Miklos
« Je donne mon avis non comme bon mais comme mien. » — Michel de Montaigne

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7 février 2011

« Voici voici voilà » (Laurie Anderson, Langue d’amour)

Classé dans : Actualité, Langue, Médias — Miklos @ 8:46

Dans sa rubrique potins people sur laquelle se précipite non pas uniquement la ménagère de cinquante ans mais l’internaute avide de savoir tout ce qui arrive aux grands de ce petit monde à l’instar du badaud qui se presse à la porte de tel club pour les apercevoir entrer ou sortir, donc dans sa rubrique potins people, voilà ce qu’écrit Voici :

« Je ne me suis mariée qu’une seule fois avec ce que j’ai cru être l’homme de ma vie, pensant vivre le véritable amour, pour m’apercevoir en finalité que vraisemblablement tout était faux, que tout n’avait été qu’illusion ». Ces mots douloureux pleins d’amertume et de nostalgie, ce sont ceux d’Anne Parillaud, ceux d’une femme anéantie par son divorce avec Jean-Michel Jarre.

Mariée une seule fois avant lui (avec Luc Besson, qui lui a offert le rôle de sa vie, Nikita), cette très jolie brune avait placé un espoir infini dans cette nouvelle histoire d’amour.

On avoue : on n’a jamais entendu parler de cette dame (qui, précise le canard, « n’a jusqu’alors jamais réussi à vivre sans homme », lot de bien de femmes et d’hommes soit dit en passant) avant son anéantissement. On avouera aussi ne pas suivre les aventures et nouvelles aventures de Jean-Michel Jarre. Ce que l’on trouve particulièrement intéressant dans cette news (ragot, en français), c’est le problème de logique qu’elle pose subrepticement :

1. La dame affirme ne s’être mariée qu’une seule fois avec celui qu’elle a cru être l’homme de sa vie.

2. Le (ou la) journaliste nous révèle qu’elle avait été mariée une seule fois avant lui, donc au total au moins deux fois.

De prime abord, on ne peut concilier (1) et (2) : a-t-elle été mariée en tout une seule fois ou deux ? Mais à une lecture plus attentive – ce genre de publication fait vraiment travailler les méninges – on constate que la première assertion signifie, en fait, qu’Anne Parillaud avoue n’avoir été mariée qu’une seule fois avec Jean-Michel Jarre, se différentiant ainsi d’autres stars qui ont pu épouser deux fois (ou plus) l’homme de leur vie à l’instar de Liz (Taylor) qui avait convolé avec Richard Burton le 15 mars 1964 et le 10 octobre 1975. Elle aussi, d’ailleurs, n’avait jamais réussi à vivre sans homme : six autres mariages avec six autres hommes de sa vie qu’on lui souhaite longue.

27 décembre 2010

Pas de salisettes !

Classé dans : Langue, Littérature — Miklos @ 21:01

Du temps – et du lieu – où j’étais enfant, il n’y avait pas de petites filles (ni de grandes) qui s’appelaient Lisette, impossible donc de deviner l’orthographe correcte du Padessalisette ! qu’on prenait plutôt comme une injonction à plus d’hygiène.

Maintenant qu’on sait, on se demande bien qui était cette Lisette pour qu’on l’interpellât ainsi au fil des siècles. Lorédan Larchey, dans ses Excentrictés du langage publié dans les années 1860, écrit :

Pas de ça, Lisette : Formule négative due sans doute à la vogue de cette chanson connue: Non! non! vous n’êtes plus Lisette, etc. — « Un jeune drôle fait la cour à ma nièce… pas de ça, Lisette! » — Ricard.

La chanson dont il s’agit ici est due au célèbre Béranger et s’intitule en fait Ce n’est plus Lisette. Elle commençait ainsi :

Quoi ! Lisette, est-ce vous ?
Vous, en riche toilette !
Vous, avec des bijoux !
Vous, avec une aigrette !
    Eh ! non, non, non,
Vous n’êtes plus Lisette,
    Eh ! non, non, non,
Ne portez plus ce nom.

Elle date sans doute de 1821. On ne peut éviter de la comparer avec la charmante Pourquoi t’es-tu teinte, Philaminte ? de Mireille et de Jean Nohain (qui se poursuit ainsi : J’aimais bien mieux ta vieille teinte, j’aimais bien mieux tes vieux cheveux… pour se terminer comico-tragiquement pour la belle) quelque 110 années plus tard.

