Miklos
« Je donne mon avis non comme bon mais comme mien. » — Michel de Montaigne

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21 février 2019

Pas si simple, le passé simple, ou, Parfait usage de l’imparfait (du subjonctif)

Classé dans : Langue, Littérature — Miklos @ 1:25


Une recette pour faire la cour, 21.12.1805.
Cliquer pour agradir.

Le délicieux poème qu’on va lire circule dans les journaux et les magazines depuis la fin du XIXe siècle. Attribué en général à Alphonse Allais, un contributeur de l’Intermédiaire des chercheurs et curieux du 10/2/1898 indique l’avoir entendu chanter par Paul Bonjour en 1849, quelques années avant la naissance d’Alphonse Allais, et donne son titre comme Les Confessions d’un gram­mai­rien. Ailleurs, on trouve plutôt Déclaration d’amour d’un gram­mai­rien à Mlle M. M…

    Oui, dès l’instant que je vous vis
Beauté farouche vous me plûtes.
    De l’amour qu’en vos yeux je pris
Sur le champ vous vous aperçutes !
    Mais de quel air froid vous reçutes
Tous les soins que je vous rendis !
    Combien de soupirs je perdis !
De quelle cruauté vous fûtes !
    Et quel profond dédain vous eûtes
Pour les vœux que je vous offris !
    En vain je priai, je gémis,
Dans votre dureté vous sûtes
    Mépriser tout ce que je fis,
Même un jour je vous écrivis
    Un billet tendre que vous lûtes,
Et je ne sais comment vous pûtes
    Voir de sang froid ce que j’y mis.
Ah ! fallait-il que je vous visse
    Fallait-il que vous me plussiez
Qu’ingénument je vous le disse,
    Qu’avec orgueil vous vous tussiez !
Fallait-il que je vous suivisse
    Pour que vous me condamnassiez,
Et qu’à vos genoux je me misse
    Pour que de mes pleurs vous rissiez !
Et qu’à vos pieds je soupirasse
    Pour que vous me repoussassiez !
Fallait-il que je vous aimasse,
    Que vous me désespérassiez,
Et qu’en vain je m’opiniâtrasse,
    Qu’à vos pieds je me prosternasse
Et que je vous idolâtrasse
    Pour que vous m’assassinassiez !

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14 février 2019

Pilules de l’amour ou pilules de la mort ?

Classé dans : Actualité, Langue, Médias — Miklos @ 11:44


Pilules pour la potence.

Un multiple (quatre exemplaires) spam reçu ce jour s’intitule : « Votre choix naturel. Les meilleures pilules pour la potence! ». D’évidence, il ne peut que s’agir d’un calmant avant une exécution capitale, comme on peut le voir ci-dessus.

Par pure curiosité, on en a tout de même vérifié le contenu (des courriels, voyons !, pas des pilules). Il s’avère alors que ces pilules sont plutôt destinées En contrant l’impotence, d’où cette amusante confusion. En français, « potence » n’est pas l’antonyme d’« impotence »…à faciliter la petite mort (non, il ne s’agit pas ici de la Web-série éponyme).

On se dit que l’auteur de ce spam (en provenance de Russie) aurait sans doute préféré qu’on remplaçat la potence dans l’illustration par… heu… non, arrêtons là, Facebook censurerait le résultat, même s’il n’est que purement médical.

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11 février 2019

Monsieur Sfar, il n’est pas nécessaire de porter un gilet jaune pour faire preuve d’antisémitisme

Classé dans : Actualité, Politique, Société, antisémitisme, racisme — Miklos @ 14:49

Les tombes profanées du cimetière juif de Cronenbourg, près de Strasbourg,
le 27 janvier 2010. (Source)

On ne peut manquer de remarquer la croissante radicalisation du « mouvement » (pour autant qu’on puisse le qualifier ainsi) des gilets jaunes avec son essoufflement : nationalisme, putschisme, racisme et antisémitisme, complotisme… Avec l’éloignement graduel des modérés, ce sont les extrêmes qui perdurent, voire se renforcent, tendance trop souvent accompagnés du silence des autres.

