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« Je donne mon avis non comme bon mais comme mien. » — Michel de Montaigne

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18 avril 2021

Récapitulons…

Classé dans : Religion — Miklos @ 23:59


« Qui sait ce que désigne un ? », Haggadah de Copenhague, 1739.
Cliquer pour agrandir.

La Haggadah de Pâque est un recueil fort ancien de prières, questions-réponses, hymnes, louanges et récits formant le rituel autour du dîner festif de la première nuit de la Pâque juive célébrant la Sortie d’Égypte. Il en existe de magnifiques éditions manuscrites, illustrées de riches enluminures (et pour certaines disponibles en facsimilés). Vers la toute fin de ce recueil se trouve une chanson à récapitulation datant au moins de 1406.

Par coïncidence, on a trouvé une chanson très semblable (mais différent évidemment selon les spécificités des deux religions) dans « Légendes, Chansons de Filasse et de Filerie, Noëls, Ballades », in Le Livre des mères. Les Enfantines du « bon pays de France », recueillies par Ph. Kuhff, 1878 (source). Elle est probablement la version française d’une chanson allemande traduite quasi littéralement, Guter Freund, ich frage dich (on peut en voir ici quatre mélodies, toutes publiées au XIXe siècle).

Les voici en regard l’une de l’autre :

Haggadah de Pâque (trad.)

Le Livre des mères

Qui sait ce que désigne un ?
Moi je sais ce que désigne un :
Un – notre Dieu, dans le ciel et sur terre.

 
 
Il n’y a qu’un seul Dieu.
Il n’y a qu’un seul Dieu.

Qui sait ce que désigne deux ?
Moi je sais ce que désigne deux :
Deux – les Tables de la Loi,
Un – notre Dieu, dans le ciel et sur terre.

Dis-moi pourquoi deux,
Dis-moi pourquoi deux ?
— Il y a deux Testaments.
Il n’y a qu’un seul Dieu,
Il n’y a qu’un seul Dieu.

Qui sait ce que désigne trois ?
Moi je sais ce que désigne trois :
Trois – les patriarches1,
Deux – les Tables de la Loi,
Un – notre Dieu, dans le ciel et sur terre.

Dis-moi pourquoi trois,
Dis-moi pourquoi trois ?
— Il y a trois grands patriarches,
Il y a deux Testaments,
Il n’y a qu’un seul Dieu,
Il n’y a qu’un seul Dieu.

Qui sait ce que désigne quatre ?
Moi je sais ce que désigne quatre :
Quatre – les matriarches2,
Trois – les patriarches,
Deux – les Tables de la Loi,
Un – notre Dieu, dans le ciel et sur terre.

Dis-moi pourquoi quatre,
Dis-moi pourquoi quatre ?
— Il y a quatre évangélistes,
Il y a trois grands patriarches,
Il y a deux Testaments,
Il n’y a qu’un seul Dieu,
Il n y a qu’un seul Dieu.

Qui sait ce que désigne cinq ?
Moi je sais ce que désigne cinq :
Cinq – les livres du Pentateuque,
Quatre – les matriarches,
Trois – les patriarches,
Deux – les Tables de la Loi,
Un – notre Dieu, dans le ciel et sur terre.

Dis-moi pourquoi cinq,
Dis-moi pourquoi cinq ?
— Il y a cinq livres de Moïse,
Il y a quatre évangélistes,
Il y a trois grands patriarches,
Il y a deux Testaments,
Il n’y a qu’un seul Dieu,
Il n’y a qu’un seul Dieu.

Qui sait ce que désigne six ?
Moi je sais ce que désigne six :
Six – les chapitres de la Mishna3,
Cinq – les livres du Pentateuque,
Quatre – les matriarches,
Trois – les patriarches,
Deux – les Tables de la Loi,
Un – notre Dieu, dans le ciel et sur terre.

Dis-moi pourquoi six,
Dis-moi pourquoi six ?
Six urn’s de vin remplies à Cana, en Galilée,
Il y a cinq livres de Moïse,
Il y a quatre évangélistes,
Il y a trois grands patriarches,
Il y a deux Testaments,
Il n’y a qu’un seul Dieu,
Il n’y a qu’un seul Dieu.

Qui sait ce que désigne sept ?
Moi je sais ce que désigne sept :
Sept – les jours de la semaine,
Six – les chapitres de la Mishna,
Cinq – les livres du Pentateuque,
Quatre – les matriarches,
Trois – les patriarches,
Deux – les Tables de la Loi,
Un – notre Dieu, dans le ciel et sur terre.

Dis-moi pourquoi sept,
Dis-moi pourquoi sept ?
— Il y a sept sacrements,
Six urn’s de vin remplies à Cana, en Galilée,
Il y a cinq livres de Moïse,
Il y a quatre évangélistes,
Il y a trois grands patriarches,
Il y a deux Testaments,
Il n’y a qu’un seul Dieu,
Il n’y a qu’un seul Dieu.

