Miklos
« Je donne mon avis non comme bon mais comme mien. » — Michel de Montaigne

This blog is © Miklos. Do not copy, download or mirror the site or portions thereof, or else your ISP will be blocked. 

27 octobre 2018

À nos amis royalistes et/ou mélomanes

Classé dans : Histoire, Musique, Politique, Santé — Miklos @ 11:56


Peter Maxwell Davies (1934-2016) : Eight Songs for a Mad King (Huit Chants pour un roi fou), sur des textes de Randolph Stow et le roi George III. 1969. Avec Julius Eastman (baryton) et The Fires of London sous la direction de Sir Peter Maxwell Davies.

LES SOUVERAINS NÉVROPATHES

«La folie de l’empereur d’Annam, qui se manifestait par des accès de fureur et de cruauté dignes d’un. Néron, donne un intérêt d’actualité à l’article, consacré aux « Souverains névropathes », que publie le docteur Cabanès dans la « Chronique médicale ». En voici un extrait.

La maison royale d’Espagne, de 1449 à 1700, offre le frappant exemple d’une névropathie héréditaire qu’on peut suivre pendant un quart de siècle, sautant quelquefois une génération, se manifestant avec une intensité variable sous diverses formes, et finissant par amener l’extinction complète de la race. Cette tendance héréditaire fut encore renforcée par les mariages consanguins.

La maison d’Autriche, si souvent alliée à la maison d’Espagne, a présenté peu de membres aliénés, et se débarrassa finalement de l’hérédité nerveuse. Jean II de Castille, prince faible et imbécile, épousa Isabelle de Portugal, folle les dernières années de sa vie. Ferdinand, mari d’Isabelle la Catholique, mourut mélancolique en 1516. L’époux de Marie de Bourgogne, Maximilien d’Autriche, était un excentrique. La mère de Charles-Quint, Jeanne la Folle, considérée comme aliénée par le gouvernement espagnol, fut enfermée pendant cinquante ans dans le château de Tordecilles.

On connaît la singulière fantaisie de Charles-Quint assistant a ses propres funérailles dans le monastère de Saint-Just ; il en éprouva un si grand chagrin que son esprit « avait été touché », suivant l’aimable euphémisme de Balzac. La deuxième femme de Philippe II, Marie Tudor, fille de Henri VIII et de Catherine d’Aragon, était une folle hystérique : elle était, suivant l’expression de Hume, « entêtée, superstitieuse, violente et cruelle. ».

Rudolphe II était un excentrique ; Philippe III, un aliéné ; Philippe IV, un faible d’esprit. Un des fils de ce dernier, Charles II, était à la fois imbécile et fou.

Frédéric-Guillaume, père de Frédéric le Grand, avait de véritables accès d’aliénation mentale. Il menaça plusieurs fois de mort ses propres enfants, dans des moments de brutalité sauvage que rien ne justifiait.

Dans la galerie des hommes célèbres morts de peur, figure le superstitieux Frédéric Ier. Le roi sommeillait un jour dans son fauteuil. Un bruit de pas le réveille brusquement, et il aperçoit devant lui sa femme, Louise de Mecklembourg, demi-nue, les bras et les mains ensanglantées. Frappé de terreur, il s’alita aussitôt, en déclarant à qui voulait l’entendre qu’il avait vu la Dame blanche, chargée d’annoncer leur dernière heure aux princes de sa famille. Il expirait six semaines après.

Cet article, est d’autant plus curieux qu’il est le premier qu’ait écrit le docteur Cabanès : il parut, voilà vingt, ans, dans une feuille médicale. Il prouve que, dès ses débuts, le distingué historien, »auquel notre collaborateur Paul Mathiex consacrait récemment un article, était passionné pour un genre d’études qui devaient avoir le plus grand succès et établir sa réputation.

— Rubrique « Lectures », La Presse, n° 5331, 10 janvier 1907.

12 octobre 2018

Une machine à lire innovante, simple et efficace en espace et en énergie

Classé dans : Arts et beaux-arts, Histoire, Livre, Peinture, dessin, Progrès — Miklos @ 22:44

Le Diverse et Artificiose Machine del Capitano Agostino Ramelli dal Ponte della Tresia. Ingeniero des Christianissimo Re di Francia et di pollonia. Nellequali si contengono uarij et industriosi Mouimenti, degni digrandissima Speculatione, per cauarne beneficio infinito in ogni sorte d’operatione ; Composte in lingua Italiana et Francese. A parigi in case del’autore, cõ priuilegio del Re. 1588. (source) Cliquer pour agrandir.