La chanson de Béranger se chantait, d’après son sous-titre, sur l’air de Eh ! non, non, non, vous n’êtes pas Ninette, refrain de l’Épigramme contre les coiffures à la Ninon :

Pour se mettre en renom
Chez nous mainte coquette
Se transforme en Ninon ;
Mais près d’elle on répète :
    Eh ! non, non, non,
Ce n’est pas là Ninette ;
    Eh ! non, non, non,
Ce n’est pas là Ninon.

On la trouve dans Encore un ballon, ou Chansons et autres poésies nouvelles d’Armand-Gouffé, pour faire suite aux Ballon d’Essai et Ballon Perdu du même auteur, publié en 1807. La coiffure en question, considérée comme particulièrement prétentieuse en d’autres temps mais qui ne serait même pas remarquée aujourd’hui, est due à un geste d’une élégance rare de Ninon de Lenclos :

Ninon avait toujours été fidèle à ses « caprices » ; ce n’était pas avec un amant tendrement chéri qu’elle aurait commencé à se montrer déloyale. Mais la jalousie prête au soupçon le plus absurde. Une nuit, Villarceaux aperçut une bougie allumée dans la chambre de sa maîtresse. Il envoya un valet pour s’informer si la jeune femme souffrait de quelque malaise. Le valet revint avec une réponse négative. Villarceaux se persuada qu’elle écrivait à un rival. Fou de colère, il se précipita pour aller surprendre l’infidèle ; mais dans sa hâte, croyant prendre son chapeau, il se coiffa d’une aiguière d’argent . . .

— C’est, dit Juliette, ce que j’appelle de la passion.

— Quand il pénétra chez Ninon . . .

— Avec son aiguière sur la tête ? demanda Juliette.

— Il l’avait enlevée, en se déchirant la peau, d’ailleurs. Elle se retint de rire, mais elle refusa de se justifier.

Quelques jours après, Villarceaux s’alitait. Son valet rapporta à la jeune femme que, dans son délire, il ne cessait de prononcer le nom de sa maîtresse. Ninon sentit qu’elle devait le rassurer par un geste décisif : avant d’avoir pu réfléchir, elle prit des ciseaux et coupa sa magnifique chevelure, qu’elle envoya à son amant pour lui signifier combien elle se souciait peu de tout autre galant. La vue de ces tresses aux reflets fauves rendit la santé au jaloux. Il écrivit aussitôt à Ninon pour lui demander pardon de ses soupçons offensants et lui annoncer que le cher message l’avait d’un seul coup guéri de sa fièvre. Elle se précipita chez lui, se glissa dans son lit, et, nous dit Tallemant, « ils demeurèrent couchés ensemble huit jours entiers ».

C’est ainsi que naquirent la coiffure à la Ninon et un petit garçon. Le coiffeur Champagne adopta la coiffure, le marquis reconnut l’enfant, que Ninon éleva tendrement.

Jean Duché, L’histoire de France racontée à Juliette. Presses de la Cité, 1962.

Mais revenons à Lisette. L’hypothèse de Larchey ne semble pas fondée : on retrouve cette expression une trentaine d’années avant la chanson de Béranger (qui, d’ailleurs, n’y fait pas vraiment référence) : en 1788 chez Rétif de La Bretonne par exemple, où le fils d’un riche boucher essaie de conquérir une jeune et belle blonde en en partant à l’assaut : « — Croyez-vous donc la Belle, que je vous propose d’être ma maîtresse ? Pas de ça, Lisette ! Je ne suis pas un Seigneur, pour être un poliçon : c’est le titre et l’honneur d’épouse que je vous offre. Je ne vous demande pas de réponse ; je n’en ai que faire : c’est une chose faite. » (in Les Nuits de Paris, ou, Le Spectacteur Nocturne).

Deux ans plus tôt, Antoine Gorsas – satiriste révolutionnaire guillotiné en 1793 – publiait L’Âne promeneur, ou, Critès promené par son âne, chef-d’œuvre pour servir d’apologie au goût, aux mœurs, à l’esprit et aux découvertes du siècle : titre prometteur s’il en est (celui de la préface est encore plus fantaisiste), dans lequel on peut lire (les majuscules sont dans le texte) – ne croirait-on pas entendre le capitaine Haddock ? – :

