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	<title>Commentaires sur : Apr&#232;s Les Survivants, ou pourquoi je voterai &#8220;oui&#8221;</title>
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	<description>Je donne mon avis non comme bon mais comme mien (Michel de Montaigne)</description>
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		<title>Par : titcroco</title>
		<link>https://blog.le-miklos.eu/?p=100&#038;cpage=1#comment-392</link>
		<dc:creator>titcroco</dc:creator>
		<pubDate>Mon, 30 Nov -0001 00:00:00 +0000</pubDate>
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		<description>Beau texte, merci de nous l&#039;avoir offert. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
J&#039;ai ador&#233; &quot;dans le chateau de Barbe Bleue&quot;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une petite coquille sur Paul Celan.</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>Beau texte, merci de nous l&#8217;avoir offert. </p>
<p>J&#8217;ai ador&eacute; &quot;dans le chateau de Barbe Bleue&quot;.</p>
<p>Une petite coquille sur Paul Celan.</p>
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		<title>Par : PM</title>
		<link>https://blog.le-miklos.eu/?p=100&#038;cpage=1#comment-393</link>
		<dc:creator>PM</dc:creator>
		<pubDate>Mon, 30 Nov -0001 00:00:00 +0000</pubDate>
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		<description>Merci,&lt;br /&gt;
de vous lire, de ce que vous montrez...&lt;br /&gt;
c&#039;est un r&#233;el plaisir.&lt;br /&gt;
Au fait, vous &#233;clairez brillamment...</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>Merci,<br />
de vous lire, de ce que vous montrez&#8230;<br />
c&#8217;est un r&eacute;el plaisir.<br />
Au fait, vous &eacute;clairez brillamment&#8230;</p>
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	<item>
		<title>Par : miklos</title>
		<link>https://blog.le-miklos.eu/?p=100&#038;cpage=1#comment-394</link>
		<dc:creator>miklos</dc:creator>
		<pubDate>Mon, 30 Nov -0001 00:00:00 +0000</pubDate>
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		<description>Merci, j&#039;ai corrig&#233; (c&#039;&#233;tait recopi&#233; &#224; la main, et mal relu...). Quant au Ch&#226;teau de Barbe Bleue, je pense que c&#039;est une oeuvre essentielle, qui &#233;claire (pour reprendre le mot) les plus sombres recoins de l&#039;&#226;me - ou du moins qui tente de le faire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Finalement, il n&#039;y a pas de r&#233;ponse &#224; la question qu&#039;&#233;tudie Steiner, et que discute Riemen ici. Tout le monde, mais alors tout le monde (et je m&#039;inclus l&#224;-dedans) est un raciste et un tortionnaire en puissance. &#192; une si petite &#233;chelle en g&#233;n&#233;ral que leur rayon d&#039;action semble r&#233;duit &#224; rien. Mais &#224; n&#039;y prendre garde, toute personne qu&#039;on rencontre est une victime en puissance, et c&#039;est l&#224; le drame. Il faut &#234;tre sur ses gardes, il faut savoir regarder l&#039;autre comme un &quot;autre soi-m&#234;me&quot; - autre parce qu&#039;il est intrins&#232;quement diff&#233;rent, soi-m&#234;me parce qu&#039;il est ni plus ni moins humain que soi.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&quot;Dans le Ch&#226;teau de Barbe-Bleue&quot; est ici &lt;a href=&quot;http://www.anti-rev.org//textes/Steiner71a/&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;http://...&lt;/a&gt; en version int&#233;grale (et en anglais). &quot;Fascinating Fascism&quot;, de Susan Sontag, sur esth&#233;tisme et barbarie, est l&#224;: &lt;a href=&quot;http://www.anti-rev.org//textes/Sontag74a/&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;http://...&lt;/a&gt;</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>Merci, j&#8217;ai corrig&eacute; (c&#8217;&eacute;tait recopi&eacute; &agrave; la main, et mal relu&#8230;). Quant au Ch&acirc;teau de Barbe Bleue, je pense que c&#8217;est une oeuvre essentielle, qui &eacute;claire (pour reprendre le mot) les plus sombres recoins de l&#8217;&acirc;me &#8211; ou du moins qui tente de le faire.</p>