Qui sait ce que désigne huit ?
Moi je sais ce que désigne huit :
Huit – les jours précédant la circoncision,
Sept – les jours de la semaine,
Six – les chapitres de la Mishna,
Cinq – les livres du Pentateuque,
Quatre – les matriarches,
Trois – les patriarches,
Deux – les Tables de la Loi,
Un – notre Dieu, dans le ciel et sur terre.

Dis-moi pourquoi huit,
Dis-moi pourquoi huit ?
— Il y a huit béatitudes,
Il y a sept sacrements,
Six urn’s de vin remplies à Cana, en Galilée,
Il y a cinq livres de Moïse,
Il y a quatre évangélistes,
Il y a trois grands patriarches,
Il y a deux Testaments,
Il n’y a qu’un seul Dieu,
Il n’y a qu’un seul Dieu.

Qui sait ce que désigne neuf ?
Moi je sais ce que désigne neuf :
Neuf – les mois de la grossesse,
Huit – les jours précédant la circoncision,
Sept – les jours de la semaine,
Six – les chapitres de la Mishna,
Cinq – les livres du Pentateuque,
Quatre – les matriarches,
Trois – les patriarches,
Deux – les Tables de la Loi,
Un – notre Dieu, dans le ciel et sur terre.

Dis-moi pourquoi neuf,
Dis-moi pourquoi neuf ?
— Il y a neuf chœurs des anges,
Il y a huit béatitudes,
Il y a sept sacrements,
Six urn’s de vin remplies à Cana, en Galilée,
Il y a cinq livres de Moïse,
Il y a quatre évangélistes,
Il y a trois grands patriarches,
Il y a deux Testaments,
Il n’y a qu’un seul Dieu,
Il n’y a qu’un seul Dieu.

Qui sait ce que désigne dix ?
Moi je sais ce que désigne dix :
Dix – les Commandements,
Neuf – les mois de la grossesse,
Huit – les jours précédant la circoncision,
Sept – les jours de la semaine,
Six – les chapitres de la Mishna,
Cinq – les livres du Pentateuque,
Quatre – les matriarches,
Trois – les patriarches,
Deux – les Tables de la Loi,
Un – notre Dieu, dans le ciel et sur terre.

Dis-moi pourquoi dix,
Dis-moi pourquoi dix ?
— Il y a dix commandements,
Il y a neuf chœurs des anges,
Il y a huit béatitudes,
Il y a sept sacrements,
Six urn’s de vin remplies à Cana, en Galilée,
Il y a cinq livres de Moïse,
Il y a quatre évangélistes,
Il y a trois grands patriarches,
Il y a deux Testaments,
Il n’y a qu’un seul Dieu,
Il n’y a qu’un seul Dieu.

Qui sait ce que désigne onze ?
Moi je sais ce que désigne onze :
Onze – les étoiles,
Dix – les Commandements,
Neuf – les mois de la grossesse,
Huit – les jours précédant la circoncision,
Sept – les jours de la semaine,
Six – les chapitres de la Mishna,
Cinq – les livres du Pentateuque,
Quatre – les matriarches,
Trois – les patriarches,
Deux – les Tables de la Loi,
Un – notre Dieu, dans le ciel et sur terre.

Dis-moi pourquoi onze,
Dis-moi pourquoi onze ?
— Il y a onze cent mill’ vierges,
Il y a dix commandements,
Il y a neuf chœurs des anges,
Il y a huit béatitudes,
Il y a sept sacrements,
Six urn’s de vin remplies à Cana, en Galilée,
Il y a cinq livres de Moïse,
Il y a quatre évangélistes,
Il y a trois patriarches,
Il y a deux Testaments,
Il n’y a qu’un seul Dieu,
Il n’y a qu’un seul Dieu.

Qui sait ce que désigne douze ?
Moi je sais ce que désigne douze :
Douze – les tribus,
Onze – les étoiles,
Dix – les Commandements,
Neuf – les mois de la grossesse,
Huit – les jours précédant la circoncision,
Sept – les jours de la semaine,
Six – les chapitres de la Mishna,
Cinq – les livres du Pentateuque,
Quatre – les matriarches,
Trois – les patriarches,
Deux – les Tables de la Loi,
Un – notre Dieu, dans le ciel et sur terre.

Dis-moi pourquoi douze,
Dis-moi pourquoi douze ?
— Il y a douze apôtres,
Il y a onze cent mill’ vierges,
Il y a dix commandements,
Il y a neuf chœurs des anges,
Il y a huit béatitudes,
Il y a sept sacrements,
Six urn’s de vin remplies à Cana, en Galilée,
Il y a cinq livres de Moïse,
Il y a quatre évangélistes,
Il y a trois patriarches,
Il y a deux Testaments,
Il n’y a qu’un seul Dieu,
Il n’y a qu’un seul Dieu.

Qui sait ce que désigne treize ?
Moi je sais ce que désigne treize :
Treize – les attributs divins,
Douze – les tribus,
Onze – les étoiles,
Dix – les Commandements,
Neuf – les mois de la grossesse,
Huit – les jours précédant la circoncision,
Sept – les jours de la semaine,
Six – les chapitres de la Mishna,
Cinq – les livres du Pentateuque,
Quatre – les matriarches,
Trois – les patriarches,
Deux – les Tables de la Loi,
Un – notre Dieu, dans le ciel et sur terre.