Ainsi, Le Monde titrait le 24 décembre : Les dérapages antisémites et violents de certains « gilets jaunes » jettent le trouble, puis le 19 janvier : Les « gilets jaunes », nouveau terrain d’influence de la nébuleuse complotiste et antisémite. De son côté, dans un article publié aujourd’hui, France TV Info fait part d’une étude réalisée par l’Ifop pour la fondation Jean-Jaurès et l’observatoire Conspiracy Watch selon laquelle le complotisme y est bien plus élevé que chez la moyenne des Français.

Mais de là faut-il attribuer tout acte extrême à ces gilets jaunes, comme Joann Sfar l’a fait trop rapidement – c’est-à-dire avant qu’il n’y ait aucune preuve – à la suite du taggage de la vitrine d’un Bagelstein parisien du mot « Juden » ? Libération a rapidement indiqué que « rien ne permet pour l’heure, donc, d’attribuer ce tag antisémite à un ou plusieurs gilets jaunes ».

Mais Sfar revient à la charge dans sa page Facebook, en affirmant dans une longue diatribe (assez décousue) : « Je ne crois pas qu’un tel tag aurait été possible en France avant le mois de Novembre ».

C’est vraiment le comble ! Est-il croyable qu’une personne de son éducation ignore à tel point non seulement la longue présence de relents antisémites (en l’occurrence) en France, mais en particulier de récents événements qui ont fait la Une des médias sérieux (et qui sans doute ne l’ont pas ému à ce point), à l’instar de la profanation de tombes au cimetière juif de Cronenbourg, près de Strasbourg, le 27 janvier 2010, avec – entre autres – l’inscription JUDEN RAUS, ce tag que Sfar pensait impossible avant novembre ? On trouvera dans L’Express du 16 février 2015 une bien triste liste de profanations de cimetières juifs remontant à 1988. Enfin, comme l’indiquait Sud Ouest récemment, « Entre janvier et septembre, les actes antisémites ont augmenté de 69 %», donc avant le début du mouvement des gilets jaunes.

Ce n’est pas parce qu’il y a des manifestations du genre quenelle et salut nazi chez certains gilets jaunes que toutes ces manifestations, actuelles et passées, sont de leur fait. Les en accuser ainsi avant qu’il y en ait une preuve, c’est ignorer les bas-fonds constants de notre société – depuis l’étoile jaune que ma mère a dû porter et le « Sale juif » que je me suis récolté enfant à l’école communale dans un beau quartier de Paris –, et s’apparente aussi à une sorte de complotisme… Attendons sans hystérie l’identification du, ou des, auteurs de ce sale coup.

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5 février 2019

Life in Hell : Le BHV m’a achevé

Classé dans : Actualité — Miklos @ 15:07

Il y a un pépin, se dit Akbar au moment de sortir de chez lui à l’aube. Ou plutôt, il n’y en a plus, puisqu’il ne retrouve pas le sien. Il le cherche partout (et ailleurs aussi), mais nada. Il appelle Jeff, il appelle Colomba : non, rien de rien, il ne l’a pas oublié ni chez l’un ni chez l’autre. Il se résout à partir sans, en espérant que la météo sera clémente. Dommage, ce petit abri portatif pliable, dénommé X-Tra Solide et garanti ultra résistant, avait tenu sa promesse en faisant vaillamment front aux violentes bourrasques de plus en plus fréquentes, contrairement à ses prédécesseurs qui tournaient casaque dès que la brise fut venue.

Ayant fini sa course, Akbar passe au BHV s’acheter son successeur, vite trouvé ; un peu cher, mais sa qualité le justifie.

Il en profite pour passer au rayon gourmandises souvent si bien achalandé qu’il ne peut résister à la tentation (il n’y a pas de mal à se faire un peu de bien, se dit-il in peto), ce qui est aussi le cas cette fois-ci.

D’abord des retrouvailles : deux plaques de chocolat Bonnat noir fondant au café, délice qu’il avait découvert à sa précédente visite (Bonnat il connaissait déjà, et appréciait surtout ses deux ou trois variétés de chocolats 75 % du Venezuela, mais avec les deux variétés de présidents actuels, il se dit qu’il faudrait peut-être surseoir).

