Miklos
« Je donne mon avis non comme bon mais comme mien. » — Michel de Montaigne

This blog is © Miklos. Do not copy, download or mirror the site or portions thereof, or else your ISP will be blocked. 

23 septembre 2018

Qui a vraiment dit : « Si la route est belle… » ?

Classé dans : Littérature, Peinture, dessin, Sciences, techniques, Société — Miklos @ 14:42


« William’s Cañon », in William Makepeace Thayer (1820-1898), Marvels of the new West: a vivid portrayal of the stupendous marvels in the vast wonderland west of the Missouri River : comprising marvels of nature, marvels of race, marvels of enterprise, marvels of mining, marvels of stock-raising, and marvels of agriculture, graphically and truthfully described, p. 23. 1887. (source) Cliquer pour agrandir.

« Si la route est belle à parcourir, qu’importe qu’elle soit sans issue ? Et si elle est d’un accès difficile, n’est-ce pas une raison pour priser plus haut encore l’habileté de ceux qui y font les premiers pas ? »
— Joseph Bertrand (1822-1900), Éloge de M. de Senarmont. Paris, 1863.

« [S]’il y a du vent ou de la pluie, dit encore saint Thomas, s’il fait froid ou chaud, si le chemin est beau ou s’il est fangeux, s’il y a abondance de biens sur la terre, ou si quelque orage en fait le dégât , toutes ces choses grandes et petites ne sauraient pour lors, eu égard aux desseins de Dieu, être mieux faites ; et Dieu les commence, les continue et les achève toutes pour des motifs très-saints et très-hauts, qui sont non pour chercher sa commodité, mais purement et principalement pour montrer l’excès de son éternelle et démesurée bonté, et toujours par rapport au profit des hommes et des anges. »
— Jean-Baptiste Saint-Jure, De la connaissance et de l’amour du Fils de Dieu, Notre-Seigneur Jésus-Christ. Paris, 1873.

« Aller vite est charmant, si le chemin est beau,
Mais n’en lisez pas moins les avis du poteau. »
— L. D., « Dits et proverbes rimés », La Gazette du village 3e année n° 52, 30 décembre 1866.

« Savez-vous comment, dans le département de l’Yonne, les marchands de bestiaux, quand ils dînent en ville, font remarquer qu’on ne leur donne plus à boire ?
  Ils disent tout simplement : “ La route est belle. ”
  En effet, si la route est belle, on ne verse pas. »
— A. de B., « Par-ci, par-là », in Le Voleur. Journal pour tous, n° 876 , 17 avril 1874.

« Eh ! qu’importe si la route est belle, si l’on avance allègrement, si chaque étape recule une frontière, si l’on aperçoit au lointain, dans le miroitement des horizons nouveaux, se profiler l’aspect de la cité future. Qu’importe les traînards, les réfractaires, les impatients ou les dissidents, si l’on approche, si l’on arrive… »
— T. Steeg, « Les majorités », in Le XIXe siècle, n° 13889, 30 ventôse an 116 – samedi 21 mars 1908.

« Allons au bord de l’eau, allons dans les bois encore nus. Oublions, pour un jour, les menaces et les trahisons. Oublions, pour une heure, que la justice n’est plus juste, et n’est pas forte ; essayons d’oublier que le duc Pozzo di Borgo est au vert, lui aussi, et que le C.S.A.R. reprend sa meurtrière vigeur.
  Printemps qui chante, un bol d’air, un bain de lumière douce. Profitons-en.
  Pour une vie propre, saine et joyeuse, dans la liberté reconquise est bien gardée.
  La grande lutte qu’il ne faut pas oublier, même si le ciel est pur et si la route est belle. »
— Claude Martial, « Printemps », in L’Humanité, 35e année, n° 14323, lundi 7 mars 1938.

« La vérité est que le monde inconnu, c’est, non pas aux magiciens et aux spirites, mais aux romanciers et aux poètes qu’il faut en demander le chemin. Eux seuls ont la clef d’or du palais des rêves ». Anatole France, La Vie littéraire, tome I, 124.

« Si le chemin est beau, ne nous demandons pas où il mène ».
— Anatole France (BrainyQuote)

« Si le chemin est beau, n’essayons pas de savoir où il mène. »
—Anatole France (page Nantua ma ville, Facebook)

« Si le chemin est beau, ne demandons pas où il mène. »
— Anatole France (maximelagace.com)

« Si le chemin est beau, nous ne devons pas demander où elle conduit. »
— Anatole France (Pinterest)

« Si le chemin est beau, demander où elle conduit à. Mais si la destination est belle, jamais l’esprit sur le chemin, continuer à marcher. »
— Patrick Idowu (Potdecitations.com)

« Si le chemin est beau, ne demandez pas où il mène, avancez, appréciez. »
(page Amour émotion & vie, Facebook)

Cliquez pour agrandir.

