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« Je donne mon avis non comme bon mais comme mien. » — Michel de Montaigne

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21 août 2019

« Tartempion, c’est vous et moi »

Classé dans : Histoire, Médias, Peinture, dessin, Politique — Miklos @ 23:04

Bosredon : Le vote ou le fusil. 1848. BnF.
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Tartempion

«Tartempion est frappé d’excommunication majeure. Il est à jamais exclu du temple de la République fermée. Quel attentat a-t-il donc commis pour mériter un châtiment si grave ? De quel forfait s’est-il donc rendu coupable, ce malheureux Tartempion ?

Vous demandez son crime ? Nous allons vous le taire connaître. Tartempion a tait un programme. Mais ne sommes nous pas en pleine période électorale, et un programme, si avancé qu’il puisse être, n’est il pas, après tout, un fruit naturel de la saison ! Oui, votre argument serait sans réplique, si Tartempion avait pris ses grades, si Tartempion portait un nom célèbre, si Tartempion était arrivé. Mais Tartempion, Tartempion tout court, qui donc connaît Tartempion t Lui un homme obscur, un intrus, se permet d’entrer dans l’église et pousse l’audace jusqu’à vouloir chanter au banc des chanoines, sans avoir été pourvu d’un canonicat.

Car c’est sous ce vocable ridicule de Tartempion que messieurs les docteurs du radicalisme doctrinaire affublent les malheureux électeurs coupables de demander des comptes à leurs mandataires. Quoi ! Tartempion se permet cela ; lui, un homme de rien, le premier venu, un ouvrier ! De quoi se mêle-t-il, je vous le demande ? Et là-dessus, messieurs les roués haussent les épaules et exécutent une pirouette galante !

Donc que Tartempion soit maudit ! Qu’il soit frappé d’anathème par le cotlège des grands prêtres, qu’il soit chassé par le bedeau, qu’il soit à jamais exclu de la communion des fidèles; et s’il essaye de franchir de nouveau le seuil du temple, qu’il soit condamné à être foulé aux pieds des éléphants sacrés qui portent sur leur dos robuste la tour d’ivoire où sont enfermées les doctrines de la pure démocratie.

Malheureux Tartempion, il ne te reste plus qu’à te couvrir la tête de cendres et a respecter la consigne Tu sauras, à l’avenir, ce qu’il en coûte de parler au public sans l’autorisation des grands lamas et de signer un manifeste d’un nom inconnu.

Mais nous sommes d’autant plus à l’aise pour parler du programme socialiste que nous n’avons cessé de combattre les doctrines de Tartempion. Nous croyons que ses réformes budgétaires, brutalement appliquées, ruineraient tout le monde sans enrichir personne que ses projets sur la suppression de l’armée seraient désastreux pour l’existence de la patrie, et qu’enfin c’est seulement dans les maisons centrales que ses idées sur le système pénitentiaire ont quelque chance d’être accueillies avec acclamation.

Mais enfin, de ce que les idées de Tartempion méritent, à notre avis, d’être combattues, est-ce une raison pour que nous ayons le droit de traiter avec dédain, non-seulement le programme, mais encore la personne de Tartempion ?

Est-ce que nous ne sommes pas en pleine période électorale ? Est-ce que Tartempion n’est pas électeur et éligible ? Est-ce qu’il ne jouit pas de tous ses droits de citoyen ? Dès lors, s’il lui plaît de publier sa pensée, de faire connaître ses plans de réforme économique et sociale, d’appeler l’attention de ses coreligionnaires politiques sur tel ou tel abus qu’il propose de redresser à sa manière, sur tel ou tel problème dont il croit avoir découvert la solution ; s’il prononce des discours, s’il fait placarder des affiches, Tartempion use de son droit et il n’est permis à personne de railler la conduite de Tartempion. Tartempion a donné sa voix à un candidat et il a même contribué quelque peu à le faire nommer député. Il veut demander des comptes à son mandataire, il veut savoir où en est l’exécution d’un contrat auquel il a été partie. Prétention excessive, exorbitante et les parlementaires satisfaits ne peuvent trouver assez d’anathèmes pour flétrir l’outrecuidance de l’infortuné Tartempion.