« Ceste cy est une belle & artificieuse machine, laquelle est fort vtile & commode à toute personne qui se delecte à l’estude, principalement à ceux qui sont mal dispos & subiects aux gouttes ; car auec ceste sorte de machine vn homme peut voir & lire une grãde quãtité de liures, sans se mouuoir d’vn lieu : outre, elle porte auec soy vne belle commodité, qui est de tenir & occuper peu de place, au lieu où on la met, comme tout homme d’entendement peut bien comprendre par son dessein. Ceste rouë est faicte auec l’artifice que on voit, à sçauoir, elle est construicte de telle maniere, qu’en mettãt les liures sur les tablettes, combien qu’on tourne la dicte rouë tout autour, iamais lesdits liures ne tomberont, ni se remueront du lieu où ils sont posés, ains demeurereont tousiours en vn mesme estat, & se representeront deuant le lecteur en la mesme maniere qu’ils ont esté mis sur les tablettes. Ceste rouë se peut faire grande & petite, selon la volonté de celuy qui la faict faire, obseruant toutesfois les proportions de chascune partie des artifices de ladicte rouë, comme il pourra fort bien faire, considerant diligemment toutes les parties de ceste petite rouë, & les autres artificies qui se voyent en icelle machine : lesquelles parties sont faictes par mesures & proportions. Et pour donner plus grande intelligence & cognoissance à vn chascun qui desirera faire mettre en œuure ladicte machine, i’ay mis icy à part & descouuert tous les artifices qui sont requis en telle machine, afin qu’vn chascun les puisse mieux comprendre, & s’en seruir à son besoin. »

6 août 2018

Quelle connerie la guerre

Classé dans : Histoire, Littérature — Miklos @ 0:26


Jacques Prévert, Barbara.
En arrière-plan, rue de Siam (Brest) – Destruction : vue d’ensemble. 1944 (source).
Cliquer pour agrandir.

Barbara

Rappelle-toi Barbara
Il pleuvait sans cesse sur Brest ce jour-là
Et tu marchais souriante
Épanouie ravie ruisselante
Sous la pluie
Rappelle-toi Barbara
Il pleuvait sans cesse sur Brest
Et je t’ai croisée rue de Siam
Tu souriais
Et moi je souriais de même
Rappelle-toi Barbara
Toi que je ne connaissais pas
Toi qui ne me connaissais pas
Rappelle-toi
Rappelle-toi quand même ce jour-là
N’oublie pas
Un homme sous un porche s’abritait
Et il a crié ton nom
Barbara
Et tu as couru vers lui sous la pluie
Ruisselante ravie épanouie
Et tu t’es jetée dans ses bras
Rappelle-toi cela Barbara
Et ne m’en veux pas si je te tutoie
Je dis tu à tous ceux que j’aime
Même si je ne les ai vus qu’une seule fois
Je dis tu à tous ceux qui s’aiment
Même si je ne les connais pas
Rappelle-toi Barbara
N’oublie pas
Cette pluie sage et heureuse
Sur ton visage heureux
Sur cette ville heureuse
Cette pluie sur la mer
Sur l’arsenal
Sur le bateau d’Ouessant
Oh Barbara
Quelle connerie la guerre
Qu’es-tu devenue maintenant
Sous cette pluie de fer
De feu d’acier de sang
Et celui qui te serrait dans ses bras
Amoureusement
Est-il mort disparu ou bien encore vivant
Oh Barbara
Il pleut sans cesse sur Brest
Comme il pleuvait avant
Mais ce n’est plus pareil et tout est abîmé
C’est une pluie de deuil terrible et désolée
Ce n’est même plus l’orage
De fer d’acier de sang
Tout simplement des nuages
Qui crèvent commes des chiens
Des chiens qui disparaissent
Au fil de l’eau sur Brest
Et vont pourrir au loin
Au loin très loin de Brest
Dont il ne reste rien.

– Jacques Prévert

4 août 2018

Il y a de quoi hocher la tête…

Classé dans : Histoire — Miklos @ 12:31


François Gérard, Général Louis-Lazare Hoche, 1836.

Ce chapitre du Journal d’un bourgeois de Paris pendant la Terreur, d’Edmond Biré (né en 1829 à Luçon – en Vendée –, et donc bien après la révolution), éclaire curieusement le caractère d’un héros de la république, le général Hoche. On trouvera ensuite le texte intégral de la lettre dont il cite un passage, qu’on a trouvé dans l’Histoire parlementaire de la révolution française, ou, Journal des assemblées nationales depuis 1789 jusqu’en 1815.

Lazare Hoche

Mardi 14 mai.

Je vois encore de loin en loin Marie-Joseph Chénier. Il y a peu de jours, je l’ai rencontré aux Tuileries : il était avec un jeune homme d’environ vingt-cinq ans, dont la physionomie et la tournure m’ont frappé. C’est un ancien grenadier des gardes françaises, aujourd’hui aide de camp capitaine du général Leveneur, qui vient de prendre le commandement du camp de Maulde. Il porte encore la coiffure qu’il avait aux gardes françaises : des faces simples et presque plates, un petit toupet tombant, une queue nouée près de la tète1. Un coup de sabre reçu dans un duel, et dont la cicatrice s’étend du milieu du nez à l’extrémité du front, du côté droit, donne à ses traits un air martial qui s’harmonise d’ailleurs parfaitement avec sa haute taille et sa robuste constitution2. — « Nous ferons un général de ce jeune homme », m’a dit Chénier, et la prédiction pourrait bien se réaliser. Ou je me trompe fort, ou le jeune Hoche, — c’est son nom, — unit l’intelligence au courage. Sa parole brève, accentuée, son langage net et ferme, révèlent un homme supérieur. Lorsque le citoyen Hoche nous a eu quittés, Chénier m’en a longuement parlé : il ne tarissait pas d’éloges sur son ardeur au travail, sur sa passion pour l’état militaire, et sur les talents dont il a déjà fait preuve. Il paraît qu’il a été envoyé à Paris par son général pour éclairer le Conseil exécutif sur la véritable situation de l’armée. Avant de se présenter devant le Conseil, il a cru devoir se mettre en rapports avec quelques-uns des députés du département de Seine-et-Oise : de là entre Chénier et lui des relations journalières3.

