Miklos
« Je donne mon avis non comme bon mais comme mien. » — Michel de Montaigne

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20 décembre 2009

Réchauffement (régional) à Copenhague

Classé dans : Actualité, Environnement, Politique — Miklos @ 13:49

On n’a pas encore pris la mesure des conséquences à court et long terme des résultats des débats qui se sont tenus à Copenhague, dans un contexte très contrasté d’attente de prises de décision universelles destinées à influencer radicalement notre mode de vie d’une part, et de contestation du bien-fondé des prémices même de la démarche, l’influence de l’activité humaine sur l’évolution du climat d’autre part.

La presse internationale n’a donc pas encore remarqué un réchauffement qui s’est tenu dans les coulisses de Copenhague, lieux discrets où les grands de ce monde peuvent se retrouver hors de l’œil inquisiteur de leurs collègues, des caméras et du public, et donc de la nécessité de prises de position officielles et autres effets de manche.

Il n’y donc que la presse israélienne (et un hebdomadaire franco-turc, Zaman France) qui rapporte la rencontre entre les présidents turc et israélien, Abdullah Gül et Shimon Peres. Les deux chefs d’État ont annoncé leur intention de renormaliser les relations entre les deux pays. Gül a affirmé vouloir aider à faire progresser le processus de paix dans la région, et a répondu favorablement à l’invitation de Peres de visiter Israël. Encore faut-il que les premiers ministres de ces deux pays, Recep Tayyip Erdogan, très critique à l’égard d’Israël, et Benjamin Netanyahu, dont on connaît les opinions nationales, voire nationalistes, prennent acte de ces déclarations, afin qu’elles ne restent pas lettre morte.

18 août 2009

Alla breve. I.

Classé dans : Actualité, Alla breve, Musique — Miklos @ 1:13

[1] Musiques inédites de Mozart (1756-1791) et de Schumann (1810-1856). Deux nouvelles partitions inédites du jeune Mozart ont été découvertes récemment et jouées pour la première fois le 2 août à Salzbourg. (Source, avec écoute et facsimile du manuscrit)

Une esquisse d’un fragment d’une quatrième sonate pour piano de Robert Schumann a été découverte à la bibliothèque de l’Université Stanford. (Source)

[2] De quoi est donc mort Mozart ? Selon une récente étude, il n’aurait pas été empoisonné comme l’affirmaient des rumeurs tenaces, mais serait décédé d’une infection aux streptocoques lors d’une épidémie. (Source)

[3] Michel Faul : Nicolas Bochsa (1789-1856), harpiste de la Chapelle impériale, compositeur, escroc. Une biographie parue à l’occasion du 220e anniversaire de la mort de ce célèbre harpiste permet de découvrir aussi les aspects romanesques de sa vie et ses aventures. (Source)

[4] Découverte d’un film sur Gustav Holst (1874-1934). Ce film, réalisé dans les années 1970, comprend des entretiens avec la fille du compositeur et avec deux de ses collègues, eux-mêmes compositeurs. (Source)

[5] Partitions inédites de Villa-Lobos (1887-1959). Ces manuscrits du compositeur brésilien datent de 1921 et comprennent quatre orchestrations de mélodies de Guy Ropartz. Ils ont été découverts dans les archives de la bibliothèque de l’École de musique de Rio de Janeiro. (Source)

[6] 90e anniversaire de la naissance de Benny Moré. Considéré par certains comme le plus grand chanteur cubain de tous temps et tous genres confondus, il est né le 24 août 1919 et décédé en 1963. Cette commémoration comprendra concerts et projection de films documentaires. (Source)

[7] Entretien (audio) avec George Benjamin. Dans cet entretien, le compositeur britannique discute de sa carrière de compositeur et de chef d’orchestre, de sa relation à son maître Messiaen, et de son rapport – de méfiance – à l’égard de l’informatique musicale.

28 avril 2009

La grippe porcine grippe A, un danger pour l’humanité ?

