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1 novembre 2013

Trop, c’est trop

Classé dans : Littérature, Progrès, Société — Miklos @ 17:06


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Les nouvelles technologies actuelles de la communication encouragent le picorage, la dispersion, le feuilletage, le multitâche, la brièveté : les hommes parmi nous pourraient envier Shiva aux quatre bras et les femmes la Déesse de la miséricorde aux mille bras (il est vrai que la gent féminine en a toujours eu plein les bras) quand on voit à quoi en est réduit ce couple dont le célèbre et sérieux Weekly World News nous parlait le 22 août 2005. Mais ce sont plusieurs têtes qu’il nous faudrait aussi avoir pour éviter de ne pas savoir ou en donner, sans pour autant ressembler à l’Hydre de Lerne, ou mieux, la capacité à se démultiplier à l’instar de l’héroïne d’une jolie nouvelle éponyme de Marcel Aymé :

«Il y avait à Montmartre, dans la rue de l’Abreuvoir, une jeune femme prénommée Sabine, qui possédait le don d’ubiquité. Elle pouvait à son gré se multiplier et se trouver en même temps, de corps et d’esprit, en autant de lieux qu’il lui plaisait souhaiter. Comme elle était mariée et qu’un don si rare n’eût pas manqué d’inquiéter son mari, elle s’était gardée de lui en faire la révélation et ne l’utilisait guère que dans son appartement, aux heures où elle y était seule. »

Ce don lui avait permis de démentir aisément l’adage « Qui trop embrasse mal étreint » en dépassant les quatre murs de son appartement sans que son mari ne s’en aperçoive et en embrassant de tout son saoul, mais ça ne s’était pas bien terminé, comme vous pourrez le constater à la (re)lecture de ce texte que l’on trouve dans le recueil Le Passe-Muraille. Toutes les nouvelles en valent la peine, croyez-moi.

Il faut toutefois éviter de tomber dans l’excès inverse, sous peine de devenir à l’image de la Comtesse de B… fait par elle-même dans ce Recueil de pièces galantes en prose et en vers de Madame la Comtesse de la Suze et de Monsieur Pélisson (1741), voyez donc :

«J’ai de la paresse, et suis fort glorieuse, et ces défauts m’en donnent d’autres ; car ils me font être peu flatteuse et recherchante, et de peur d’en faire trop, souvent je manque d’en faire assez. »

Rabattons-nous alors sur un autre adage qui nous vient de la Dixième philippique de Cicéron : « Nec nimium, nec parum », ni trop, ni trop peu.

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