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« Je donne mon avis non comme bon mais comme mien. » — Michel de Montaigne

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18 novembre 2020

Apéro virtuel II.16 – mardi 17 novembre 2020

Classé dans : Arts et beaux-arts, Humour, Lieux — Miklos @ 2:49

Le mur des lamentations, Jérusalem (1967-1968)

Jean-Philippe, premier arrivé, reconnaît immédiatement l’arrière-plan de Michel (ci-dessous), et s’écrie, bras levés, « Nous sommes à Jérusalem ! Â», à quoi Michel répond : « Nous étions à Jérusalem, c’était en 1967-8 Â», et Jean-Philippe de rétorquer : « L’an prochain à Jérusalem ! Â», ce qui rappelle à Michel une anecdote : peu après 1967, se trouvant à Londres en vacances dans une auberge de jeunesse, il conversait avec un autre occupant originaire d’Asie du sud-est. Ce dernier, apprenant que Michel habitait en Israël, lui demande quelle en est la capitale, et s’exclame stupéfait en entendant la réponse : « Comment, Jérusalem n’est pas une ville céleste ??? Â» Michel se dit alors in peto que tout aurait été plus simple si elle l’avait effec­ti­vement été…

Sur ces entrefaites, Sylvie apparaît, puis Françoise (C.) masquée, se trou­vant dans un train qui la ramène à Paris. Si l’on avait eu par le passé quelques zoomistes se trouvant ailleurs en France ou à l’étranger – Françoise (M.) à Montpellier, Françoise (C.) elle-même en Italie, Elsa à Beyrouth… – c’est bien la première fois qu’un(e) participant(e) est présent en cours de déplacement (à part les quelques apparitions de François marchant dans les rues de Paris).

Sylvie souhaite montrer les premières minutes d’une vidéo consacrée à l’expo­si­tion Raphaël au Domaine de Chantilly, organisée à l’occasion du 500e anni­versaire de sa mort. Cette vidéo est le fruit de la réalisation d’Olivier Magnan, blogueur Arts et Culture « Scribe Accroupi1 Â», et qui a produit des dizaines d’autres vidéos disponibles sur sa chaîne YouTube. Avant même le visionnage de la vidéo, Jean-Philippe interjette que cela lui rappelle un biopic qu’il a récemment vu, Michel-Ange, réalisé par Andrey Konchalovsky, et continue avec un développement sur les relations souvent difficiles entre Michel-Ange et Raphaël (qui y fait une brève apparition) qui avaient des tempéraments particulièrement opposés. Sur ces entrefaites, Françoise (P.) venant d’apparaître, on regarde le début de la vidéo en question.

Ensuite, Sylvie déclame à la Malraux un discours à l’occasion de l’avènement de Joe Biden, discours qui convient aussi au fait que le (second) pic de l’épidémie du coronavirus semble être passé. Le texte en a été écrit par André Isaac Pierre Dac en 1972 à l’occasion de l’inauguration du square qui porte son nom à Meulan. Après les applau­dis­sements des spectacteurs, Françoise (P.) évoque la couverture des Pensées de Pierre Dac (que l’on peut voir ci-contre), qui parodie les petits fascicules Larousse de l’époque. Elle mentionne aussi L’Os à moelle (dont une antho­logie vient d’être publiée), Signé Furax, dont la première saison s’intitulait Malheur aux barbus, Pierre Dac à la manière d’Hitchcock… Elle précise l’avoir découvert grâce à Francis Blanche, qui avait écrit des chansons ravissantes, à l’instar du Prisonnier de la tour.

flourish

Michel montre alors la photo du Mur des Lamentations et quelques trans­for­mations qu’il en a faites (les deux dernières photos de l’album dénotant bien l’instabilité croissante de la situ­ation dans cette ville et d’ailleurs dans toute la région). En ce qui concerne la photo elle-même, ce lieu était encore relativement dans son jus, même si la ruelle dans laquelle il se trouvait avait d’évidence disparu pour faire place à cette esplanade ; depuis s’y sont rajoutés toutes sortes d’objets et de meubles servant au culte qui s’y concentre.