Massacre ! mort ! enfer ! mille millions de pipes de diables ! reprit Chrysostôme Critès, en rebroussant son bonnet sur l’oreille gauche, et en roulant ses gros yeux louches, je ne sais pas si je fais un jugement ténébreux ; mais par la santa barbara ! sans savoir trop bien mon latin, ou je ne suis pas si grec que lui ; aussi je ne m’approxime pas contre ce pot de fer, moi qui ne suis qu’un… qu’une cruche : t’as raison, grégoire, gaudeat benet nanti, puisqu’il l’est ; mais je gage chopine qu’il a de la poudre d’Attrape nigauds, pour avoir comme ça quinze et bisque sur les jugements de tous nos badaudiers, et pour les enfiler comme son maître. God-dam ! qu’il ne m’enfilera pas ! eh, non, pas de ça, Lisette ! Ah ! Nicolas, que tu ne me le…(1)

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(1) Pas de ça, Lisette. Ah ! ah ! Nicolas, tu ne me le, etc. — Expressions oubliées par M. Délicieux…. Les grands hommes ne pensent pas à tout.

On n’a pas trouvé de source plus ancienne, bien que la note de l’auteur semble indiquer que c’était une expression désuète déjà à son époque.

Quant au prénom Lisette, diminutif de Lison ou de Louise, on le retrouve attaché à des personnages de comédies et d’histoires galantes, sans pour autant qu’ils y aient toujours le beau rôle : est-ce dû au fait que le nom commun lisette désignait « un petit insecte verdâtre qui en Mai et en Juin gâte les jeunes jets des arbres fruitiers et de la vigne », appelé aussi assez coquinement coupe bourgeon ?

C’est ainsi que chez le fabuliste allemand Christian Fürchtegott Gellert (1715-1769) Lisette est une « jeune épouse ayant été atteinte de petite vérole » et qui « eut en plus l’infortune, après sa maladie, de perdre aussi la vue », ce qui l’a heureusement empêché de voir les infidélités que son mari n’a manqué de commettre avec sa garde-malade… Il est évidemment curieux (mais l’est-ce vraiment ?) que la Wikipedia écrive à propos de l’auteur qu’il « interprète des sentiments intimes, il enseigne la vertu, la religion ; il purifie l’art pour l’introduire dans la famille » sans qualifier cette information…

Bien plus tôt, dans « Le Cordelier de Venise » du Décaméron de Bocace (XIVe s.) on trouve « une jeune femme d’un esprit faible et niais, nommée Lisette de Caquirino […] fière et orgueilleuse comme sont tous les Vénitiens » venue se confesser à un certain frère Albert, qui n’était autre qu’un libertin, « un mauvais sujet nommé Bertho de la Massa ». Il comprend « sans peine que sa pénitente avait le cerveau un peu creux, quoique effectivement elle fût assez jolie ; et voyant que c’était là précisément ce qu’il lui fallait, il la convoita aussitôt et en devint passionnément amoureux ». Quelles salisettes !

31 octobre 2010

Je, tu, il, vous, vous-autres…

Classé dans : Langue, Lieux, Littérature, Musique, Religion — Miklos @ 17:17

« En l’an 2000, visite aux habitants de la planète Mars ».
Carte postale publicitaire pour Campari, 1906.
Source : swissinfo.ch.

Or n’avait tout le monde qu’un langage et une façon de parler. (…) Dont le Seigneur descendit pour voir la ville et la tour que les hommes bâtissaient. Car il disait : Voici un peuple qui n’est qu’un, et n’ont tous qu’un langage, et osent bien faire telle chose ; il n’y aura rien qu’ils entreprennent de quoi ils ne viennent à bout. Il nous faut descendre et brouiller leur langage, de sorte qu’il n’entendent point le parler de l’un de l’autre. — Genèse XI:1-7, trad. Sébastien Castellion (1555).

Comment un martien, à la descente de sa fusée, ne resterait-il pas médusé devant le babil incompréhensible qui constitue la rumeur du monde ? Arrivé à Roissy, il s’entend dire par le douanier :

— Avez-vous vos papiers ?

Grâce à son traducteur automatique universel et électronique, il comprend tout de suite de quoi il s’agit, et il tend au gabelou sa carte d’identité interstellaire. Une fois sorti de l’aérogare, il se voit interpellé par le chauffeur en uniforme d’une voiture de maître, qui lui demande :

— Monsieur veut-il aller à Paris ?

Bien que son dictionnaire lui offre plusieurs explications incompréhensiblement inconciliables (paris mutuels ? Paris des lumières ? Paris Texas ?), il s’y engouffre, et demande au conducteur de l’amener dans le quartier le plus typique de la ville.

