Miklos
« Je donne mon avis non comme bon mais comme mien. » — Michel de Montaigne

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17 août 2021

Akbar s’en va-t-en guerre, mironton, mironton, mirontaine….

Classé dans : Actualité, Progrès, Sciences, techniques, Économie — Miklos @ 14:25

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Akbar se rend gare Saint-Lazare pour (évidemment) y prendre le train : il va rejoindre Jeff dans leur future maison de campagne. Avant le départ, il entre dans le petit magasin Relay qui se trouve sur le quai à proximité de la voie de départ. Il constate d’abord que plus de la moitié des étagères de livres ont disparu – le vendeur lui dit que ce n’est que le début – puis aperçoit un casque Scheider qui lui permet­trait d’écouter ses cours de russe dans le train sans déranger les voisins. Il l’achète.

Une fois installé dans la voiture (on lui a dit que « wagon », ce n’est pas pour les humains), il branche ledit casque sur son téléphone, et constate qu’il n’entend le son que d’une oreille – et pourtant il n’est pas encore sourd. Il traficote la connexion, rien n’y fait. À l’arrivée, il teste le casque de Jeff sur son téléphone : ouf, il n’est pas sourd. Il essaie sa nouvelle acquisition sur le téléphone de Jeff : oui, il y a un problème !

À son retour quatre jours plus tard, il essaie de rendre le casque au Relay où il l’avait acheté : refus du magasin de le reprendre. Il doit s’adresser au constructeur… ce qu’il fait. Celui-ci répond qu’il ne rembourse rien, qu’il faut s’adresser à… Relay, qui le renvoie alors vers Lagardère, leur maison-mère. Celle-ci confirme le refus de remboursement. Relay en remet une couche, écrivant que « Dans le cadre de nos conditions commerciales, nous ne sommes pas tenus de vous rembourser ». Conditions écrites où ? Et la loi alors ?

Après trois semaines de va-et-vient entre ces « marques », et bien qu’il souffre en général de vertige en hauteur, Akbar se dit qu’il en a assez d’être manipulé comme une balle de ping-pong. Il décide d’escalader l’attaque : il s’adresse alors à SignalConso, un des services du Premier Ministre. Celui-ci lui répond rapidement, deman­dant une preuve d’achat, qu’il envoie par retour de mail.

Est-ce le début de la fin ? Que nenni : SignalConso lui répond « Je suis désolée mais nous ne répondons qu’aux questions relatives aux difficultés techniques rencontrées avec le site »… Encore un embrouillamini entre deux services, ronchonne Akbar : il avait pourtant bien répondu au mail qui lui demandait un justificatif, mais celui-ci provenait d’évidence d’une adresse destinée au support technique… Impossible de savoir comment répondre pour que la réponse arrive au bon service.

Plus tard, un nouveau mail de SignalConso lui demande s’ils peuvent l’appeler. Il répond par la positive et fournit son numéro : aucun appel ne viendra, ni aucune réponse à ses mails ultérieurs.

Le lendemain, en désespoir de cause, il appelle la DGCCRFDirection générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des fraudes, dont dépend SignalConso. Après une looooongue tirade de plus d’une minute, le répondeur lui annonce qu’il y a moins de dix minutes d’attente. Une minute plus tard, le répondeur lui annonce qu’il y a moins de dix minutes d’attente. Une minute plus tard, le répondeur lui annonce qu’il y a moins de dix minutes d’attente. Et ainsi de suite, jusqu’à la fin des dix minutes, où le répondeur lui dit que, puisqu’il y a plus de dix minutes d’attente, il est prié de rappeler. Et le répondeur coupe la communication…

Akbar ne renonce pas : il renseigne un formulaire de réclamation (pas facile) sur le site de la DGCCRF, et la réponse qui s’affiche dit (on abrège la réponse) que sa plainte sera examinée dans les 15 jours ouvrés, bla, bla, bla… et donc jamais, se dit Akbar in petto.

