Miklos
« Je donne mon avis non comme bon mais comme mien. » — Michel de Montaigne

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4 novembre 2009

Du progrès, ou, quand le mieux est l’ennemi du bien

Classé dans : Livre, Sciences, techniques — Miklos @ 1:12

Il y a trois ans, j’avais découvert avec émerveillement un logiciel à usage domestique (voire professionnel, pour petites bibliothèques), Book Collector, qui m’avait permis de cataloguer en très peu de temps quelque 4.500 des livres de ma bibliothèque personnelle. Facile d’utilisation, rapide, il suffisait de lui fournir un minimum d’informations – le code ISBN, ou, à défaut, le titre et l’auteur de l’ouvrage – et il rapatriait tout aussi rapidement nombre d’informations en provenance de sources que je pouvais sélectionner dans une liste : bibliothèques nationales (BnF, Bibliothèque du Congrès…), librairies en ligne (Amazon, Barnes and Noble…)… Ces informations (nombre de pages, édition, langue, traducteur, éditeur, date de publication…, image de couverture, résumé) – parfois complémentaires, parfois contradictoires – pouvaient être retenues ou non, fusionnées, complétées à partir de mon exemplaire, pour être finalement enregistrées sur mon disque dur.

Las, ce logiciel s’est perfectionné, et en ce faisant, a perdu de sa souplesse, de sa rapidité, de sa précision et de son originalité – et donc, pour moi du moins, de son utilité.

Tout d’abord, la version actuelle ne permet plus de choisir les sources d’information : tout provient d’une seule et même base de données, celle de l’éditeur du logiciel. Hier, il s’est passé ce que j’avais prévu en apprenant cette « évolution » : un dysfonctionnement de cette base m’a empêché d’effectuer correctement le catalogage, certaines données n’étant plus rapatriées après un temps de latence insupportable. Ce phénomène ne pouvait se passer précédemment, lorsque de multiples sources distinctes étaient consultées indépendamment.

À long terme, cette nouvelle orientation consacre la dépendance absolue de la fonctionnalité de catalogage du logiciel sur l’existence de ce service centralisé fourni par l’éditeur : s’il décide de l’arrêter, ou si la société est rachetée ou disparaît, le logiciel ne permettra plus de cataloguer de nouveaux ouvrages. C’est contraire à un certain esprit du temps – celui des logiciels libres ou ouverts – mais bien dans la lignée de certains services qui forcent l’exclusivité (à l’instar de Google Books, qui ne permet pas l’indexation de ses contenus par d’autres moteurs de recherche que le sien).

Je ne sais d’où proviennent les contenus de la base de l’éditeur, mais elle est lacunaire (des six premiers ouvrages catalogués hier, deux n’ont pas été identifiés, et pourtant ce sont des ouvrages relativement récents). Pire, la qualité des informations y est médiocre : noms incomplets (par exemple, S. Zweig au lieu de Stephan Zweig), sous-titres non identifiés en tant que tels (mais accolés aux titres), graphie approximative (majuscules là où il n’en faut pas), nombre de pages de l’ouvrage et date de publication souvent incorrects ou correspondant à une autre édition, manque d’information à propos de la collection, des parties de l’ouvrage (titres des nouvelles le constituant, par exemple), des contributeurs (traducteur, éditeur scientifique, etc.). La correction de ces informations avant l’enregistrement dans mon catalogue s’en trouve donc singulièrement rallongée.

Un malheur n’arrivant jamais seul, j’ai constaté un ralentissement très significatif dans le fonctionnement du logiciel : lorsque l’on clique sur l’intitulé d’un livre dans le catalogue, il faut attendre plusieurs secondes jusqu’à ce que la notice correspondante s’affiche, tandis qu’auparavant cette ouverture était immédiate. Encore un facteur de ralentissement de la procédure de catalogage et de frustration.