1Abraham, Isaac et Jacob.

2Sarah (épouse d’Abraham), Rebecca (épouse d’Isaac), Rachel et Léa (épouses de Jacob).

3Premier des recueils de la loi juive dite orale.

26 janvier 2021

מסיתרי העולם החרדי

Classé dans : Littérature, Société — Miklos @ 0:21

 
מימין – הספר. משמאל – קיטלודו בספריה הלאומית. לחץ על התמונה להגדלתה.

אני כעת קורא את הספר שתיקת החרדים מעת שייע בריזל, בהוצאת משכל/ידיעות אחרונות משנת 1999. החלק הראשון (אני כעת מתקרב לסיום הספר) הרשים אותי מאד בתוכנו המרגש ולא פעם מזעזע, על אף סגנון לפעמים ”כבד“ – כגון חזרות על דברים שנכתבו לא הרחק קןדם.

אבל מאמצע הספר שמתי לב לשימוש באוצר מלים די מפתיע מפי (או מעט) יוצא החברה החרדית, כמו ”הבחורה הייתה אסרטיבית“. בערך מאותו איזור בספר, הסיפור נקרא יותר כרומן מאשר כסיפור תיעודי.

מתוך סקרנות, התחלתי לחפש מידע על יצירה זו, באתר הספריה הלאומית (ובמקורות אחרים, אבל זו האמינה בעיני) מופיע בקיטלוג אותה הוצאה ”שתיקת החרדים / שייע בריזל ; כתבה יפעת אביצדק-קלפה“.

לפי מקור זה – ואחרים – היא מחברת הספר ולא ”שייע בריזל“, אבל שמה אינו מופיע בשום מקום בספר שבידי. בו מצוינים שלשה שמות אחרים:

1. ”עריכה לשונית: איילת בר טל“.

2. ”תודה לשרון שמואלי שהייתה הראשונה שעזרה לי להוציא את זכרונותי ואת רגשותי מהמוח אל הפועל. תודה לסופרת אורלי וינר-קראוס, שנטעה בי אומץ להוציא את הספר“.

האם כל הספר אינו אלא רומן של אותה מחברת, ומדוע שמה אינו מופיע בספר?

פתרון התעלומה

מספר ימים מאוחר יותר, קבלתי תשובה ממקור מוסמך ביותר: שייע ברילז (שם בדוי) סיפר את חייו לאותה מחברת, שרשמה וערכה אותם. המהדורה הראשונה (זו שבידי) לא נשאה את שמה מחשש תביעות, אבל הופיע במהדורות מאוחרות יותר. מידע זה מאפשר להעריך את התוכן לערכו ולהתעלם משאלות הסגנון. נשאר רק לקוות ששייע בריל מצא, עם הזמן, שלוות נפש ואולי גם קשר חם יותר עם משפחתו.

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29 novembre 2020

Apéro virtuel II.28 – dimanche 29 novembre 2020

Sylvie, Jean-Philippe et Léo, ce dernier soutenu en arrière-plan par Superman, rejoignent The Emperor dont la présence fait écho justement à cet infâme prétendu sur­homme de papier, et, indi­rec­tement, à la dispa­rition hier de l’acteur anglais David Prowse qui avait incarné Dark Vador (sans la voix) dans Star Wars. Cette person­nalité partie et Michel arrivé, Léo change son arrière-plan en le remplaçant par une image de bande dessinée repré­sentant une femme armée tenant en joue un homme (cf. ci-contre). Il s’agit de Ms. June Justis, « la seule femme membre du FBI des US », parue dans le magazine G-Woman en décembre 1937 (alors que Wonder Woman, adulée par Sylvie et ses filles, n’a fait son apparition qu’en 1941) – et ce n’est que plus tard que les héros masculins ont évincé quasiment toutes leurs contreparties féminines de ce type de littérature.

Françoise (P.) arrivant, Léo et Sylvie mentionnent respectivement Little Orphan Annie, parue en 1924 (en anglais uniquement) et Fifi Brindacier (nom complet : Fifilolotte Victuaille Cataplasme Tampon Fille d’Efraïm Brindacier) en 1945 (en suédois puis en français et nombre de langues). Tous deux s’accordent pour avoir adoré Tartine Mariol, créée en 1955 – pastiche de Martine Carol… –, vieille grand-mère avec un menton en galoche, avec des poils, des gros godillots, mais balaise comme tout, qui avait du punch et mettait k.o. tous les méchants, que Sylvie avait dû lire en cachette. Lorsqu’elle a passé son bac avec succès, à la question de ses parents quel cadeau lui ferait plaisir, elle a répondu qu’elle aimerait avoir le tout premier volume d’Astérix (Astérix le Gauiois) de Goscinny. Jean-Philippe dit alors qu’il était assez mal dessiné par rapport aux versions suivantes, Sylvie rajoutant que c’est le cas pour beaucoup de bandes dessinées, par exemple celle de Mickey. Léo cite alors l’analyse de Stephen J. Gould concernant l’évolution du personnage de Mickey et de sa repré­sen­tation, turbulent, voire légèr­ement sadique à ses débuts, puis, au fur et à me sure de son succès populaire, il s’amadoue dans son compor­tement, ce qui se reflète aussi dans sa repré­sen­tation, devenant graduel­lement de plus en plus juvénile, puis enfantine malgré son âge inchangé (processus appelé néoténie), dans le but d’exploiter l’affection humaine profonde pour les jeunes. Et ainsi, le rapport tête – corps de Mickey, initialement celui d’un adulte, évolue vers celui d’un adolescent. Michel, quant à lui, n’a jamais aimé Mickey.

