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« Je donne mon avis non comme bon mais comme mien. » — Michel de Montaigne

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12 juillet 2018

L’agriculture bio française s’expatrie

Classé dans : Actualité, Cuisine, Environnement, Nature, Photographie, Santé, Économie — Miklos @ 9:24

Les  fruits en provenance d’Argentine, Chili et Espagne dans des cagettes marquées « Cultivateurs français ». © Miklos 2018.Cliquer pour agrandir.

Comme on peut le voir dans les photos ci-dessus, prises dans le magasin Bio C Bon de la rue du renard, des fruits en provenance d’Argentine, du Chili et de l’Espagne y sont produits par des culti­vateurs français. On savait bien que l’agriculture française était en crise, mais à ce point ?

Tant qu’à faire, on aurait préféré l’inverse : que des cultivateurs argentins, chiliens et espagnols cultivent en France ces fruits, ce qui évi­terait leurs frais énergétiques de transports qui n’ont rien d’éco­logique.

27 avril 2015

Les curieux chiffres de Lina (sic)

Classé dans : Actualité, Cinéma, vidéo, Sciences, techniques, Économie — Miklos @ 12:53


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L’actualité de ce jour nous a fait nous intéresser – vous vous demandez encore pourquoi ? – à Lina. Et l’on constate là aussi l’existence de chiffres vraiment curieux, ceux concernant son année de naissance. Comme on peut le voir ci-dessus, l’encyclopédie numérique universelle en donne deux, selon la langue. Et si l’on consulte les 21 autres versions, on trouve qu’elle est née :

— en 1926, selon les versions bulgare, française, hébreu, islandaise, japonaise, latine, malgache, polonaise, portugaise, russe, suédoise, tadjik et turque (13 au total) ;

— en 1928, si vous lisez l’allemand, l’anglais, l’espagnol, l’italien, le finnois, le grec, le néerlandais, le persan, le serbe ou le slovaque (10 au total).

S’il ne reste que les statistiques pour connaître cette information pourtant objective, on devrait choisir la première des deux années.

Mais cette incertitude (oh, Heisenberg, tu avais bien dit que plus on cherche moins on trouve) s’étend aussi à d’autres sources que l’on pense pourtant fiables, telles l’excellente (on le pensait jusque là) base de données du cinéma, IMDb (1926) ou ce temple du savoir qu’est l’université Harvard (1928) qui a pourtant une réputation inégalée.

Si l’on était tenté de croire la version en ligne de l’Encyclopaedia Britannica, qui donne comme date 1928, on se souvient que le trop sérieux magazine Nature avait annoncé que l’autre était quasiment aussi fiable. Notre perplexité reste totale.

Et ce n’est pas le site de cette dame indigne qui nous éclairerait : il indique seulement sa ville d’origine.

25 avril 2014

Quand les « biens de consommation » sont à la source du mal, ou, Le consommateur en tant que prédateur

Classé dans : Actualité, Société, Économie — Miklos @ 0:58


Propagande pour l’industrie textile au Bangladesh.

L’émission Envoyé spécial de France 2 vient d’évoquer le désastre du Rana Plaza au Bengladesh qui avait coûté la vie, il y a un an tout juste, à plus de mille « petites mains » d’ateliers de textile et fait plus de deux mille blessés. Ces malheureux étaient exploités pour un salaire de misère – 30 € par mois – à coudre des vêtements de grandes marques destinés à être vendus au consommateur occidental à un prix défiant toute concurrence tout en permettant aux magasins de nos villes de se faire des marges cent fois plus élevées que ce que ces ouvriers auront été payés.

Comment ne pas être bouleversé à la vue des familles endeuillées réduites à une misère encore plus grande par la disparition de celui ou celle qui était souvent leur seul gagne-pain ? Comment ne pas l’être à la vue de cet adolescent qui pleurait d’avoir à abandonner l’école pour aller travailler dans ce type d’atelier ?

Et comment ne pas faire le rapprochement avec un accident semblable qui s’était passé plus d’un siècle plus tôt ? La Triangle Shirtwaist Factory était un immense atelier de confection de blouses pour femmes qui occupait les trois derniers étages d’un bâtiment qui en comptait dix, situé près de Washington Place à New York. On y comptait quelque 500 ouvriers – surtout ouvrières – pour la plupart juifs. Le 25 mai 1911, un incendie s’y est déclaré et propagé extrê­mement rapidement, empêchant l’usage des cages d’escalier, qui, d’ailleurs, avaient été verrouillés par les patrons pour éviter les vols… Cent quarante six travailleurs y trouvèrent la mort, ce qui en fait l’accident industriel le plus meurtrier de l’histoire des États Unis à ce jour. (source)

Le monde occidental a réglé le problème en le déplaçant dans des pays sous-développés où le coût de la main d’œuvre est incom­men­su­ra­blement plus bas qu’il ne l’est ici. Quant aux conditions de travail, n’en parlons pas : loin des yeux, loin du cœur. L’émission nommait les grandes marques qui se défaussaient soit en ne donnant pas suite aux demandes de réaction des réalisateurs du reportage, soit en accusant leurs sous-traitants.

