Miklos
« Je donne mon avis non comme bon mais comme mien. » — Michel de Montaigne

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31 juillet 2014

Bien avant le téléphone…

Classé dans : Progrès, Sciences, techniques, Société — Miklos @ 17:43


Le téléphone en 1877.

L’instrument qui, sous ses avatars successifs, deviendra le greffon le plus commun de l’homme moderne, a été inventé dans la seconde moitié du XIXe siècle. Il participe du désir de l’homme de pouvoir parler et entendre à distance au-delà des limites de son ouie et de la portée de sa voix ; il en va de même pour la vue (loupe, lunettes, télescope, radio-­télescope, microscope, puis microscope électronique et scanner…) ou pour d’autres capacités physiques (cheval, voiture, train, bateau, montgolfière, avion, fusée…). Ces réalisations ont mis à mal les rêves de télépathie et de télékinésie de l’homme, et il ne lui reste plus qu’à souhaiter voyager dans le temps. Et puis…

En ce qui concerne la voix, il aura fallu attendre la seconde moitié du 19e siècle pour lui permettre de faire le tour de la Terre, voire d’atteindre la Lune. Auparavant, il y avait bien les porte-voix à la portée limitée (cf. ci-contre, cliquer pour agrandir). Vers la fin du 18e siècle, Claude Chappe invente le télégraphe (optique) qui, s’il ne transmet pas la voix, transmet du moins sa (complexe) transcription.

D’autres dispositifs purement acous­tiques, ont été imaginés vers la même époque. Le texte qui suit en décrit un, le télégraphe acoustique, imaginé par Thomas Dick ; le dernier paragraphe est parti­cu­liè­rement intéressant, puisqu’il décrit ce qui était en 1825 une utopie et qui est devenu notre quotidien, résultat autrement plus curieux que ne l’imaginait l’auteur de cet article d’antan. On trouvera le texte (en anglais) dans lequel Thomas Dick décrit son invention, et qui est, lui, remarquable pour son introduction consacrée aux tentatives de l’homme de se dépasser dans d’autres domaines.

«Télégraphes acoustiques. — Une compagnie se dispose à couvrir l’Angleterre de lignes télégraphiques qui toutes viendront rayonner autour de Londres, qui en occupera le point central. Le gouvernement pourra se servir de ces télégraphes ; mais ils ne seront pas dans sa possession exclusive, et c’est principalement dans les intérêts du commerce qu’ils doivent être établis.

La compagnie n’est pas encore fixée sur le choix du système télégraphique qu’elle emploiera; elle a engagé tous ceux qui auraient à cet égard des vues particulières, à les lui communiquer, en promettant de grands avantages à l’auteur du projet qui serait définitivement adopté. M. Thomas DickHomme d’église et scientifique écossais, 1774-1857., qui a composé sur les sciences naturelles des écrits estimés, a conseillé l’établissement de télégraphes acous­tiques. Il suppose qu’ils seraient préférables à ceux qui sont maintenant en usage en France et en Égypte.

Quelques expériences faites récemment ont convaincu M. Thomas Dick que l’on pouvait étendre la voix humaine à une distance de 8 et de 10 lieues. Les expériences de M. BiotJean-Baptiste Biot (1774-1862). En utilisant des tubes d’acier de 950 mètres de longueur, il a effectué de nombreuses mesures de la vitesse de propagation du son dans les gaz et les solides., sur la transmission du son à travers les corps solides et par l’air dans de longs tubes, ont établi qu’elle s’opère à travers la fonte, dix fois plus vite que dans l’air. M. Biot a reconnu qu’à une distance de 476 toises, on s’entendait parfaitement à voix basse. Un ecclésiastique, nommé don GautierMoine cistercien, qualifié par Dick comme inventeur du télégraphe ; il avait présenté son invention en 1781, donc 9 ans avant que Claude Chappe n’invente son télégraphe, à Condorcet, Milly, Franklin et autres hommes de science., avait déjà conçu, à la fin du siècle dernier, la possibilité de transmettre des sons articulés à une grande distance. Il proposa de construire des tonnelles horizontales qui s’évaseraient à leurs extrémités, et au moyen desquelles, à une distance d’un demi-mille anglais (800 mètres), les battements d’une montre pourraient être entendus beaucoup mieux qu’en l’approchant de l’oreille. Il calculait qu’une succession de tonnelles semblables transmettrait un message à 900 mille (360 lieues) dans moins d’une heure.

L’application de cette théorie aurait les résultats les plus utiles et les plus curieux ; par exemple, une personne placée à l’extrémité d’une grande ville pourrait, à une heure désignée, communiquer un message, ou converser avec une autre personne placée à l’extrémité opposée;» des amis qui habiteraient des villes éloignées corres­pon­draient par des paroles, et reconnaîtraient sans peine leur identité, au son de leur voix.

Revue encyclopédique, ou, Analyses et annonces raisonnées des productions les plus remarquables dans la littérature, les sciences et les arts. T. 28, décembre 1825.

26 juillet 2014

Pourquoi mon mail marche-t-il ici et pas là ?