Après un bref échange entre Françoise (P.) et Jean-Philippe à propos du « caractère bien trempé » de Françoise Giroud (évoquée en mentionnant le décès de Jean-Louis Schreiber hier) et de ses présumés actes (qu’elle a nié) à l’encontre des parents de JJSS qui s’était séparé d’elle, pour se marier à une (autre) jeune femme, Michel lit trois citations d’un même auteur, la première de circonstance vu le contexte :

– Vaurien, tu viens de prendre la taille à ma femme !
– Moi, Monsieur ? Fouillez-moi !

Alphonse Allais ? Non.

– Sais-tu pourquoi les sauvages vont tout nus ?
– Parce que Christophe Colomb les a découverts.

Tristan Bernard ? Non. Le dernier indice, plus long, est une fable en alexandrins, Bon conseil aux amants :

Un brave ogre des bois, natif de Moscovie,
Était fort amoureux d’une fée, et l’envie
Qu’il avait d’épouser cette dame s’accrut
Au point de rendre fou ce pauvre cœur tout brut.
L’ogre, un beau jour d’hiver, peigne sa peau velue,
Se présente au palais de la fée, et salue,
Et s’annonce à l’huissier comme prince Ogrousky.
La fée avait un fils, on ne sait pas de qui.
Elle était ce jour-là sortie, et quant au mioche,
Bel enfant blond nourri de crème et de brioche,
Don fait par quelque Ulysse à cette Calypso,
Il était sous la porte et jouait au cerceau.
On laissa l’ogre et lui tout seuls dans l’antichambre.
Comment passer le temps quand il neige en décembre.
Et quand on n’a personne avec qui dire un mot ?
L’ogre se mit alors à croquer le marmot.
C’est très simple. Pourtant c’est aller un peu vite,
Même lorsqu’on est ogre et qu’on est moscovite,
Que de gober ainsi les mioches du prochain.
Le bâillement d’un ogre est frère de la faim.
Quand la dame rentra, plus d’enfant. On s’informe.
La fée avise l’ogre avec sa bouche énorme.
— As-tu vu, cria-t-elle, un bel enfant que j’ai ?
Le bon ogre naïf lui dit : « Je l’ai mangé. »
 
Or, c’était maladroit. Vous qui cherchez à plaire,
Ne mangez pas l’enfant dont vous aimez la mère.

Pour bien comprendre le – double – sens de cette fable, il est bon de garder en mémoire le premier sens de marmotFigure grotesque décorant un élément architectural et, en partic., un heurtoir de porte. et celui de croquer le marmotAttendre longtemps en se morfondant.. L’ogre, un peu simplet, est passé du figuré au littéral.

Jean de la Fontaine ? Que nenni. Dickens ? Oh no! Jules Renard ? Eh non. Il s’agit de Victor Hugo, dont l’humour souvent féroce paraît dans ses écrits (on pense surtout aux Châtiments), à l’instar de ce petit quatrain à l’encontre de Louis Veuillot, journaliste, partisan passionné du catholicisme ultramondain :

O Veuillot, face immonde encore plus que sinistre,
Laid à faire avorter une femme, vraiment !
Quand on te qualifie et qu’on t’appelle cuistre,
                istre est un ornement.

Ces quatre citations sont tirées d’un livre que Michel n’a de cesse de parcourir depuis qu’il l’a acheté dans les années 1960 : Humour 1900, éd. J’ai lu.

C’est au tour de Françoise (P.) de poser quelques devinettes : avez-vous entendu parler de Victor Lustig ? Jean-Philippe répond du tac au tac : « Un escroc international ». Françoise dit alors avoir cherché qui étaient les plus grands escrocs au niveau mondial ; Lustic a vendu la Tour Eiffel (en 1920)…

Et Anna Anderson ? Imposteuse s’étant faite passer, au début des années 1920, pour la princesse Anastasia, qui donc n’aurait pas été tuée avec son père, le tsar Nicolas II, et leur famille, en 1918. Si cette imposture est démontée à partir de 1927 – il s’agit en fait d’une ouvrière polonaise mentalement malade –, elle ne sera définitivement prouvée par des tests ADN en 1998 (ce qui n’a pas mis fin aux thèses soutenant l’affirmation d’Anderson). Michel et Sylvie mentionnent qu’il y a eu d’autres prétendues Anastasia…

Et Charles Ponzi ? Certains des présents ont entendu parler de la pyramide de Ponzi, d’autres non. Il s’agit d’un montage financier frauduleux inventé par cet Italien arrivé fauché aux US au début du XXe siècle, régulièrement utilisée jusqu’à nos jours et récemment rendue célèbre par l’affaire Madoff. Léo dit alors que David Lescot en a fait une pièce de théâtre (avec chœur). Jean-Philippe signale qu’une arnaque de ce type a eu lieu très récemment (durant la pandémie actuelle) par l’entremise des réseaux « sociaux ».