Voilà où il en est à cette heure. On verra bien quelle suite sera donnée à cette rocambolesque affaire.

Akbar commande au BHV Rivoli un beau, un grand, un confortable lit pour l’une des chambres de la future maison de campagne. Les vendeurs du service literie, très aimables, l’informent qu’il sera appelé la veille de la livraison pour en préciser le créneau horaires.

Quelques semaines plus tard, Akbar reçoit deux messages vocaux « urgents » en provenance du service de livraison, concernant l’enlèvement d’un matelas à Paris le jour-même.

Aucun enlèvement n’avait été demandé ni prévu – ni à Paris ni en province – et la livraison devait avoir lieu… en province. Akbar rappelle le service, le dit à la responsable qui lui répond que cette livraison en province n’est pas son affaire.

Le lendemain, les livreurs se présentent à la future maison de campagne sans qu’on en ait été prévenus, heureusement que Jeff était sur place. Ils avaient bien avec eux le lit qu’Akbar avait choisi et payé, mais, en sus, un matelas qui n’avait pas été commandé… Par honnêteté – ils auraient pu ne rien dire, garder le matelas et le donner à un proche –, Jeff le leur a signalé. Les livreurs repartent avec.

Plus tard, la même personne du service livraison qui avait appelé Akbar le rappelle, lui demandant si le matelas qui avait été livré par erreur en province avait été bien repris par le livreur… Le comble, se dit Akbar in petto : voilà que le service livraison ne sait pas ce qu’il livre et délivre.

Akbar et Jeff s’accordent sur le modèle de sèche-linge à acheter chez Ubaldi pour leur future maison. Quelques jours plus tard, le service livraison apporte la bête, la déposent emballée sur une palette devant la maison, ne font signer aucun papier et repartent. Tant bien que mal, Jeff l’installe avec l’aide de proches.

Une semaine plus tard, il est informé de la livraison imminente dudit sèche-linge. Perdu, il appelle Akbar. Ensemble mais à distance ils examinent la situation. Il s’avère finalement que le sèche-linge livré précédemment est légèrement différent de celui commandé : cela ne se voit pas à l’œil nu, ce n’est que le numéro du modèle qui est différent et quelques caractéristiques de performance.

Ils discutent entre eux de la conduite à adopter. Oui, ils pourraient ne rien dire, se retrouver avec deux machines pour le prix d’une et donner l’autre à un proche ou la revendre sur le Bon Coin, mais, comme pour le matelas superfétatoire (mot qu’Akbar apprécie), ils rejettent cette approche qui ne serait pas honnête. Ils s’accordent pour refuser la seconde livraison, et informer le vendeur qu’ils garderont la machine livrée précédemment (qui est légèrement moins chère que celle commandée et dont les performances sont plus que satis­fai­santes), lui demandant de leur fournir attestation et garantie pour ce modèle (et leur rembourser la différence). Accepteront-ils, n’accep­teront-ils pas (parce que peut-être ce modèle était destiné à un autre de leurs clients) ?

Voilà où ils en sont à cette heure. On verra bien quelle suite sera donnée à cette rocambolesque affaire.

Le Péruvien Huascar (qui est bien devenu pour Akbar ce qu’Étienne de la Boétie était pour Montaigne : un ami) s’est envolé avant-hier au Pérou avec Jaspe, sa compagne française. Quelques heures après son départ, il envoie un message à Akbar l’informant qu’ayant fait escale (prévue) à São Paulo, ils y restent bloqués : le Pérou interdit tout vol en provenance du Brésil, du fait de la situation sanitaire catas­tro­phique dans ce pays. Comment se fait-il qu’ils n’en aient pas été prévenus au départ de Paris ?, se demande Akbar.

Plus important : Huascar a besoin de l’aide d’Akbar : ayant quasi­ment vidé son compte en banque pour avoir des espèces pendant son voyage, voilà qu’il fait face à d’autres dépenses qu’il aurait à régler avec sa carte, ce qui mettrait son compte à découvert.

