agglutinés les uns contre les autres et sans masques) prennent à la légère les recom­man­dations destinées à empêcher la diffusion du virus. Ce n’est malheureusement pas étonnant qu’il semble y avoir un regain de l’épidémie.

Développements ultérieurs

Monoprix m’a finalement répondu sur le fond que « La Directrice du magasin s’est entretenue avec l’employé concerné. Elle lui a rappelé les consignes concernant le port du masque. Soyez rassuré, tout a été mis en œuvre pour éviter qu’une telle situation ne se renouvelle. » On l’espère.

Quant à G20, après avoir relancé leur responsable communication – marketing qui devait avoir pris connaissance le 20 juiilet de mon message du 7, j’ai finalement reçu une réponse dans laquelle elle m’a d’abord dit ne pas avoir reçu mon mail du 7 (et pourtant elle y avaut répondu…), puis qu’il avait dû aller dans les spams et enfin que des personnes « s’en sont occupé ». Après ce préliminaire quelque peu alambiqué, deux formules : « Toutes les mesures à mettre en place et à respecter ont été transmises aux magasins et chaque magasin veille à la santé de toutes et tous. » Or ledit magasin ayant fermé pour travaux peu après mon mail du 7, je serais curieux de savoir où ses équipes appliquent les mesures en vigueur…

Le directeur du magasin a pris connaissance de vos différents mails, les équipes ont été sensibilisées et appliquent les mesures en vigueur.

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