Et c’est ainsi que, deux heures plus tard et délesté des quelques milliers d’euros que la course lui a coûté, il se retrouve rue Saint Denis. Une jeune rousse à la couleur peu naturelle et à la voix gouailleuse l’aborde poliment :

— Tu viens chez moi, chéri ?

tandis qu’une noire sculpturale à l’accent fortement québécois (c’est son dictionnaire qui le lui signale discrètement) le sollicite ainsi :

— Tu viens-t’y chez nous que j’m’occupe de tes gosses ?

Il équarquille ses trois grands yeux : il a laissé ses enfants à la maison, et la blonde (puisque c’est ainsi qu’on appelle les noires affectueuses dans la Belle province) est pourtant seule aussi, alors pourquoi ce « nous » ? Lui propose-t-elle déjà le mariage et le partage de ses biens (immobiliers) ?

Dérouté par la grammaire autant que par les comportements de cet étrange pays, il repart aussitôt, après avoir toutefois poliment remercié ces dames pour leur hospitalité.

Il passe brièvement à Londres, où tout le monde se vouvoie sauf quand l’interlocuteur a une taille très élevée (c’est ainsi qu’il comprend le “Your Highness”) : on lui parle à la troisième personne du singulier (tout en utilisant la deuxième personne du pluriel, “Does your Lordship mean, when you say, ‘the real essence of a man, and an horse, and a tree,’ but that there are such kinds, already set out, by the signification of these names, man horse, tree?”), ou alors lorsqu’un Britannique s’adresse à Dieu : il le tutoie avec une familiarité déconcertante, tandis que leur souverain terrestre parle de lui-même à la première personne du pluriel.

Parti se reposer aux Baléares, il constate que son séjour n’y sera finalement pas de tout repos : entre le Tú, Usted et Vosotros il ne sait plus où donner de ses deux têtes, et s’aperçoit, lors d’un bref passage en Amérique latine, qu’il n’avait pas encore rencontré les Vos et Ustedes.

À Jérusalem, tout paraît simple : en hébreu il n’y a que le tutoiement. Mais petit hic, le pronom n’est pas le même selon qu’il s’adresse à un homme ou à une femme, et avec les tenues très unisex d’une part, le machisme des femmes et la langueur de certains hommes d’autre part, il est sûr de se tromper à tous les coups. Et quand il apprend que l’un des noms donnés à leur seul et unique Dieu est un mot pluriel (ce qui est, avoue-t-il, très singulier), il se dit qu’il est temps de repartir vers sa famille qui lui manque terriblement et avec lesquels il ne communique que par gestes, ce qui évite tous ces problèmes que les terriens se créent inutilement.

28 septembre 2010

Une vision british irish des vols à bas coûts

Classé dans : Cinéma, vidéo, Humour, Langue, Musique — Miklos @ 23:55

Prendre l’avion était une aventure et un luxe que seuls les nantis pouvaient s’offrir ; il en allait aussi d’ailleurs du saumon fumé, des robes de grands couturiers ou des meubles de design. Puis apparurent les low-cost (dans les années 1970), les grandes surfaces, le prêt-à-porter et Ikea : tout le monde peut dorénavant paraître aussi bien transporté, nourri, habillé et logé que ceux qui illustrent les pages glacées des magazines qui font rêver (et vendre). Mais y gagne-t-on vraiment, tous comptes faits ?

Fascinating Aïda est un trio de chansonnières very English : humour décalé, dent aiguisée, langue épicée, le tout interprété avec une classe digne de Buckingham. Jugez-en : dans leur récent spectacle, les trois gentilles sorcières dont la solide formation musicale classique est mise à profit d’une façon qui ne décevrait pas les grands de l’opérette qu’étaient Gilbert et Sullivan (les Offenbach anglais) s’en prennent aux vols dégriffés : ceux-ci, comme on l’a tous sans doute vécu, s’avèrent parfois être un gouffre financier pour les gogos qui, par la pub alléchés, leur tendent leur carte de crédit (en d’autres mots, ils méritent bien leurs dénominations de « vol » et de « coups bas »). Quant à partir et arriver à l’heure, voire à la bonne destination (non, pas au Paradis, pas encore), c’est un coup de poker souvent menteur.

Le texte (retranscrit sous la vidéo), émaillé d’expressions (très) couleur locale collant parfaitement au rythme endiablé de la musique façon irlandaise (la soliste, Dillie Keane, est originaire de Dublin et son accent en témoigne joliment), est intra­duisible sans en altérer la saveur ou le surcharger d’explications oiseuses, on se contentera d’en donner l’idée générale.