Ni une ni deux, Akbar se précipite sur le site de son compte bancaire, pour tenter de lui faire un virement immédiat. Mais voilà, le site de HSBC semble perclus de rhuma­tismes : le passage d’une page à l’autre, s’il a finalement lieu, prend plus d’une minute, et s’il n’a pas lieu, affiche que la destination n’existe plus, pour réappa­raître quelques minutes plus tard. Après de longs moments de frustration, Akbar appelle leur service télé­pho­nique qui, lui, ô miracle, s’exclame Akbar in petto, répond rapidement et aima­blement, et aide Akbar patiemment à finaliser le transfert.

Banques, je vous hais, repense Akbar.

15 novembre 2020

Apéro virtuel II.14 – dimanche 15 novembre 2020

Classé dans : Arts et beaux-arts, Philosophie, Progrès, Sciences, techniques — Miklos @ 23:59

L’arrière-plan de Michel ayant suscité de l’étonnement chez Jean-Philippe (qui pense à Matrix) et Françoise (C.), il leur parle du premier ordinateur1 sur lequel il a travaillé professionnellement, à partir de 1972 (son premier cours d’informatique remontant à 1966) : alors qu’un ordinateur portable n’a que quelques centimètres d’épaisseur, et un téléphone portable se met dans une poche, cet ordinateur, d’une capacité de mémoire 100.000 fois moindre, nécessitait une armoire pour héberger ses circuits : à l’époque, la mémoire était composé de tores magnétiques, petits anneaux visibles à l’œil nu autour desquels étaient enroulés des fils électriques qui servaient soit à les magnétiser dans un sens ou dans l’autre (ce qui correspondait à un 0 et un 1, respectivement), soit à lire le champ magnétique qui y était présent. Ce type de mémoire était évidemment aussi très volumineux en taille en comparaison par exemple à une carte SIM actuelle, mais permettait d’y garder l’information enregistrée pendant plusieurs années sans aucune alimentation électrique… Faculté d’autant plus nécessaire que cet ordinateur ne possédait pas de disque dur, et qu’on chargeait le programme initial à l’aide d’une bande de papier perforée (chaque trou correspondant à 0 ou 1), à l’instar des télex de l’époque3, et ultérieurement des cartes perforées. Malgré la taille très réduite de sa mémoire et l’aspect « primitif » de cet ordinateur, il était extrêmement rapide et permettait de réaliser en temps réel des simulations graphiques complexes sur 6 écrans en interaction avec 6 personnes.

Michel continue en expliquant à quoi servent ces 0 et 1, en montrant comment ils peuvent servir à compter2 et à calculer tout aussi bien qu’avec les chiffres de 0 à 9 – c’est d’ailleurs le cas des bouliers, où chaque boule n’a qu’une position, en haut ou en bas, ou des doigts de la main (qui peuvent être soit pliés soit redressés). C’est ce qu’on appelle le système binaire, et il est encore utilisé dans tous les ordinateurs d’aujourd’hui (mais évidemment dans des circuits électroniques qui n’ont rien à voir avec ceux d’alors), et pas que pour coder des nombres, mais aussi des lettres et tout signe qui « entre » dans l’ordinateur. Françoise (C.) demande alors que veulent dire « 2 puissance 2, 4 puissance… », à quoi Michel répond que « 2 puissance 2 » (ou « 2 au carré ») est un raccourci pour dire « 2 multiplié deux fois par lui-même » (donc 2 x 2), « 2 puissance 3 » (ou 2 au cube ») voulant dire « 2 multiplié 3 fois par lui-même »(donc 2 x 2 x 2), « 4 puissance 2 » étant « 4 multiplié 2 fois par lui-même » (4 x 4), etc. Et 25 x 25 est donc appelé « 25 puissance 2 » ou « 25 au carré » (rappelant ainsi que la surface d’un carré de 25 cm de côté est de 25 x 25 cm²). Françoise (P.) dit avoir bien compris, mais ne sent pas qu’elle pourrait l’expliquer à d’autres, à quoi Michel répond que c’est normal pour tout apprentissage – il faut laisser du temps au temps pour qu’une fois appris on puisse restituer.