Françoise (P.), catholique pratiquante, raconte être allée glisser un petit papier entre deux des blocs du Mur, sa mère étant très malade à l’époque, pratique destinée à exprimer un vÅ“u (sorte d’ex voto transposé à ce contexte…). Son mari, qui voulait l’accompagner jusqu’au Mur, a dû mettre sur la tête une calotte (kippah, en hébreu) qu’on lui tendait ; puis, Françoise (P.) voulant le prendre en photo, des hommes en arme se sont approché d’elle, exigeant qu’elle leur remette la pellicule de son appareilAucun rapport avec les cheveux ; c’est ce sur quoi s’enregistraient les photos avant l’ère du numérique., il a dû s’exécuter… dommage pour les autres photos qui s’y trouvaient déjà.

Michel ayant demandé à Françoise (P.) si la lapidation dont la voiture dans laquelle elle se trouvait en entrant à Mea Shearim avait été la cible comme elle l’avait relaté hier – le fait de conduire une voiture étant interdit le Shabbat pour les pratiquants juifs, ils voulaient sans doute l’empêcher d’entrer dans leur quartier –, une discussion fournie s’engage entre Jean-Philippe et Sylvie sur l’histoire des pres­crip­tions religieuses du judaïsme.

L’apéro se termine par une évocation de prénoms (à l’instar de Barthélémy et d’Adolphe) et des noms (Connard/Cosnard, Cocu…) lourds à porter du fait de leur sens ou de leur histoire.

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1. Le Scribe accroupi est une merveilleuse œuvre se trouvant dans le département des antiquités égyptiennes du musée du Louvre.

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16 novembre 2020

Apéro virtuel II.15 – lundi 16 novembre 2020

Classé dans : Lieux, Musique — Miklos @ 23:59

Vue de Jérusalem. Die Heylighe Bevarden tot dat heylighe grafft in Iherusalem
(Le Saint Pèlerinage au Saint Sépuchre), de Bernhardt van Breydenbach (1440?-1497),
imprimé en 1488. (source). Cliquer pour agrandir.

À l’apéro de ce soir arrivent gradu­el­lement Jean-Philippe, Betty en compa­gnie de Charlot et de l’enfant (The Kid, 1921) assis sagement derrière elle, puis Françoise (C.). En attendant d’autres participants, on lève le coude allè­grement après qu’elle ait renversé donné à boire du vin à son télé­phone portable, vin qu’elle tire de cubitainersRécipient cubique, généralement en matière plastique, servant au stockage et au transport de liquides. (Larousse) de 2 litres, en carton, ce qui lui évite d’avoir à jeter des bouteilles en verre.

Sur ces entrefaites, Sylvie apparaît à l’écran alors que Michel explique à Françoise que Betty et lui ont fait connaissance, comme Sylvie et lui, sur les bancs d’une école (mais pas la même). Françoise dit alors être curieuse de savoir pourquoi ceux des présents qui avaient vécu longtemps en Israël avaient décidé de revenir en France.

Michel raconte ses tribulations entre la France (où il est né) et Israël du fait du métier de son père, puis son départ aux US pour ses études de doctorat et enfin la découverte fortuite d’un poste à l’Ircam à Paris qui lui fait abandonner ses études et partir à Paris, au lieu de revenir en Israël comme il pensait le faire.

Sylvie prend le relais avec ses tribulations en France (où elle est aussi née) – Paris, Châtellerault, La Rochelle, Paris –, puis son départ pour quelques mois en Israël en 1967 (année de la Guerre des Six jours) en tant que volontaire au kibboutz de Houlda (où le célèbre écrivain israélien Amos Oz avait vécu un temps), et enfin derechef en 1968 après les événements de mai, à la recherche d’indépendance (la sienne) et de nouveaux horizons. Elle obtient la nationalité israélienne à son arrivée en vertu de la Loi du retourLoi qui garantit à tout Juif le droit d’immigrer en Israël. et commence par y étudier les bases de l’hébreu dans un oulpanOrganisme d’enseignement intensif de l’hébreu en Israël., puis entre au Technion, l’institut technologique d’Israël, en deuxième année de mathématiques (après quelques errances dans d’autres départements) où elle fait connaissance de Michel. Quant au service militaire (obligatoire pour hommes et femmes), elle en a été dispensée : trop vieille (elle avait 20 ans…). Elle se marie en Israël et a deux filles. Quelques années plus tard, elle décide de rentrer en France « deux enfants sous un bras, deux valises sous l’autre ».

