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« Je donne mon avis non comme bon mais comme mien. » — Michel de Montaigne

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27 novembre 2020

Apéro virtuel II.26 – vendredi 27 novembre 2020

Classé dans : Arts et beaux-arts, Littérature, Sciences, techniques, Théâtre — Miklos @ 23:59

Jean-Philippe, Sylvie, Françoise (P.), Léo et Françoise (C.) étant arrivées, Michel demande à Sylvie si elle veut bien qu’ils fassent un peu d’arithmétique. Elle consentante, ils s’engagent dans un extrait du dialogue du Professeur et de l’Élève de La Leçon d’Ionesco, celui où le Professeur essaie d’inculquer les bases de l’arithmétique à l’Élève, qui n’arrive à comprendre ce qu’est une soustraction (et encore moins son essence universelle), alors qu’elle excelle en addition et… et multiplication (savez-vous, vous, répondre du tac au tac à la question « Combien font 3 755 998 251 x 5 162 303 508 ? »). Cet extrait faisait écho d’une part aux récentes évocations des instituteurs que les participants avaient eus à l’école, mais aussi au fait que la moitié des présents étaient des anciens matheux et avaient enseigné cette science (non, cette méthode ; voire cette thérapeutique) à un moment plus ou moins long de leur vie, et enfin que Michel avait contribué – selon Sylvie – à son apprentissage éclair et intransigeant de l’hébreu alors que tous deux étudiaient les mathématiques au Technion.

Ce grand classique d’Ionesco fait penser Léo au Théâtre de la Huchette, où se donnent cette pièce et un autre classique du même, La Cantatrice chauve depuis… 1952. Françoise (P.) s’exclame alors qu’elle y était allé voir ces deux pièces juste avant le confinement (et avait trouvé le spectacle un peu vieilli)… Sylvie dit l’y avoir vue dans les années 1960. Pour Michel, Ionesco est le type d’auteur qui lui « parle » particulièrement : il est de ces écrivains ou poètes qui sont passés d’une langue à l’autre (à ce propos, on peut voir le documentaire de Nurith Aviv, D’une langue à l’autre, 2004). Léo, lui, se souvient d’avoir été impressionné par une autre pièce d’Ionesco, Rhinocéros.

Michel raconte alors où il a trouvé le texte de La Leçon dont il a extrait les quelques pages lues par Sylvie et lui : il s’agit du site Internet Archive, bibliothèque numérique à but non lucratif proposant gracieusement l’accès à un fonds de millions de livres, de vidéos (certaines néonazies…), d’enregistrements sonores et de logiciels, ainsi qu’un archivage partiel de sites Web présents et passés remontant jusqu’à 1996). Cet ouvrage, intégralement consultable (mais non copiable) ne se trouvait pas chez Gallica ni chez Google Books. Ensuite, il exprime son opinion selon laquelle le numérique ne remplace pas le physique (cf. Le poids d’un livre), de même que le télétravail ne remplace pas le présentiel – à chacun ses avantages et désavantages. En outre, il pose la question de la pérennité des collections numériques du fait de l’obsolescence croissante des technologies (supports, formats, logiciels…).

Ce qui s’affiche lorsqu’on clique sur un lien vers ce qui devrait être l’annonce du spectacle Ionesco, lien fourni par un moteur de recherche.

On a eu un exemple en « temps réel » de l’obsolescence de sites web et donc de leurs contenus numériques : en rédigeant ce compte-rendu, on avait cherché à l’illustrer avec quelques contenus se trouvant sur le site du Théâtre de la Huchette. Et voilà qu’une heure plus tard, tous ces contenus avaient disparus, et étaient remplacés par une page d’erreur… Il s’avère qu’à ces heures-là le théâtre avait remplacé toute l’infrastructure de son site web – sans aucun doute pour le « moderniser »… Et de ce fait, tous les contenus – textes et images – que référencent actuellement moteurs de recherche et autres sites web ne sont plus accessibles, les adresses de référencement ayant changé. C’est aussi ce qui est arrivé récemment au site du Centre Pompidou. Les moteurs de recherche vont se mettre à jour puisqu’ils réindexent sans répit le web, mais pas forcément les autres sites qui parlent ou parlaient des activités et de l’histoire du théâtre (il suffit de regarder des pages anciennes de ce blog-ci : nombres de photos qui l’illustraient ont disparu). L’alternative pour tenter de se protéger de ces disparitions ? Copier les contenus qu’on souhaite référencer sur son propre site (et ne pas en modifier sa structure !).

Léo dit qu’il préfère évidemment les livres qu’on peut toucher à ceux qu’on lit à l’écran, mais il y en a qu’on ne trouve que numériquement ; d’autre part, il se rappelle que lorsqu’il a débuté en tant que journaliste, il écrivait à la main alors que ses collègues utilisaient déjà l’ordinateur, autre forme d’écriture. Le problème, dit alors Michel, c’est que la pérennité des écrits numériques n’est pas aussi assurée que celle de l’écrit sur papier. Léo rétorque que, quand le livre est apparu, ceux qui racontaient des histoires ont dit qu’il était impossible de le faire par l’entremise des livres (même s’ils ont quelques avantages), comme quoi chaque innovation est sujette à des critiques… Michel reconnaît bien qu’il y a des anciens livres et documents qu’on peut lire dans de meilleures conditions via l’informatique, ce qu’il a constaté aux Archives générales des Indes à Séville qu’il avait visitées dans les années 1990.

Jean-Philippe présente alors le livre Logique sans peine de Lewis Carroll, – auteur très apprécié d’Ionesco –, illustré par Max Ernst… C’est la troisième édi­tion de l’ouvrage, parue en 1966, et pourtant elle est pleine de coquilles. Il en lit l’intro­duction « À l’adresse des débu­tants » (de Lewis Carroll) : « Tout débutant qui souhaite vérifier loya­lement si ce petit livre est, ou n’est pas, matière à un passe-temps intel­lectuel extrê­mement inté­ressant, est vivement invité à observer les règles suivantes : 1. Commencer au commen­cement, sans vouloir, pour satisfaire une simple et vaine curiosité, ouvrir le livre au hasard, ce qui vous conduirait vraisem­bla­blement, cher lecteur, à l’aban­donner en disant : “C’est beaucoup trop difficile pour moi !”, et vous ferait ainsi perdre toute chance d’augmenter consi­dé­ra­blement votre répertoire de jeux intel­lectuels…. » puis en cite brièvement quelques problèmes de logique.

Françoise (C.) pose alors une devinette de circonstance : « Mon premier est une salade. Mon second est une salade. […] Mon huitième est une salade. Mon tout est un romancier et écrivain britannique. » Vous avez trouvé ? Non ?Les 8 scaroles…

Léo pose encore deux énigmes : 1. Un nénuphar double de surface tous les jours. Au bout de 30 jours, il a recouvert l’étang. Au bout de combien de jours avait-t-il rempli la moitié de l’étang ? (On laisse le lecteur trouver la réponseNon, pas 15 jours…). 2. Trois personnes vont au restaurant et qui commandent chacun un repas coûtant 10 €. Ayant fini, ils payent chacun le patron. Ils bavardent sympathiquement avec lui, du coup il leur rend 5 €. Ils prennent un euro chacun – il en reste donc deux. Mais si on fait le compte : ils ont payé chacun 10 – 1 = 9 €. 3 x 9 € = 27 €, et si on rajoute les 2 € restant, cela fait 29 € et non 30… où a disparu cet euro ? (Non, ce n’est pas la TVA qui serait allée aux impôts).

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