Léo mentionne une arnaque très simple : une annonce parue dans un journal disait « Vous n’avez plus que 3 jours pour envoyer 1$ à Mr. Un Tel » (et l’adresse était fournie), sans autre précision ; le lendemain, « Vous n’avez plus que 2 jours… », etc. Et ce Mr. Un Tel avait tout de même récolté 1000 ou 2000$/ Ce type de procédé est dorénavant interdit.

Et quid de van Meegeren ? On avait effectivement entendu parler de ce grand arnaqueur dans le monde de la peinture (il « créait » des Veermer).

Quant à Frank Abagnale Jr., jeune escroc, faussaire et imposteur, il se reconvertit finalement en conseil et détection de fraudes. Sa vie – romancée, sans doute – a été l’objet en 2003 du film Arrête-moi si tu peux de Spielberg avec DiCaprio et Tom Hanks.

La conversation aborde alors le sujet des arnaques par courriel, et Michel met en garde contre des mails qui semblent venir d’amis ou d’organismes connus, et qui demandent (ou proposent) soit d’ouvrir une pièce jointe – celle-ci peut contenir un virus informatique –, soit de cliquer sur un lien menant vers un site Web – qui peut télécharger subrepticement des virus dans l’ordinateur –, soit enfin de répondre par mail au dit ami ou organisme, mais en fait l’adresse de réponse n’est pas celle de la personne à laquelle on pense mais en diffère si peu qu’on ne remarque pas cette différence…

Léo signale une plateforme Web utile pour lutter contre la désinformation dans des domaines aussi divers que les médias et la technologie (dont l’inter­net), la politique, l’envi­ron­nement, la santé (d’autant plus impor­tant ces temps-ci)… il s’agit de hoaxbuster.com.

Pour redétendre l’atmosphère, Michel lit une brève histoire tirée de Humour 1900, Old England de Mac-Nab (1856-1889), poète et chansonnier français. L’extrait ci-dessous est copié de l’édition des Poèmes mobiles * Monologues de l’auteur, publiée en 1886.

Jean-Philippe rebondit sur la mention qu’avait faite Michel, lors d’un récent apéro, de la Cantilène de Sainte Eulalie, datant de la fin du IXe siècle comme étant le premier document écrit en langue française. Ayant un vague souvenir de ses études d’antan et ayant effectué des recherches de son côté, il a trouvé ceci : peuvent prétendre être les premiers en français cinq textes écrits entre 842 – les Serments de Strasbourg1 – et 1050 – La Vie de Saint Alexis, tous sauf le premier étant des textes religieux, écrits pas uniquement en latin mais aussi en vernaculaire, afin que le vulgus pecum comprenne quand on leur en fait la lecture. Durant ces deux siècles, on a retrouvé dans les documents d’époque 11 000 mots en français d’alors (ou protofrançais), qui n’a vraiment été étudié que récemment dans sa structure : Jean-Philippe mentionne l’ouvrage Histoire de la phrase française : des Serments de Strasbourg aux écritures numériques de Gilles Siouddi qui vient de sortir chez Actes Sud, et en lit un extrait. Michel remarque que la diction et la prononciation de l’époque devaient être très différentes de ce qui est pratiqué aujourd’hui (il suffit de voir comment notre parlé diffère de celui d’avant-guerre…), ce que confirme Sylvie, ayant une bonne expérience du chant Renaissance.

________________

1. La version originale des Serments est perdue. Le texte que l’on en possède (par exemple à la BnF) est extrait du livre de Nithard, rédigé en latin, Histoire des fils de Louis le Pieux. Nithard est le petit-fils de Charlemagne.

28 novembre 2020

Apéro virtuel II.27 – samedi 28 novembre 2020

Place des Victoires

Sylvie arrive avec son lot de popcorn, suivie de Léo, Françoise (P.) et Françoise (C.). Michel raconte alors avoir pris la photo ci-dessus environ une heure plus tôt, en rentrant chez lui. Françoise (P.) dit qu’elle se trouvait alors aux Champs-Élysées, et le nombre de personnes dans les rues était impressionnant – ce que confirment Michel et Françoise (C.), chacun pour son quartier, cette dernière ayant vu aussi de la fumée s’élevant au-dessus des toits en direction de la Bastille – « produit » des affrontements de rue entre manifestants et forces de l’ordre durant la manifestation pour la défense des libertés.