Ensuite, une découverte : Gouttes pour chocolat chaud et cuisine noir 100 % cacao, de Bonnat itou. La confiance quasi aveugle qu’il a dorénavant en cette maison, confortée par le récent reportage de France 2 (où il apprend avec joie qu’ils ont ouvert une succursale à Paris), ne le fait pas hésiter un instant.

Autres retrouvailles : deux sachets de tarallini à l’huile d’olive. Découvertes par hasard il y a un bon moment, il n’en avait plus trouvé à ses récents passages, et pour cause : la vendeuse qu’il interroge lui montre où ils avaient été déplacés.

Et enfin, un pot de confiture bourguignonne d’oranges amères pur fruit pur sucre (de canne non raffiné) cuits au chaudron en cuivre, portant le doux nom de La Trinquelinette. Akbar avait l’habitude de se fournir de ce type de préparation en provenance d’Angleterre, mais – Brexit à l’horizon ? – son fournisseur habituel n’en avait pas.

Il ne reste plus qu’à passer à la caisse. Après avoir réglé, Akbar jette un œil sur le reçu de caisse (qui mesure tout de même 33 cm de long, bien qu’ils n’y figurent que quatre articles différents), et constate que le prix affiché pour le pépin est différent de celui qu’il avait aperçu en le décrochant du présentoir. Du coup (comme dirait Huascar), il vérifie l’étiquette et constate : 50 centimes de moins sur cette dernière que ce qu’il a déboursé. Il revient vers la caissière. L’erreur n’est pas de son fait, elle n’avait fait que scanner le code à barres… Après un échange téléphonique où elle doit fournir les longs numéros d’article, de ticket et de caisse, elle rembourse Akbar en espèces et lui donne quelques tickets de caisse supplémentaires.

Sa curiosité piquée, il vérifie les trois autres articles ; pour cela, il doit retourner au rayon, aucun d’eux ne portant de prix. Sapristi !, s’écrie Akbar in peto, j’ai payé le pot de confiture 2 Euros de plus que le prix affiché sur l’étagère… Il s’adresse à une vendeuse qui, confirmant l’erreur, lui produit trois tickets qu’il va présenter à la caissière – ce n’est que la troisième fois qu’il s’y rend. Il lui suggère de le rembourser d’un coup pour la somme totale qu’il a payée au lieu de le faire petit à petit, mais il n’arrive pas à la convaincre. Après quelques manipulations, elle reverse les 2 Euros sur sa carte de crédit, la somme étant trop importante pour être rendue en espèces, et lui donne trois autres longs tickets. Il en fera l’inventaire une fois rentré : il y en a sept. Avant de partir, il lance un gentil « À la prochaine ! » à la caissière.

La morale de cette histoire, la rirette, la ri-re-e-tte, se dit Akbar en chantonnant, c’est qu’il ne faut pas avoir les yeux dans sa poche, ni faire aveuglément confiance aux caisses électroniques, alors qu’il y a tant d’alternatives (à commencer par sa propre tête).

Jeff et Akbar sont les personnages d’une série de bandes dessinées de Matt Groening, qui est aussi le père de la fameuse – et infâme – famille Simpson.

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14 janvier 2019

Trafalgar Square, London

Classé dans : Architecture, Photographie — Miklos @ 1:11


Trafalgar Square. Click to enlarge.


Fourth Plinth’s work: The Invisible Enemy Should Not Exist, by Michael Rakowitz, recreating a deity destroyed by ISIS in Iraq, made with 10,500 empty, Iraqi date syrup cans.
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From left to right: National Gallery, St Martin-in-the-Fields church, Fourth Plinth’s work. Click to enlarge.


Inside St Martin-in-the-Fields. Click to enlarge.


Same, closeup. Click to enlarge.


A fountain and the basis of Nelson’s Column. Bronze lions by Sir Edward Landseer. Mermaid statue by Sir Charles Wheeler.
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Façade of the National Gallery. Left: Fourth Plinth’s work.
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Same, closeup. Click to enlarge.


James II, by Grinling Gibbons. 1686. Click to enlarge.


George Washington, replica of a work by Jean-Antoine Houdon. Click to enlarge.

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