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26 février 2005

Journée musicale

Classé dans : Musique — Miklos @ 17:35

Ligeti Lux aeterna – Un portrait (Sony, 2004)
Ce double CD comprend onze œuvres de ce grand compositeur hongrois dont j’avais parlé précédemment. Parmi celles-ci, Lux aeterna pour chœur à seize voix mixtes a capella (avec le London Sinfonietta Voices dirigé par Terrt Edwards) ou le Ricercare – Omagigio a Friscobaldi pour orgue (avec Zsigmond Zimmermann au clavier) illustrent son usage d’une micropolyphonie si dense qu’elle produit des masses sonores – non, ce n’est pas du bruit, bien au contraire -, nuages chatoyants qui enveloppent l’auditeur dans une atmosphère musicale complexe et riche. Son inspiration remonte aussi à l’art de la polyphonie du xive s. sans pour autant tomber dans une imitation relativement pauvre du passé, comme le font quelques compositeurs estonniens notables. Un autre pan de la musique contemporaine avec son langage si particulier et attachant, comme le personnage lui-même, d’ailleurs (je rappelle l’existence du très beau film de Michel Follin, où il parle en français de sa vie et de son œuvre, accompagné d’extraits musicaux).

Britten War Requiem (BBC Legends)
Ce CD nous donne l’enregistrement historique (du 6 avril 1969) de ce chef-d’œuvre commandé pour célébrer la consécration de la nouvelle cathédrale de Coventry (l’édifice médiéval d’origine ayant été pratiquement rasé par les bombardements massifs de la Seconde Guerre mondiale). Britten avait composé ce monument pacifiste à l’intention du baryton allemand Dietrich Fischer-Dieskau, de la soprano russe Galina Vishnevskaya et du tenor britannique Peter Pears. Vishnevskaya n’était pas disponible pour la création, mais il existe un enregistrement avec elle (je n’aime pas son vibrato, technique russe qui donne souvent le mal de mer par son ampleur). Ici, c’est le New Philharmonia Orchestra, dirigé par Carlo Maria Giulini, avec la soprano Stefania Woytowicz, le tenor (et compagnon du compositeur) Peter Pears, le baryton Hans Wilbrink, l’Ensemble Melos (dirigé par Britten) et le chœur d’enfants de la Wandsworth School. Splendide et poignant – rien que le Lacrimosa mérite l’écoute. Le remasterering est excellent, et les notes qui accompagne ce disques sont fort bien écrites (en français également).

Mendelssohn Trois motets pour chœur de femme et orgue, op. 39 (Brilliant Classics)
Le dernier des dix disques de l’intégrale de la musique pour chœur de Mendelssohn, interprétée par le chœur de chambre de l’Europe sous la direction de Nicol Matt. La musique chorale allemande – particulièrement celle de Mendelssohn, mais aussi de ses contemporains – me transporte particulièrement. Ce disque n’a pas manqué son effet, même si ce ne sont pas les plus grandes œuvres du compositeur. Celles-ci ont été insipirées par le voyage qu’avait effectué Mendelssohn en Italie, où il avait été enchanté par le son de chœurs (invisibles) de religieuses au monastère de S. Trinità de’ Monti. Ce coffret se vendait pour 12 €…

Beethoven Concerto pour piano n° 5, Mozart Concerto pour piano n° 26 (BBC Legends)
Cet autre disque de la BBC réunit cette fois Clifford Curzon au piano, l’orchestre symphonique de la BCC et… Pierre Boulez, enregistrés en 1971 et 1974. Une trace de plus, s’il en fallait, que l’enfant terrible de la musique contemporaine savait (et sait toujours) diriger fort bien le grand répertoire classique (même si je le trouve trop respectueux chez Mozart), avec clarté, il est vrai, mais aussi avec sensibilité. Comme le disent les notes qui accompagnent le disque: « Quant à Boulez, ses tentatives pour redéfinir la nature même de la musique ne traduisent pas dans ses œuvres un rejet du passé, mais bien au contraire la volonté d’en pénétrer l’essence. Pour composer la musique d’aujourd’hui, il avait besoin de diriger celle d’hier ; ses interprétations représentent toujours les efforts d’un compositeur moderne pour comprendre ce que les compositeurs du passé essayaient vraiment de faire, dans un sens non point musicologique mais musical. » Ceci se reflète d’ailleurs le plus clairement dans Répons de Boulez, œuvre inspirée par Joyce mais construite selon les principes responsoriaux de la musique médiévale.

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  1. Vous ne seriez pas un auditeur de Mezzo?