Jean-Philippe raconte alors que ceci lui rappelle son instituteur en 6e qui avait enseigné le système binaire à ses élèves à l’aide d’une petite boîte avec commutateurs et deux types de lumières qu’il avait fabriqué lui-même. Il rajoute que certaines de ces anciennes tech­niques deviennent obsolètes, à l’instar du Morse (pas l’animal, mais le code – binaire, lui aussi – permettant dans le passé de coder des messages télégraphiques) dont l’usage aurait été supprimé par une convention internationale signée l’année dernière4. Il rajoute que non seulement le Morse est un système binaire (il n’a que deux signes basiques, représentés par le point et le trait), mais le Braille aussi. Michel rajoute un autre exemple d’un « usage binaire » : les images dans la presse (ou ailleurs). Si on les regarde à la loupe, on voit qu’elles sont composées d’une alternance de points (microscopiques) blancs et noirs – donc, ici aussi, deux signes uniquement pour « coder » une image qui peut être très riche et semble tout à fait lisse.

Enfin, à propos de miniaturisations, Michel mentionne son admiration pour des peintures miniatures du passé, faites à la main, où les détails – personnes, animaux, plantes, paysage…- font à peine quelque millimètres, ce qu’on retrouve pour la gravure sur des camées, précise Jean-Philippe.

Michel explique alors le choix de son arrière-plan : il avait brièvement mentionné hier une nouvelle dystopique d’Asimov, écrite en 1955, qui prédisait l’usage absurde des sondages pour déterminer le résultat de l’élection du président américain grâce à un superordinateur (cela ne s’appelait pas comme ça à l’époque) appelé Multivac (en écho du premier ordinateur commercial créé aux US, Univac). Cet arrière-plan illustre quelque peu ces monstres, réels comme fictifs. Il rajoute que la critique de la technique n’est pas récente, et a dû sans doute commencer avant même la Deuxième guerre mondiale (on pense aux Temps Modernes de Charlie Chaplin, ou à Metropolis de Fritz Lang), et mentionne l’incontournable Jacques Ellul (1912-1990), sociologue et théologien protestant, qui a écrit des ouvrages remarquables sur la technique, à l’instar de Le Système technicien5. ouvrage qu’il détient parmi d’autres d’Ellul. Jean-Philippe montre alors son exemplaire de Jacques Ellul, l’homme qui avait (presque) tout prévu de Jean-Luc Porquet. Bien qu’ayant enseigné longtemps en France, il est surtout célèbre… aux États-Unis et ailleurs.

Françoise (P.) demande à la cantonade ce qu’ils ont « visité » (virtuellement) dans la nuit des musées, à quoi Françoise (C.) répond : « Le musée Galliera » où se tient l’exposition Dior, qu’elle n’a regardée que d’un œil, ayant voyagé toute la journée en train de Milan à Paris.

Occupé qu’il était à écrire le compte-rendu d’hier, Michel n’avait pu participer à ces visites, et il avait donc décidé de présenter aujourd’hui sa visite (réelle) au musée Zadkine, il y a quatre ans.

En préliminaire, il identifie « La sentinelle » présente sur la première photo de l’album de Khor Virap (Arménie) qu’il avait montrée l’avant-veille, information que lui a fournie un ami arménien qu’il a interrogé : il s’agit de Kevork Chavush (1870-1907), milicien arménien dont l’action visait à améliorer le sort de la paysannerie arménienne face aux harcèlements des Turcs et des Kurdes (on le voit de plus près sur cette photo tirée de Wikipedia).