<p>Finalement, il n&#8217;y a pas de r&eacute;ponse &agrave; la question qu&#8217;&eacute;tudie Steiner, et que discute Riemen ici. Tout le monde, mais alors tout le monde (et je m&#8217;inclus l&agrave;-dedans) est un raciste et un tortionnaire en puissance. &Agrave; une si petite &eacute;chelle en g&eacute;n&eacute;ral que leur rayon d&#8217;action semble r&eacute;duit &agrave; rien. Mais &agrave; n&#8217;y prendre garde, toute personne qu&#8217;on rencontre est une victime en puissance, et c&#8217;est l&agrave; le drame. Il faut &ecirc;tre sur ses gardes, il faut savoir regarder l&#8217;autre comme un &quot;autre soi-m&ecirc;me&quot; &#8211; autre parce qu&#8217;il est intrins&egrave;quement diff&eacute;rent, soi-m&ecirc;me parce qu&#8217;il est ni plus ni moins humain que soi.</p>
<p>&quot;Dans le Ch&acirc;teau de Barbe-Bleue&quot; est ici <a href="http://www.anti-rev.org//textes/Steiner71a/" target="_blank"></a><a href="http://.." rel="nofollow">http://..</a>. en version int&eacute;grale (et en anglais). &quot;Fascinating Fascism&quot;, de Susan Sontag, sur esth&eacute;tisme et barbarie, est l&agrave;: <a href="http://www.anti-rev.org//textes/Sontag74a/" target="_blank"></a><a href="http://.." rel="nofollow">http://..</a>.</p>
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	<item>
		<title>Par : chapichapo</title>
		<link>https://blog.le-miklos.eu/?p=100&#038;cpage=1#comment-395</link>
		<dc:creator>chapichapo</dc:creator>
		<pubDate>Mon, 30 Nov -0001 00:00:00 +0000</pubDate>
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		<description>Quand j&#039;aurai le temps de lire, il faudra que je vous demande des conseils.</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>Quand j&#8217;aurai le temps de lire, il faudra que je vous demande des conseils.</p>
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	</item>
	<item>
		<title>Par : miklos</title>
		<link>https://blog.le-miklos.eu/?p=100&#038;cpage=1#comment-396</link>
		<dc:creator>miklos</dc:creator>
		<pubDate>Mon, 30 Nov -0001 00:00:00 +0000</pubDate>
		<guid isPermaLink="false">http://www.le-miklos.eu/blog-m/?p=100#comment-396</guid>
		<description>Je me garderai d&#039;en donner (cf. la citation de Montaigne en haut de la page) en ce qui concerne la lecture ; je cite mes lectures et les sources de ce qui m&#039;occupe... lire et &#233;crire s&#039;articulent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Par contre, en ce qui concerne l&#039;&#233;criture, et surtout quand on le fait &#224; tour de bras, je pense qu&#039;il faut tourner son clavier 7 fois dans sa main avant que d&#039;&#233;crire une phrase du genre &quot;C&#039;est surtout aux tortionnaires qu&#039;il faut essayer de s&#039;identifier&quot;, quelle qu&#039;en soit l&#039;explication litt&#233;raire - c&#039;est, pour le moins, trop facile (aussi facile que &quot;de ne pas y penser&quot;, et, peut-&#234;tre, ce qui est encourag&#233; ici: &#233;crire facile et ne pas penser) et d&#039;une &#233;trange ambigu&#239;t&#233;. Si c&#039;est pour exprimer que &quot;tout le monde (soi-m&#234;me y inclus) est un raciste et un tortionnaire en puissance&quot; (je me cite), il faut le dire clairement, haut et fort, et surtout se l&#039;int&#233;grer. &quot;S&#039;identifier aux victimes&quot; est tout aussi facile &#224; dire (tant qu&#039;on n&#039;a pas subi ce qu&#039;ils ont subi, on le le saura jamais; Primo Levi et beaucoup de survivants ont tent&#233; d&#039;en exprimer l&#039;indicible), mais exprime de l&#039;empathie, au moins. Et surtout, de l&#039;&#233;coute, dont ont g&#233;n&#233;ralement manqu&#233; alors comme maintenant, les victimes d&#039;horreurs individuelles ou de groupe, ici et ailleurs.</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>Je me garderai d&#8217;en donner (cf. la citation de Montaigne en haut de la page) en ce qui concerne la lecture ; je cite mes lectures et les sources de ce qui m&#8217;occupe&#8230; lire et &eacute;crire s&#8217;articulent.</p>