Classé dans : Progrès, Sciences, techniques — Miklos @ 4:31

L’omniprésence des gadgets de communication qui donne le sentiment d’être connecté 24 heures sur 24 (ce qui implique de ne plus dormir) s’accompagne pourtant souvent de frustrations de tous ordres. Nous allons aborder celle-ci : comment se fait-il, par exemple, que je puisse envoyer du mail de chez moi où je suis connecté en Wifi mais pas d’ailleurs (en 3G, 4G ou même en Wifi) tandis que je peux en lire aussi bien à mon domicile qu’ailleurs ?

L’utilisation du courrier électronique consiste en plusieurs activités qui s’arti­culent, comme on peut le voir ci-contre (cliquer pour agrandir), entre l’équi­pement que l’on a sous la main (ordi­nateur, tablette, smart­phone…) et celui d’un hébergeur de boîte à lettres et donc de services de courrier électroniquePar exemple : Free, Hotmail, Google, 1&1…, par l’entremise d’une connexion internetEn Wifi ou Ethernet vers une liaison filaire ADSL sur une box, et/ou par accès sans fil ou cellulaire via un smartphone, en Edge, 3G, 4G… en passant par un fournisseur d’accèsBouygues, Free, Orange, SFR…, qui peut être le même opérateur que l’hébergeur de courrier ou non. :

1. la rédaction d’un courrier à l’écran puis sa transmission au destinataire ou à un relais qui poursuivra sa transmission ;

2. la réception d’un courrier puis sa lecture à l’écran ;

3. la gestion des courriers (dans ce qu’on a coutume d’appeler une boîte à lettres).

Qu’est-ce qu’un courrier électronique ?

C’est un fichier (peu importe ce qu’il contient : texte, images, musique…Eux-mêmes pouvant être des fichiers distincts : ils sont alors combinés en un seul fichier, sorte de paquet servant à l’expédition.) assorti au strict minimum d’une adresse de destinataire (par exemple : Mary.Dupuis@geocities.com). On peut donc le comparer à une lettre papier, qui consiste de la lettre elle-même et de l’enveloppe portant le nom et l’adresse du destinataire.

On appelle d’ailleurs par analogie « enveloppe » l’ensemble des infor­mations accompagnant le corps du mail, autant celle nécessaire à sa trans­mission (l’adresse du destinataire) que celles facul­tatives (l’objet du courrier, le nom du desti­nataire, le nom et l’adresse de l’expé­diteur, etc.) ; en outre, l’application émettant le courrier et les relais le trans­mettant y rajou­teront d’autres infor­mations (notamment la date et l’horaire précis d’envoi et de passage de relais en relais, les iden­tifiants internet de ces relais, etc.). Le destinataire n’en verra en général qu’une infime partie dans l’entête du message, celle qui lui est utile (qui a envoyé le message et quand, son objet), comme on peut le voir ci-contre (cliquer pour agrandir).

Soit dit en passant, rien n’oblige – autre que l’éthique… – que ces informations soient véridiques, à deux titres : que le nom et l’adresse indiqués comme ceux de l’expéditeur existent bien, et qu’ils soient ceux de l’expéditeur réel : ce n’est que l’adresse du destinataire qui compte pour la transmission du courrier. On peut écrire ce que l’on veut sur une enveloppe papier, et on peut aussi le faire pour un courrier électronique, ce que spammeurs et scammeurs exploitent pour tenter de dissimuler leurs traces (en fournissant nom et adresse inexistantes), voire tromper le destinataire sur l’origine du courrier (en fournissant par exemple le nom et l’adresse de votre banque, de l’EDF ou de tout autre service commercial en ligne que vous avez utilisé). Ils peuvent aussi falsifier le reste des informations (datation, traces de passage…) présentes dans l’enveloppe d’un message.

Qu’est-ce qu’une boîte à lettres électronique ?

Il s’agit d’un espaceFichier, dossier ou dossier de dossiers. où sont déposés à leur arrivée les courriers envoyés à une adresse électronique particulière qui lui est attachée (Jean.Dupond@free.fr ou Mary.Dupuis@geocities.com par exemple), espace assorti au moins d’un service capable de réceptionner des courriers à tout moment et de les ranger dans les boîtes adéquates. Une seule et même boîte peut d’ailleurs posséder plusieurs adresses électroniques distinctesAppelées des alias : les mails envoyés à celles-ci parviendront toutes à la même boîte.

Par analogie, on peut comparer ces boîtes à celles se trouvant dans le hall d’un immeuble et le service de distribution à celui de la Poste. Dans l’un et l’autre cas, pour lire le courrier, il faut le relever (on verra tout de suite comment cela se fait).

Dans la plupart des cas, les boîtes à lettres électroniques sont gérées par un prestataire de service de mail (gratuit ou payant), qui peut fournir ou non d’autres services, notamment l’accès à l’internet. Ainsi, Free, Orange, SFR, 1&1…, fournisseurs d’accès à l’internet, proposent aussi leur service de mail (qu’on est libre d’utiliser ou nonPlus ou moins. Certains opérateurs internet forcent la main pour que leurs usagers utilisent aussi leurs services de mail.), tandis que Microsoft ou Google proposent un service de mail (Hotmail ou Outlook, pour le premier, Gmail pour le second) sans pour autant être des fournisseurs d’accès à l’internet ; lorsqu’on possède une boîte à lettres chez ces derniers, il faut détenir indépendamment un accès à l’internet.

