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18 septembre 2012

La raison de ma colère, ou, Read The Smaller Print!

Classé dans : Cuisine, Langue, Nature, Santé, Sciences, techniques, Économie — Miklos @ 23:50

Ce jus de raisin, importé d’Israël (détail qui a son importance), est vraiment bon, mais jusqu’à quand ?

On est en droit de se le demander : la mention en français indique « à consommer de préférence avant le 28 Février 2015 », tandis que la mention en hébreu en bas à droite, probablement imprimée lors de la mise en bouteille et donc plus réaliste qu’une série d’étiquettes destinées à l’exportation, indique une date de péremption (les lettres ת.א., à lire de droite à gauche, signifient en hébreu « date ultime ») bien plus rapprochée, le 5.2.14. Qu’on se rassure, on aura fini la bouteille avant, mais heureusement qu’on n’en pas fait de réserves.

À ce propos, on citera le Traité de chimie de Jöns Jakob Berzelius qui nous apprenait en 1838 que :

Gay-Lussac a fait voir que si l’on exprime du raisin dans une atmosphère qui ne contient pas la plus petite quantité d’oxygène, le jus ne commence à fermenter que lorsqu’on introduit de l’oxygène dans le gaz. Gay-Lussac broya et exprima du raisin sous une cloche remplie de gaz hydrogène ; le jus se conserva pendant un mois, tandis que le jus de la même espèce de raisin, exprimé à l’air et conservé dans une autre cloche placée à côté de la première, commença à fermenter comme à l’ordinaire. Lorsqu’il eut introduit sous la cloche remplie de gaz hydrogène une petite quantité d’air atmosphérique, le jus de raisin commença également à fermenter. La quantité d’oxygène nécessaire pour déterminer la fermentation est très petite, et dès que la fermentation est établie, elle continue sans le concours de l’oxygène. On conçoit, d’après cela, pourquoi du jus de raisin, exprimé à l’air, fermente dans des vases qui ne contiennent point d’oxygène.

D’aucuns préfèreraient sans doute attendre, comme on l’apprend dès 1756 dans La Cacomonade, Histoire politique et morale traduite de l’allemand du Doctor Pangloss, par le docteur lui-même, depuis son retour de Constantinople :

On en trouve qui s’enivrent avec du jus de raisin, ou de pomme, ou d’orge, aigri par la fermentation ; d’autres qui s’empoisonnent délicieusement avec ce même jus distillé par le feu ; d’autres qui se réjouissent avec de la salive de vieille femme infusée dans du suc de maïs ; d’autres qui mettent dans leur nez une poudre brune et malsaine ; d’autres qui mâchent de la chaux avec des feuilles d’arbres ; d’autres qui fouettent ou égorgent leurs voisins ; d’autres qui se laissent fouetter ou égorger, et tout cela est à moi.

À chacun son plaisir. Moi, ce jus, tel qu’il est, il me plait.

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Un commentaire »

  1. Voici ce que le producteur a répondu – en moins de 12 heures – au courrier que nous lui avions adressé :

    In different places there are different standards. The hebrew is two years from bottling as the custom in Israel. The french is three years from bottling. Anyway, thanks for pointing it out. There shouldn’t be two contradictory dates on the label.

    Elchanan Shor
    Arza Winery

    Comme quoi, le jus de raisin se conserverait plus longtemps en France qu’en Israël, ou est-ce que le fait qu’il puisse fermenter n’a aucune importance – voire soit apprécié – dans le pays du vin ?

    Commentaire par Miklos — 20 septembre 2012 @ 14:36

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