Jeudi 16 mai.

Vivement impressionné par ma rencontre de mardi, j’aimais à parler à mes amis de l’aide de camp du général Leveneur. Je me plaisais à leur dire : « Retenez bien ce nom de Hoche, vous verrez que les journaux en retentiront quelque jour. » Pour un peu, je me serais fâché contre Beaulieu, qui se permettait de sourire de mon enthousiasme. Ce diable d’homme m’est venu voir ce malin, et, prenant son air le plus grave : « Je viens vous faire mes excuses, a-t-il dit; vous êtes meilleur prophète que vous ne le supposiez. Huit jours ne se sont pas écoulés, et voici que déjà le nom de votre héros est dans les journaux. Tenez », a-t-il ajouté, et il a jeté sur une table le Publiciste de la République française. — « Ah ! Ah ! cette feuille immonde a dénoncé mon héros, comme vous l’appelez. J’en suis fort aise pour lui. — Ce n’est pas tout à fait cela, reprit Beaulieu, lisez donc. » Je pris le journal de Marat, le numéro d’aujourd’hui; il contient une longue lettre adressée à l’Ami du peuple. Le signataire appelle Marat mon cher Ami du peupleIncorruptible défenseur des droits sacrés du peuple ! Il se vante d’avoir servi deux ans dans la garde nationale parisienne et d’avoir commandé l’avant-garde lorsqu’on fut chercher Capet à Versailles ; Hoche a en fait été nommé adjudant-général chef de bataillon employé à l’armée du Nord le 15 mai 1793, donc la veille du jour où aurait été écrit ce paragraphe du journal (fictif) de Biré…il réclame une place d’adjudant général, énumère avec complaisance ses droits à l’avancement, et, pour ajouter de nouveaux titres à ceux qu’il a déjà, il dénonce, dénonce, dénonce. Il dénonce Marolle et Brancas, qui viennent d’être nommés adjudants généraux ; il dénonce le colonel Virion, Noirod et Marnan, généraux de brigade ; il dénonce le général Ferrand…

Et au bas de toutes ces dénonciations, on lit : « Adieu, je vous embrasse fraternellement. HOCHE, rue du Cherche-Midi, n° 2944. »

Saisi de dégoût, je jetai loin de moi l’infâme journal. « Allons, me dit Beaulieu, ne passez pas d’un extrême à l’autre. Depuis son retour à Paris, le citoyen Hoche, je le sais de bonne source, est en relations suivies avec Marat5. Mais qu’y a-t-il d’étonnant à cela ? Puisque cet excellent jeune homme a des dénonciations à faire, n’est-il pas tout simple qu’il s’adresse à celui que Camille Desmoulins appelait déjà, en 1791, le Dénonciateur par excellence6 ? Puisqu’il veut obtenir de l’avancement, n’est-ce pas sage à lui de faire sa cour à lAmi du peuple ? Est-ce que ce dernier ne tient pas dans ses mains les destinées de la Convention, et n’est-ce pas lui qui demain fera et défera nos généraux ? Je conclus donc que le citoyen Hoche n’est point un maladroit et qu’il arrivera. — Libre à vous de plaisanter en un pareil sujet, ai-je répondu à Beaulieu. Pour moi, une telle conduite, de tels actes me révoltent et m’indignent. Il se peut que le citoyen Hoche arrive, en effet, qu’il commande nos armées et qu’il se couvre de gloire. Mais tout cela n’empêchera pas qu’un jour, — et à quel moment, grand Dieu ! — sa main a touché la main de Marat : vingt victoires n’effaceraient pas cette tache ! »

Lettre de Hoche à Marat

« Ami du peuple. — Est-il vrai ou faux que nous soyons régénérés ? Est-il vrai ou faux que les leçons que nous venons de recevoir puissent tourner à notre avantage, et que désormais nous réglerons notre conduite en songeant au passé ? S’il est vrai, nous ne verrons plus les traîtres, les fripons et les intrigans en place ; nos armées ne seront plus commandées par des hommes lâches, ignorans, cupides, ivrognes , et sans aucune aptitude à leur état ; nos chefs connaîtront leur devoir, se donneront la peine de voir leurs soldats, et s’entoureront de gens de l’art. Alors, ces hommes pouvant être respectés, la patrie va jouir d’une liberté indéfinie et d’un bonheur inappréciable.

Mais le bonheur et la liberté même nous fuiront sans cesse, si le conseil exécutif nomme toujours aux emplois vacans au hasard, et si l’intrigue obtient continuellement la préférence. Incorruptible défenseur des droits sacrés du peuple ! par qui venons-nous d’être trompés ? par des intrigans couverts d’un voile patriotique. Dumourier dut-il être jamais aristocrate ? Quel intérêt pouvait avoir Thouvenot en trahissant son pays ? Cet homme, naguère toiseur de cailloux, est parvenu au grade de général de brigade en six mois. Qu’était, au commencement de la guerre, Beurnonville, élevé au ministère, non par un roi, mais par la Convention nationale de France. Que les préventions cessent, et qu’une juste défiance les remplace ; aujourd’hui une foule d’intrigans et de suppôts de l’ancien régime déguisés, assiège le cabinet ministériel, et, parleur importunité, ces êtres bas et rampans obtiennent des places.