Tartempion, c’est vous et moi, c’est le simple électeur, qui a son rôle à remplir et ses droits à exercer dans toute société libre, démocratique et égalitaire.Tartempion,c’est le citoyen militant qui a la légitime prétention d’avoir ses doctrines à lui et de donner son suffrage en connaissance de cause. À la vérité, il se trompe parfois dans le choix de ses protégés, et il a éprouvé plus d’une déception dans le cours de sa carrière, mais il reste incorrigible dans son goût pour la politique, et il ne peut admettre que la démocratie devienne le patrimoine d’un petit nombre de privilégiés.

Tartempion existe aux États-Unis et là il n’est gêné par aucun souvenir de l’ancienne étiquette. Il va trouver le président de la République qui, même après avoir été appelé à la première fonction de l’État, ne se croit nullement obligé pour cela de prendre les talons rouges de l’ancien régime, ne fait aucune difficulté à recevoir la visite de Tartempion et à discuter au besoin le programme de Tartempion.

Un chroniqueur raconta jadis qu’une duchesse de Devon­shire déclara une fois qu’elle don­ne­rait un baiser à quiconque voterait pour le duc. Un jour qu’elle cherchait à décider son boucher à donner sa voix au duc, il déclara qu’il ne voterait qu’à la condition que la duchesse lui donnerait un baiser en échange. Elle consentit et le boucher devint fameux dans toute la contrée. Le chroniqueur ne nous dit pas d’ailleurs si le duc fut élu. Le Journal amusant, 7 juin 1919Bien qu’en Angleterre il ait ses coudées un peu moins franches, Tartempion joue son rôle dans les élections du Royaume-Uni. C’est même à ce dernier pays qu’il doit son origine. Le boucher de Londres qui, moyennant un baiser, vota pour le candidat de la duchesse de Devonshire, fut l’ancêtre commun de tous les Tartempions de l’Europe et du Nouveau-Monde.

Ô malheureux Tartempion de France, dans ce pays qui se pique d’être égalitaire par excellence,» toi qui es si dédaigneusement repoussé par les talons rouges de la démocratie arrivée, comme tu dois envier le sort de tes pareils d’Angleterre et des États-Unis !

ANDRÉ LORMIER
Le Petit Parisien, 30 septembre 1877

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8 juillet 2019

Au cinéma

Classé dans : Cinéma, vidéo — Miklos @ 20:00


❤️❤️❤️ : à ne pas manquer ! ❤️❤️ : à voir. Le reste : …

[08/07/2019] Stanley Kubrick : Docteur Folamour ou : comment j’ai appris à ne plus m’en faire et à aimer la bombe (Dr. Strangelove or: How I Learned to Stop Worrying and Love the Bomb). 1964. ❤️❤️❤️

[11/06/2019] Élise Otzenberger : Lune de miel. 2019. ❤️

[10/06/2019] Sydney Pollack : Amazing Grace. 2018. ❤️❤️❤️

[02/06/2019] Friedrich Wilhelm Murnau : Sunrise, The Song of Two Humans. (L’Aurore). 1927. ❤️❤️❤️

[29/05/2019] Joel & Ethan Coen : Fargo. 1996. ❤️❤️❤️

[07/05/2019] Martín Deus : Mon meilleur ami (Mi mejor amigo). 2018. ❤️

[26/04/2019] Amos Gitai : Un tramway à Jérusalem (רכבת כלה). 2018. 👎

[12/04/2019] Nadav Lapid : Synonymes (מלים נרדפות), 2019. ❤️❤️ / ❤️❤️❤️

[09/04/2019] Yolande Zauberman : M. 2019. ❤️❤️❤️

[19/03/2019] Julien Petit : Les Invisibles. 2019. ❤️❤️❤️

[28/02/2019] Blake Edwards : Diamands sur canapé (Breakfast at Tiffany’s). 1961. ❤️❤️❤️

[14/02/2019] John Huston : La nuit de l’iguane (The Night of the Iguana). 1964. ❤️❤️❤️