Quoi qu’il en soit, l’accès à cette boîte et à ses services assortis (au minimum : envoi et réception des courriers, mais aussi, selon le fournisseur, des services enrichis, tels que la gestion de carnets d’adresses, l’organisation des archives de courrier, filtrage automatique ou non de spams, etc.) par son ou ses « propriétaires » nécessite la possession d’identifiants ne permettant, en principe, cet accès qu’aux personnes autorisées.

Comment s’effectuent la relève et la lecture de son courrier ?

On peut consulter sa boîte à lettres globalement de deux façons.

À distance : on se connecte, via le WebÀ l’aide d’un navigateur tel que Chrome Internet Explorer, Firefox, Opera, Safari… à un service de gestion de sa (ou ses) boîte(s) à lettres fourni en place par l’hébergeur de la boîte (Hotmail, Gmail, Webmail, Zimbra…).

On saisit à la main ses identifiants (nom de compte, mot de passe). S’affichent alors à l’écran les contenus qui s’y trouvent (courrier entrant, éventuels dossiers de rangement de courriers précédemment réceptionnés, dossier de spams…) et des boutons permettant de gérer la boîte et d’accéder aux services proposés, et en l’occurrence à la gestion du courrier entrant.

On peut alors afficher à l’écran – via une page Web – le contenu de nouveaux courriers, les ranger dans des dossiers faisant partie de la boîte à lettres (chez le prestataire), les effacer, etc. On peut aussi y répondre, on abordera la rédaction de courriers.

Quoi qu’il en soit, sauf à recopier ou sauvegarder sur son propre ordinateur les courriers arrivés dans la boîte à lettres, ils se trouvent tous chez le prestataire. Ceci peut en assurer une meilleure pérennité mais peut l’ouvrir aussi à des menaces d’attaques de masse de pirates. Il n’y a pas de perfection en ce bas monde.

En résumé : dans ce cas d’usage, il suffit, pour accéder à sa boîte à lettres par le Web, d’avoir une connexion qui permet de « naviguer » sur l’Internet (câblée, Wifi, 3G, 4G…).

Localement : on utilise une application locale à son appareilLes navigateurs mentionnés ci-dessus sont aussi des applications locales, mais ils permettent de gérer les contenus de la boîte à lettres directement chez le fournisseur en accédant au « compte mail ». –à l’instar d’Outlook (Microsoft), Mail (Apple), Thunderbird (logiciel libre)… –, souvent accessible en cliquant sur une icône d’enveloppe qui ne porte pas forcément le nom de l’application ou du logiciel sous-jacent.

Cette application se charge de se connecter directement à la boîte à lettres distante pour en récupérer les nouveaux contenus et les afficher localement, voire aussi les y stocker. Par « directement », on entend que cette application se connecte à un service particulier du fournisseur de mail, destiné à permettre la récupération de courrier par une application (plutôt que par un être humain).

Il existe deux types de services (appelés protocoles) pour ce faire, POPPost Office Protocol. et IMAPInternet Message Access Protocol., le second permettant en sus à des applications de gérer la boîte distante (on y reviendra).

L’un comme l’autre nécessitent que l’application qui y fait appel fournisse au service distant un nom de compte et un mot de passe : ce sont ceux du détenteur de la boîte à lettres. Selon le cas, il peut être aussi nécessaire de fournir des informations supplémentaires (par exemple, une méthode de chiffrage du contenu transféré qui peut autrement être intercepté et lu par des petits curieux).

En résumé : dans le cas de l’utilisation d’une application de courrier local, ce dernier doit être correctement configuré – au minimum, identifiants du compte, adresse internet du service distant (par exemple : pop3.live.com, imap.googlemail.com…) et choix explicite de la méthode, POP ou IMAP (paramètres éventuellement assortis d’autres informations) – pour pouvoir se connecter à la boîte à lettres distante. Une fois cette configuration validée, à chaque accès la récupération pourra se faire, pour autant que

Bref comparatif des deux méthodes : une application de mail local permet de gérer de façon centralisée un ensemble de boîtes à lettres, autant pour la réception que pour l’émission, tandis que l’accès par le Web est distinct pour chaque boîte à lettres. Si l’on en possède plusieurs, il est plus avantageux d’avoir un système centralisé.

La méthode locale permet aussi de récupérer rapidement de nombreux mails puis de les lire ultérieurement sans avoir à être connecté à l’internet, puisqu’ils ont été copiés localement par l’application. Toutefois, si l’on décide d’en effacer certains ou de les stocker dans des sous-dossiers de la boîte distance, il faut être connecté pour ce faire.

C’est la mise en place de cette méthode qui peut s’avérer plus ardue (l’installation éventuelle de l’application et ses mises à jour, s’il n’est pas disponible en standard sur l’appareil ; le paramétrage des boîtes distantes…).

Comment s’effectuent la rédaction et l’envoi du courrier électronique ?

Pour simplifier, on ne parlera ici que des courriers textuels (mais le principe est le même pour d’autres contenus) que l’on rédige à l’aide de son clavier, sur l’équipement que l’on a sous la main (ordinateur, tablette, smartphone…). Comment produit-on le fichier constituant le corps du courrier ? Là aussi, il y a globalement deux façons de procéder.

