Miklos
« Je donne mon avis non comme bon mais comme mien. » — Michel de Montaigne

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6 octobre 2012

Copé défend la boulangerie-pâtisserie française et fout le ramdam à droite

Classé dans : Actualité, Cuisine, Médias, Politique, Racisme, Religion — Miklos @ 15:01

Tous les médias rapportent avec délec­tation les déclarations de ce valeureux pourfendeur décom­plexé du racisme anti-blanc. Ce fils d’immigrés ayant échappé aux rafles (ses parents ont pu constater à quoi on s’expose quand on est étranger) et devenu plus français que français de souche est parti en campagne monté sur son grand cheval (blanc) pour défendre le droit des petits blancs à manger leur pain au chocolat (et inci­demment dans le but décrocher la nomination à la tête de son parti en raflant s’attirant des voix à la droite de la droite).

On est tout de même étonné : la couleur de cette pâtisserie n’est pas franchement bleu-blanc-rouge. En d’autres temps il aurait pu même parler de tête-de-nègre : les petits Français adoraient en manger et certains de leurs parents en bouffer, du nègre ; Y’a bon, Banania. Pourquoi n’a-t-il pas choisi de promouvoir plutôt une religieuse ou un pet-de-nonne ?

Quant à la cause de ces agressions à l’encontre de fils de mères de (bonne) famille françaises – il faut être compatriote pour être défendu par ce … patriote – à la sortie de collèges, ce serait le Ramadan. Or cette année cette fête a débuté le 20 juillet pour se terminer le 19 août, au beau milieu des grandes vacances. Qui sont donc ces élèves ? Des clandestins ? Immigrés, même ? Dieu préserve !

19 avril 2012

Nous…

Classé dans : Actualité, Médias, Politique, Racisme, Société — Miklos @ 18:47

«Nous sommes chez nous. Nous sommes chez nous, nous les Français et les Françaises, métèques venus des quatre coins du monde pour faire France. Nous les immigrés qui travaillons sur les chantiers nous cassant le dos pour ériger des bâtiments, nous sommes chez nous, nous les Bretons, les Corses, les Occitans. Nous les Polaques, les Portos, les Ritals et les Espingouins. Nous les youpins, les nègres, les bougnoules, et nous, les Norvégiennes ménopausées. » — Eva Joly.

6 mars 2012

Le candidat Sarkozy aurait-il changé sa position à propos du mariage de couples homosexuels ?

Classé dans : Actualité, Médias, Politique, Racisme, Société — Miklos @ 23:58

Invité de l’émission Des paroles et des actes de France 2, ce candidat (on sait à quoi) s’est vu interrogé entre autres sur l’impression que donnait au grand public sa fréquentation ostentatoire de personnes particulièrement riches ; il a répondu en invoquant l’amitié qui avait lié François Mitterrand à Yves Bergé.

Il a fallu quelques instants au journaliste pour lui demander (avec des pincettes, vu l’agressivité et la tension dès le début de l’émission) s’il ne voulait pas parler de Pierre Bergé, ce qu’il a confirmé.

Ce lapsus n’indiquerait-il pas qu’il aurait reconnu, au moins incon­sciemment, le mariage de Pierre Bergé avec son compagnon Yves Saint-Laurent (qui aurait pris le nom de son époux, comme c’est encore parfois le cas dans les mariages de couples hétérosexuels encore attachés à des traditions ancestrales) s’il avait eu lieu maintenant ?

On peut toujours rêver. Bien au contraire : ce mariage – et même sa version édulcorée, le contrat d’union civile qu’il avait promis de faire adopter avant fin 2007 – n’est pas très casher pour lui. Oups, ça m’a échappé. Mais vous, Françaises, Français qui me lisez, vous me comprenez : cette histoire de viande (je ne parle pas des couples homos) est le « premier sujet de préoccupation des Français ». C’est même lui qui l’a dit.

Et voilà que son premier ministre (pas celui du candidat, mais celui du Président) renchérit en parlant de « traditions ancestrales qui ne correspondent plus à grand-chose ».

Parlait-il, lui, de l’institution même du mariage ? Ou peut-être de la langue française ? Ou, pour remonter un peu plus loin, à la Grèce antique, de la démocratie ? Que nenni.

Or si ces déclarations – auxquelles se rajoute celle de Guéant – visent à attirer un électorat encore plus à droite (pour autant qu’il reste encore une distance quelconque entre les uns et les autres), en s’en prenant aux traditions comme le ferait une vulgaire gauche révolutionnaire voire anarchiste, ils risquent l’effet contraire : le renforcement de cette extrême droite sans qu’elle ait à parler aussi explicitement de sujets… délicats.

Quoi qu’il en soit, on n’est finalement pas si étonné de les voir exprimer encore plus clairement ainsi ce qu’ils pensent profondément de certains de nos concitoyens qu’ils considèrent comme des minorités qu’il faut distinguer et repousser au lieu de les intégrer en respectant leurs traditions et leurs identités. La pluralité n’est pas vraiment à l’ordre du futur radieux qu’ils projettent de mettre en place, s’ils conservent le pouvoir.

28 février 2012

La mauvaise foi des médias

Classé dans : Actualité, Médias, Politique, Racisme, Religion, Société — Miklos @ 11:52

Tout pour l’audimat : RMC, rapportant la tentative d’un père de brûler sa fille vive, l’intitule – voyez tout en haut de l’image – « Fille immolée par son père ». Ce n’est qu’en lisant l’article qu’on constate que, heureusement, il n’a pu mettre son geste à exécution.