We received an invitation in the post one Monday morn’
To attend our cousins wedding in the town where we were born
The do was back in Kerry; so wishing to be frugal
We trawled the ‘net to find some decent travel deals on Google

Un lundi matin, nous reçumes par la poste une invitation au mariage de nos cousins dans notre ville natale du Kerry.
 
Voulant économiser, nous décidâmes d’écumer le net afin de trouver sur Google un vol à prix raisonnable.

Cheap flights, cheap flights, cheap as they can be,
Bedad we found an airline selling flights for 50p,
(Diddly aiden daidin daidin dai)

Ah, ces vols bon marché…
 
Par Dieu ! on a trouvé une compagnie qui vend des vols pour 50 pence (0,58 €).

Well we clicked on to the website and were mightily surprised,
To find the actual cost wasn’t quite as advertised,
We’d forgotten airport taxes, that also’d to be billed,
But a bargain is a bargain and begorrah we were thrilled,

En cliquant sur son site, nous avons été ahuries de constater que le coût réel n’était pas tel qu’annoncé.
 
Nous avions oublié les taxes d’aéroport, mais une bonne affaire c’est une bonne affaire, et crénom ! on était toutes excitées.

Cheap flights, cheap flights, Stanstead to Tralee,
It isn’t every airline offers flights for 50p,
(Diddly aiden daidin daidin dai (x3))

Ah, ces vols bon marché…
De Stanstead à Tralee*, on ne trouve pas de vols à 50 pence chez la plupart des compagnies.

After studying the website we decided it was best,
To pay priority boarding so that we’d sit three abreast,
(Three abreast, that’s the best)
And of course we’d all have luggage, so that’s an extra cost,
And then we paid insurance in case our cases might get lost,

Après avoir consulté attentivement le site, on se décide à payer pour l’embarquement prioritaire qui nous permettrait d’être assises toutes les trois ensemble.
 
En plus, comme on avait toutes des bagages, il y avait un surcoût.
Et en plus on a payé l’assurance en cas de perte de nos valises.

Our cheap flights, cheap flights, it’s obvious to see,
There must be extra charges when the flights are 50p,
(Minya, minya, minya, key change)

Ah, ces vols bon marché…
C’est évident qu’il doit y avoir un surcoût si leur prix est 50 pence.
(minya, minya, minya, modulation)

At last the flight was booked, with all of the additions,
We’d read the realms of medium print, of terms and conditions,
And then picked up the charge for using VISA which was drastic,
‘Cause how the feck are you supposed to pay if not with fecking plastic?

Finalement on a réservé le vol avec tous les extras, on a lu toutes les mentions et conditions écrites en tout petit, et payé les frais supplémentaires assez salés pour l’utilisation d’une carte Visa.
Mais putain ! comment peut-on payer autrement qu’avec une putain de carte?

Cheap flights, cheap flights, we paid the fecking fee,
Because by now we were committed to the flights for 50p,
(Diddly aiden daidin daidin dai (x3))
(Someone’s being diddled and it’s us, so it is)
(a-hmm, a-hmm, a-a-a-a-a-a-a-a-hmm)

Ah, ces vols bon marché… On a payé les putains de frais puisqu’on s’était engage à prendre ce vol à 50 pence. Si quelqu’un s’est fait eu, c’est nous.

Now I don’t know if you’ve tried looking at Stanstead on a map,
But checking in at 5am is a fecking load of crap,
It’s packed if you try to catch a train or underground,
So a taxi to the arse in the world was more than 100 pounds,

Je ne sais pas si vous avez jamais cherché Stanstead sur une carte, mais s’embarquer là-bas à 5 heures du matin c’est vraiment merdique. Si on essaie de prendre un train ou le métro, ils sont bondés. Le taxi que nous prîmes pour ce trou du cul du monde nous a coûté plus que 100 £ (116 €).

Cheap flights, cheap flights, we should have gone by sea,
There’s no such fecking thing as a fecking flight for 50p,
(Feckity feckity feckity feckity feck, feck, feck (x2))

Ah, ces vols bon marché… On aurait dû partir en bateau. Les putains de vols à ces putains de 50 pence ça n’existe pas.
(Fuck, fuck, fuck…)

Then at last we reached the airport where we had to pay a fine,
The fecking feckers charged us ’cause we hadn’t checked in online,
And finally aboard the flight there’s an extra class of tax,
‘Cause the fecking fecking feckers fecking charge to use the jacks,

On arrive finalement à l’aéroport où l’on a dû payer une amende, ces putains de mecs nous l’ont imposée parce qu’on ne s’était pas enregistrées en ligne. Et à bord, une putain de putain de taxe de plus pour utiliser les toilettes*.