À distance : on se connecte, via le WebÀ l’aide d’un navigateur tel que Chrome Internet Explorer, Firefox, Opera, Safari… directement à sa boîte à lettres (ou à une de ses boîtes), au même service qui permet de lire les courriers. On utilisera pour la rédaction d’un nouveau courrier les boutons qui permettent de le faire.

Le corps du courrier se constitue donc, au fil de sa saisie au clavier, chez le fournisseur. Avant d’être envoyé par la personne qui le rédige ainsi à distance, il y sera probablement stocké dans un dossier Brouillons, puis, une fois terminé, dans un autre dossier, Courriers envoyés (ces noms peuvent varier selon le fournisseur, mais le principe est le même). Le service distant se chargera alors de le transmettre à son destinataire.

En résumé : dans ce cas d’usage, il suffit, pour accéder à sa boîte à lettres par le Web, d’avoir une connexion qui permet de « naviguer » sur l’Internet (câblée, Wifi, 3G, 4G…).

Localement : on utilisera dans ce cas en général la même application qui a servi à lire localement les courriers : elle offre aussi la possibilité d’en rédiger et de les transmettre au service distant, afin qu’il les expédie aux destinataires.

Une fois le courrier prêt à partir (en général : lorsqu’on clique sur un bouton Envoyer), cette application se charge de se connecter directement au service de courrier distant pour le lui transmettre. Par « directement », on entend que cette application se connecte à un service particulier destiné à permettre l’expédition de courrier par une application (plutôt que par un être humain).

Il existe un type de services pour ce faire, appelé SMTPSimple Mail Transfer Protocol.. Là aussi, l’application doit être configurée de façon à connaître l’adresse internet de ce service – qui est distincte, et c’est essentiel – de l’adresse du service de réception des mails –, d’identifiants de compte pour ce faire, et éventuellement d’informations de chiffrage.

C’est dans la disponibilité et l’accessibilité de ce service que se posent en général les problèmes, dus aux abus croissants que font les spammeurs et scammeurs de tout poil : pour tenter de dissimuler leur traces et d’expédier à peu de frais des milliers de mails, ils repèrent des services SMTP peu ou pas sécurisés (ou dans lesquels ils ont pu obtenir des identifiants de comptes) et s’en servent comme relais.

De ce fait, les fournisseurs restreignent de plus en plus les accès à ce service. Certains opérateurs, qui fournissent un accès internet et des boîtes à lettres, ne permettent de se connecter à leur service d’expédition de courrier que lorsque l’appareil de l’expéditeur est connecté à leur réseau, que ce soit par Wifi ou par les normes de téléphonie mobile (Edge, 3G, 4G…, s’ils fournissent ce type de connectivité). C’est le cas par exemple pour Free, mais ça ne l’est pas pour 1&1.

Il existe un palliatif à ce type de handicap dû au fait signalé plus haut : le service d’envoi de mails (SMTP) étant distinct du service de lecture (POP, IMAP), on peut configurer son appli­cation pour envoyer ses mails par l’entremise d’un autre fournisseur de services mail (par exemple, Hotmail, Gmail, 1&1…) que celui qui héberge la boîte à lettres en question et qui, lui, n’a pas mis en place cette restriction. Il faut pour cela en général détenir une boîte à lettres chez ce fournisseur alternatif dont on ne se servirait que pour transmettre le courrier (cf. image ci-contre, cliquer pour agrandir).

è Par exemple : un utilisateur détient une boîte à lettres chez Free, à l’adresse Jean.Dupont@free.fr, avec comme nom sur l’enveloppe « Jean Dupont ».

Pour en lire le contenu, il doit configurer son application pour accéder à cette boîte à lettres chez Free, via l’une des deux méthodes POP ou IMAP.

Pour envoyer des courriers, il peut utiliser le service d’expédition de courrier (SMTP) associé à cette boîte. Mais pour éviter d’être bloqué au cas où son appareil ne serait pas connecté au réseau Free, il peut (i) ouvrir une boîte à lettres chez un fournisseur alternatif qui ne bloque pas l’envoi de courriers hors son réseau, par exemple Marc.Durand@hotmail.fr (s’il choisit ce service) avec comme nom sur l’enveloppe « Marc Durand », puis (ii) configurer son application pour qu’elle envoie le courrier identifié comme provenant de la première boîte (chez Free) par l’entremise du service d’expédition de la seconde boîte (chez Hotmail).

Mais attention : Hotmail transmettra ce courrier à son destinataire après avoir remplacé l’adresse et le nom originaux de l’expéditeur (Jean.Dupont@free.fr, Jean Dupont) par ceux de la boîte utilisée pour l’expédition (Marc.Durand@hotmail.fr, Marc Durand), ce qui n’est pas forcément souhaitable pour plusieurs raisons, et notamment pour que le destinataire ne se trouve pas répondre à la seconde adresse tandis qu’on souhaitait qu’il réponde à la première… Si l’on utilise une passerelle Gmail (avec compte Jacques.Martin@gmail.com, et nom Jacques Martin), lui, laissera inchangé le nom, mais remplacera l’adresse : ainsi, l’expéditeur apparaîtra au destinataire comme étant Jean Dupont à l’adresse Jacques.Martin@gmail.com…

Ce n’est pas le cas de tous les fournisseurs : 1&1, par exemple, permet d’accéder au service d’expédition de courriers de n’importe quel endroit sur l’internet (en d’autres termes sans être connecté sur son réseau) et ne remplace ni l’adresse ni le nom de l’émetteur par ceux de la boîte passerelle utilisée. ç

En résumé : si le fournisseur de connexion internet (à domicile) et le fournisseur d’accès téléphonique (en Edge, 3G ou 4G) sont les mêmes, les équipements pourront se connecter aux boîtes à lettres qui y sont hébergées sans problème.