Concernant l’histoire du monument central de la place des Victoires, Michel montre une gravure illustrant le monument d’origine qui s’y était élevé jusqu’à la Révolution française, Louis XIV sur un piédestal, entouré de quatre statues. Celle du roi fut alors fondue, et les quatre autres se trouvent actu­el­lement au musée du Louvre. La place elle-même a changé depuis : on aperçoit sur cette gravure, au fond et des deux côtés de la statue, deux des quatre fanaux, qui brûlaient en permanence pour éclairer la statue, eux-mêmes démontés en 1718. Il est amusant d’en savoir la raison, voici ce qu’en dit la Notice sur la nouvelle statue équestre de Louis XIV, fondue d’après le modèle de M. Bosio, membre de l’Institut, précédée de quelques considérations critiques et d’un aperçu historique sur la place des Victoires et sur les divers monuments qui l’on décorée depuis sa construction de C.-Olivier Blanchard de Boismarsas en 1822, qui remet aussi en cause l’identification des quatre statues en tant que représentations de quatre nations vaincues :

«Au milieu de cette place s’élevait, avant la révolution, sur un piédestal de marbre blanc veiné, la statue pédestre de Louis-le-Grand. Ce monarque était représenté avec les habits de son sacre, et foulant aux. pieds un Cerbère ; une victoire ailée, un pied posé sur un globe et l’autre en l’air, mettait d’une main Une couronne de laurier sur la tête du héros et tenait de l’autre un faisceau de palmes et de branches d’olivier. Ce groupe monumental était de plomb doré et fondu d’un seul jet, ainsi que le globe, la massue d’Hercule, la peau de lion, le casque et le bouclier qui en formaient les ornemens et accessoires.

Aux angles du piédestal étaient quatre figures en bronze de douze pieds, représentant des esclaves chargés de chaînes. On a toujours voulu voir dans ces statues la désignation des peuples que Louis XIV avait subjugués ; mais il est plus généreux de penser que le fondateur avait seulement eu en vue d’exprimer par une allégorie la puissance du monarque et le succès de ses armes.

Les bas-reliefs représentaient, l’un la préséance de la France sur l’Espagne en 1662 ; l’autre, la conquête de la Franche-Comté en 1668 ; le troisième, le passage du Rhin en 1672 ; et le dernier, la paix de Nimègue en 1678.

Tous ces ouvrages avaient été conduits avec un rare talent par Martin Vanden-Bogaer, connu sous le nom de Desjardins. Enfin l’élévation du monument entier était de trente-cinq pieds.

Plusieurs inscriptions fastueuses couvraient les différentes faces du piédestal. Au bas de la statue on lisait ces mots gravés en lettres d’or : VIRO IMMORTALI.

Jusqu’en 1699, la place des Victoires fut éclairée pendant la nuit par quatre grands fanaux ornés de sculptures et d’inscriptions relatives aux actions les plus mémorables de Louis XIV. Un arrêt du Conseil ordonna à cette époque que ces fanaux ne seraient plus allumés ; et, peu d’années après, ils furent démolis. Les motifs de cet arrêt étaient d’une frivolité qui allait jusqu’au ridicule : les habitans des maisons de cette place étaient, disait-on, incommodé par l’attroupement des fainéans et vagabonds qu’attirait la lumière de ces fanaux. Des personnes bien instruites ont attribué, avec plus de vraisemblance, cette détermination à ce distique assez plaisant que l’on vit un matin sur le piédestal de la »statue :

Lafeuillade, sandis, je crois que tu me bernes,
Dé placer lé soleil entre quatre lanternes.

Léo mentionne deux « champions de la courte nouvelle », qui va de trois lignes à 2 pages : Fredric Brown, auteur de polars et de science-fiction humo­ris­tique, qui a notamment écrit Martiens, Go Home! (œuvre que Michel avait citée en 2018 suite à une jolie coquille de Libé), le second Jacques Sternberg (1923-2006), auteur belge franco­phone notam­ment de science-fiction et de fantas­tique. En préli­minaire, il cite la plus courte histoire de science-fiction qu’il connaisse : « Allô ? C’est de la part de quoi ? »1 Il commence alors la lecture de « La Disparition » (non, pas celle de Perec, mais on ne peut s’empêcher d’y penser), tirée du recueil 188 contes à régler de Sternberg et illustré par son ami Topor : « Tout arriva en un dixième de seconde. De tous les grains de sable susceptibles de tomber dans les rouages d’une civilisation de haute technicité, celui-là semblait vraiment l’un des plus impro­bables : partout, sans explication plausible, et sans le moindre signe précur­seur, le chiffre 2 disparut du monde des mathématiques. [...] »

Michel évoque deux autres auteurs de microcontes : Alphonse Allais et l’auteur contemporain israélien Etgar Keret (excellemment traduit en français).