Puis au moment où il commence à montrer son album de photos du petit musée en question, Sylvie se joint à l’apéro et s’exclame qu’elle avait, elle aussi, prévu de parler du même musée… C’est donc à deux qu’ils commenteront les quelques photos sur lesquelles Michel s’attarde – en général de très expressives – et modernistes – sculptures de personnages dans des variétés de bois, mais parfois d’autres matériaux.

Sylvie souhaite alors montrer une vidéo (d’une durée de 4 minutes) du musée Antoine-Lecuyer à Saint-Quentin (Aisne, pas Yvelines), consacrée au portrait. Mais hélas, les capacités de sa connexion à l’internet ne lui permettent pas de partager le visionnage de la vidéo par Zoom. La voici donc :

Elle parle ensuite de l’excellente exposition consacrée à Pierre Dac au musée d’art et d’histoire du judaïsme, qu’elle a pu visiter quelques jours avant le début du confinement actuel. Le site du musée permet de visionner sept vidéos de, ou sur, Pierre Dac, avec, entre autres, Le Biglotron :

ainsi que Le Parti d’en rire :

_______________

1. C’était le modèle Sigma 2 de la marque SDS (ou Scientific Data Systems), dont on peut voir une photo ici.

2. Avec les chiffres de 0 à 9 on compte ainsi jusqu’à 999 (par exemple) : _ _ 0, _ _ 1, _ _ 2, …, _ _ 8, _ _9 – puis on remet le 9 à zéro et rajoute un chiffre à gauche : _ 1 0, et l’on recommence avec le zéro le plus à droite : _ 1 1, _ 1 2, …, _ 1 8, _ 1 9 – puis on remet le 9 à zéro, et augmente le 1 : _ 2 0, _ 2 1, …, _ 9 9 – et on remet tous les 9 à zéro et on rajoute un 1 à gauche : 1 0 0, 1 0 1… jusqu’à 9 9 9.

Pour le binaire, exactement la même démarche, mais on n’utilise que 0 et 1, et donc on aura : _ _ 0, _ _ 1 – et comme on ne peut augmenter le 1 (puisqu’on n’a pas le droit d’utiliser d’autres chiffres), on le remet à zéro et rajoute un chiffre à gauche : _ 1 0, _ 1 1 – et encore une fois, on remet les 1 à zéro, rajoute un chiffre à gauche, et recommence à incrémenter à partir de la droite : 1 0 0, 1 0 1 – là on remet le 1 à droite à zéro et à sa gauche on passe à 1 : 1 1 0, 1 1 1.

On n’a pu écrire ainsi que 8 nombres, de 000 à 111 – ils correspondent donc aux nombres décimaux 0 à 7. En d’autres termes, 111 (par exemple) est le codage binaire de 7.

3. Les bandes servant à l’informatique étaient percées (ou non) de 8 trous en largeur, ce qui correspondait à un octet. Les bandes du télex étaient percées de 5 trous en largeur. On peut voir ici ces deux types de bandes.

4. On n’a trouvé nulle référence à une telle suppression, notamment sur le site de l’ITU.

5. Il aurait aussi fallu mentionner dans ce contexte L’Obsolescence de l’homme. Sur l’âme à l’époque de la deuxième révolution indus­trielle de Günther Anders, publié en 1956.

16 juillet 2020

DHL, ou, Délai Horriblement Long

Classé dans : Actualité, Progrès, Société — Miklos @ 10:47

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Une (toute petite) commande en ligne devant m’être livrée par ce transporteur, je reçois un mail de sa part précisant que « La livraison est pour le moment prévue pour le 13 juil. 2020 entre 09h et 18h. »

Toute une journée d’attente, les alternatives proposées (collecte ul­té­rieure dans point de livraison) ne convenant pas à mon calendrier ! Sans autre information, j’ai attendu chez moi, consultant régu­liè­rement mes mails : rien de DHL.