13 septembre 2018

Einstein avait raison

Classé dans : Actualité, Sciences, techniques, Société — Miklos @ 20:47


Calvin et Hobbes sur la balance à deux fléaux de Roberval (« fléaux » sans doute parce que Roberval, dont le nom de famille était en fait Personne de Roberval ce qui ne l’a pas empêché de devenir quelqu’un, était connu pour être très querelleur), montrant que tout est (parfois curieusement) relatif.

Enfin, en quelque sorte. On vient de nous apprendre que les unités de base (kilo, mais aussi ampère – la mesure du courant électrique sauf celui qui passe entre deux personnes –, mole – il ne s’agit pas de la mycose du champignon de couche, mais d’une « quantité de matière contenant un nombre de molécules égal au nombre d’atomes contenus dans 12 g de l’isotope de carbone 12C » – et degré Kelvin – aucun rapport avec Calvin et Hobbes) vont être redéfinies de façon encore plus précise, encore plus absolue que jusqu’ici.

Pourquoi est-ce nécessaire, pourquoi est-ce possible ? Eh bien, la technique en a besoin, la science le permet, alors pourquoi pas ? Dans cette ère du numérique s’imposant à tous les domaines de la vie courante (et les autres aussi), la nécessité de quantifier de plus en plus précisément est inéluctable.

Mais quid de l’homme, dans tout ça ? Ces unités si précises permettront-elles de mieux mesurer la longueur d’une queue chez Pôle Emploi, aux urgences à l’hôpital ou à l’Armée du salut, le courant qui passe entre deux personnes ou dans la société, la masse utile de l’aide concrète fournie aux plus démunis ?

Après tout, ce qui compte (puisqu’il s’agit de mesure) vraiment pour l’homme, n’est-ce pas le relatif plutôt que l’absolu ? Plus ou moins pauvre, plus ou moins faim, plus ou moins malade ou à la rue, plus ou moins libre, plus ou moins instruit…

23 août 2018

Les robots sans cervelle

Classé dans : Médias, Sciences, techniques — Miklos @ 10:53


Publication dans Facebook, le 23.8.2018 (source de l’article)

Un article du Monde du 20 mai dernier sur lequel j’étais tombé en « navigant » de fil en aiguille m’avait ému. Je l’ai signalé dans ma page Facebook, assorti d’un petit commentaire, comme on peut le voir ci-dessus.

Et voilà que quelques instants plus tard je suis informé par Facebook que cette publication a été supprimée parce qu’elle « semble indé­sirable et ne respecte pas les standards de la communauté », tout en m’offrant deux choix de réponse :

1. Ce n’est pas indésirable.

2. Je n’ai pas publié cela.


Réaction instantanée de Facebook.

Il va sans dire que j’ai cliqué sur l’option 1, suite à quoi s’est immé­dia­tement affiché un message comme quoi Facebook avait « examiné [ma publication] plus en détail et en avait conclu qu’elle n’allait pas à l’encontre de leurs Standards de la communauté », et l’a par consé­quent restaurée.


Réaction instantanée de Facebook.

On peut se demander :

1. Qu’est-ce qui allait à l’encontre de ces prétendus Standards ? Le fait de parler d’un couple qui s’aime depuis son mariage il y a 60 ans, alors qu’on n’a aucun mal à y publier des informations de tout genre sur les frasques d’un certain président américain ? Le fait de casser un sucrier, d’y trouver une lettre d’amour et de la lire alors qu’elle n’avait pas été adressée au lecteur ? Le fait de vanter les mérites du sucre, alors qu’il n’y en avait pas dans le dit sucrier et qu’on en connait les dangers (cf. le documentaire d’Arte ci-dessous) ?

2. Qui a « examiné plus en détail » la publication dans le laps de temps quasi instantané entre mon clic et la décision qu’elle (la publi­cation en question) était honorable ? Si c’est « le robot », pourquoi a-t-il d’abord déterminé que cette publication était indésirable, puis est devenue désirable ?

C’est Facebook qui devient de plus en plus indésirable (ce qui n’empêche pas des milliards d’êtres humains d’y être accros, comme au tabac, à l’alcool et à d’autres substances indésirables…).

