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29 septembre 2007

Déception amoureuse

Classé dans : Musique — Miklos @ 22:13

Il arrive qu’on aille voir un spectacle pour des raisons impérieuses mais finalement secondaires : c’est ce qui m’avait fait prendre des places pour Eros y muerte, le tour de chant d’Angélique Ionatos au Théâtre de la Ville qui se terminait hier. Je l’avais découverte dans son spectacle Alas pa’ volar, en 2003 à ce Théâtre de la Ville que j’aime tant : chanteuse d’origine grecque, de ce pays qui a donné deux Marias – Callas et Farandouri –, grandes voix intenses et boule­ver­santes, chacune dans son genre ; hommage à la vie et à l’œuvre de Frida Kahlo, artiste à la vie et à l’œuvre passion­nantes ; et surtout, mise en scène par le très génial et extraordinaire Omar Porras, celui « dont chaque spectacle est une découverte exultante et jubilatoire ». Mais le chant, la voix ? J’en avais été bien moins marqué.

Hier, il n’y avait quasiment plus de prétexte. Sitôt assis, on perçoit le bourdonnement lancinant de la régie, dont les parois vitrées, destinées à isoler du bruit, sont grandes ouvertes sur la salle. Dès que les musiciens (bandonéon, violon et contrebasse) se mettent à jouer, on constate que le son est amplifié à un volume destiné à un espace bien plus grand que la petite salle du Théâtre des Abbesses, tout en étant aplati, tronqué ; on comprendra plus tard que ce triste artifice était sans doute nécessité par le manque d’ampleur vocale de la chanteuse. Son entrée dramatique en scène, mince figure au visage de tragédienne méditerranéenne – cheveux bouclés plus noirs que naturel, visage coupé à la serpe – et drapée d’une belle robe d’un rouge sanglant, ne manque pas d’effet, mais tourne très vite à un maniérisme minaudant, gênant. L’interprétation est très inégale : les chansons grecques sont émouvantes, la voix bien placée, le style, le rythme et l’émotion authentiques, tandis que celles en espagnol sont artificielles à tous égards : inexactes et faibles dans le registre élevé, interprétées sans l’articulation énergique et la dynamique auxquels on s’attendrait, manquant du sentiment que les textes exigeaient. Et il n’y avait pas d’Omar Porras pour sauver le spectacle.

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2 commentaires »

  1. y’a qu’à aller écouter Betty Reicher, moins d’apparat, moins d’appareil, plus de naturel moins de déception (peut-être)

    Commentaire par betty — 3 octobre 2007 @ 23:20

  2. Je confirme.

    Commentaire par Miklos — 4 octobre 2007 @ 5:52

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