[08/01/2019] Mira Nair : Salaam Bombay. 1988. ❤️❤️

[13/11/2018] Nadine Labaki : Capharnaüm. 2018. ❤️❤️

[12/11/2018] Florent Vassault : Lindy Lou jurée n° 2. 2018. ❤️❤️❤️

[27/10/2018] Julien Duvivier : La Belle Équipe. 1936. ❤️❤️❤️

[12/10/2018] Emilio Belmonte : Impulso. 2018. ❤️❤️❤️

[11/10/2018] Phillipp Jedicke : Shut Up And Play The Piano. 2018. ❤️❤️

[22/09/2018] Nicolas Philibert : Retour en Normandie. 2007. ❤️❤️

[18/09/2018] Nicolas Philibert : La Ville Louvre. 1990. ❤️❤️❤️

[31/08/2018] Ridley Scott : Thelma et Louise (Thelma & Louise). 1991. ❤️❤️❤️

[28/08/2018] Camille Vidal Naquet : Sauvage. 2018. ❤️❤️

[18/08/2018] Alfred Hitchcock : Fenêtre sur cour (Rear Window). 1954. ❤️❤️

[08/08/2018] Nuri Bilge Ceylan : Le Poirier sauvage (Ahlat Agaci). 2018. ❤️❤️

[28/07/2018] Yan Gonzalez : Un Couteau dans le cœur. 2018.

[19/07/2018] Blake Edwards : La Party (The Party). 1968. ❤️❤️

[18/07/2018] Walter Salles : Central do Brasil. 1998. ❤️❤️

[06/07/2018] Benedikt Erlingsson : Woman at war. 2018. ❤️❤️

[02/07/2018] Samuel Collardey : Une année polaire. 2018. ❤️❤️

[29/06/2018] Geoffrey Reggio : Koyaanisqatsi. 1982. ❤️❤️

[15/06/2018] Alexandra Dean : Hedy Lamarr: From Extase to Wifi (Bombshell: The Hedy Lamarr Story). 2017. ❤️❤️

[29/05/2018] Iolande Cadrin-Rossignol : Hubert Reeves – la Terre vue du cœur. 2018. ❤️❤️

[26/05/2018] Chris Marker : Mémoires pour Simone. 1986. ❤️❤️

[26/05/2018] Chris Marker : Le Deuxième procès d’Arthur London – On vous parle de Prague. 1971. ❤️❤️

[23/05/2018] Stéphane Brizé : En guerre. 2018. ❤️❤️

[21/05/2018] Terry Gilliam : L’Homme qui tua Don Quichotte (The Man Who Killed Don Quixote). 2018. ❤️❤️

[17/05/2018] Christophe Honoré : Plaire, aimer et courir vite. 2018. ❤️

[11/05/2018] Christian Sonderegger : Coby. 2017. ❤️❤️

[10/04/2018] Dominique Marchais : Nul homme n’est une île. 2017. ❤️❤️

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2 juillet 2019

La publicité n’a pas d’âme et fait feu de tout bois

Classé dans : Actualité, Médias, Sciences, techniques, Société — Miklos @ 11:01

Et ce n’est pas peu dire. « C’est normal », répondra-t-on, « elle n’est mue que par l’appât du gain ». On le sait, mais ça choque tout de même.

Voici un cas d’espèce : un article du Monde concernant l’arrestation par l’Italie de la capitaine du Sea Watch 3, « navire humanitaire qui a accosté sans autorisation sur l’île de Lampedusa avec quarante migrants à son bord », est accompagné de publicités contenus spon­sorisés pour le moins déplacées.

La première (cf. ci-dessus) affiche, en regard de la photo illustrant l’arrestation de la capitaine en question, des sil­houettes élégantes de jeunes femmes promouvant la vente de ces tenues. La seconde, au bas de l’article (cf. ci contre, cliquer pour agrandir), illustrée de la photo de ces immenses et affreux pa­que­bots de croisière qui déna­turent les mers et les ports (surtout à Venise), mène en fait vers un site enregistré au Panama, et qui ne fait que lister auto­mati­quement quelques recherches concernant des croisières (cf. ci-dessous).

On peut comprendre comment une « intelligence artificielle » a choisi ces deux publicités : l’une fait écho à la silhouette de la capitaine, l’autre au fait qu’il s’agit d’un navire… Et vous appelez cela « intelligent » ? Non seulement ce type de service est mentalement déficient, il est sans âme et totalement amoral, et donc déplacé. On en aurait attendu mieux du Monde.

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3 juin 2019

How much (or little) coffee should one drink?