Voulez-vous que moi, soldat depuis mon enfance, je puisse croire que notre régénération ne soit pas un mot ? Verrais-je ce même homme, ce Virion chargé par Dumourier d’arrêter son général, recevoir, pour prix de son obéissance aux ordres d’un traître, le grade de colonel de gendarmerie ? Verrais-je accorder à Marolle, parent et ami de Valence, celui d’adjudant-général ? A peine ferait-il un caporal passable. Sommes-nous donc revenus au temps où la noblesse, où la parenté d’un général dispensaient de mérite ? Mais poursuivez, vous verrez si les patriotes qui ont, les premiers, abandonné Dumourier, et qui, par leur exemple, ont rallié l’armée aux drapeaux de la République, ont été oubliés ou récompensés. Le citoyen Noirod , adjudant-général, fut chargé, dans ces derniers temps, de la police de Saint-Amand par Dumourier; il y souffrit l’arrestation de plusieurs patriotes qu’il eût pu empêcher : d’ailleurs, il eût eu Dumourier entre les mains après l’arrestation des commissaires de la Convention ; il est maintenant général de brigade.

Marnan, colonel de dragons, ne chargea point le 22 mars, quoiqu’il en reçut l’ordre deux fois : loin de l’exécuter, il s’en fut sur la route de Bruxelles, et dépassa la colonne d’infanterie ; il fut trouvé là par Dumourier, qui lui en fit des reproches ; cette faute coûta six cents hommes à la République. Ce monsieur est général de brigade.

Une personne digne de foi m’assure avoir eu et vu entre les mains d’un défenseur officieux l’ordre écrit et signé par Ferrand, général de brigade, d’arrêter les commissaires de la Convention ; cet ordre a dû être adressé au citoyen l’Écuyer : Ferrand est à la tête des armées de la République.

Des jeunes gens de quinze mois de service, tels que Brancas et autres, ont été faits adjudants-généraux au détriment d’anciens et expérimentés militaires ; mais puissent ceux que je cite être les pis ! Il semble que la place d’adjudant-général convienne à tous ces hommes, danseurs, souteneurs de tripots, etc., etc. O France ! ô ma patrie ! quels sont tes défenseurs ?

Depuis mon enfance je sers la patrie, par goût et par devoir : depuis dix années, je n’ai négligé aucune occasion de m’instruire sur toutes les parties de mon état. Enfin, parvenu au grade de capitaine à force de travail, en vrai républicain, je demande, au terme de la loi, une place d’adjudant-général ; mes droits pour l’obtenir sont d’avoir servi deux années au régiment des gardes françaises ; deux ans dans la garde nationale parisienne (je commandais l’avant-garde lorsqu’on fut chercher Capet à Versailles) ; enfin, j’entrai dans les troupes de ligne, où je fus adjudant, et peu après lieutenant, faisant souvent le service d’adjudant-major. Depuis la guerre, j’ai fait le service d’adjudant à l’état-major, sans avoir demandé aucune restitution. J’eus le bonheur de sauver les munitions de guerre des lignes devant Vick, à Maastricht. Pendant le mois de mars, je ralliai et menai au feu plusieurs bataillons ; maintenant, et depuis long-temps, je remplis les fonctions d’aide-de-camp d’un général : mon seul titre est d’être patriote.

Dites-moi présentement, mon cher Ami du peuple, si (c’est ainsi que veut nous le persuader le conseil exécutif) on ne peut réclamer contre l’injustice, quoiqu’étant à Paris. Le général Leveneur, dont vous connaissez l’aventure, vient de recevoir l’ordre de se rendre à l’armée pour commander sous un fort brave homme, à la vérité, mais qui était colonel alors que lui était déjà général de division. Le général Leveneur, tout en obéissant, propose à ses concitoyens de vouloir bien répondre à ce dilemme : ou il jouit de la confiance, ou il ne la possède pas. Dans le premier cas, il doit prendre son rang, il lui est dû ; dans le second, il ne doit point être employé. J’ose pourtant vous répondre que, s’il existe trois généraux patriotes, il en est un. Son seul défaut est de ne point envoyer de courriers pour faire savoir que trente hommes en ont battu vingt-quatre, qu’on a tué deux chevaux ou :fait un prisonnier : il a la maladresse de dire qu’un courrier coûte 300 liv. à l’état…

Adieu, je vous embrasse fraternellement. — Hoche, rue du Cherche-Midi, n. 294.


Eugène Sue, Les Mystères du Peuple.

_______________

1. Vie de Lazare Hoche, par Alexandre Rousselin, t. I. p. 45.

2. Op. cit., p. 41.

3. Lazare Hoche était né à Montreuil, faubourg de Versailles, le 24 juin 1768. — Marie-Joseph Chénier était député de Seine-et-Oise.

4. Le Publiciste de la République française, ou Observations aux Français, par l’Ami du peuple, auteur de plusieurs ouvrages patriotiques, n° 194. Jeudi 16 mai 1793.

5. Rousselin, op. cit., t. I., p. 54.

6. Histoire politique et littéraire de la Presse en France, par Eugène Hatin, t. VI, p. 98.

3 août 2018

Mais où sont les rues d’antan ?