La situation sur place n’a pas changé : le reportage montrait une autre usine dans laquelle il n’y avait qu’un extincteur – vide – et dont les sorties d’urgence étaient bloquées. Le Bangladesh, stigmatisé, est abandonné par ses clients qui, au lieu d’exiger d’y améliorer les conditions de travail et de donner les moyens de le faire, se tournent maintenant vers le Cambodge. Ateliers indéniablement plus modernes, mais une exigence inhumaine de rendement des ouvriersComment ne pas penser aux travailleurs à la chaîne dans les Temps modernes de Chaplin ou à ceux que dévore Moloch dans Metropolis de Fritz Lang… – obligés de coudre parfois jusqu’à 700 pièces par jour pour 60 € par mois – et une oppression impi­toyable de leurs syndicats qui n’est pas que le fait des employeurs mais de l’État lui-même, et qui va jusqu’à l’empri­son­nement, au passage à tabac voire à l’élimination physique de ceux qui manifestent.

Et le consommateur ? Il n’a pas changé non plus : il achète sans égard à l’origine ou plutôt aux conditions de production, le prix détermine tout. S’il verra l’émission, il versera peut-être une larme. Demain, il choisira le vêtement le plus avantageux pour son porte-monnaie sans même en examiner la provenance, et il trouvera un autre sujet pour susciter son émotion.

Le colonialisme n’a pas disparu, bien au contraire. L’esclavagisme non plus. L’appât illimité de lucre des multinationales et la boulimie irraisonnée de leurs clients s’articulent ine­xo­ra­blement sur le dos de ceux qui n’en peuvent mais.


Monument à la mémoire des victimes du Rana Plaza.

26 février 2014

Life in Hell : Akbar achète le Groenland !

Classé dans : Lieux, Littérature, Nature, Sciences, techniques, Économie — Miklos @ 20:17


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Akbar adore le Groenland – sauf les mouches, moucherons, mous­tiques et autres insectes volants qui n’hésitent pas à envahir la bouche au moindre bâillement ou, à défaut, les oreilles et l’espace entre les verres des lunettes et les yeux –, pays dont il n’a visité qu’un (tout) petit bout en compagnie de Jeff, de Dr Dne et de son mari le Professeur Lin, mais assez pour en être fasciné. Et pour le reste du pays, il se délecte à la lecture des racontars de Jørn Riel.

Et voilà qu’il découvre dans l’ECUVESEncyclopédie de la Connaissance Universelle Vraie Et Solide que ce pays est à vendre (ainsi d’ailleurs que le Cameroun, Ifni, le Togoland ou un bout de l’Inde, propriétés qui, elles, devraient intéresser Jeff).

Ni une ni deux, il se précipite dans sa banque pour en retirer toutes ses économies. À son conseiller clientèle étonné qui lui en demande la raison, il explique ce qu’il compte en faire, ce que son interlocuteur approuve : ce ne sera pas un inves­tis­sement à fonds perdus, rajoutant bancai­rement : « Sa vaste calotte [celle du pays ou celle de son cardinal ?, sussure Akbar] regorge de matières premières stratégiques pour l’avenir de la croissance mondiale : or bleu avec de l’eau en abondance, or noir avec le pétrole, or vert grâce aux terres rares, or tout court et uranium. » Akbar sourit poliment tout en se disant in peto que ce qu’il préfère, c’est la neige et les icebergs (mais pas comme FionaSi vous ne savez pas de qui il s’agit, c’est que vous n’avez pas cliqué sur l’un des deux liens hypertextes ci-dessus.).

Akbar enveloppe soigneusement ses sous – en fait, des lingots, c’est plus facile à emballer – dans du papier journal bien froissé puis dans du papier bulle, et les sépare ensuite par des frites en poly­styrène pour éviter que le timbre si particulier de leur entre­choquement ne mette la puce à l’oreille d’un postier indélicat. Il dépose le tout dans un carton idoine qu’il expédie par courrier recommandé avec accusé de réception à… Il n’est pas sûr du destinataire, alors à toutes fins utiles il adresse le paquet à Monsieur le Secrétaire général des Nations Unies en le priant de bien vouloir le faire parvenir, si nécessaire, au souverain actuel du Danemark.

Une fois le titre de propriété reçu, il compte se faire construire un grand igloo – il y aura une chambre d’amis, avis aux amateurs – pour passer ses étés dans la partie du Groenland la plus peuplée d’ours blancs, de phoques, de baleines franches (au moins c’est clair, murmure-t-il) et de rorquals, de bernaches cravant, de guillemots de Brünnich, d’eiders à duvet (ça peut toujours servir, se dit Akbar in peto) et de mergules nains.

Jeff et Akbar sont les personnages d’une série de bandes dessinées de Matt Groening, qui est aussi le père de la fameuse – et infâme – famille Simpson.

14 février 2014

Wikipedia outragé brisé

Classé dans : Actualité, Musique, Sciences, techniques, Économie — Miklos @ 1:38


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Cela fait bien plus d’une heure que la Wikipedia dysfonctionne de façon intermittente, tout en annonce devant être « bientôt réparée » et demandant de « réessayer dans quelques minutes ».

Ah, ces géants aux pieds d’argile qui titubent… le mail de Yahoo il y a quelques jours, plusieurs services de Google en janvier, le mail de Yahoo (bis repetita) le mois précédent, Google (derechef) puis Amazon (deux fois) soudain l’été dernier…

Who’s next? comme le chantait Tom Lehrer, en tout cas à cette allure ça ne devrait pas tarder. Et puisqu’on est dans une veine de citations, on conclura par « small is beautiful » d’après le titre du célèbre ouvrage d’E. Schumacher.

Et la réponse à Who’s next? est…

Ça n’a effectivement pas tardé. Quelques jours après la publication de ce billet, on apprend : « Panne mondiale de WhatsApp, trois jours après son rachat par Facebook ». Ça promet.

La promesse est tenue : un peu plus de deux semaines plus tard, c’est au tour de Twitter de tomber en panne.

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