Miklos
« Je donne mon avis non comme bon mais comme mien. » — Michel de Montaigne

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28 avril 2011

Sur le vif

Classé dans : Littérature, Photographie — Miklos @ 1:21

Qui ne sait pas la puissance du langage des yeux, de ce langage plus fort, dans sa fonction silencieuse, que le discours le plus bruyant ? Les yeux, tout comme la bouche, parlent ou se taisent ; les yeux rient ou rêvent. Les yeux chantent ; ils souhaitent la bienvenue, ou rebutent ; ils glacent, ils déconcertent, ils troublent, ils accusent, ils défendent, ils caressent, ils tuent. Les yeux écoutent, questionnent, répondent ; ils brillent, ils s’assombrissent, ils dansent, même, ils vacillent, ils s’écarquillent. Ils sont immobiles, immuables. Ils se voilent, se fanent, brillent, scintillent, etc., etc. Quelles occasions magnifiques pour ceux qui savent jouer d’un pareil instrument !

Les annales politiques et littéraires, vol. 89, juillet-décembre 1927.

Il se débattit quelques instants encore, soutenant une lutte acharnée, terrible, contre ce sommeil inexorable, puis, malgré Albina et sa sœur, qui unissaient leurs forces pour le soulever et le contraindre à marcher, il laissa tomber lourdement sa tête sur la table et y demeura sans mouvement. Il dormait !

Constant Guéroult, « Le roi des aulnes », in Le Moniteur de la mode. Journal du grand monde. 1er numéro de janvier 1865.

Sous le règne de Don Sébastien, roi de Portugal, ou bientôt après, le premier Ministre n’admettait personne qui n’eût l’air d’une profonde sagesse et une gravité tout extraordinaire. Pour donner des marques plus sensibles de l’une et de l’autre, la manie allait si loin à cet égard, que tous les courtisans, qui se rendaient à son lever, devaient être munis d’une paire de lunettes sur le nez, attachées avec un ruban noir autour de la tête, et qu’aucun n’y était admis sans cette parure. Un officier, qui servait dans l’artillerie, honnête homme, mais un peu brusque et qui ne connaissait pas l’air du bureau, ne pût jamais obtenir audience, ni même l’entrée du logis, jusqu’à ce qu’ennuyé de tous les refus du portier, il s’avisa de paraître en Habit fort obscur, avec un grand sérieux et deux paires de lunettes sur le nez. Alors toutes les portes s’ouvrirent, et il fut conduit, en grande cérémonie, d’une chambre à l’autre jusques au cabinet du Ministre d’État.

Le spectateur, ou le Socrate moderne, où l’on voit un portrait naïf des mœurs de ce siècle. Trad. de l’anglais. Amsterdam, 1721.

Glissez une pipe entre les lèvres d’un vieillard et complétez les phrases suivantes. Trouvez le terme imagé qui décrira la position de la pipe.

a) Une vieille pipe est… dans la broussaille de sa barbe. Une vieille pipe est… entre les chicots de sa bouche édentée.

b) Il s’en échappe des… qui… dans l’air du soir.

c) Une vieille pipe est plantée… Il s’en échappe des…

Resserrez ces deux propositions en une seule.

Jean Maitron et Lucien Leray, Les rédactions d’autrefois. Les Éditions de l’Atelier/Éditions ouvrières, 2008.

En 2011, nous célébrons les 140 ans de la Commune de Paris. Nous avons voulu transmettre la mémoire de cette révolution dans l’espace public, à travers un journal interactif.

Á travers 45 articles et interventions streetart, nous allons tenter de restituer le déroulement de la Commune de 1871 en temps réel là ou elle a eu lieu.

Journal illustré de la la Commune de Paris

C’était surprenant, car peu de filles traînent seules dans ces bars le soir, et celle-ci était étrange : habillée d’une sorte de robe de plage haute en couleur, les yeux dissimulés derrière des lunettes de soleil grosses comme des soucoupes, qui, dans cette pénombre, devait l’empêcher de distinguer quoi que ce soit, elle semblait complètement décalée.

Oklahoma, Trop de cervelle dans la bière. Mon Petit Éditeur, 2010.

Le Français qui, lui, gesticule à l’occasion, use de sa langue pour étourdir et séduire, et donne la comédie aux femmes tout comme un péninsulaire de souche voit dans l’Italien un Français et demi.

Julien Gracq, Autour des sept collines. José Corti, 1989.

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Un commentaire »

  1. belles photos, belles personnes, belles pensées, merci ;)

    Commentaire par tilly — 28 avril 2011 @ 8:40

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