Les chemins de Sylvie et Michel se séparent à la fin de leurs études, et ce n’est que quelque 45 ans plus tard que Sylvie tombe fortuitement sur le profil de Michel dans LinkedIn qui le lui suggère comme ami (sans doute au vu de leur parcours technionesque commun). N’ayant pas de compte payant sur le site, elle ne peut l’y contacter, mais arrive finalement à le faire par un autre moyen, et c’est ainsi qu’ils se sont retrouvés.

À propos du service militaire en Israël, Jean-Philippe raconte que, lors de sa visite dans ce pays l’année dernière, il avait remarqué avec beaucoup d’étonnement qu’il y avait des soldats partout – non pas pour surveiller, mais très présents dans la société, dans les rues, dans les tramways, visitant des musées, attablés à des cafés, dans … – très jeunes, armés jusqu’au dents et en même temps très bon enfant.

Puis c’est au tour des deux Françoises de parler de leur « petite expérience » en Israël avec le chœur de l’orchestre de Paris. Françoise (C.) raconte que Daniel Barenboim, à l’initiative de qui ce chœur avait été créé en 1976, avait donné son cachet pour financer son voyage en Israël (avril 1986) – transport, hébergement et repas y compris – à Pâques pour chanter la Damnation de Faust d’Hector Berlioz. Les choristes purent y faire des excursions, notamment au lac de Tibériade. Puis derechef en 1986, toujours à l’initiative de Barenboim, cette fois-ci à Noël, pour chanter La Création de Haydn sous la direction de Zubin Mehta. À la répétition du matin avec les trois solistes – José van Dam, Barbara Hendricks et Chris Merritt –, il manquait un pianiste. Daniel Barenboim se trouvant dans les parages en tenue très décontracté, Mehta l’a sollicité pour ce faire, avec les répliques de quelques choristes qui assistaient à la répétition assis dans la salle. Durant ce voyage, certains en ont profité pour partir en excursion à Eilath, alors que Françoise (C.) a fait une marche de Beer-Sheva à Massada1. Puis, se plongeant en maillot de bain dans la Mer Morte et se badigeonnant de boue, son groupe a entonné le chœur des Buveurs2 de la Damnation de Faust. Enfin, le chœur est allé chanter la messe de minuit au monastère d’Abu Gosh (situé entre Jérusalem et Tel-Aviv). Bien des années plus tard, vers 2014-2015, Françoise a été sélectionnée par Arts et Vie pour accompagner deux voyages en Israël. Le but du second était d’aller écouter la Traviata à Massada par 45° à l’ombre, après quoi leur groupe est passé par le même monastère, où elle a rencontré un moine qui avait assisté à leur concert des années auparavant.

Quant à Françoise (P.), elle a « fait » Massada, de jour, avec José van Dam, si drôle et sympathique. Elle se souvient aussi très bien et avec beaucoup de plaisir de la messe de minuit à Abou Gosh. Mais son plus grand souvenir, c’est celui d’avoir fait le Chemin de croix. Une anecdote : lors d’une balade en voiture avec son mari et quelques amis un soir après la répétition, ils se sont égarés à Jérusalem et retrouvés dans le quartier ultra-orthodoxe de Mea Shearim ; et voilà qu’ils se sont fait lapider par ces intégristes, sans pouvoir même leur demander leur chemin3

Betty a dû aller 6-7 fois en Israël en touriste, souvent avec une proche amie. La dernière fois, en décembre 2018, elle s’est trouvé dans le très beau (et bobo, même) quartier de Neve Tsedek de Tel-Aviv, où siègent nombre d’organismes culturels, avec, entre autres, Yung Yidish TLV qu’anime Mendi Kahan. Lors d’un de ces voyages, elle a visité le quartier de Mea Shearim sans aucun problème.