Léo pose alors un problème de logique. Il présente la phrase suivante : « Cette phrase contient sept mots. » Manifestement, elle est fausse. Donc sa négation doit être vraie : « Cette phrase ne contient pas sept mots. » Mais elle en contient sept… Bon exemple d’une phrase et de son contraire, toutes deux auto­référentielles, ou ni l’une ni l’autre sont vraies et fausses en même temps. Situation indé­cidable (autre exemple : « Je suis un menteur »). Léo indique alors que cette problé­matique de logique a été abordée de façon bien plus générale en mathé­matiques, notamment par Gödel dans ses « théorèmes d’incomplétude », qui démontrent que toute théorie mathé­matique équi­valente à, ou plus déve­loppée que, l’arithmétique, contenait forcément des affirmations indémontrables voire contradictoires dans le cadre de cette théorie, et qu’on ne pouvait traiter que dans une théorie plus « vaste ». De là la discussion s’élève jusqu’à la preuve onto­logique (ou non) de l’existence de Dieu (pour dire simple : puisqu’on peut imaginer la transcendance qui est forcément hors de nous, c’est qu’elle existe).

Pour en revenir à des concepts humains, ceux de théories mathé­matiques, Léo montre que certains concepts simples s’interprètent diffé­­remment selon le contexte. Ainsi, la somme des trois angles d’un triangle, dessiné sur une surface plane, est toujours de 180°, alors que si l’on prend par exemple un triangle dessiné sur la face terrestre, la somme de ses angles peut dépasser de loin cette limite (et arriver jusqu’à 540°) : dans le premier cas, c’est la géométrie euclidienne qui y règne, dans l’autre c’est la géométrie sphérique. La conversation s’élevant derechef vers des dimensions (mathématiques) supérieures (nous vivons dans trois dimensions, mais quid des êtres dans une quatrième ou cinquième dimension?), Léo mentionne le joli petit ouvrage d’Edwin Abbott Abbott (oui, deux fois), Flatland: A Romance of Many Dimensions (en français : Flatland ou Le pays plat ; Flatland : Fantaisie en plusieurs dimensions), qui se passe dans un monde… à zéro, une ou deux dimensions, dans lequel les femmes sont pointues, du fait de leur forme triangulaire… Ce qui fait mentionner à Michel Les Xipéhuz (1888) de J.H. Rosny Aîné (auteur aussi de La Guerre du feu), dans laquelle les humains – dans un lointain passé (« mille ans avant le massement civilisateur d’où surgirent plus tard Ninive, Babylone, Ecbatane. ») – se trouvent confrontés à des Formes, « cônes bleuâtres, translucides, la pointe en haut, chacun du volume à peu près de la moitié d’un homme », d’autres « quasi cylindriques », inorganiques et pourtant organisées et violentes, conflit de deux mondes totalement étrangers l’un à l’autre, décrit dans une langue très poétique.

Léo ayant changé son arrière-plan, il affiche maintenant la genèse de Superman, représenté ici avec son père Jor-El, tous deux nés sur la planète Krypton. Le père ayant prévu qu’un cataclysme détruirait la planète, il envoie son fils sur Terre dans un vaisseau spatial qu’il a conçu et construit, et le bébé Superman se retrouve être le seul survivant des Kryptoniens (à l’exception, précise Jean-Philippe, quelques prisonniers à Krypton, qui se retrouvent en fait emprisonnés dans une capsule en dehors de la planète). Les ennemis de Superman, qui se doivent d’être à sa hauteur, sont appelés les Supervilains.

Françoise (P.) cite deux petites phrases absurdes : « La pizza est une spécialité culinaire ronde placée dans un emballage carré pour être dégustée en triangles. » et « C’est l’histoire d’une fraise qui fait du cheval… Tagada, tagada, tagada ! »

Françoise (C.) fournit celle-ci : « Comme son nom l’indique, le violoncelle est un instrument qui se joue assis. »

Léo lit une autre histoire courte qui commence ainsi : « La guerre de 1999 éclata si brutalement qu’on eut à peine le temps d’y croire », montrant en quelques mots les vices et les vertus de… l’informatique, et une autre, encore plus courte, qu’on citera intégralement : « Il était le dernier homme à survivre tant bien que mal dans l’unique maison encore intacte d’une banlieue de la capitale entièrement détruite, quand il reçut la-bas un dernier avis avant saisie que lui envoyaient les contributions. »

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1. On en a trouvé une version un chouia plus longue et attribuée ici (p. 17), datant de 1976 : « Sur les ondes de CBOF-AM, Gérard Gravelle raconte : “Cela se passe en l’an 2000. Une sonnerie retentit. Le téléphone robot décroche et dit : Allô, c’est de la part de quoi ?” ».