Classé dans : Actualité, Littérature, Photographie — Miklos @ 0:49


La marche de l’homme bloquée par un porc

« Si l’histoire est effectivement, comme la définissait Walter Benjamin, non pas une longue marche de l’humanité vers le progrès mais plutôt une montagne de ruines qui monte au ciel… » — Enzo Traverso, « Rationalité et barbarie », in L’histoire déchirée. Essai sur Auschwitz et les intellectuels. Éd. du Cert, 1997.

«Pour Sylvie» van der Werf, de l’Institut Pasteur (…) “c’est un virus nouveau contre lequel l’ensemble de l’humanité n’a pas d’immunité.” (…) Le virus pourrait devenir “beaucoup plus dangereux”, selon l’OMS.

AFP, 27 avril 2009.

Voir aussi :
• Institut de veille sanitaire (France)
• Center for Disease Control (USA)
• Organisation mondiale de la santé (OMS)

18 janvier 2009

Faute d’un gant, le parti fut perdu

Classé dans : Lieux, Littérature, Photographie, Politique — Miklos @ 22:00


Vitrine à l’aéroport de Fiumicino

« Faute d’un clou le fer fut perdu,
Faute d’un fer le cheval fut perdu,
Faute d’un cheval le cavalier fut perdu,
Faute d’un cavalier la bataille fut perdue,
Faute d’une bataille le royaume fut perdu.
Et tout cela faute d’un clou de fer à cheval. »

— Benjamin Franklin, Almanach du pauvre Richard, 1758.

«La Duchesse de Marlborough exerçoit la charge de grand’Maîtresse de la Reine Anne à Londres, tandis que son époux faisoit dans les campagnes de Brabant une double moisson de lauriers & de richesses. Cette Duchesse soutenoit par sa faveur le parti du héros, & le héros soutenoit le crédit de son épouse par ses victoires. Le parti des Toris, qui leur étoit opposé, & qui souhaitoit la paix, ne pouvait rien, tandis que cette Duchesse étoit toute puissante auprès de la Reine. Elle perdit cette faveur par une cause assez légère : la Reine avoit commandé des gants, & la Duchesse en avoit commandé en même temps ; l’impatience de les avoir lui fit presser la gantière de la servir avant la Reine. Cependant Anne voulut avoir ses gants : une dame *) qui étoit ennemie de Miladi Marlborough, informa la Reine de tout ce qui s’étoit passé, & s’en prévalut avec tant de malignité, que la Reine dès ce moment regarda la Duchesse comme une favorite dont elle ne pouvoit plus supporter l’insolence. La gantière acheva d’aigrir cette princesse par l’histoire des gants, qu’elle lui conta avec toute la noirceur possible. Ce levain, quoique léger, fut suffisant pour mettre toutes les humeurs en fermentation, & pour assaisonner tout ce qui doit accompagner une disgrace. Les Toris, & le Maréchal de Tallart à leur tête, se prévalurent de cette affaire, qui devint un coup de partie pour eux.

La Duchesse de Marlborough fut disgraciée peu de temps après, & avec elle tomba le parti des Wighs & celui des alliés de l’Empereur.» Tel est le jeu des choses les plus graves du monde ; la providence se rit de la sagesse & des grandeurs humaines : des causes frivoles & quelquefois ridicules changent souvent la fortune des États & des monarchies entières.

Frédéric II : « Anti-Machiavel, ou Examen du Prince de Machiavel », in Œuvres de Frédéric II roi de Prusse, publiées du vivant de l’Auteur. À Berlin, chez Voss & et Fils, 1789.

*) Madame Masham.

17 juin 2008

Looking backwards into the future

Classé dans : Progrès, Sciences, techniques — Miklos @ 15:03

“She said: What is history?
And he said: History is an angel
being blown backwards into the future.
He said: History is a pile of debris
And the angel wants to go back and fix things
To repair the things that have been broken.
But there is a storm blowing from Paradise
And the storm keeps blowing the angel
backwards into the future.
And this storm,
this storm is called Progress.”
 