    Commentaire par noctis — 26 février 2005 @ 17:47

  2. J’avoue (sans honte), je le suis (je l’avais indiqué dans la version précédente de mon profil), mais là je parle de ma collection de disques… Quant à Mezzo, je la capte via Free, et c’est rageant que ce fournisseur ne soit pas capable de fournir image et son fluides, sans hoquets et interruptions. Pour un match de foot (mais il n’y en a pas sur Mezzo) va encore, mais pour la musique ?

    Commentaire par miklos — 26 février 2005 @ 17:50

  3. Moi, je la capte via TPS et donc la qualité est meilleure.
    Et il n’y a pas de quoi en avoir honte, je suis moi même une fana de cette chaîne.
    Ceci dit, même pour un match de foot les hoquets sont malvenus surtout au moment du but!!!!!!!!!!

    Commentaire par noctis — 26 février 2005 @ 17:56

  4. Dans un match de foot télédiffusé, quand il y a un but, les caméras le répètent à l’envi. Ce serait cocasse de faire la même chose pour un concert de musique classique (et qu’est-ce qu’un but, dans ce cas ? Le coda ?).

    J’écoute aussi Radio Classique, une station FM qui diffuse de la musique dans des enregistrements en général superbes (je parle de la qualité musicale) et sans blabla, qui permet aussi de gagner des places gratuites à des spectacles ou à des expositions (j’ai dû en gagner plus d’une demi-douzaine) rien qu’en leur envoyant un mail au bon moment…

    Commentaire par miklos — 26 février 2005 @ 18:01

  5. La rediffusion ne vaut jamais l’action directe. Lorsque l’action est répétée, on sait déjà qu’il y a eu un but.
    Oui je connais Radio Classique. Mais j’avoue écouter moins la musique sur la radio (je préfère les chaînes d’information). Et puis, je suis bien heureuse de ne pas l’écouter. Ne pas pouvoir prétendre au places gratuites, c’est trop rageant! ;-P

    Commentaire par noctis — 26 février 2005 @ 18:07

  6. La radio, ici (en France) et ailleurs m’a permis de découvrir des chefs-d’oeuvre, que j’ai après réécoutés soit en disque soit en concert (par exemple: Huits chants pour un roi fou, de Peter Maxwell Davies). J’ai même découvert le plus grand opéra du XXe s. (http://...), "Le chateau du duc Barbe Bleue" de Bartok à la télévision (j’en avais parlé dans un article maintenant effacé). Ce film splendide (réalisé pour la télévision) en faisait ressortir l’aspect psychanalytique (il se tient partiellement près d’un lac souterrain). Oeuvre très courte, elle est d’une intensité exceptionnelle.

    Commentaire par miklos — 26 février 2005 @ 18:12

  7. Je n’ai pas eu le plaisir de voir le film.
    Mais cela fera partie de ma liste de choses à faire

    Commentaire par - — 26 février 2005 @ 18:18

  8. J’ai Mezzo par le cable, et ce soir Britten : Death in Venice.

    C’a doit être effectivement rageant pour toi de ne pas avoir son et image fluides…

    Pas-glob pas-glob, ça, pas du tout…

    Commentaire par petrouchka — 26 février 2005 @ 20:55

  9. Un détail, au fait : la soprano russe Galina Vishnevskaya n’avait à l’époque pas été autorisée par son gouvernement à sortir d’URSS, officiellement parce qu’il y avait le baryton Dietrich Fischer-Dieskau dont le tort était d’être allemand.

    Commentaire par petrouchka — 26 février 2005 @ 20:59

  10. Je capte aussi la diffusion de Mezzo, merdique comme d’habitude sur Free: son flagottant. C’est rageant. Quand c’est trop fréquent, je coupe, c’est une honte pour la musique (j’avais d’ailleurs écrit à ce propos au PDG de Mezzo, mais ils doivent s’en foutre).

    J’ai en mains le coffret de 2 cd du "Rape of Lucretia" de Britten, acheté pour une bouchée de pain chez Abeille musique lors de leurs soldes que j’avais annoncées ici, avec Kathleen Ferrier et Peter Pears, sous la direction de Reginald Goodall. Ce coffret unclut aussi des extraits de Billy Budd, avec Peter Pears et sous la direction de Britten. J’ai hate de l’écouter.

    Commentaire par miklos — 26 février 2005 @ 21:56

  11. J’avais lu ta notule et je n’avais pas fait le rapprochement pourtant avec Serkin.. oui décidemment le monde est petit.

    Commentaire par zopiros59 — 28 février 2005 @ 23:18

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