Kol Hakavod !
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Madame Lefranc posait sa colle favorite sur ses découpages quand son fils rentra de l’école en boudant.
— « C’est pas pour qu’on me pose des colles que je vais à l’école ! » maugréa-t-il.
Par la fenêtre, elle aperçut son voisin Fernand, perché sur un rocher au-dessus du Col de l’Après-midi, en train de siffler allègrement sa boisson favorite. Une ’tite goutte d’alcool, ça fait du bien par où c’que ça passe, fredonnait-il entre deux gorgées, philosophe comme un bouquetin en retraite.
Pendant ce temps, dans le salon, sa belle-sœur Gisèle se maquillait avec la précision d’une chirurgienne.
— « J’adore ce kohl », soupira-t-elle béatement, admirant ses yeux de Cléopâtre dans le miroir.
Madame Lefranc regarda tour à tour son fils boudeur, Fernand inaccessible là-haut sur son rocher, et sa belle-sœur narcissique.
Elle prit la bouteille de colle. La referma. La rouvrit. La referma encore.
Puis elle attrapa le kohl de Gisèle et s’en traça deux grands cernes noirs sous les yeux.
Désormais, elle aussi avait l’air de quelqu’un qui avait besoin d’un verre.