Classé dans : Histoire, Lieux — Miklos @ 22:55


Plan Truschet et Hoyaux (détail), 1552. Cliquer pour agrandir.

On avait précédemment mentionné quelques anciennes rues de Paris aux noms sympatiquement coquins. On s’était aussi attardé dans la rue du chat qui pêche. Ici, on a relevé les curieux noms de certaines rues dans la base de données de la Ville de Paris consacrée aux voies disparues (il existait autrefois, sur le site de la Ville, une rubrique équivalente bien plus commode à consulter, mais elle a dû disparaître par solidarité avec ces voies, une obsolescence programmée, là) ainsi que dans quelques sources complémentaires.

À propos de noms qui choqueraient de chastes oreilles contemporaines, citons J.-B. Robert (in Origines de Paris et de toutes les communes, hameaux, châteaux, etc. des départements de Seine et Seine-et-Oise, 1864) :

Jacques-Antoine Dulaure (1755-1835), auteur entre autres de Histoire civile, physique et morale de Paris.Dulaure trouve quelques-uns de ces noms grossiers et obscènes, comme : Merderet, Tirepet, etc.

D’autres ridicules comme : Taille pain, Trop-va-qui-dure etc.

Quelques-uns suivant lui indiqueraient les intentions ou les habitudes malfaisantes de ceux qui les habitaient comme : Mauconseil, Mauvoisin, etc., et d’autres les débauches dont les rues étaient les repaires comme Put-y-muce, Putigneuse, etc.

Nous ne pouvons partager l’opinion ou plutôt l’erreur de Dulaure, nous apercevons seulement dans ces noms de la trivialité et des jeux de mots comme en faisaient nos ancêtres, comme nous en faisons encore et comme on en retrouve dans certaines enseignes du vieux et du nouveau Paris telles que : au Puits Sans Vin (Puissant Vin), à l’épi Scié (Épicier), au Bon Coing (Bon Coin), au Grand I vert (Grand Hiver), etc.

Sans oublier celles des nombreuses auberges nommées Au Lion d’Or (Au lit on dort)…

Ancien nom

Actuellement

Alphonse Allais, Villa

Sq. Lamarck. [Vous savez qui est Lamarck, vous ? Moi je sais qui est Alphonse Allais, et j'adore !]

Ambigu comique, passage de

Sup. par l’ouverture du boul. Voltaire. Il commençait boul. du Temple et finissait rue des Fossés du Temple (act. partie de la rue Amelot).

Amérique du nord, rue de

Sup. en 1942. Commençait av. Frédéric Passy (sup.). Une partie s’était appelée rue du Bosquet.

Âne rayé, ruelle de l’

Imp. des Peintres.

Aveugles, rue des

Partie de la rue Saint-Sulpice.

Qui aime à babiller, à parler avec abondance, parfois sans réfléchir.Babillards, impasse des

Sup. lors du nivellement du boul. de Bonne Nouvelle (1832). Elle était située rue Basse Porte Saint-Denis (sup.) entre l’imp. Bonne Nouvelle et la rue d’Hauteville.

Babillerie, rue de la

Boulevard du Palais.

En histoire, en Gaule, bande de paysans ruinés par les guerres et la misère, réduits au brigandage. (Universalis)Bagaudes, porte des

Bagauds. Ancienne porte de Paris ; elle était située place Baudoyer.

Beaudoin prend gaie, cul-de-sac

Ou Baudoin prend Gaige. Sup. par l’ouverture de la rue des Halles. Il était situé dans la rue des Lavandières. [Donc aucun rapport avec celui-ci malgré la similarité. -- Le Miklos]

Bons garçons, cité des

Sup. Était située av. de la Porte de Montmartre.

La porte & la rue Bordelle doivent leur nom à Pierre Bordelle, Bordelles, ou de Bordeille, qui se nommoit il y a quatre ou cinq cens ans Petrus de Bordellis ; car cette rue & cette porte ont pris ces differens noms avec celui de la rue de la Porte Bordelle : & bien que ce mot de Bordelle fasse penser en mal, & même que chacun croye que c’étoit un lieu affecté de la débauche ; c’est une erreur populaire qui n’a d’autre fondement que la ressemblance des noms. (Henri Sauval, Histoire et recherches des antiquités de la Ville de Paris, 1724.)Bordelle, rue

Ou Bordet. Act. rue Descartes.

Bout du monde, cul-de-sac du

Précédemment dénommée imp. Saint-Claude. C’était primitivement la rue du Rempart. On l’appela ensuite rue du Puits. Convertie en impasse en 1641, elle reçut alors la dénomination de cul-de-sac du bout du monde. Renommée imp. Saint-Sauveur en 1867, elle était située rue Montmartre, 69. Sup. en 1913 par le prolongement de la rue du Louvre jusqu’à la rue Montmartre.

Boyauterie, chemin de ronde de la

Partie du boul. de la Villette.

Canard boiteux, cité du

Sup. par l’agrandissement de la gare aux marchandises du chemin de fer de l’Ouest.

Champ pourri, Le

Selon une opinion plus justifiée, le lieu où furent établis les Quinze-Vingts. Dans le Dit des crieries de Paris, les Aveugles sont effectivement repré­sentés comme criant dans les rues de la ville « du pain à cels de Champ-Pourri ». Mais les docu­ments originaux ne nous ont fourni aucune autre preuve à l’appui, et nous avons seulement vu que dans le voisinage, au commen­cement du XIVe siècle, il y avait une « fosse à fiens. » (Adolphe Berty, Topographie historique du vieux Paris, 1866.)