Si ce n’est pas le cas, ou s’il existe des boîtes hébergées ailleurs, il faudra configurer l’application de mail de façon à ce qu’elle envoie les courriers via un relais – potentiellement différent de l’hébergeur – qui accepte des mails quelle qu’en soit la provenance (voir ci-dessous « Services alternatifs d’envoi de mail »), ou alors utiliser l’interface Web pour envoyer le mail.

Bref comparatif des deux méthodes : en ce qui concerne la rédaction de mail, le comparatif des méthodes locale et distante utilisées pour la lecture s’applique aussi ici.

Mais comme on vient de le voir, c’est pour l’expédition que la différence peut être importante : certaines boîtes à lettres ne permettent pas à des applications locales d’envoyer du mail par leur entremise si l’on n’est pas connecté au réseau fourni par l’hébergeur de la boîte…

Il existe deux alternatives dans ce cas : (i) utiliser une boîte alternative pour continuer à envoyer le mail par l’application locale sans risquer d’être bloqué ; (ii) utiliser le mail à distance (Web) pour envoyer du mail lorsque l’application de mail locale ne peut le faire.

En résumé

L’accès au courrier hébergé chez un fournisseur peut se faire soit par le Web, ce qui fonctionnera toujours, indé­pen­damment de la nature de la connexion à l’Internet (ADSL ou cellulaire), soit par une application locale, qui devra utiliser POP ou IMAP (cf. la section suivante) pour réceptionner les courriers sur l’équipement de l’utilisateur, et SMTP pour en envoyer (cf. l’image ci-contre, cliquer pour agrandir).

Cette dernière opération peut ne pas être possible si l’utilisateur l’effectue à partir d’un réseau d’un opérateur différent de l’hébergeur de sa boîte à lettres.

POP ou IMAP ?

Comme mentionné plus haut, ce sont deux méthodes alternatives destinées à relever du mail d’une boîte à lettre distante et à les lire dans une application locale à l’appareil.

Voici les principales différences :

– POP recopie automatiquement les mails se trouvant dans la boîte distante vers l’appareil local ; il peut ou non, ce faisant, effacer les mails de la boîte distante. S’il les efface, ils ne pourront être vus, ultérieurement, par un autre appareil connecté à cette boîte à lettres, et inversement… Ainsi, la lecture sur des appareils distincts de courriers arrivés dans la même boîte pourrait paraître incohérente : on risque de ne pas retrouver sur le second appareil un courrier lu précédemment sur le premier. En sus, POP ne permet pas de gérer à distance la boîte à lettres (y créer des dossiers, y déplacer ou effacer des courriers sélectivement, etc.).

– IMAP ne recopie pas les courriers de la boîte à lettres distante : il en donne une « image conforme » via l’application locale. Ainsi, quel que soit l’appareil par lequel on consulte sa boîte, on verra exactement la même chose. Un courrier lu sur un appareil sera toujours présent ultérieurement qu’on le consulte sur le même appareil ou sur un autre (sauf si on l’a explicitement effacé). En outre, IMAP permet de gérer la boîte distante (y créer des sous-dossiers, déplacer des courriers d’un dossier à un autre, etc.).

On est alors en droit de se demander pourquoi ne pas toujours choisir IMAP comme mode de relève de ses courriers ? La réponse est simple : tout dépend de la, ou des, méthode(s) proposée(s) par l’hébergeur. Par exemple, Hotmail ne propose que POP…

En guise de conclusion temporaire

Les technologies ayant pour caractéristique d’être en mouvance permanente, tout ce qu’on en dit à un instant donné est susceptible de ne plus être aussi vrai quelques temps plus tard.

Non seulement les techniques sous-jacentes se complexifient, mais l’offre devenant de plus en plus abondante, l’utilisateur se retrouve devant une panoplie de choix multiples qui ont, chacune dans leur domaine, des avantages et des désavantages techniques et économiques, mais qui, une fois combinées, peuvent s’avérer causer des problèmes inattendus, de nature technique surtout, mais qui font perdre parfois beaucoup de temps, et comme le temps c’est de l’argent, les solutions choisies peuvent finalement s’avérer ne pas être aussi économiques que ça…

Ainsi, pour la téléphonie, il peut être plus avantageux de choisir un opérateur A, tandis que pour l’internet à la maison un opérateur B. Et voilà que se pose potentiellement le problème d’expédition de courriers…

Le monde en noir et blanc était plus simple…

22 juillet 2014

« Tous les costumes sont décents, honni soit qui s’en scandalise ! »


La mode à Paris. Cliquer pour agrandir.