Vers la fin de l’après-midi, je m’aperçois avoir reçu un SMS d’un numéro à trois chiffres (qui était donc ignoré de mon système d’alerte…) : « Votre colis DHL sera livré par TousFacteurs aujour­d’hui entre 18h-20h. »

À 18h13, un nouvel SMS m’indique que « Votre colis est en cours de livraison », le livreur étant à 3 km environ de chez moi.

Il est arrivé à 19h45.

Et voici la réponse, robotisée sans doute, du service client de DHL à mon courrier de plainte : « Votre envoi nnn a été réceptionné le 13 juillet à 19h43 par vos soins. Toute l’équipe du Service Clientèle de DHL Express vous remercie de votre confiance et reste à votre entière disposition pour toute information complémentaire. »

À quoi j’ai répondu que non, ma « confiance » ne leur est pas accordée, bien le contraire, et que j’étais en sus choqué qu’ils ne se soient pas excusés de m’avoir fait ainsi perdre la journée.

En retour, je reçois ceci : « […] cette situation est tout à fait exceptionnelle et ne reflète en rien la qualité de service qu’offre DHL. Par ailleurs, nous vous informons qu’à Paris les livraisons peuvent se faire en début de soirée afin de faciliter la livraison aux particuliers. »

Scandaleux, non ? Contradictoire, d’abord : si c’est exceptionnel, cela ne peut être la pratique à Paris. Et si c’est la pratique à Paris, pourquoi ne pas m’avoir donné un créneau en début de soirée ?

DHL Express ? DHL Expressément non.

14 novembre 2019

How AI defends itself against humans who wish to resist its increasing domination

Classé dans : Actualité, Politique, Progrès, Santé, Sciences, techniques, Société — Miklos @ 23:16

Fritz Lang: Metropolis (1927).
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A friend of mine had emailed me yesterday an article about the scandalous Google Project Nightingale – a major invasion of privacy concerning personal health information.

Here is a literal copy of what I replied to him:

Thanks! Not surprised, I read a few days ago a similar article, this time about the pharmaceutical industry… Speaking of which, an increasing number of medicines are missing from pharmacies: it turns out that as some prices go down here, the industry sells these products in other countries, and so makes more money. Health is definitely not their goal (unless the health of their wealth).

One thought about the increased size of « big data » and IA, leading to the increased robotization of society: one danger I haven’t seen addressed is that of bugs and viruses: they are inevitable, in any system: even a totally closed one, while immune to viruses (but is “totally” ever possible?) will have bugs. And this is much worse than a human error…

Pretty dark future.

Michael

My email reply was rejected with the following error message:

Mail delivery failed: returning message to sender
SMTP error from remote server for GREETING command, [...] reason: 500 5.7.1 Symantec Zodiac

Looking that error up, I found that it means that Symantec found the contents “objectionable”.

So what’s next? Probably effectively blocking access on the Web to such “objectionable” articles and to any reference to them by deleting them from their search engine?

Remember: Big Brother is watching you more than ever

31 mars 2019

Back to the future, ou, Il est vraiment temps de vendre les aéroports de Paris

Classé dans : Actualité, Littérature, Progrès, Sciences, techniques — Miklos @ 22:55

Aéroplane, Le Petit Journal 1912.

Un ami devant prendre demain un vol Pékin – Paris, je me connecte au site des aéroports de Paris pour être alerté sur ce vol, service bien utile qui informe d’éventuels retards.

Quand ça marche.

Là, d’évidence, rien ne marche.

Je commence par chercher le vol par son numéro.

Le site répond : « Aucun vol ne correspond à votre recherche. Veuillez modifier vos critères. »

Alors je cherche par sa provenance – Beijing.

Le site répond : « Aucun vol ne correspond à votre recherche. Veuillez modifier vos critères. »

J’essaie « Pékin ».

Le site répond : « Aucun vol ne correspond à votre recherche. Veuillez modifier vos critères. »

Finalement je cherche par le nom de la compagnie.