Le support semble aussi quelque peu dépassé par les événements : auparavant, les réponses étaient quasi immédiates et pertinentes. Lorsque j’ai envoyé quelques remarques à propos de mes récents constats, les retours ont omis de répondre à certains points qui devaient les fâcher (par exemple : la baisse de qualité dans les informations rapatriées à partir de leur base). Pire, la réponse concernant le dysfonctionnement du nouveau lecteur de codes à barre que je venais d’acheter chez eux était erronée et aberrante : selon eux, il fallait changer les options régionales et linguistiques de l’ordinateur pour les fixer à « Anglais (US) » pour que ce lecteur fonctionne… M’étant adressé alors directement au constructeur du lecteur, j’ai reçu quelques heures plus tard la démarche à effectuer pour paramétrer le lecteur afin qu’il fonctionne correctement.

Si, alors, je conseillais bien volontiers l’utilisation de ce logiciel, ce n’est plus le cas  les récentes évolutions sont apparemment destinées à faciliter l’usage du logiciel pour le grand public – le moins de choix, de clicks et d’interventions manuelles possible – au dépens d’une certaine qualité (ou d’une qualité certaine) de l’information. Pour l’éditeur, ce qui compte surtout pour la majorité de sa clientèle, ce sont les rajouts d’image de couverture, de résumé, et tout autre choix n’est qu’une posture idéologique rétrograde. Pour ma part, je ne sais encore si je suis condamné à continuer à m’en servir au vu du volume de données que j’y ai déjà saisi, ou aurai-je la chance de trouver une alternative plus fonctionnelle vers laquelle je pourrai migrer. J’ai commencé à chercher.

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3 commentaires »

  1. [...] plus tard. Il y a une semaine, poussé par la nécessité, j’ai trouvé une petite merveille [cf. opinion révisée] qui m’a permis de cataloguer quelque 750 ouvrages en quatre ou cinq soirées (un peu longues). [...]

    Ping par Miklos » J’ai toujours aimé lire — 4 novembre 2009 @ 1:16

  2. Bonjour,
    Connaissez-vous « librarything » ? (Je ne l’ai pas testé encore)
    http://www.librarything.fr
    Bien à vous,
    Jean-Yves de Lépinay

    Commentaire par Jean-Yves de Lépinay — 5 novembre 2009 @ 7:51

  3. Bonjour,

    Oui, ainsi d’ailleurs que Libfly (qui est une réalisation française). J’avais regardé LibraryThing quand je cherchais un moyen de cataloguer ma bibliothèque personnelle.

    Je ne sais plus ce qui ne m’avait pas convaincu à l’époque, mais en y revenant maintenant, ce qui me dérange en premier lieu est que c’est un catalogue hébergé, ce que je ne veux pas : je souhaite l’avoir sur mon ordinateur (avec éventuellement une visibilité sur le Web, surtout pour moi – ce que j’avais rajouté à Book Collector, qui ne proposait pas cette fonctionnalité) : je souhaite pouvoir y accéder pour le consulter même si le réseau ne fonctionne pas.

    Secondairement, je ne cherche pas le côté « communautaire » qui est mis en avant dans ces deux systèmes (discussions, etc.), et donc n’ai pas de raison particulière à faire ce type de choix.

    Ce n’est pas très différent des considérations qui m’ont mené à installer mon blog en dehors de plates-formes de blogs, d’ailleurs.

    D’autres facteurs rendent Book Collector plus commode : la possibilité d’effectuer des recherches par combinaisons d’indexes (par exemple : tous les livres de poches en français) ; d’éditer les « autorités » et de changer d’un coup l’orthographe d’un nom, l’existence de champs tels que éditeur, collection, série… Par contre, Book Collector est pauvre dans la possibilité de caractériser les fonctions des personnes (éditeur, préfacier, etc.), par exemple.

    Cordialement,
    M.

    Commentaire par Miklos — 6 novembre 2009 @ 7:24

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