Un échange s’engage alors entre les zoomistes autour de la question des fractures sociales croissantes qui affectent nombre de pays démocratiques – entre ultras (religieux mais pas que) et non ultras, entre gauches et droites, avec, comme le signale Sylvie, l’amalgame facile entre la politique d’un pays et son peuple, en l’occurrence avec l’identification de sioniste = juif, avec comme corrélat de l’utilisation d’une posture antisioniste qui est de fait de l’antisémitisme, alors qu’il est tout à fait possible d’être antisioniste sans être antisémite : certains juifs – et notamment les ultra orthodoxes, opposés à un pays juif laïc – le sont.

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1. Vu la distance, on se demande comment ils ont fait tout cela en un jour…

2. En en écoutant les paroles – « Oh ! Qu’il fait bon quand le ciel tonne […] se remplir comme une tonne dans un cabaret enfumé ! J’aime le vin… » – on peut comprendre que Françoise (C.) préfère des conteneurs de 2 l. aux bouteilles de 3/4 l.

3. Hypothèse : aurait-ce été un vendredi soir, début du Shabbat où, entre autres interdits, on ne peut utiliser de voiture ?

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9 novembre 2020

Apéro virtuel II.8 – lundi 9 novembre 2020

Classé dans : Arts et beaux-arts, Lieux — Miklos @ 23:59

Hommes potelés. Cliquer pour agrandir.

Françoise (C.) ouvre la séance en racontant les péripéties de son voyage en Inde, en 1990, en tant que membre du chÅ“ur de l’Orchestre de Paris dirigé par Arthur Oldham, pour chanter à Calcutta et à Delhi : manque de chambres à l’hôtel le premier soir, départ le lendemain matin pour l’aéroport à 5 h au lieu de 9 h ; manque de places dans l’avion et donc attente de nombreuses heures pour l’avion suivant ; après le concert à Calcutta plus rien à manger à la réception en leur honneur à l’ambassade de France… Puis ils ont fait une collecte pour Mère Teresa et sont allé donner un concert a cappella très émouvant dans son couvent, dont les sÅ“urs n’avaient évidemment pas pu venir assister au concert public. Au moment de décoller de Calcutta pour retourner à Delhi, ils aperçoivent, depuis l’avion, un gros charriot sur le tarmac chargé… des instruments de musique de leurs musiciens, qui auraient dû se trouver dans la soute. La fin du voyage, concert y compris, s’est bien passée. Bien d’autres voyages mémorables lui reviennent à l’esprit, tel celui à Carnegie Hall sous la direction de Daniel Barenboim et chantant La Damnation de Faust… Dans les pays où ils se rendaient, ils devaient chanter l’hymne national dans la langue locale et par cÅ“ur : elle nous entonne donc une partie de celui chanté en Inde avec les paroles idoines (on n’a pu vérifier) ou en Israël (Michel confirme !), Sylvie n’en connaissant que l’air sans les paroles. Ce qui rappelle à Michel cette histoire de l’élève de l’école primaire, qui, l’institutrice lui demandant de réciter la table de multiplication de 2, se met à chantonner la la laaaaaa, la, la ; la la laaaaaa, la. en disant qu’il ne se souvient que de l’air, pas des paroles.

Sylvie prend le relais et nous parle d’un autre voyage musical, celui où elle était allé chanter Le Messie de Händel au Royal Albert Hall à Londres dans le cadre des concerts Messiah From Scratch qui s’y donnent annuellement1 depuis 1974 par le Really Big Chorus, où l’on peut chanter (toujours la même Å“uvre) sans audition préliminaire. Cette fois-là, il y avait quelque 3500 chanteurs répartis (évidemment) dans la salle pour un public de 800 personnes, le chef étant sur une estrade sur la scène, qui se trouve au centre de la salle ovale, elle-même en gradins tout autour. Elle y a chanté avec les ténors. Ce qui a frappé Sylvie c’est l’acoustique très particulière du lieu (connu pour sa trop grande réverbération, qu’on tente de corriger avec des barres en verre suspendues au plafond !) : à certains moments, elle entendait des voix incroyablement pures, à d’autres un brouhaha de voix mêlées de façon indistincte. À l’entr’acte, elle a pu parler avec ses voisins – l’un de Cornouailles, l’autre au nord de Birmingham. Elle y a croisé d’autres Français, aussi. Sylvie devait aussi y participer l’année dernière, mais du fait des grèves ici elle n’a pu s’y rendre. Celui prévu pour cette année, le 15 novembre, a été annulé du fait de la pandémie. Jean-Philippe évoque alors le fameux concert du nouvel an à Vienne, où, là aussi, on joue quasiment toujours les mêmes Å“uvres, puis des concerts similaires dans d’autres villes européennes.