Chat blanc, cul-de-sac du

Sup. pour la régularisation des abords de la place du Châtelet. Il était situé rue Saint-Jacques la Boucherie (sup.). En 1300, cul-de-sac Jehan Chat Blanc et Charblanc, ensuite Gilles Chat Blanc. En 1498, rue Guichard le Blanc, puis petite rue des Rats. Gilles Chablanc était, en 1315, boucher de la Grande Boucherie.

Chaudière d’enfer, sentier de la

Sup. par le prolongement de la rue de Crimée. Il commençait rue de Crimée et de la Villette et finissait pas. de Magenta (sup.).

Cheval rouge, passage du

Sup. par l’ouverture du boul. de Sébastopol. Il allait de la rue Saint-Martin à la rue du Ponceau.

Cheval vert, rue du

Rue des Irlandais.

Chieurs, rue des

Sup. en 1844. Elle commençait rue des Sept Voies (act. rue Valette) et finissait rue des Cholets (sup.). Au XIIIe siècle, elle aurait été appelée rue du Moine. Au XVe siècle c’était la rue Maître Jeharre, puis rue des Chieurs ou des Chiards, ensuite rue des Chiens et enfin rue Jean Hubert en 1806.

Elle a tiré son nom des guinguettes des environs , où le peuple va particulièrement le dimanche vider de nombreuses Chopines ou Chopinettes. (J. de la Tynna, Dictionnaire topographique, étymologique et historique des rues de Paris, 1812.)Chopinette, boulevard de

Partie du boul. de la Villette.

Cochon, cul-de-sac du

Sup. pour l’agrandissement du Jardin des Plantes. Il a porté le nom de cul-de-sac ou rue du Jardin du Roi.

Cœur volant, rue du

Partie de la rue Grégoire de Tours.

Conard, impasse

Sup. en 1940. Etait située rue Castagnary, 73.

Coup de bâton, impasse

Sup. Autrefois imp. Courbaton, elle était située rue de l’Arbre Sec, 27. Au XIIIe siècle, elle s’appelait ruelle de Sourdis. Au milieu du XIIIe siècle, on la nommait rue Chardeporc. Au XIVe siècle, rue du Col de Bacon, rue du Coup de Bâton et rue Bacon.

Coupe des terres au curé, sentier

Rue des Terres au Curé, partie de la rue Albert, et sq. Masséna.

Coupe gorge, rue

Sup. Elle était située rue Saint-Jacques, auprès de l’enceinte de Philippe-Auguste, et longeait les murs du couvent des Jacobins. Donnée par Louis XII aux Jacobins. On la nommait aussi Coupe Gueule.

Coupe gueule, rue

Sup. D’après Sauval, elle existait en 1258, entre les rues de la Sorbonne et des Maçons Sorbonne (act. rue Champollion).

Cour au villain, rue

Partie de la rue de Montmorency entre les rues Beaubourg et du Temple. On l’appelait en 1328 ruelle au Villain. Elle s’est nommée rue Cour au Villain. Lacaille écrit Courtauvillain et Auvillain ; elle a pris également le nom de Montmorency en 1768. Elle s’est appelée rue de la Réunion de 1793 à 1806.

Cul-de-pet, rue

Cul-de-sac sans chef, rue du

Rue Censier.

Dame Agnès la vachère

Partie de la rue Sainte-Croix de la Bretonnerie.

Dieu fut bouilli, rue

Partie de la rue des Archives, entre les rues de la Verrerie et Sainte-Croix de la Bretonnerie. Elle fut appelée rue des Billettes :; rue des Jardins, à la fin du XIIIe siècle ; rue Où Dieu fut bouilli et rue du Dieu Bouliz, au XVe siècle.

Escorcherie dite de la Follye Régnier

Partie de la rue Grégoire de Tours.

Femme sans tête, rue de la

Partie de la rue Le Regrattier.

Fosse au chien (ou au chieur)

Galant jardinier, cité du

Sup. Elle était située rue des Maronites, 36.

Gibet, chemin du

Partie de la rue de Grenelle.

Grate cul, rue

Rue Dussoubs

Grognerie, rue de la

Sup. par la construction des Halles Centrales. Elle était située entre les rues de la Grande Friperie et de la Cordonnerie et aboutissait à la rue Jean de Beauce. Elle a été successivement appelée rue de l’Engronnerie et rue Langrognerie, de la Grongnerie, de la Groignerie, de l’Angrognerie, de petite rue Saint-Martin, et de rue Grosnière.

Gros pet, rue du

Rue des Poitevins.

Grosse Margot, rue de la

Rue Cloche Perce.

Grosse tête, impasse de la

Sup. par l’ouverture de la rue d’Alexandrie. Elle débouchait rue Saint-Spire.

Gros pet, rue du

Guigne oreille, rue de

Rue de la Coutellerie.

Ha ! Ha !, cul-de-sac du

Imp. Guéménée. [Il existe au Québec une municipalité du nom de Saint-Louis-du-Ha !-Ha ! -- Le Miklos]

Homme sauvage, rue de l’

Sup. Elle était dans la Cité, près de la rue des Trois Canettes. Elle existait en 1421.