— Laurie Anderson, The Dream Before (for Walter Benjamin)

In his recent FYI France newsletter dedicated to “Wikipedia gone global”, Jack Kessler speaks of “Some very interesting comments [on two mailing lists, Biblio-FR and COLLIB-L], too, both pro and con plus an emerging majority of muddled-middle, are appearing in the current discussions, where there was only passion back when we all started out on this.” It is worth remembering that the discussion about Wikipedia had started, in the French-speaking librarians’ list (Biblio-FR), in 2004 with a few messages which were, then as now, about (i) its participatory nature, (ii) the volume of its contents, and (iii) the quality of its contents (accuracy and coverage). In that context, I had quoted Hiawatha Bray’s article which had already raised the issue of a “formal editorial process”, even of an “editorial board staffed with experts in various fields” needed to achieve better accuracy.

All things considered, the discussions haven’t changed much, as Wikipedia hasn’t really changed much in the way it operates, for better or for worse, depending on one’s opinions. More interesting to me is the fact that, as a result, an increasing number of “established” encyclopaedias went online, and provided one with more affordable, even free, access. This won’t “kill” the Wikipedia1 – it would be preposterous to call for this – but it will provide a much-needed alternative.

It is also interesting to make a parallel with Google, regarding its all-encompassing goals (we remember Jack Kessler’s report of its shareholders’ meeting in May 2005) and its relation to advertising. Regarding the latter: as Nick Carr – whose illuminating articles about both these phenomena are worth reading – had reminded us in December 2005, Google’s founders had “called into question whether ads were compatible with effective, unbiased search”, quoting them to have written:

“We expect that advertising funded search engines will be inherently biased towards the advertisers and away from the needs of the consumers”.

The rest is history.

Wikipedia had had an uneasy relation with advertising as well. Following a public seminar held last January at Sciences Po (the degree-granting French Institute for Political Sciences) with the authors of a book written about Wikipedia, Florence Nibart-Devouard, the current Chair of the Board of Trustees of the Wikimedia Foundation, commented on an article I had written about this seminar2 by saying (my translation) that “Wikipedia never used advertising (…)”. Yet she failed to mention the October 2005 partnership agreement between Anwers.com and the Wikimedia Foundation, according to which “Answers will create a software-based co-branded version of Answers.com to be called 1-Click Answers, Wikipedia Edition, from which advertising revenues will be split with The Wikimedia Foundation. Wikipedia will create a Tools page on its English-language site to promote useful tools that access Wikipedia, and 1-Click Answers, Wikipedia Edition, will receive charter placement on that page.” It is worth noting that in her 2004 candidacy she had written: “The products are to be provided to the public free of charge and with no advertising”, while in 2005 she seemed to have subtly shifted her position, when she wrote “I generally do not support use of advertisement”. A year later, the inclusion of the logo of Virgin Unite (the charity arm of Richard Branson, owner of the Virgin brand, which had donated money to the Wikimedia Foundation) on WP had raised opinionated and endless discussions.

Let us all remember what Ms. Nibart-Devouard’s predecessor, Jim Wales, had written as early as in 2001: “Someday, there will be advertising on Wikipedia. Either that, or we will have to find some other way to raise money, but I can’t think of any. This is not coming soon. As of today, November 9, 2001, I would say that this is at least 6 months to (more likely) 1 year away.” Never too late.

Both Google and WP are social and economic phenomena which also address the shifting meanings of democracy vs. mediocracy, of the (imagined?) increased freedom of the individual from constraints in the Polis and the resulting loosening of the social fabric, coupled with the (not imagined) increased traceability of the individual in the networked digital worlds (internet, cell phone, RFID, credit cards and others) which is becoming denser with every technological innovation, and the subjection of taste and knowledge to statistics and mass behavior. But this is not new: it is worth (re)reading Jacques Ellul3 (on technology and society) and Joseph Schumpeter4 (on economy and democracy), and, more recently, Philippe Breton (on the utopia of communication).


1 Some observers note interesting trends in its evolution.
2 Which no one from WP attended, despite the fact it had been publically announced and was open to the public (that’s how I attended).
3 La technique ou l’enjeu du siècle, Armand Colin, 1954 (republished 1990). In English: The Technological Society, Knopf, 1964.
4 See e.g., Joseph Schumpeter: Capitalism, Socialism and Democracy, 1942, or Lucien-Pierre Bouchard: Schumpeter – La Démocracie désenchantée, Michalon, 2000.

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