<p>Par contre, en ce qui concerne l&#8217;&eacute;criture, et surtout quand on le fait &agrave; tour de bras, je pense qu&#8217;il faut tourner son clavier 7 fois dans sa main avant que d&#8217;&eacute;crire une phrase du genre &quot;C&#8217;est surtout aux tortionnaires qu&#8217;il faut essayer de s&#8217;identifier&quot;, quelle qu&#8217;en soit l&#8217;explication litt&eacute;raire &#8211; c&#8217;est, pour le moins, trop facile (aussi facile que &quot;de ne pas y penser&quot;, et, peut-&ecirc;tre, ce qui est encourag&eacute; ici: &eacute;crire facile et ne pas penser) et d&#8217;une &eacute;trange ambigu&iuml;t&eacute;. Si c&#8217;est pour exprimer que &quot;tout le monde (soi-m&ecirc;me y inclus) est un raciste et un tortionnaire en puissance&quot; (je me cite), il faut le dire clairement, haut et fort, et surtout se l&#8217;int&eacute;grer. &quot;S&#8217;identifier aux victimes&quot; est tout aussi facile &agrave; dire (tant qu&#8217;on n&#8217;a pas subi ce qu&#8217;ils ont subi, on le le saura jamais; Primo Levi et beaucoup de survivants ont tent&eacute; d&#8217;en exprimer l&#8217;indicible), mais exprime de l&#8217;empathie, au moins. Et surtout, de l&#8217;&eacute;coute, dont ont g&eacute;n&eacute;ralement manqu&eacute; alors comme maintenant, les victimes d&#8217;horreurs individuelles ou de groupe, ici et ailleurs.</p>
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	</item>
	<item>
		<title>Par : hugoindigo</title>
		<link>https://blog.le-miklos.eu/?p=100&#038;cpage=1#comment-397</link>
		<dc:creator>hugoindigo</dc:creator>
		<pubDate>Mon, 30 Nov -0001 00:00:00 +0000</pubDate>
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		<description>Je pense que quand on &#233;crit vite, de fa&#231;on r&#233;active, il y a des tournures qui pr&#234;tent &#224; confusion. &#231;a nous arrive tous. Je pense que c&#039;est le cas de la phrase de Chapi, c&#039;est mon sentiment. Je l&#039;esp&#232;re.</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>Je pense que quand on &eacute;crit vite, de fa&ccedil;on r&eacute;active, il y a des tournures qui pr&ecirc;tent &agrave; confusion. &ccedil;a nous arrive tous. Je pense que c&#8217;est le cas de la phrase de Chapi, c&#8217;est mon sentiment. Je l&#8217;esp&egrave;re.</p>
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	</item>
	<item>
		<title>Par : kliban</title>
		<link>https://blog.le-miklos.eu/?p=100&#038;cpage=1#comment-398</link>
		<dc:creator>kliban</dc:creator>
		<pubDate>Mon, 30 Nov -0001 00:00:00 +0000</pubDate>
		<guid isPermaLink="false">http://www.le-miklos.eu/blog-m/?p=100#comment-398</guid>
		<description>(Tr&#232;s beau texte, &#224; faire lire et relire).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
(Je rebondis sur une ambigu&#239;t&#233; de tes r&#233;ponses : s&#039;un c&#244;t&#233; &quot;autre soi-m&#234;me&quot; et &quot;identifications&quot; &#224; la victime, au boureau. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si autrui est un autre moi-m&#234;me, il est travers&#233; de la diff&#233;rence du boureau et de la victime : comme autre, il est toujours en charge de violence sur moi - comme toute alt&#233;rit&#233; qui vise &#224; dissoudre une identit&#233;. Comme &quot;soi-m&#234;me&quot;, il est aussi aimable ou ha&#239;ssable que moi. Rien de plus facile, alors, sur un &quot;autre soi-m&#234;me&quot; que de d&#233;verser la haine de soi, ou la haine de l&#039;autre (la peur pour soi). Se souvenir qu&#039;autrui est autre soi-m&#234;me est largement insuffisant pour endiguer son propre devenir-boureau.