Jean-Philippe rebondit sur le voyage en Inde de Françoise C. et parle des trois voyages qu’il y a faits (dans le sud ; du côté de Mumbai et le Gujarat ; dans le nord), en été (du fait de ses congés), lors de la fête nationale indienne, le 15 août. À chaque fois, c’était extraordinaire. Dans le sud, il s’est trouvé, avec le groupe dans lequel il voyageait, dans un collège ; dans la cour, on les a fait monter sur l’estrade près du proviseur qui a annoncé la présence de visiteurs français, alors que des jeunes en uniforme d’élèves faisaient des mouvements gymniques et leur ont chanté la Marseillaise après leur hymne national. Lors de son second voyage, c’est le maire de la ville où ils se trouvaient qui est venu à l’hôtel où ils séjournaient, avec un convoi de militaires ; dans la cour, ils ont envoyé les couleurs. Ailleurs dans la région, dans un autre collège, une centaine d’étudiants s’étaient mis aux fenêtres et ont chanté l’hymne indien, qui a ainsi entouré Jean-Philippe et son groupe. Lors du troisième voyage, au Rajastan, ils sont allés dans une école primaire, ils se sont répartis dans les classes, et ont répondu aux questions des enfants. Trois événements majeurs, c’est clair que pour ces jeunes il y avait la conscience de la nation indienne et le respect de ses institutions, ce qui devait exister ici du temps de la Troisième République mais s’est perdu depuis?. Est-ce que cela reviendra après ce qui est arrivé à Samuel Paty. Jean-Philippe termine sa présentation en nous montrant un livre qu’il n’a pas encore lu, Pérégrination1, de Fernão Mendes Pinto (~1511-1583) : l’auteur avait fait de nombreux voyages rocambolesques d’exploration et d’aventures, d’où ce livre de plus de 800 pages dont une moitié se passe en Inde, où il avait rencontré (entre autres) l’évangéliste François-Xavier.

Michel, dont l’arrière-plan représente un homme potelé (en fait, deux, pour mieux les voir), commence par montrer un très original produit de street art, celui du Gang des Potelets… qu’il avait découvert un jour de 2014 en passant rue des Blancs-Manteaux : 4 potelets décorés par le propriétaire d’un des magasins devant lequel se trouvent deux de ces potelets et qu’il a pu voir à l’œuvre. Ensuite, question voyage : Michel n’est encore jamais arrivé en Inde malgré son désir de voir le pays depuis son adolescence, mais il a tout de même fait un voyage dans les parages (enfin, vu d’ici) : au Vietnam (et un bout du Cambodge). Il montre donc quelques vues de l’extraordinaire baie d’Along, extraordinaires par ses couleurs, une symphonie de gris parfois éclaboussée par la couleur du vêtement d’un pécheur, extraordinaire par ses paysages de roche qu’on dirait en deux dimensions et découpées de façon malhabile et rangées comme un décor de théâtre, extraordinaire par ses animaux…

Françoise (P.) conclut brièvement l’apéro en disant garder, comme Françoise (C.) un souvenir extraordinaire de l’Inde, où elle s’est retrouvée face-à-face avec un éléphant dans la rue… et dont le grand souvenir est la visite du mouroir de Mère Teresa, et la collecte faite entre chanteurs et musiciens mentionnée – Françoise (C.) – lui a permis de construire trois salles d’hôpital.

En se séparant, Michel propose de rajouter aux thèmes précédents celui de cuisine, de gastronomie, d’un plat ou d’une recette remarquable (inspiré qu’il l’était par un bout de reportage sur le gâteau du marquis de Béchamel). Et comme toujours, libre à chacun de parler d’autre chose !