Classé dans : Cuisine, Santé — Miklos @ 16:15

CNBC reports a study carried out by the British Heart Foundation (BHF) according to which “Drinking 25 cups of coffee a day is still safe for the heart”.

New research from the University of South Australia reveals that “drinking six or more coffees a day can be detrimental to your health, increasing your risk of heart disease by up to 22 per cent”.

Unless both studies use a different counting scheme than linear and decimal, or unless drinking coffee upside down (in Australia) is safer than drinking it standing up (in the UK), while drinking it lying down hasn’t been studied yet, I am at a loss to figure out the logic of the science behind all this, and, more pragmatically, what I should do.

For now, I might as well stick to the research published in the European Journal of Epidemiology which states that “Moderate coffee consumption (e.g. 2–4 cups/day) was associated with reduced all-cause and cause-specific mortality, compared to no coffee consumption.”

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28 mai 2019

Un cimetière bien mal placé…

Classé dans : Géographie, Histoire, Lieux — Miklos @ 22:23

Quartier de Saint Nicolas des Champs, plan de Merian, 1615. Quartier de Saint Nicolas des Champs, plan de Merian, 1615.
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Le Plan de Paris sous Louis XIII de Mathieu Mérian (1615) est intéressant à plus d’un égard, comme le précise l’ouvrage Les Plans de Paris – Histoire d’une capitale de Pierre Pinon et Bertrand Le Boudec (2004) :

[C’est] un des derniers grands plans de Paris à vol d’oiseau, mais il est en même temps nouveau car, par le choix d’un angle de vue plus faible, il se rapproche davantage d’une vue oblique, d’un profil même, que d’un plan. […] Comment Merian est-il parvenu à cette exactitude et à ce réalisme, servis par un graphisme remarquable ? Par le format d’abord, bien supérieur à celui des plans de Münster ou de Braun. Par un levé plus précis.

Pas si précis que cela, quand on y regarde de près : ce plan situe le cimetière Saint Nicolas (dépendant de l’église voisine Saint Nicolas des Champs, en rouge dans le plan ci-dessus) entre les rues gr. S. Ladre (actuellement Grenier Saint Lazare), Trace Nonnain (ou Transnonain, actuellement Beaubourg) et Monmorency (actuellement Montmorency), alors que le quatorzième feuillet du plan dit de Turgot (dessiné par Louis Bretez entre 1735 et 1739, cf. ci-dessous) le place entre les rues de Mont-Morenci (Montmorency), Transnonain (Beaubourg) et – comme il se doit – du cimetière St Nicolas (actuelle rue Chapon). Curieusement, dans le plan de Mérian, la rue du cimetière St Nicolas y figure correctement, tandis que c’est le cimetière éponyme qui s’en est écarté.

Quartier de Saint Nicolas des Champs, plan de Turgot, 1735-1739. Quartier de Saint Nicolas des Champs, plan de Turgot, 1735-1739.
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On est en droit de se demander pourquoi ce cimetière ne jouxte pas l’église dont il dépend. On en trouve l’explication dans le Paris ancien et moderne, ou, Histoire de France divisée divisée en douze périodes appliquées aux douze arrondissements de Paris, et justifiée de Jean de Marlès (1838) :

Nous parlerons ailleurs de l’église Saint-Nicolas-des-Champs, aujourd’hui comprise dans le sixième arrondissement ; nous devons nous borner ici à faire mention de son ancien cimetière, qui se trouvait à quelque distance de l’église même. Jusqu’à l’an 1220, c’était la cour de Saint-Martin-des-Champs qui avait servi de cimetière pour Saint-Nicolas ; mais cet emplacement était étroit, malpropre, incommode ; il n’était point fermé et ne pouvait l’être ; les chevaux et d’autres animaux s’y introduisaient ; le repos des religieux était d’ailleurs troublé par les fréquents enterrements. […] Tant d’inconvénients réunis engagèrent les religieux de Saint-Martin et les prêtres de Saint-Nicolas à demander de concert à l’évêque de Paris la translation de ce cimetière ; ce que ce prélat accorda. Alors Saint-Nicolas obtint un emplacement clos de murs, situé près de la rue Chapon et appartenant aux religieux. Le curé de Saint-Nicolas et ses paroissiens s’obligèrent de leur côté à faire un chemin ou rue qui conduisît au nouveau cimetière. Cette rue, qui porte encore le nom de rue du Cimetière-Saint-Nicolas, fut ouverte immédiatement (1220). Une chapelle fut construite, suivant l’usage, dans ce cimetière sur lequel se sont élevées, depuis la révolution, plusieurs maisons particulières.