Le vol – avec le numéro et la provenance (« Pekin » sans l’accent ; avec l’accent – qui est l’orthographe correcte – le site ne connaît pas) que j’avais indiqués – s’affiche.

Je clique alors sur « Être alerté sur ce vol ».

Le site répond : « Impossible de créer un assistant sur un vol passé. ».

C’est une blague du 1er avril par anticipation (nous sommes encore pour quelques heures le 31 mars) ?

Je vais (façon de parler) sur la page « Contacts » pour signaler ce curieux fonctionnement.

La page « Contacts » affiche :

Vous pouvez nous contacter en utilisant le formulaire ci-dessous. Paris Aéroport s’engage à vous répondre dans les meilleurs délais. Si vous êtes membre du programme de fidélité connectez-vous sur votre tableau de bord pour accéder à votre formulaire dédié.

Le formulaire est en cours de maintenance et sera de nouveau disponible dans les prochains jours. 

Par une curieuse association d’idées, ces événements me rappellent « Une vraiment trop drôle » d’Édouard Osmont (1874-1922), qui n’a rien à voir avec les aéroports, mais qui décrit un enchaînement… un enchaînement inéluctable (même si dans mon cas la conclusion fut différente que dans le sien).

La voici (et c’est bien la première fois qu’elle apparaît en ligne) :

UNE VRAIMENT TROP DRÔLE

Comme il devait se battre en duel le lendemain matin, et qu’il tenait spécialement à tuer son adversaire, M. Tapinois s’exerçait au pistolet dans la salle à manger.

Comment fit-il son compte ? Il est assez difficile de le savoir. Toujours est-il qu’au lieu d’aller faire vibrer la plaque de fonte, une balle s’en fut tuer net la bonne à tout faire, occupée pourtant assez loin, dans la cuisine, au fond d’un couloir, sur la cour.

Très embêté, M. Tapinois commença par verser quelques larmes sur le malheureux sort de la bonne à tout faire. Il avait une véritable affection pour cette fille, qui lui était, en réalité, très précieuse.

Puis, il s’effraya des conséquences possibles de son action.

La présence d’une bonne à tout faire chez un célibataire encore vert peut donner lieu à pas mal de commentaires. Des cancans plutôt malévoles étaient à craindre dans le quartier. On ne manquerait pas, sans doute, de glisser peu à peu de fâcheuses insinuations tendant à faire croire à un crime passionnel. Et le geste tout involontaire de M. Tapinois pouvait être travesti en meurtre prémédité.

M. Tapinois eut froid dans le dos.

Le plus simple lui parut de chercher à dissimuler le cadavre et de faire croire à un enlèvement.

Dans le placard ad hoc, il alla chercher une forte malle, dévissa soigneusement la plaque de cuivre qui portait son nom gravé en majuscules, prit dans ses bras le cadavre de la bonne à tout faire, l’installa aussi confortablement que possible dans la malle, rabattit le couvercle, boucla étroitement les courroies et ferma les deux serrures à double tour, pour plus de sûreté.

Je ne sais si vous avez remarqué, mais rien ne donne plus soif que de tuer une bonne à tout faire, même sans le faire exprès.

Ayant soif, M. Tapinois descendit donc dans la rue et alla s’attabler devant des bocks à la proche brasserie.

Là il réfléchit.

Il commença par se demander dans quels pays lointains il allait bien pouvoir porter sa malle pour la soulager de son contenu.

Puis il pensa non sans amertume qu’il n’aurait personne pour lui apporter son chocolat le lendemain matin.

Il se dit encore que s’il était blessé dans son duel, le médecin, la garde, les gens qui ne manqueraient pas de l’entourer pourraient fort bien découvrir le cadavre de la bonne à tout faire et que, certainement, il en résulterait pour sa tranquillité de fâcheux désagréments.

La perspective d’avoir à cirer lui-même ses souliers le lendemain lui valut de même quelques soucis.

C’est plutôt plongé dans un certain marasme qu’il regagna pensivement ses pénates.

