Miklos
« Je donne mon avis non comme bon mais comme mien. » — Michel de Montaigne

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13 juin 2011

« Clairs visages hors du temps rassemblés, visages de femmes vivantes… » (André Breton, Point du Jour)

Classé dans : Littérature, Nature, Photographie — Miklos @ 3:19

Pythie ou pythonisse. Les Grecs nommaient ainsi la prêtresse qui rendait à Delphes les oracles d’Apollon. Les prêtresses de Delphes, pour prédire l’avenir, s’inspiraient sous l’action de vapeurs sulfureuses sortant d’une espèce d’abîme ou de trou profond, nommé Pythium, dont la tradition attribuait la découverte à un berger qui faisait paître son troupeau au pied du Parnasse, et auquel les vapeurs enivrantes qui s’en exhalaient communiquèrent le don de prophétie. Plusieurs fanatiques s’étant précipités dans cet abîme, on en boucha l’entrée, au moins en partie, au moyen d’une espèce de machine supportée par trois pieds appuyant sur les bords du trou, d’où on la nomma trépied. Les prêtresses, montées sur ce trépied, pouvaient, sans le moindre risque, recevoir l’action de la vapeur prophétique. (…) Ce n’était qu’au commencement du printemps que la pythie rendait ses oracles, et elle s’y préparait par plusieurs cérémonies qui tendaient à l’exalter extraordinairement ; tel était, entre autres un jeûne de trois jours. Elle se trempait le corps et surtout les cheveux dans la fontaine de Castalie, se couronnait de laurier ; le trépied était également décoré de lauriers, et la prêtresse mâchait et avalait sans doute aussi quelques feuilles de cet arbre, consacre à Apollon. Ces préliminaires achevés, Apollon avertissait lui-même de son arrivée, lors de laquelle le temple semblait trembler jusque dans ses fondements, et l’on plaçait alors sur le trépied la prêtresse, qui avait à peine subi l’action de la vapeur divine que tout son corps s’agitait, ses cheveux se hérissaient, son regard devenait farouche…

William Duckett (éd.), Dictionnaire de la conversation et de la lecture, t. 15. Paris, 1857.

Du curcuma, ou safran d’Inde. Aucuns tiennent que cette racine étrangère que les apothicaires appellent curcuma, en français terra merita, est le cyperus indicus de Dioscoride : car voici ce qu’il en dit : On dit qu’il croît une autre espèce de cyperus en Inde qui retire au gingembre*, et étant mâché rend la couleur de safran, et est amer, et qu’étant appliqué en liniment il fait quant et quant tomber le poil. Toutes lesquelles marques conviennent fort bien à la curcuma des apothicaires : car c’est une racine à mode de gingembre, jaune comme safran au-dedans, laquelle étant mâchée rend la salive jaune, et est amère ; même l’on s’en sert aux dépilatoires. (…) En outre elle a quelque ressemblance quant aux propriétés avec le gingembre, outre ce qu’elle rend la salive jaune quand on la mâche, combien qu’elle ne soit pas si forte, et qu’elle ait aussi plus mauvais goût ; elle est encore plus propre à désopiler les parties intérieures que ne l’est le gingembre : à raison de quoi, dit Pena, les charlatans et les femmes l’ordonnent avec du gingembre contre la jaunisse. (…) Aujourd’hui les peintres et les alchimistes en usent plus que les médecins, lesquels toutefois en usent en l’électuaire appelé diacurcuma, qui sert aux maladies invétérées, à l’hydropisie, et contre la mauvaise habitude du corps qu’on appelle cachexie.

Jacques Dalechamps, De l’histoire générale des plantes, trad. du latin par Jean des Moulins. Lyon, 1615.

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* Retirer à, de. Ressembler à. Trésor de la langue française informatisé, art. retirer.

M. Linnaeus la caractérise ainsi : Son calice est formé par plusieurs spates partiales, simples, et qui tombent ; la fleur est un pétale irrégulier, dont le tuyau est fort étroit. Le pavillon est découpé en trois parties, longues, aiguës, évasées et écartées. Le nectarium est d’une seule pièce, ovale, terminée en pointe, plus grande que les découpures du pétale, auquel il est uni dans l’endroit où ce pétale est le plus évasé. Les étamines sont au nombre de cinq, dont quatre sont droites, grêles, et ne portent point de sommets ; la cinquième, qui est plantée entre le nectarium, est longue, très étroite, ayant la forme d’une découpure du pétale, et partagée en deux à son extrémité, près de laquelle se trouve le sommet. Le pistil est un embryon arrondi qui supporte la fleur, et pousse un style de la longueur des étamines, surmonté d’un stygma simple et crochu. Le péricarpe ou le fruit, est cet embryon qui devient une capsule arrondie à trois loges séparées par des cloisons ; cette capsule contient plusieurs grains.

Diderot et Dalembert, Encyclopédie. Neuchâtel, 1765.

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2 commentaires »

  1. Oui, bien…j’aime beaucoup les photos, sont-ce tes montages ?

    Commentaire par betsabee — 13 juin 2011 @ 16:07

  2. Merci. Oui, ce sont mes montages.
    Il fait beau dans la Nouvelle France ? Ici c’est mitigé…

    Commentaire par Miklos — 13 juin 2011 @ 17:11

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