Cet amusant poème démontre s’il le fallait que non seulement les tenues incroyables ou merveilleuses ne datent pas d’aujourd’hui ou d’hier, mais aussi que les mœurs culturelles, médiatiques et politiques n’ont pas beaucoup changé depuis 1797, date de sa parution.

L’auteur, (Jean-)Armand Charlemagne, n’a pas mérité de la Wikipedia en français, bien qu’il figure dans l’Encyclopedia Britannica, avec laquelle elle s’autocompare favorablement. Pourtant, c’était un personnage intéressant : s’étant d’abord destiné à l’Église, il devient clerc de notaire, puis soldat, et participe à la guerre d’indépendance des États-Unis. De retour en France, il se lance dans l’écriture : pièces de théâtre, poèmes, romances…

Ses Poésies fugitives, recueil où l’on trouve entre autres le texte ci-dessous, comprend des textes empreints d’une fine critique ironique des travers de ses contemporains et d’une modernité qui se débarrasse sans distinction aucune des acquis du passé. On ne résiste au plaisir de citer la fin d’un autre de ses poèmes, dont l’actualité ne manque de nous faire sourire (ou pleurer, c’est selon) : « Or, puisque tout va de travers, / Sans être vain je m’apprécie, / Et j’ai fait d’assez mauvais vers / Pour être de l’académie. »

«Mon Dieu ! laissons nos jeunes gens
S’habiller à leur fantaisie.
La mode passe ; elle varie,
Inconstante comme le temps.

Chaque peuplade a sa marotte :
Dans le pays des Eskimaux
On a sous le bras sa culotte,
Comme nous avions nos chapeaux ;
Il se peut faire qu’on y vienne.
À propos de culotte, eh mais !
Il n’est pas sûr que désormais
Chacun de nous garde la sienne.

Aux moyens de vivre exigus
Qui restent à maint pauvre diable,
Dont on sabra les revenus,
Il me paraît presque incroyable
Qu’ils soient encore un peu- vêtus.

Liberté ! voilà ma devise.
Tous les costumes sont décents.
Honni soit qui s’en scandalise.
Pourquoi porterions-nous des gants ?
Ces dames vont bien sans chemise.

Parlons un peu de notre temps.
D’honneur, il est inconcevable.
On voit de si drôles de gens,
De si drôles d’événements,
Que notre siècle est incroyable.

Arrière ces faits désastreux,
Que l’on ne pourra jamais croire,
Ces noms, atrocement fameux,
Qui feront frémir nos neveux,
Et l’opprobre de notre histoire.

J’aime bien mieux, pour ma santé,
M’amuser de nos ridicules,
Qui, pour avoir plus de gaîté,
Pourront, chez la postérité,
Trouver encor des incrédules.

Quelle est cette grecque aux gros bras ?
L’arc qui nuança sa parure
Rehausse fort peu ses appâts,
Et chacun murmure tout bas,
J’ai vu, je crois, cette figure.
Mais elle parle : Au premier mot,
On dit : eh ! c’est madame AngotPersonnage de l’opéra-comique Madame Angot, ou, La poissarde parvenue du citoyen Maillot (Antoine-François Ève).  !
Elle singe la financière,
Elle se respecte, et feignit
De ne pas voir monsieur son frère
Dans le laquais qui la servit.
Feu son époux, ex-misérable,
À la Bourse très lestement,
S’enrichit incroyablement,
Avec un honneur incroyable.

Plaisant séjour que ce Paris !
Je suis badaud, moi : tout m’étonne,
Et sur tout ce qui m’environne,
Je porte des yeux éblouis,
Et plus je vois, plus je soupçonne
Qu’il est des vertus, des talents,
Et des mérites éminents
Dont ne s’était douté personne ;
Des incroyables probités
Chez les enfants de la fortune,
Des incroyables vérités
Dans les discours la tribune,
Une incroyable honnêteté,
Dans les bureaux de nos puissances,
Une incroyable netteté
Dans nos travaux sur les finances.
Une incroyable utilité,
Dans mille lois de circonstance,
Une incroyable égalité,
Une incroyable liberté,
D’un bout à l’autre de la France.

Nos plans pour réformer l’État,
Sont d’une incroyable évidence,
Et quelques membres du Sénat,
D’une incroyable intelligence.
On ne rencontre qu’orateurs,
D’une faconde incomparable,
Que jouvenceaux littérateurs
D’une modestie impayable,
Et l’institut a des auteurs
D’une renommée incroyable.

Des poètes en madrigaux,
Fameux, comme il n’est pas possible,
Se partagent dans leurs journaux
Une gloire incompréhensible,
S’encensent décadairement,
Et sont, avec cette tactique,
À l’auréole académique
Parvenus incroyablement.

Des drames, juges admirables,
Par des amis qui les ont lus,
Ont dans des feuilles charitables,
De grands succès, plus qu’incroyables
Pour le public qui les a vus.

Des journaux de date nouvelle
Ont d’innombrables souscripteurs,
Et l’on compte à la Sentinelle,
Comme on n’en a pas, des lecteurs.

Honneur aux puissants de la terre!
On craint ceux que l’on n’aime guère ;
Regimber contre l’aiguillon,
Serait un peu trop téméraire ;
Saint Paul le dit ; la chose est claire ;
Toujours le plus fort a raison,
Et cet argument nécessaire
Se démontré à coups de canon.

