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7 août 2009

Cacophonie après le bruit

Classé dans : Actualité, Économie — Miklos @ 10:39

On aurait pu s’attendre à une réaction concertée des puissances publiques, après les dernières annonces concernant les rémunérations phénoménales que les banques, récemment secourues par lesdites puissances de leurs pays respectifs, promettent d’accorder, non pas à leurs clients (ne rêvons pas) mais à leurs opérateurs.

Voici ce qu’on pouvait lire ce matin dans une seule et même dépêche de Reuters :

· Christine Lagarde a indiqué qu’il n’était « pas question de donner des ordres aux banques ».

· Le Premier ministre français, François Fillon, a demandé jeudi aux banques de respecter leurs engagements.

· Le président de la Banque centrale européenne, Jean-Claude Trichet, avait demandé aux établissements bancaires de respecter les règles internationales en matière de rémunérations.

Tout ça semble incohérent : soit il y a des règles internationales (dixit Trichet), donc il n’était pas nécessaire d’y rajouter des engagements (Fillon), et on était en droit de donner aux banques l’ordre de s’y conformer. Si, par contre, il n’y a pas de règles (malgré ce qu’affirme Trichet), mais les banques ont signé des engagements (que Fillon leur rappelle), là aussi on est en mesure de leur donner l’ordre de s’y conformer.

Mais si finalement c’est Lagarde qui a raison, et que les « règles » de Trichet et les « engagements » de Fillon n’ont rien de formel ni d’obligatoire, que ce ne sont que des déclarations de (bonnes) intentions, on ne peut rien intimer aux banques ni a fortiori les sanctionner ; elles n’ont donc aucune raison de changer leur modus operandi. Ce n’est pas que la finance qui est dans un drôle d’état, c’est l’État aussi…

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2 commentaires »

  1. Des règles non normatives ont été édictées pour les banques ayant fait l’objet de mesures de soutien de la part des pouvoirs publics. Les banques concernées se sont engagées à les respecter. Pour ne pas avoir à respecter trop longtemps leurs engagements, et permettre à leurs dirigeants de continuer à s’en mettre plein les poches, les banques ont souhaité rembourser les Etats par anticipation. Elles sont donc désormais à la merci du prochain coup de bambou qui ne tardera pas. Bercy soutient els banques, comme d’habitude, et Lagarde, plus américaine que française, n’a aucun sens politique. CQFD

    Commentaire par francois75002 — 7 août 2009 @ 21:06

  2. « Règles non normatives » me semble être un oxymore, ou « voeu pieu » ou « mots en l’air ». Non ?

    Commentaire par Miklos — 7 août 2009 @ 21:16

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