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nul, &#224; ma connaisance, ne l&#039;a exprim&#233; avec plus de force qu&#039;Emmanuel L&#233;vinas. Autrui, selon lui, n&#039;est pas un autre soi, c&#039;est un Autre, tout court, un analogue de Dieu. L&#039;autre homme, comme il l&#039;appelle, se manifeste dans le visage, qui est &#224; la fois une instance empirique - le visage que je vois, l&#224;, et, dit L&#233;vinas, que je ne peut comtempler en face au moment o&#249; je tue - et une instance _ranscendante, radicalement, qui manifeste l&#039;infinie fragilit&#233; de l&#039;alt&#233;rit&#233; face au r&#233;gime de ce qu&#039;il appelle le m&#234;me, ou l&#039;universel, ou la totalit&#233;. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&#233;vinas tente de d&#233;passer la culture de l&#039;universel : selon lui, elle est de l&#039;ordre de la captation du monde par sa r&#233;duction &#224; moi-m&#234;me : comprendre, c&#039;est faire sien. C&#039;est donc, d&#039;une part, se donner le pouvoir de d&#233;truire. C&#039;est aussi, d&#039;autre part et en premier lieu, avoir d&#233;j&#224; d&#233;truit, en r&#233;duisant &#224; _rien_ l&#039;alt&#233;rit&#233; de l&#039;autre (homme, Dieu). Autrui con&#231;u comme &quot;autre soi-m&#234;me&quot; a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; tu&#233;, ni&#233; dans sa transcendance - et la transcendance pour L&#233;vinas est infinie fragilit&#233; - ; il ne tient alors qu&#039;&#224; peu de chose qu&#039;il soit ni&#233; dans sa vie quotidienne. C&#039;est ainsi que l&#039;universalisme occidental peut parfois se satisfaire des pogroms et autres g&#233;nocides.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Identification au boureau ou &#224; la victime peuvent &#234;tre des exercices int&#233;ressants, mais ils sont toujours dangereux : car ce qui prime, avant toute identification et toute conclusion sur la nature de l&#039;homme, de la vie, de la mort, de la politique, etc., c&#039;est l&#039;injonction &#224; laquelle je suis soumis originairement par le visage infiniment fragile d&#039;autrui : cela se dit &quot;tu ne tueras point&quot;. Commandement qui pr&#233;c&#232;de toute th&#233;orie sur l&#039;homme et qui la fonde. La difficult&#233; c&#039;est qu&#039;il n&#039;y a en l&#039;homme aucune contrainte pour que ce commandement (&#233;thique, donc) l&#039;emporte sur la volont&#233; de dominer, conceptuellement d&#233;j&#224;, la nature humaine (m&#233;taphysique, scientifique, etc.) : l&#039;infinie fragilit&#233; du visage se double de l&#039;infinie fragilit&#233; du commandement lui-m&#234;me &#224; s&#039;imposer &#224; l&#039;homme. Seul soutien, ici : la parole, adress&#233;e en r&#233;ponse &#224; ce qui m&#039;oblige avant toute autre obligation - l&#039;autre homme, suscceptible d&#039;&#234;tre tu&#233; du seul fait que j&#039;existe - et le monde du m&#234;me, toujours second - moi en tant que je me fais du monde et d&#039;autrui une certaine conception motivant mon action.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La position de L&#233;vinas, peut-&#234;tre, peut alors se voir r&#233;sum&#233;e ainsi : il y a une radicale dissym&#233;trie dans la relation &#233;thique, au sens o&#249; &quot;je&quot; ne saurais jamais &#234;tre mis en place de &quot;tu&quot; ou &quot;il&quot; : ce que je dois &#224; autrui autrui ne me le doit pas.