Mais qu’un petit rimeur tragique,
Et qui vit réduire aux abois
Sa Melpomène léthargique,
Régente notre République
Comme jadis il fit les Rois ;
Et que ce bredouilleur sournois,
Criblé de honte et d’épigrammes,
Se venge en proposant des lois
Aussi barbares que ses drames :
Qu’un tel fat soit de notre sort
Le régulateur et le maître ;
C’est incroyable, c’est trop fort ;
Mais cela ne laisse pas d’être.

Amen, amen, ne parlons plus,
De ses accès d’espièglerie,
Et prions Dieu qu’il les oublie,
Comme on a fait Caïus Gracchus,
Et les vers sur la calomnie.
Aussi bien pour nous égayer,
Il est des choses plus piquantes, ;
Et des scènes intéressantes
Bien plus qu’icelles de Chénier.

À voir nos bals, nos bigarrures,
Nos cent mille caricatures,
Le scandale de nos gaîtés,
Et le sel de nos épigrammes,
Et la décence de nos dames,
Et le trafic de nos beautés,
Nos courtisanes respectables,
Les cuisines de nos rentiers
Qu’on paye en billets impayables,
Et nos ex-laquais financiers
Dans des whiskies inexcusables ;
Et nous, au sein de tout cela,
Sur le cratère de l’Etna,
Faisant les beaux, les agréables,
Sans boussole et sans almanach
Dansant gaiement sur le tillac,
Quand des forbans coupent les câbles
De notre nef en désarroi,
Prête d’aller à tous les diables……
À voir enfin ce que je vois»,
Mes chers concitoyens, ma foi,
Nous sommes tous bien incroyables.

Jean-Armand Charlemagne (1753-1838), Le monde incroyable, ou, Les hommes et les choses, 1797.

18 mai 2014

Aux coureurs de tout poil, qu’ils soient amoureux de la petite reine ou des jeunes filles en fleurs

Classé dans : Histoire, Musique, Photographie, Progrès, Sciences, techniques — Miklos @ 18:47


À gauche, À bicyclette, de Laquer et Lorin (1947).
À droite, une « carriole irlandaise moderne » (1869). Autres photos ici.
Cliquer pour agrandir.

Il ne faut pas être amoureux de la petite reine pour avoir entendu Yves Montand interpréter La bicyclette (« Quand on partait de bon matin / Quand on partait sur les chemins… ») de Pierre Barouh (paroles) et de Francis Lai (musique), sortie en 1968. On aime ou non (moi, non : trop sirupeuse). Mais connaît-on À bicyclette (1947), « fox-marche bicyclo-bourvillien » de René Laquier (paroles) et Étienne Lorin (musique) que Bourvil interprète ici avec un côté si faussement naïf et, soit dit en passant, une excellente prononciation ? Si je connais – et j’adore – Bourvil, je n’avais jamais entendu parler ni de Laquier ni de Lorin (Wikipedia non plus, ce qui ne me console pas). La voici :

Il faut sans doute être plus qu’amoureux de la bicyclette pour en connaître les curieux modèles qui ont suivi son invention (on peut voir ici des illustrations d’époque), y compris un « vélocipède à vapeur » (terme quelque peu contradictoire, vélocipède désignant un appareil fonctionnant par le seul secours des pieds).

Ce précurseur de la mobylette a été inventé par un Français, Louis-Guillaume Perreaux, à qui l’on doit d’autres inventions originales : bateau sous-marin à air comprimé portant une roue à hélice (1840), machine à diviser la ligne droite et la ligne circulaire qui peut également être employée à tailler des roues dentées (1846), une machine propre à essayer les tissus de toutes sortes, dite machine dynamométrique (1851), le pulsographe ou kinésigraphe pour mesurer la force du pouls (1868), etc.

Ce nouveau mode de locomotion lui fit obtenir six récompenses à l’Exposition de 1867 (source). Comme il se doit, la Wikipedia en anglais attribue plutôt l’invention à l’Américain Sylvester H. Roper, qui l’aurait développé « sometime from 1867-1869 », tout en mentionnant les travaux de Perreaux à la même époque. Or si Perreaux avait déjà exposé son modèle en 1867, on se dit qu’il devait y avoir travaillé plus tôt et donc devrait bénéficier de l’antériorité.

Quant à l’ancêtre de la bicyclette, ce n’est pas le monocycle comme on pourrait le croire – lui-même sans doute dérivé du grand-bi (bicyclette avec immense roue avant et minuscule roue arrière) – mais la draisienne (aucun rapport avec la vespasienne, qui n’est d’ailleurs pas l’ancêtre de la Vespa), inventée par le baron allemand Karl von Drais au début du 19e siècle.

14 mai 2014

Life in Hell : les mystérieuses voies du métro en particulier et de la RATP en général

Classé dans : Actualité, Progrès, Société — Miklos @ 12:47


La révolte. (source)

Akbar apprécie l’existence des transports publics parisiens, mais pas ses ratées (paix !) voire ses lenteurs, surtout lorsqu’elles sont dues à celle de son administration.

Voici l’échange qu’il a depuis plus d’un an avec cette dernière.

Akbar à RATP, le 22/2/2013 :

Je prends souvent la ligne 3 vers Levallois, à partir de la station Arts-et-Métiers.