Cette erreur affecte aussi la localisation du couvent des Carmélites qui se trouvait face à l’entrée du cimetière sur la rue Transnonain, entre les rues Chapon et Courtaut Vilain (actuellement Montmorency) et qui se retrouve décalé d’une rue dans le plan de Mérian. Le Guide alphabétique des rues et monuments de Paris à l’usage des voyageurs et des parisiens de Frédéric Lock (1855) en dit ceci, à propos de la rue Chapon :

Au XIIIe siècle on la trouve sous les noms de rue Robert-Begon, ou Beguon, ou Capon ; on l’a appelée aussi du Coq. Son nom actuel parait être celui de quelque particulier. Dans cette rue était un couvert de Carmélites, établi en 1619 dans l’ancien hôtel des évêques de Châlons. Il s’étendait du n° 13 de la rue Chapon, en suivant la rue Transnonain (aujourd’hui Beaubourg), jusqu’au n° 10 de la rue Montmorency. Ce couvent, supprimé en 1790, a été démoli.

La rue Chapon, terminée autrefois rue Transnonain (Beaubourg), a été, en 1851, prolongée jusqu’à la rue St-Martin par l’adjonction de la rue du Cimetière St-Nicolas, ainsi nommée parce qu’elle conduisait au cimetière de la paroisse St-Nicolas des Champs;  elle allait de la rue Beaubourg à la rue St-Martin.

Soit dit en passant, à propos du curieux nom d’une des rues bordant ce pâté de maison, la rue Courtaut-Vilain, voici ce qu’on peut lire dans Paris, Versailles et les provinces au dix-huitième siècle de J. L. M. Dugast de Bois-Saint-Just (1817) :

M. de Mandat avait un très-bel hôtel, dont la porte d’entrée par la cour donnait sur la rue Chapon, et une autre par les jardins, sur la rue Courtaut-Vilain. Mais ayant reçu une lettre dont la suscription était : À M. de Mandat, Chapon par devant, Courtaut-Vilain par derrière, il fut si piqué de cette plaisanterie, qu’il mit tout son zèle à demander le changement de nom de ces deux rues. Il ne gagna cependant que la moitié de son procès. La rue Chapon continua de porter le même nom ; l’autre prit celui de Montmorenci, malgré l’opposition sérieuse d’un propriétaire qui, s’appelant M. Vilain, prétendait que ses ancêtres avaient donné le nom à cette rue, et était enchanté qu’on lui écrivît : A M. Vilain, hôtel Vilain, rue Courtaut-Vilain

Enfin, à propos du plan de Turgot susmentionné, voici ce que dit l’ouvrage de Pinon et Le Boudec :

Paradoxalement, le plus connu des plans de Paris est un plan à contre-courant. Devenu un indispensable outil de travail administratif, le plan géométral offre le défaut d’être moins parlant aux yeux du public que les premières vues à vol d’oiseau. Michel-Étienne Turgot, Prévôt des Marchands, saisit cet enjeu de communication et décide, quatre-vingts ans après leur abandon, de commander un nouveau plan perspectif, “[Considérant] que les différents plans qui, jusqu’à présent, ont été levés […] quelque exacts qu’ils puissent être dans les proportions, et justes dans les mesures, ne sont absolument pas capables de satisfaire la curiosité des sujets du Roi et des étrangers et que pour y parvenir, il serait à propos de la représenter en vue perspective et élévation.” »

Pour les touristes, donc… Puis ce mode de représentation en perspective a de nouveau disparu, pour ne réapparaître que très récemment (merci Toto) dans Google Maps, comme on peut le voir ci-dessous pour la vue actuelle du même quartier (où l’on a indiqué la localisation du cimetière, . Il faut dire qu’à une échelle comparable les noms des rues sont bien plus difficiles à lire…

Quartier de Saint Nicolas des Champs, Google Maps Quartier de Saint Nicolas des Champs, Google Maps.
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On laissera le lecteur curieux trouver d’autres incohérences dans le plan de Merian (et il y en juste à proximité).

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