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1. Voici ce qu’André Clavel en disait dans L’Événement du jeudi : « La France a La Chanson de Roland, l’Italie a La Divine Comédie, l’Espagne a Don Quichotte. Et le Portugal ? Il a Pérégrination. En l’an 1537, un jeune moussaillon nommé Fernão Mendes Pinto s’embarque sur une caravelle portugaise. Il reviendra dans son pays vingt et un ans plus tard et racontera ses époustouflantes aventures dans cette Pérégrination, livre-culte qui nous entraîne aux confins du monde connu. Bravant typhons et épidémies, tour à tour géographe, naufragé, marchand, trafiquant, mercenaire, pirate, espion et diplomate, “treize fois captif, seize fois vendu”, le divin Pinto ressemble à un Marco Polo qui aurait lu Montesquieu et Jules Verne, décrivant d’une plume d’émeraude son odyssée rocambolesque. Le chef-d’œuvre de la littérature de voyage ? Il s’appelle Pérégrination ! Â»

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8 novembre 2020

Apéro virtuel II.7 – dimanche 8 novembre 2020

Classé dans : Arts et beaux-arts, Lieux — Miklos @ 23:59

Cliquer pour agrandir.

Françoise (P.) se joint à l’apéro, mais en langue des signes… on finit finalement par s’entendre respectivement via le téléphone de Michel.

Sylvie ouvre la séance avec un extrait de Paris. 10 balades sur les pas des compositeurs de Laurence Winthrop, qui fait donc le lien avec deux thématiques déjà évoquées – la musique et les balades dans Paris, tout en précisant qu’elle l’a souvent feuilleté mais jamais fait aucune des promenades qui y sont proposées… Elle nous fait parcourir celle évoquant Rossini et Offenbach, débutant aux Grands Boulevards, passant devant le Théâtre des Variétés, au travers du passage des Panoramas (que Michel avait précédemment évoqué), et s’achevant à l’Opéra-Comique, tout en évoquant leur histoire à l’époque. Les lieux ont, pour certains bien changé depuis ce temps révolu, et ces parcours s’apparentent à des pèlerinages…

Michel propose une déambulation différente dans Paris, non pas celle de son patrimoine visible, mais de son street art, éphémère de nature, fait clandestinement par principe mais de nos jours parfois accompli sur commande des mairies, comme le mentionne Sylvie pour le 20e arrondissement, et Michel pour le 4e (place Stravinski), le 13e (photos n° 32 et suivantes ici) et ailleurs. Après avoir montré deux références au grand écrivain Pierre Guyotat – son célèbre roman Tombeau pour cinq cent mille soldats et Rabia est un amour ?, phrase tirée de ses carnets – il montre brièvement trois séries de photos consacrées au street art qu’il a vu dans ses balades : des fresques de Mesnager vues sur la Petite Ceinture (il en a fait ailleurs aussi et se retrouve maintenant parfois dans des expositions…), une série consacrée aux animaux et finalement un pot-pourri, et qui comprend deux affichettes (n° 3 et 4) signées Paëlla et qu’il a découvert il y a déjà fort longtemps (il signait alors Paëlla Chimicos), aux contenus souvent reflétant un regard critique sur la société.

Françoise (P.) évoque une maîtresse en CM2, Madame Castex (qui ressemblait beaucoup au Castex que l’on connaît actuellement, dit-elle – et vérification faite, il s’avère qu’il est fils d’une institutrice, Nicole Castex, décédée en janvier) : c’est elle qui lui a donné le goût de la littérature et l’envie d’écrire, bien qu’à ce moment-là son orthographe était chancelante : au lieu de la critiquer, elle l’encourageait pour les bonnes idées qu’elle avait, ce qui lui a donné confiance et énergie pour apprendre à améliorer son écriture. Puis elle ajoute que sa propre cousine est devenue professeure de latin-grec parce qu’elle a eu comme professeure Jacqueline de Romilly. Par contre, son professeur d’histoire-géo en 4e ou 3e, était détestable : comme elle était bavarde, il lui ordonnait dès le début du cours de copier des pages du livre, et de ce fait elle ne pouvait suivre le cours. Michel raconte alors qu’en 8e, étant lui-même très bavard, l’instituteur M. Cabirol l’avait placé entre deux élèves chargés de le gifler s’il se mettait à parler… L’ayant dit à sa maman, elle est allé voir l’individu à la sortie des classes pour le sommer d’arrêter, et a raconté ultérieurement qu’elle l’aurait giflé devant les autres parents s’il avait récidivé.