Plus encore, ce n’est qu’un des innombrables exemples du danger de la robotisation, dont les premières alertes sont loin d’être récentes ; si l’homme a été doté d’une cervelle, c’était bien pour le distinguer des machines passées, présentes et futures. Mais certains hommes – et parmi eux, les concepteurs de ces robots soi-distant intelligents – n’en sont sans doute pas dotés plus que les linottes, du moins en ce qui concerne la sensibilité, alors que même des oiseaux tels que les aras semblent ressentir des émotions

30 juillet 2018

La panne SNCF ? « Une tempête dans un verre d’eau », comme dirait Macron.

Classé dans : Actualité, Médias, Sciences, techniques — Miklos @ 15:34

(source)

La panne affectant la gare Montparnasse n’est pas si importante que ça, selon Le Monde, puisqu’elle n’aurait « plongé dans l’incertitude » que quelques « dizaines de voyageurs »… Une tempête dans un verre d’eau, verre bien nécessaire par cette canicule, soit dit en passant.

26 juillet 2018

« Salut, Toto ! C’est bien la Terre, ici ? », ou, Mars attaque !

Classé dans : Actualité, Littérature, Médias, Nature, Sciences, techniques — Miklos @ 12:27

(source)

Selon Libé, la planète Mars se serait rapprochée jusqu’à 50 kilomètres de la Terre. Cela ne vous rappelle-t-il pas quelque chose ? Non ? Alors on vous le rappelle :

« … Un coup fut frappé à la porte.

Il la regarda avec stupéfaction avant de poser son verre et de se lever. Dans le silence du soir, il aurait forcément entendu une auto, et à pied, personne ne se serait promené par ici.

Il y eut un nouveau coup, plus fort.

Luke alla ouvrir et regarda dehors au clair de lune. Il ne vit rien. Il regarda ensuite à ses pieds.

— Oh… non ! exhala-t-il. C’était un petit homme vert, d’environ soixante-quinze centimètres de haut.

— Salut, Toto, fit le petit homme vert. C’est bien la Terre ici ? »

On ne peut que s’écrier, à l’instar de Fredric Brown, Martiens, Go Home! Parce que Mars en juillet, en plus avec leur sale caractère :

« [...] tous, autant qu’ils étaient, se montraient acariâtres, arrogants, atra­bilaires, barbares, bourrus, contrariants, corrosifs, déplai­sants, diabo­liques, effrontés, exas­pérants, exé­crables, féroces, fripons, gla­pis­sants, grincheux, gros­siers, haïs­sables, hargneux, hostiles, inju­rieux, impu­dents, iras­cibles, jacas­seurs, korri­ga­nesques. Ils étaient lassants, malfai­sants, malhon­nêtes, maus­sades, nui­sibles, odieux, offen­sants, perfides, perni­cieux, pervers, querel­leurs, railleurs, revê­ches, rica­nants, sarcas­tiques, trucu­lents, ubi­quistes, ulcé­rants, vexa­toires, wisi­go­thiques, xéno­phobes et zélés à la tâche de faire vaciller la raison de qui­conque entrait en leur contact… [...]

Il y avait, bien sûr, les sourds et aveugles qui n’avaient jamais eu de preuve sensorielle de leur exis­tence et devaient s’en rapporter à ce qu’on leur en disait. Si certains n’y croyaient pas réellement, on ne pouvait les en blâmer. Il y avait aussi les millions de gens – sains d’esprit ou non – qui admettaient leur existence, mais refusaient de voir en eux des Martiens. La plupart étaient les super­stitieux et les fana­tiques religieux, selon qui c’étaient en réalité, au choix : des anges du mal, des banshees, des chimères, des diablotins, des doppel­gängers, des élé­mentals, des elfes, des esprits, des en­chanteurs, des fantômes, des farfa­dets, des génies, des gnomes, des goblins, des kobolds, des korrigans, des lepre­chauns, des lutins, des magiciens, des maudits de l’enfer, des péris, des puis­sances des ténèbres, des sorciers, des spectres, des trolls et des je ne sais quoi encore. [...]

Harassé, hébété, harcelé, horrifié, le citoyen moyen de chaque pays considérait d’un œil halluciné et hagard le hideux futur qui l’hypnotisait, et hoquetait de honte en pensant qu’aux heures heureuses dont le souvenir le hantait, il avait pu trouver des motifs de hargne dans la maladie et les impôts et juger que la bombe à hydrogène était la fin des haricots. »

et avec la canicule… Trop, c’est trop !

Génial, absolument génial ! À lire sans surseoir !

The Blog of Miklos • Le blog de Miklos