Avant de se coucher, il voulut revoir sa victime.

Il déboucla donc les courroies, ouvrit la malle et, prenant sa lampe pour mieux voir, se pencha sut l’ouverture.

Damnation !

Le cadavre de la bonne à tout faire avait disparu.

M. Tapinois étouffa un cri de terreur et laissa échapper la lampe qui se brisa en mille morceaux.

Il dut rallumer une autre lampe.

Puis, pensant que quelque cambrioleur pouvait s’être introduit chez lui pendant sa courte absence, il fit le tour de l’appartement.

Il ne trouva rien.

En passant devant une glace, il se vit.

Il avait vieilli de dix ans.

N’y comprenant plus rien et éprouvant le besoin de se reposer un peu en prévision de son duel, il résolut de se coucher.

Il entra dans sa chambre et s’approcha du lit pour le préparer.

Horreur !

Le cadavre de 1a bonne à tout faire était dedans.

M. Tapinois laissa échapper un cri de terreur et étouffa ta lampe qui se brisa en mille morceaux.

N’ayant jamais eu que deux lampes, il dut se munir d’un bougeoir.

Il revint près du lit. Le cadavre de la bonne à tout faire avait disparu.

M. Tapinois se regarda dans la glace.

Il avait encore vieilli de dix ans.

Puis il se déshabilla.

Je ne sais pas si vous avez remarqué, mais beaucoup de gens ont l’habitude, avant de se coucher, de prendre quelques petites précautions.

M. Tapinois voulut sacrifier à cette habitude.

Il ouvrit la table de nuit et en sortit un récipient de faïence grossière.

Horreur!

Le cadavre de la bonne à tout faire était au fond.

M. Tapinois étouffa un cri de terreur et laissa échapper le récipient qui se brisa en mille morceaux.

Déjà le cadavre de la bonne à tout faire avait disparu.

M. Tapinois se regarda dans la glace.

Il avait encore vieilli de dix ans.

Minuit sonna.

M. Tapinois frissonna.

Puis il lui souvint qu’il avait oublié de monter sa montre.

Il alla la quérir dans son gousset.

C’était une vieille montre à clef, héritage de son grand-père.

M. Tapinois ouvrit le. boîtier.

Horreur !

Le cadavre de la bonne à tout faire était dedans.

M. Tapinois étouffa un cri de terreur et laissa échapper la montre qui se brisa en mille morceaux.

Déjà le cadavre de la bonne à tout faire avait disparu.

M. Tapinois se regarda dans la glace.

Il avait encore vieilli de dix ans.

Ne pouvant plus dormir, il se promena de long en large dans l’appartement.

Mais ses pensées étaient lugubres.

Il ne s’amusait pas follement.

Il s’ennuyait même beaucoup.

Tellement qu’il bâilla.

En bâillant il ouvrit la bouche.

Horreur !

Le cadavre de la bonne à tout faire· était dedans.

M. Tapinois étouffa un cri de terreur et laissa échapper sa bouche qui se brisa en mille morceaux.

Déjà le cadavre de la bonne à tout faire avait disparu.

M. Tapinois se regarda dans la glace.

Il avait encore vieilli de dix ans.

Se voyant si vieux, si vieux, il résolut de faire son testament.

Il s’assit à sa table, prit une plume et écrivit :

« Devant me battre en duel demain et redoutant une issue fatale, je crois devoir faire mon testament. Avant de mourir …

Ici, il ouvrit une parenthèse. ·

Horreur !

Le cadavre de la bonne à tout faire était dedans.

Cette histoire pourrait sans doute durer encore très longtemps, chers lecteurs. Mais, comme je vous ai assez vus, je préfère m’en tenir là et terminer ma soirée avec des femmes de mauvaise vie.

Édouard Osmont (1874-1922)

Si M. Tapinois cherchait à se débarrasser du cadavre de la bonne à tout faire, moi ce serait plutôt de celui de ce service des aéroports de Paris…

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