&quot;Je&quot; est toujours dans la position du boureau, toujours. Autrui est toujours dans celle de la victime, toujours. A cela, nulle d&#233;rogation possible. S&#039;identifier &#224; l&#039;un ou &#224; l&#039;autre, c&#039;est de toute fa&#231;on rater la victime. La victime ne se trouve que dans la r&#233;ponse que je lui fais, dans l&#039;abandon de la position du boureau - et donc dans l&#039;abandon de ma priorit&#233; sur elle : dans la reconnaissance de ce que je dois, absolument avant toute autre chose, &#224; son infinie alt&#233;rit&#233;. Pas d&#039;autre soi-m&#234;me, ici. Et aucune identification. Cela seul dessine les fronti&#232;res premi&#232;res d&#039;un au-dela du meurtre.)</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>(Tr&egrave;s beau texte, &agrave; faire lire et relire).</p>
<p>(Je rebondis sur une ambigu&iuml;t&eacute; de tes r&eacute;ponses : s&#8217;un c&ocirc;t&eacute; &quot;autre soi-m&ecirc;me&quot; et &quot;identifications&quot; &agrave; la victime, au boureau. </p>
<p>Si autrui est un autre moi-m&ecirc;me, il est travers&eacute; de la diff&eacute;rence du boureau et de la victime : comme autre, il est toujours en charge de violence sur moi &#8211; comme toute alt&eacute;rit&eacute; qui vise &agrave; dissoudre une identit&eacute;. Comme &quot;soi-m&ecirc;me&quot;, il est aussi aimable ou ha&iuml;ssable que moi. Rien de plus facile, alors, sur un &quot;autre soi-m&ecirc;me&quot; que de d&eacute;verser la haine de soi, ou la haine de l&#8217;autre (la peur pour soi). Se souvenir qu&#8217;autrui est autre soi-m&ecirc;me est largement insuffisant pour endiguer son propre devenir-boureau.</p>
<p>Nul, &agrave; ma connaisance, ne l&#8217;a exprim&eacute; avec plus de force qu&#8217;Emmanuel L&eacute;vinas. Autrui, selon lui, n&#8217;est pas un autre soi, c&#8217;est un Autre, tout court, un analogue de Dieu. L&#8217;autre homme, comme il l&#8217;appelle, se manifeste dans le visage, qui est &agrave; la fois une instance empirique &#8211; le visage que je vois, l&agrave;, et, dit L&eacute;vinas, que je ne peut comtempler en face au moment o&ugrave; je tue &#8211; et une instance _ranscendante, radicalement, qui manifeste l&#8217;infinie fragilit&eacute; de l&#8217;alt&eacute;rit&eacute; face au r&eacute;gime de ce qu&#8217;il appelle le m&ecirc;me, ou l&#8217;universel, ou la totalit&eacute;. </p>
<p>L&eacute;vinas tente de d&eacute;passer la culture de l&#8217;universel : selon lui, elle est de l&#8217;ordre de la captation du monde par sa r&eacute;duction &agrave; moi-m&ecirc;me : comprendre, c&#8217;est faire sien. C&#8217;est donc, d&#8217;une part, se donner le pouvoir de d&eacute;truire. C&#8217;est aussi, d&#8217;autre part et en premier lieu, avoir d&eacute;j&agrave; d&eacute;truit, en r&eacute;duisant &agrave; _rien_ l&#8217;alt&eacute;rit&eacute; de l&#8217;autre (homme, Dieu). Autrui con&ccedil;u comme &quot;autre soi-m&ecirc;me&quot; a d&eacute;j&agrave; &eacute;t&eacute; tu&eacute;, ni&eacute; dans sa transcendance &#8211; et la transcendance pour L&eacute;vinas est infinie fragilit&eacute; &#8211; ; il ne tient alors qu&#8217;&agrave; peu de chose qu&#8217;il soit ni&eacute; dans sa vie quotidienne. C&#8217;est ainsi que l&#8217;universalisme occidental peut parfois se satisfaire des pogroms et autres g&eacute;nocides.</p>
<p>Identification au boureau ou &agrave; la victime peuvent &ecirc;tre des exercices int&eacute;ressants, mais ils sont toujours dangereux : car ce qui prime, avant toute identification et toute conclusion sur la nature de l&#8217;homme, de la vie, de la mort, de la politique, etc., c&#8217;est l&#8217;injonction &agrave; laquelle je suis soumis originairement par le visage infiniment fragile d&#8217;autrui : cela se dit &quot;tu ne tueras point&quot;. Commandement qui pr&eacute;c&egrave;de toute th&eacute;orie sur l&#8217;homme et qui la fonde. La difficult&eacute; c&#8217;est qu&#8217;il n&#8217;y a en l&#8217;homme aucune contrainte