Jean Pain Mollet, rue

Sup. par l’ouverture de la rue de Rivoli. Elle commençait rue de la Coutellerie (sup.) et finissait rue des Arcis (rue Saint-Martin). Avant sa suppression elle avait été réunie à la rue des Écrivains. Sauval prétend qu’elle s’est appelée rue du Croc. Sur le plan de la Tapisserie on lui donne le nom de la Radrerie.

Jeux neufs, rue des

Partie de la rue des Jeûneurs.

Juifs, rue des

Rue Ferdinand Duval.

Juiverie, rue de la

Rue de la Tacherie.

Licorne, rue de la

Sup. par la reconstruction de l’Hôtel Dieu. Elle commençait rue des Marmousets (sup.) et finissait rue Saint-Christophe (sup.). En 1269, c’était la rue du Chevet de la Madeleine. Mais elle avait porté précédemment les noms de vicus Nebulariorium, de rue des Oubloyers, des Oublayers, des Oblayers (1398), Obléeurs, Oblayeurs et Oublieurs. La rue des Oblayers n’a pas toujours été confondue avec la rue de la Licorne ; celle-ci, autrefois, longeait l’église de la Madeleine, allant de la rue des Oblayers, devenue de la Licorne, à la rue de la Juiverie.

Limace, rue de

Sup. par l’ouverture de la rue des Halles. Elle commençait rue des Déchargeurs et finissait rue des Bourdonnais. Vers 1300, c’était la rue de la Mancherie. En 1412, elle était déjà nommée rue de la Limace. En 1575, rue de la Place aux Pourceaux, autrement dite de la Limace, et rue de la Viels Place aux Pourceaux. Sauval dit qu’elle a été appelée rue aux Chats et de la Place aux Chats.

Lunettes, quai des

Quai de l’Horloge.

Maison des singes, ruelle de la

Sup. Elle allait de la rue de la Pelleterie à la Seine, dans le voisinage du pont au Change.

Mal désirant, rue

Marionnettes, rue des

Rue des Marmousets.

Mauvaises paroles, rue des

Ou Mauvais Conseil (rue) ou encore Mauvaises Paroles (rue des). Sup. par l’ouverture de la rue de Rivoli. Elle commençait rue des Lavandières et finissait rue des Bourdonnais. Au XIIe siècle on disait Mauvais Conseil ou Mauvaise Parole. En 1229, rue Male Parole.

Merdelet, rue

Ou Merderet. Partie de la rue Pagevin, sup. par l’ouverture de la rue Etienne Marcel et par l’agrandissement de l’Hôtel des Postes. Elle avait été formée, en 1849, par la réunion des rues Verdelet, Pagevin et du Petit Reposoir. La rue Verdelet, qui était comprise entre les rues Jean-Jacques Rousseau et de la Jussienne, avait porté les noms de la rue Mardelet ou Marderet (XIIIe siècle), Breneuse et enfin de rue Verderet ou Verdelet. La rue Pagevin commençait rue de la Jussienne et finissait rue d’Argout. Elle avait été appelée, au XIIIe siècle, rue Breneuse. La rue du Petit Reposoir était comprise entre la rue d’Argout et la place des Victoires ; elle avait aussi anciennement été dénommée rue Breneuse.

Oublieurs, rue des

Cf. rue de la Licorne, ci-dessus.

Paradis au marais, rue de

Partie de la rue des Francs Bourgeois.

Pauvres, impasse des

Rue Parent de Rosan.

Pavée d’andouilles, rue

Ou Pavée. Act. rue Séguier.

Pet, rue du

Rue des Poitevins.

Pet au diable

Sup. par l’agrandissement de l’Hôtel de Ville. Elle commençait rue du Martroi (sup.), et finissait rue de la Tixeranderie (sup.). Elle a porté les noms de rue du Pet au Diable, du Chevet Saint-Jean, du Cloître Saint-Jean, du Sanhédrin. En 1815, elle prit le nom de rue du Tourniquet.

Pétaudière, rue de la

Sup. par une Ordonnance royale du 14 juin 1841. Elle conduisait du quai de l’Hôtel de Ville à la rue de l’Hôtel de Ville, entre les rues des Barres et de Brosse. Elle a été désignée par les noms de rue de Château Frileux et de rue Frileuse.

Petit pet, rue du

Petite pusse, rue de la

Rue du Petit Musc.

Petite troussevache, ruelle de la

Puis imp. de Clairvaux. Sup. lors de l’aménagement du secteur des Halles. Etait située rue Saint-Martin, 178.

Pilori à la Seine, ruelle qui va du

Rue de l’Échaudé.

Poil au con, rue du

Rue du Pélican.

Poil de l’âne, rue du

Rue Malassis.

Pré maudit, rue du

Rue du Pré.

Prix fixe, passage du

Sup. Il conduisait de la rue de Richelieu à la rue de Montpensier.

Probité, rue de la

Sup. par la construction des Abattoirs de la rive gauche. Elle était située rue Guillaume Laplagne. Précédemment c’était la rue Joseph Laurent.

La pute s’y cache.Pute y muce, rue

Rue du Petit Music.