Cette méthode qui consiste à attirer le chaland par des gros titres sensa­tionnels et de préférence gore et qualifiés comme celui-ci d’« exclusifs », est bien connue des tabloïds (Weekly World News en est un bon exemple ainsi que le récemment défunt News of the World, immolé pour de bonnes raisons, lui, par son père Molloch Murdoch).

Sur le fond, le prétexte à cette tentative de meurtre qu’on pourrait ironiquement qualifier de rituel est si tristement banal : le père musulman de la jeune femme la trouvait trop émancipée et ne supportait pas qu’elle fréquente un juif.

Par le hasard de la programmation d’un autre média, France 2 avait diffusé avant-hier Mauvaise foi, le film de Roschdy Zem, dans lequel il tient le rôle d’un jeune homme qui vit en couple avec une jeune femme. Ils vont avoir un enfant, et ne savent comment faire leur coming out à leurs parents respectifs qui ignorent tout de leur relation, ni comment gérer leurs traditions respectives : il s’avère qu’il est musulman et qu’elle est juive, et que cette composante de leur identité – jusqu’ici assumée tacitement par l’un et par l’autre (et pourtant cachée à leurs parents) qui, à juste titre, se considèrent simplement Français – ressort fortement à cette occasion ; mettre une mezouzah sur la porte, donner le prénom (arabe) du défunt père au futur fils (parce que ce sera un fils, inch Allah*), prendre parti dans le conflit judéo-musulman israélo-palestinien (et si le fils était tout simplement Français ?)… Heureu­sement, le seul problème d’essence ici semble être celui d’une camionnette qui a du mal à démarrer à un moment critique.

C’est un film gentil, plein de bonnes intentions et pour toute la famille (faut bien, pour pouvoir le diffuser en prime time) : après quelques cris et chuchotements, tout est bien qui finit bien (d’ailleurs le père n’aimait pas son prénom, ça tombe bien) et les deux familles, rayonnantes de bonheur, se retrouvent gaga autour du nouveau né. Mazal tov. Ah, si tout se passait comme ça, ce serait bien le meilleur des mondes.

Comme le montre l’information qui ouvre ce billet, ce n’est pas toujours le cas : les couples « mixtes » – que ce soit du fait d’une différence de couleur, d’âge, de religion, d’éducation, de culture, de classe… – peuvent être fort mal vus et rejetés (ou pire : « punis ») par leur entourage familial et/ou social.

C’est, plus généralement, le rejet de la différence réelle ou perçue – ce qui ne veut pas dire visible ! on ne « voit » pas forcément qu’une personne est juive, gaie, roturière ou noble – de l’individu qui fait peur : c’est un instinct qu’on retrouve dans le monde animal en général, et il n’est pas étonnant de le retrouver chez l’homme. Mais cet animal doué de raison (comme l’appelait Robert Merle) devrait pouvoir justement surmonter certains de ses instincts les plus bas, par l’éducation (à la maison, à l’école, dans la société), par la réflexion (la coopération est, à long terme, bien plus profitable que le conflit, ou, comme on le dit en mathématiques, un jeu à somme positive).

On peut toujours rêver, et c’est ce à quoi nous invite ce film.


* Ce que le film n’indique pas, c’est que cette tradition existe aussi bien chez les Juifs (mais le père de la jeune fille est bien vivant, lui)…

30 décembre 2011

So british ?

Classé dans : Actualité, Histoire, Racisme, Société — Miklos @ 11:40

Les récents transports d’un député conservateur britannique, chargé de mission auprès du secrétaire aux transports, ont défrayé la chronique d’outre-Manche, et pour cause : il s’agit de sa participation à une soirée en zone libre en France (à Val-Thorens, plus précisément) « avec chants hitlériens et déguisements d’officier SS ». (Le Monde, 22/12/2011).

On peut se consoler en se disant que cet individu est moins haut placé (et encore moins maintenant : il s’est vu retirer sa fonction) dans la high society britannique qu’un certain Henry Charles Albert David, plus connu sous son diminutif de Harry et son titre de prince de Galles, qui n’avait pas hésité à endosser ce type d’uniforme lui-même (ce qu’on ne reproche pas au député en question) lors d’une soirée à thème « colonial and native ». (BBC, 13/1/2005). Une vraie bombe médiatique, cette nouvelle.

Où il y a des gènes il y a du plaisir : la rumeur sur les sympathies nazies de l’ex roi Édouard VIII, arrière-grand-oncle dudit prince, et de sa femme Wallis l’avaient fait nommer aux Bahamas (loin des yeux, loin du cœur) après la deuxième guerre mondiale, et lui ont permis de prendre une retraite bien méritée à Neuilly s/Seine, tout en étant dispensé par l’État français de payer l’impôt sur le revenu.

Tradition britannique ? On se souvient de la clique d’intellectuels de Cambridge des années 1930 que Kim Philby, agent double au service de l’espionnage soviétique, avait recrutée ; parmi eux, Guy Burgess, qui deviendra en 1935 l’assistant parlementaire d’un député britannique d’extrême droite, Jack MacNamara, membre de l’Anglo-German Fellowship, organisme pour sympathisant nazis et qui avait lui-même des liens (très rapprochés, politiquement et physiquement) avec les jeunesses hitlériennes.

Who’s next ? comme chantait l’ineffable Tom Lehrer à propos d’un autre type de bombe.

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