Pour finir, Jean-Philippe nous parle d’un autre livre consacré à des balades dans Paris : Un Paris révolutionnaire – émeutes, subversions, colères aux Éditions Libertaires, par de nombreux contributeurs sous la coordination de Claire Auzias. C’est bien un guide de promenades sur quelques 150 lieux parisiens avec comme thématique les révoltes et révolutions (comme le précise le sous-titre) depuis François Villon jusqu’à peu avant les Gilets Jaunes. Structuré par arrondissements (ceux en usage actuellement), il est très richement illustré de dessins de gravures et d’affiches (mais pas de photos) et lieux, événements et personnages célèbres qui y ont été associés, français comme étrangers (par exemple : Karl Marx, Victor Serge, Walter Benjamin…, ce dernier auteur du célèbre Paris capitale du XIXe siècle, où il parle des fameux passages, dont Michel avait montré quelques vues avant-hier) et y suggère quelques balades. La plupart de ces endroits ne portent pas de plaque rappelant leur signification d’alors. Seul manque regrettable : un index des noms référencés dans le livre. Deux ouvrages de base ont servi de référence aux auteurs de celui-ci : le Dictionnaire historique des rues de Paris de Jacques Hillairet et le fameux Maitron, dictionnaire biographique du mouvement ouvrier et du mouvement social.

En se séparant, Michel propose de rajouter aux thèmes précédents celui du voyage. Et libre à chacun de parler d’autre chose !

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6 novembre 2020

Apéro virtuel II.5 – vendredi 6 novembre 2020

Classé dans : Actualité, Arts et beaux-arts, Lieux — Miklos @ 23:59

De la galerie Vivienne à Paris à la centrale thermique du Havre via la plage de Trouville.
Cliquer pour agrandir.

Après avoir levé ensemble (bon difficile à synchroniser parfaitement sur Zoom) le coude, Michel ouvre la séance par une brève pré­sen­tation de quelques galeries et passages couverts de Paris qui s’est terminée sur une vue de la plage de Trouville et, au loin, Le Havre (cf. photos ici, prises lors des différentes visites de Paris et de ses musées, monuments et autres lieux intéressants qu’il avait fait faire à des couchsurfeurs qu’il avait hébergés et nourris, le tout gracieu­sement).

Après, c’est le tour de Sylvie : ayant parcouru le très beau site dont François avait envoyé l’adresse et qu’il avait fait suivre, elle parle (et montre des photos) d’un des monuments qui y sont mentionnés, Saint-Germain-de-Charonne, l’une des plus anciennes églises de Paris, et de ses environs, rues et autres lieux intéressants (religieux ou non). Puis, pour faire le lien avec un thème d’un précédent apéro, l’enseignement, elle raconte son expérience entre autres à la FCPE (fédération des conseils de parents d’élèves). Jean-Philippe rappelle que cette église était devenue quelque peu mythique au cinéma, parce qu’on la voit entre autres dans Les Tontons flingueurs.

Françoise (C.) aurait voulu par exemple faire visiter les Navigli, quartier pittoresque en bordure de Milan (ville dans laquelle elle se trouve actuellement) où l’on trouve encore quelques restes des canaux artificiels construits au cours des siècles passés, mais ne sachant comment montrer les photos qu’elle en a fait, elle n’a pu préparer leur présentation pour l’apéro. Michel lui dit alors qu’il l’aidera pour ses prochaines présentations.

Enfin, Jean-Philippe présente un de ses livres, Paris déplacé. Du XVIIIe siècle à nos jours (architecture, fontaines, statues, décors) de Ruth et Gilles Fiori, qui relate plus de 200 « déplacements Â» du patri­moine parisien, dans Paris ou ailleurs en France, voire à l’étranger ; ainsi, l’édifice original de la Gare du Nord se trouve… à Lille.

On termine l’apéro sans pouvoir éviter d’évoquer la paire Trump-Biden.

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