pour que ce commandement (&eacute;thique, donc) l&#8217;emporte sur la volont&eacute; de dominer, conceptuellement d&eacute;j&agrave;, la nature humaine (m&eacute;taphysique, scientifique, etc.) : l&#8217;infinie fragilit&eacute; du visage se double de l&#8217;infinie fragilit&eacute; du commandement lui-m&ecirc;me &agrave; s&#8217;imposer &agrave; l&#8217;homme. Seul soutien, ici : la parole, adress&eacute;e en r&eacute;ponse &agrave; ce qui m&#8217;oblige avant toute autre obligation &#8211; l&#8217;autre homme, suscceptible d&#8217;&ecirc;tre tu&eacute; du seul fait que j&#8217;existe &#8211; et le monde du m&ecirc;me, toujours second &#8211; moi en tant que je me fais du monde et d&#8217;autrui une certaine conception motivant mon action.</p>
<p>La position de L&eacute;vinas, peut-&ecirc;tre, peut alors se voir r&eacute;sum&eacute;e ainsi : il y a une radicale dissym&eacute;trie dans la relation &eacute;thique, au sens o&ugrave; &quot;je&quot; ne saurais jamais &ecirc;tre mis en place de &quot;tu&quot; ou &quot;il&quot; : ce que je dois &agrave; autrui autrui ne me le doit pas.&quot;Je&quot; est toujours dans la position du boureau, toujours. Autrui est toujours dans celle de la victime, toujours. A cela, nulle d&eacute;rogation possible. S&#8217;identifier &agrave; l&#8217;un ou &agrave; l&#8217;autre, c&#8217;est de toute fa&ccedil;on rater la victime. La victime ne se trouve que dans la r&eacute;ponse que je lui fais, dans l&#8217;abandon de la position du boureau &#8211; et donc dans l&#8217;abandon de ma priorit&eacute; sur elle : dans la reconnaissance de ce que je dois, absolument avant toute autre chose, &agrave; son infinie alt&eacute;rit&eacute;. Pas d&#8217;autre soi-m&ecirc;me, ici. Et aucune identification. Cela seul dessine les fronti&egrave;res premi&egrave;res d&#8217;un au-dela du meurtre.)</p>
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	<item>
		<title>Par : miklos</title>
		<link>https://blog.le-miklos.eu/?p=100&#038;cpage=1#comment-399</link>
		<dc:creator>miklos</dc:creator>
		<pubDate>Mon, 30 Nov -0001 00:00:00 +0000</pubDate>
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		<description>Merci pour ce tr&#232;s beau commentaire. Il me semble, toutefois, que l&#039;identification est surtout une (tentative de) r&#233;duction, de l&#039;autre &#224; soi. La rencontre, d&#039;homme &#224; homme (comme le montre si bien Kolt&#232;s &quot;dans la solitude des champs de cotons&quot;) peut &#234;tre, est, une telle tentative mutelle. On ne reconna&#238;t en g&#233;n&#233;ral que ce qu&#039;on conna&#238;t, reconna&#238;tre l&#039;alt&#233;rit&#233; est un acte de volont&#233; bien plus puissant ; c&#039;est accepter de marcher avec l&#039;autre dans la p&#233;nombre. Toutefois, je ne crois pas que cette alt&#233;rit&#233; - de l&#039;homme - soit si absolue (cet absolu, je le &quot;laisse&quot; au transcendant), du fait m&#234;me de la possibilit&#233; de la parole de l&#039;un et de l&#039;autre.</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>Merci pour ce tr&egrave;s beau commentaire. Il me semble, toutefois, que l&#8217;identification est surtout une (tentative de) r&eacute;duction, de l&#8217;autre &agrave; soi. La rencontre, d&#8217;homme &agrave; homme (comme le montre si bien Kolt&egrave;s &quot;dans la solitude des champs de cotons&quot;) peut &ecirc;tre, est, une telle tentative mutelle. On ne reconna&icirc;t en g&eacute;n&eacute;ral que ce qu&#8217;on conna&icirc;t, reconna&icirc;tre l&#8217;alt&eacute;rit&eacute; est un acte de volont&eacute; bien plus puissant ; c&#8217;est accepter de marcher avec l&#8217;autre dans la p&eacute;nombre. Toutefois, je ne crois pas que cette alt&eacute;rit&eacute; &#8211; de l&#8217;homme &#8211; soit si absolue (cet absolu, je le &quot;laisse&quot; au transcendant), du fait m&ecirc;me de la possibilit&eacute; de la parole de l&#8217;un et de l&#8217;autre.</p>