21 novembre 2020

Apéro virtuel II.20 – samedi 21 novembre 2020

Classé dans : Histoire, Langue, Lieux, Musique, Politique — Miklos @ 23:59

Foulques macroules dans le port d’Amsterdam

Les arrivants – Léo, Françoise (C.), Jean-Philippe – essaient de deviner ce que sont ces oiseaux dans la photo d’arrière-plan de Michel. Léo dit en avoir vus au bois de Boulogne ou sur des lacs ; puis, quand Michel montre d’autres photos qu’il avait prises dans le port d’Amsterdam (n° 1 à 10 dans cet album), Jean-Philippe émet l’opinion que ce sont des poules d’eau. Il s’avère qu’en fait ce sont des foulques macroules, et pour ne pas confondre les deux espèces, il existe quelques signes distinctifs. À première vue, il y en a cinq autour de ces brindilles – qui doivent constituer un nid –, mais en y regardant bien, les deux foulques à gauche en avant sont des reflets dans l’eau…

Michel poursuit en montrant quelques orgues d’églises à Haarlem (photos 26 à 33), puis des orgues de Barbarie (merci à Jean-Philippe de lui avoir rappelé l’expression) et électroniques (photos 34 à 54) qu’il avait vus dans le Draai­orgel­museum (musée des orgues de Barbarie) de la même ville ; en passant, il évoque le musée des instruments de musique mécanique qui se trouvait impasse Berthaud, hélas disparu. Il explique en quelques mots le système des registres (ces boutons des deux côtés des claviers) et des touches des claviers qui permet de sélectionner des tuyaux d’orgue d’une famille ou d’une autre, et évoque les différences de son entre des tuyaux de types différents. À propos d’orgues de Barbarie, Michel avait mentionné lors d’un apéro en avril l’épisode de « la chanson qui tue », jouée par un orgue de Barbarie dans Le Fauteuil hanté (1909) de Gaston Leroux, passage où l’on évoque en passant « ce pauvre Monsieur Fualdès » : il s’agit de l’ancien procureur impérial du département de l’Aveyron, découvert égorgé en 1817 ; il a été assassiné dans la nuit, à l’autre bout de la ville, un orgue de Barbarie et une vielle étant censés avoir couvert ses cris.

Françoise (P.) arrive sur ces entrefaites.

Françoise (C.) présente alors quelques photos qu’elle avait prises sur le site archéologique de l’antique Paestum (appelée à l’origine Poseidonia), située sur la côte, à une centaine de kilomètres au sud de Naples en Italie. Elle montre d’abord les trois temples – de Cérès, de Poséidon et d’Héra. Ensuite elle montre des photos prises au musée archéologique de Paestum des magnifiques dalles peintes de la Tomba del Tuffatore (Tombe du Plongeur) – quatre faces représentant cinq amis participant à un symposium, certains faisant de la musique, d’autres s’adonnant au jeu du cottabe ou encore se papouillant, ou un éphèbe portant une coupe, ou encore un cortège de trois générations – et la dalle de couverture, qui représente le défunt au moment de la plongée en mer, d’où le nom de cette tombe, ou le nombre 7 est récurrent (branches des arbres, séparations horizontales des blocs des trois colonnes).

Françoise (P.) demande alors si les présents ont entendu parler des Fatimides d’Égypte. Vu le peu de réponses, elle lit un texte qui en parle dans un ouvrage de poids, Un kilo de culture générale de Florence Braunstein (tiens tiens !). À la question de Michel sur ce qui lui a fait les évoquer maintenant, elle répond qu’on avait récemment parlé de l’Égypte et de religions.

Dans les échanges qui s’ensuivent, on évoque les religions et la séparation nécessaire entre elles et les États (ce qui n’est hélas pas le cas en Israël), puis Michel raconte une blague récente à propos de Trump (cf. ci-contre, cliquer pour agrandir), Léo évoquant alors la situation si confuse aux États-Unis, ajoutant que, puisqu’on a un retard de quelques années sur ce pays-là sur les techniques de vote à distance, il pourrait bientôt se passer chez nous ce qui a actuellement lieu là-bas.

Jean-Philippe raconte que les grands réseaux sociaux ont décidé de commun accord d’accorder les droits au compte « POTUS » (President Of The United States) à Biden, dès janvier (et alors, dit Michel, Trump devra choisir le compte « MOTUS » et bouche cousue). Mais quoi qu’il en soit, il faudra attendre le vote des « grands électeurs » pour savoir qui sera le Président élu – qui peut, soit dit en passant, être un troisième homme : ces électeurs n’ont aucune obligation de voter pour celui qu’ils représentaient lors du vote populaire. Léo ajoute que, pour comprendre comment cela se passe vraiment – le Président, ses conseillers, les lobbyistes… –, il recommande vivement de regarder la série télévisée The West Wing (en français : À la Maison-Blanche). Bien que diffusée il y a 21 ans, elle est toujours d’actualité.

Pour faire suite à la discussion d’hier autour le langage et contrer la prestation de Pierre Repp qu’il n’apprécie pas vraiment, Léo fait entendre un épisode du premier livre de la série télévisée Kaamelott, diffusée entre 2005 et 2009 sur M6. L’argument : « Légèrement vexé par une insulte de Léodagan concernant ses compétences de chef militaire, Perceval se confie à Karadoc, qui lui recommande de ne pas se laisser faire, d’être un chevalier et de se faire considérer “en tant que tel”. Mais quand Perceval va se plaindre à Arthur, il déforme les propos de Karadoc, ce qui a pour conséquence de créer un énorme quiproquo. »

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