Putigneux, impasse

Sup. en 1991. Elle était située rue Geoffroy l’Asnier, 15. C’était en 1300 la rue Ermeline-Boiliaue ; elle se prolongeait alors jusqu’à la rue des Barres. Fermée vers le XVe siècle, du côté de cette dernière voie publique, elle commença alors à être habitée par des femmes de mauvaise vie qui lui firent donner le nom de cul-de-sac Puligneux. Il servait d’entrée à un jeu de paume vers l’année 1640. Une partie de cette voie avait été supprimée en vertu d’une ordonnance royale du 26 janvier 1843.

Qui chiet en la savonnerie, rue

Sup. par le prolongement de la rue de Rivoli. Elle commençait rue de la Savonnerie et finissait rue Saint-Denis. Son premier nom connu est rue Jehan le Comte (1386). En 1300 on la désignait : rue qui Chiet en la Savonnerie. Au XVe siècle c’est la rue Philippe le Comte. Jaillot pense que la partie aboutissant à la rue Saint-Denis a porté le nom de rue de la Bazennerie ou Basennerie.

Qui m’y trouva si dure, rue

Sup. en 1813. Elle était située entre la Seine et le Grand Châtelet. En 1524, rue des Bouticles près Saint-Leufroi. En 1540, rue de la Tournée du Pont. En 1615, rue de la Vallée de Misère. En 1636, rue de la Descente de la Vallée de Misère. On la nommait autrefois rue Trop va qui dure, Qui trop va si dure, Qui m’y trouva si dure.

Renard qui pêche (ou qui prêche), rue du

Rue du Renard

Saille en bien, impasse

Salembrière (imp.). Précédemment vicus Salientis, imp. Saille en Bien (Saliens in Bonum), imp. Emeline Salembien et imp. Salembrière.

Sans bout, ruelle

C’était vers 1250 un cul-de-sac situé entre les rues Sainte-Croix de la Bretonnerie et du Four du Temple. Quelques auteurs attribuent aussi ce nom à la rue du Plâtre ; d’autres appellent ainsi un des cul-de-sac de la rue Barre du Bec.

Sans chef, rue

Rue de Fourcy.

Sans culottes, passage des

Pas. Molière.

Sans culottes, rue des

Rue Guisarde.

Sans tête, cul-de-sac

Imp. Beaubourg.

Soldat laboureur, impasse du

Sup. Elle était située rue de la Gaîté.

Suce raisin, rue ou ruelle

Sup. C’était probablement une ruelle qui se trouvait dans la rue Traversine et qui allait de la rue d’Arras à la rue de la Montagne Sainte-Geneviève. Peut-être aussi la rue Traversine.

Temps perdu, rue du

Rue Saint-Joseph.

Terrier aux lapins, rue du

Rue Didot.

Tête barrée, rue

Partie de la rue du Fauconnier.

Tirepet, rue

Tireboudin, rue

Rue Marie Stuart.

Trace pute, rue

Partie de la rue Beaubourg.

Tranchepain, rue

Sup. par décret du 19 juin 1909 (création d’un groupe scolaire). Elle s’étendait entre la rue du Cloître Saint-Merri et la rue Brisemiche. C’était en 1207, la rue Bay le Hoeu. En 1420, la rue Brisemiche. En 1540, la rue Bailleheu ou Baillehoe. Puis la rue Brisepain, Machepain, Tranchepain, Planchepain. Elle a aussi porté le nom de rue de l’Estable du Cloître.

Trognon, rue

Sup. par l’ouverture du boul. de Sébastopol. Elle commençait rue d’Avignon (sup.) et finissait rue de la Heaumerie (sup.). Elle s’est appelée rue Jehan le Comte – cour Pierre la Pie – rue Jean Fraillon – rue Trognon, Tronion et Truvignon – rue de la Galerie.

Trois canettes, rue des

Sup. par la reconstruction de l’Hôtel Dieu. Elle commençait rue Saint-Christophe (sup.) et finissait rue de la Licorne (sup.). D’après Guillot elle aurait porté le nom de rue de la Pomme. En 1480, elle est nommée rue de la Pomme Rouge et rue des Canettes. Le nom de la Pomme était appliqué à la partie aboutissant à la rue Saint-Christophe. Sauval donne l’extrait d’un compte de 1421, où est indiquée une rue de l’Homme Sauvage, qui paraît être celle-ci.

Trône renversé, place du

Place de la Nation et av. du Trône.

Trou à sable, rue du

Rue Pleyel.

Trousse nonnain, rue

Partie de la rue Beaubourg.

Troussevache, rue

Partie de la rue de La Reynie. Elle s’étendait entre les rues Quincampoix et Saint-Denis.

Trouvée, rue

Partie de la rue de Cotte.

Truies, rue des

Imp. Berthaud.

Tuerie, rue de la

Partie de la rue Grégoire de Tours.

Val des larrons, chemin du

Rue Poissonnière.

Vallée aux voleurs

Rue Poissonnière.

Vieille oreille, rue de la

Rue de la Coutellerie.

Zone orientale, rue de la

Sup. en 1942. Commençait rue de l’Amérique du Nord (sup.), finissait sentier des Mariniers (sup.).

Zouaves, sentier des

Sup. par l’agrandissement du chemin de fer de l’État ; il débouchait boul. Lefebvre, 191, et petite rue de Paris (sup.).

The Blog of Miklos • Le blog de Miklos