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	</item>
	<item>
		<title>Par : kliban</title>
		<link>https://blog.le-miklos.eu/?p=100&#038;cpage=1#comment-400</link>
		<dc:creator>kliban</dc:creator>
		<pubDate>Mon, 30 Nov -0001 00:00:00 +0000</pubDate>
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		<description>(C&#039;est bien l&#224; ce que dit L&#233;vinas, vous &#234;tre assez proches, il me semble :o) &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais L&#233;vinas ne parlerait pas de reconniassance, il est vrai. Pour lui, le fait &#233;thique ets bien plus violent : il me d&#233;soude de ma position premi&#232;rs pour placer autrui avant, toujours, moi. Le Visage - allez, avec une majuscule, &#231;a faut plus &quot;oncept&quot; - est d&#233;j&#224; de l&#039;ordre de Dieu : c&#039;est l&#039;expression du premier de tous les comandements, et, ne tant que tel, une manifestation de l&#039;alt&#233;rit&#233; radicale, non r&#233;ductible &#224; la maniphestation d&#039;un ph&#233;nom&#232;ne mondaoin : manifestation &#233;thique avant m&#234;me que d&#039;&#234;tre cognitive, m&#233;taphysique, scientifique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je trouve tr&#232;s belle ton image de &quot;marcher avec l&#039;autre dans la p&#233;nombre.&quot; Peut-&#234;tre irais-je jusqu&#039;&#224; la nuit.</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>(C&#8217;est bien l&agrave; ce que dit L&eacute;vinas, vous &ecirc;tre assez proches, il me semble <img src='https://blog.le-miklos.eu/wp-includes/images/smilies/icon_surprised.gif' alt=':o' class='wp-smiley' /> ) </p>
<p>Mais L&eacute;vinas ne parlerait pas de reconniassance, il est vrai. Pour lui, le fait &eacute;thique ets bien plus violent : il me d&eacute;soude de ma position premi&egrave;rs pour placer autrui avant, toujours, moi. Le Visage &#8211; allez, avec une majuscule, &ccedil;a faut plus &quot;oncept&quot; &#8211; est d&eacute;j&agrave; de l&#8217;ordre de Dieu : c&#8217;est l&#8217;expression du premier de tous les comandements, et, ne tant que tel, une manifestation de l&#8217;alt&eacute;rit&eacute; radicale, non r&eacute;ductible &agrave; la maniphestation d&#8217;un ph&eacute;nom&egrave;ne mondaoin : manifestation &eacute;thique avant m&ecirc;me que d&#8217;&ecirc;tre cognitive, m&eacute;taphysique, scientifique.</p>
<p>Je trouve tr&egrave;s belle ton image de &quot;marcher avec l&#8217;autre dans la p&eacute;nombre.&quot; Peut-&ecirc;tre irais-je jusqu&#8217;&agrave; la nuit.</p>
]]></content:encoded>
	</item>
	<item>
		<title>Par : miklos</title>
		<link>https://blog.le-miklos.eu/?p=100&#038;cpage=1#comment-401</link>
		<dc:creator>miklos</dc:creator>
		<pubDate>Mon, 30 Nov -0001 00:00:00 +0000</pubDate>
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		<description>Dans la p&#233;nombre avec autrui, dans la nuit avec Dieu.</description>
		<content:encoded><![CDATA[<p>Dans la p&eacute;nombre avec autrui, dans la nuit avec Dieu.</p>
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		<title>Par : kliban</title>
		<link>https://blog.le-miklos.eu/?p=100&#038;cpage=1#comment-402</link>
		<dc:creator>kliban</dc:creator>
		<pubDate>Mon, 30 Nov -0001 00:00:00 +0000</pubDate>
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		<description>(quoique tu le contestes, ce peut &#234;tre la m&#234;me chose. Il est vrai qu&#039;autrui prend alors une autre tonalit&#233;.)
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		<content:encoded><![CDATA[<p>(quoique tu le contestes, ce peut &ecirc;tre la m&ecirc;me chose. Il est vrai qu&#8217;autrui prend alors une autre tonalit&eacute;.)</p>
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