À plusieurs reprises, j’ai remarqué que sur ce quai il n’y avait aucun plan du métro/RER à Paris, tandis qu’il y a un plan des Bus à Paris, et deux plans RER en région parisienne.

Ce manque – tandis qu’il y a de la place pour en mettre – est non seulement surprenant, mais gênant, lorsqu’on veut vérifier le parcours à faire dans Paris avant de monter en rame, ou en changement.

J’espère que vous pourrez y remédier rapidement.

RATP à Akbar, le 27/2/2013 :

Votre courriel a retenu toute mon attention.

Je vous prie tout d’abord de bien vouloir accepter mes excuses pour le délai apporté à vous répondre.

Je transmet votre demande au responsable transport de la ligne concernée.

Je vous remercie de votre confiance.

RATP à Akbar, le 13/5/2013 :

Votre courriel a retenu toute mon attention.

Je vous prie tout d’abord de bien vouloir accepter mes excuses pour le délai apporté à vous répondre.

Je vous remercie pour votre signalement et l’intérêt que vous portez à notre entreprise, je transmet votre remontée d’information auprès du responsable transport de la ligne.

Akbar à RATP, le 4/7/2013 

1. Je vous ai écrit il y a bientôt cinq mois, le 22/2, pour signaler ce que je pense être un problème.

2. Le 27/2, Madame X. m’a écrit : « Je vous prie tout d’abord de bien vouloir accepter mes excuses pour le délai apporté à vous répondre. Je transmet votre demande au responsable transport de la ligne concernée. » Puis plus rien.

3. Le 13/5, Madame Y. m’a écrit quasiment la même formule avec la même faute d’orthographe : « Je vous prie tout d’abord de bien vouloir accepter mes excuses pour le délai apporté à vous répondre. Je vous remercie pour votre signalement et l’intérêt que vous portez à notre entreprise, je transmet votre remontée d’information auprès du responsable transport de la ligne. » Puis plus rien.

Je ne vous fais pas dire que cela frise le ridicule. Je vous serai reconnaissant de me répondre sur le fond dans les jours qui suivent, sinon je donnerai toute publicité à ce comportement que je trouve en sus finalement assez méprisant à l’égard d’une clientèle captive.

RATP à Akbar, 1/8/2013 :

Je reviens vers vous et vous prie de bien vouloir accepter toutes nos excuses pour les désagréments subis ainsi que pour cette réponse tardive.

Je comprends votre mécontentement et vous informe que j’ai transmis votre réclamation à mesdames X. et Y. afin que cette erreur d’orthographe ne se reproduise plus.

Quant à votre sollicitation de plan du métro/RER sur le quai de la station Arts-et-Métiers, une demande a été faite à nos services techniques. Nous sommes en attente de ce plan et dès livraison, le nécessaire sera fait. Ce délai long d’affichage s’explique par le déploiement des nouvelles lignes de tramway. En effet, le tracé de ces lignes doit figurer sur le plan du réseau ferré (métro/RER).

Je vous remercie pour votre témoignage, vous renouvelle mes excuses et vous prie de croire, Monsieur, à l’assurance de toute ma considération.

Akbar à RATP, le 10/5/2014 :

Cela fait bien plus d’un an que j’ai signalé le manque de plan de métro sur le quai de la ligne 3, station Arts-et-Métiers, direction Levallois, tandis qu’il y a deux plans de bus identiques sur ce même quai. Pendant plus de 6 mois vous m’avez répondu au compte goutte, et la dernière réponse, datant du 1/8/2013, il y a donc 7 mois, et rien n’a été fait.

Il est inconcevable que vous n’ayez pas installé un plan, même temporaire, en attendant vos nouveaux plans : la gène aux usagers est bien réelle. Je ne manquerai donc pas de donner toute publicité à ce que je considère comme un mépris de votre clientèle.

RATP à Akbar, le 14/5/2014 :

J’ai lu votre courriel ci-dessous avec attention. 

Je comprends votre sentiment et souhaite vous apporter ces précisions.

Dès que j’ai eu une connaissance de votre réclamation, j’en ai porté les termes à la connaissance du responsable d’exploitation de la ligne 11. Je vous informe que votre demande a été prise en compte et un des plans bus sera remplacé.

Soyez assuré que l’entreprise prête beaucoup d’attention aux observations de sa clientèle qui contribuent à l’amélioration de la qualité de service. Votre témoignage montre en tout cas que la RATP doit poursuivre les efforts engagés.

Akbar à RATP, le même jour

Merci, mais comme précisé dans mon courrier, il s’agit de la ligne 3 et pas de la ligne 11.

RATP à Akbar, le même jour

Je vous confirme qu’il s’agit bien du quai de la ligne 3. Toutefois, c’est la ligne 11 qui gère la station Art et Métiers. Il appartient au responsable d’exploitation de la ligne 11 de prendre les mesures nécessaires pour y remédier.

Un remède qui se fait attendre depuis si longtemps, ronchonne Akbar in peto, ça laisse le temps au patient de crever d’impatience.

Jeff et Akbar sont les personnages d’une série de bandes dessinées de Matt Groening, qui est aussi le père de la fameuse – et infâme – famille Simpson.

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