Cheap flights, cheap flights, I think you must agree,
That only fecking gobshites think there’s flights for 50p,
(Feck, shite, feck, shite, feck, shite, arse)
(Feck, shite, shite, feck, feck, shite, arse)

Ah, ces vols bon marché… Vous êtes d’accord qu’il n’y a que des putains de gogos qui croient qu’il y a des vols à 50 pence.
(Fuck, merde, cul)

Sad verse
Well finally we landed and tried to shuffle up the aisle
But the steward sent us down to the back with never a hint of a smile
And as we heard his annoucement our hearts gave a terrible thump
If you havent prepaid to use the steps you’ll have to feckin jump

Couplet triste.
On a finalement atterri, et on essaie d’avancer vers l’avant, mais le steward, sans l’ombre d’un sourire, nous renvoie vers l’arrière, et on a eu un choc terrible au cœur (boum !) quand on a entendu son annonce, comme quoi si on n’avait pas prépayé pour utiliser l’escalier, il fallait sauter.

Cheap flights, cheap flights you’re harking on to me
you’re an idiot if you think a fecking flight is 50p
Feck!

Ah, ces vols bon marché… écoutez-moi bien : vous êtes un sacré con si vous croyez qu’un putain de vol coûte 50 pence. Merde !

* On ne sera pas si étonné que ça d’apprendre quel est l’opérateur du vol Stansted-Tralee (si connu pour les surprises qui émaillent ses tarifs et ses vols, et qui annon­çait vouloir faire voyager ses passagers debout et faire payer pour l’uti­li­sa­tion de ses toilettes), ni le nom du site où se trouve cette information :

(Vidéo et paroles reproduites avec autorisation)

23 septembre 2010

Delanoë rejoint le PC, ou, de certains e-journalistes, de la véracité de leurs informations et de la perfectibilité de leur style, du blog du Pape et de celui d’Osama bin Laden

Classé dans : Actualité, Humour, Langue, Médias — Miklos @ 14:42

FrenchTribune.com est un site anglophone qui a pour vocation de fournir les nouvelles les plus récentes concernant l’Europe, les affaires en France et la santé dans le monde.

Ce vaste et ambitieux programme est assuré par de jeunes communicants dans les nouveaux médias (on préfère les qualifier ainsi, d’autant plus que certains sont issus de l’école de journalisme et de communication de l’université de la Méditerranée, du centre de formation et de perfectionnement des journalistes, voire de l’institut indien de journalisme et des nouveaux médias).

Ce qui frappe tout d’abord, c’est le charabia : un anglais approximatif, souvent truffé de fautes de grammaire (“the extension would have allow…”, “a analogous threat”), mais surtout de lourdeurs de style dues à une traduction mot-à-mot du français (“Ryanair has taken decision to…” = « Ryanair a pris la décision de… », phrase qui se termine d’ailleurs par une autre faute de langage ; “The station was the objective of a terrorist attack” au lieu de “The station was the target…”) manuellement ou automatiquement. Certaines ne font pas sens : “Last weekend, though, the executive of French Interior Intelligence Agency Bernard Squarcini swayed warning signals that the French soil was endangered by never superior risk of terrorist attacks.” On se demande si l’auteur suggère que les services de sécurité intérieure du pays se servent d’une lanterne qu’ils balancent (sens littéral de sway) en titubant (autre sens de sway) au bout de leur bras pour signaler des dangers. La France est vieux jeu et parfois portée sur la bouteille, on le sait, mais à ce point ?

Ce qui nous a interpellé, c’est l’article dans lequel Rance Leroy (nom à consonance si anglophone mais aux textes si francophones) écrit, à propos du procès dans lequel Jacques Chirac s’engage : “The present communist mayor, Bertrand Delanoe, established £450,000 in recompense”. Passons sur les fautes de langue du paragraphe qui suit cette phrase (que l’on peut lire ci-dessus), mais, à moins que tout le site en général et cet article en particulier ne soient qu’un immense canular (on en doute) on se demande avec quelles notes ces communicants sont sortis de leurs écoles respectives.

Et entre temps, on ne peut que recommander aux fidèles lecteurs de French­Tri­bune.com de migrer en masse vers The Onion : c’est ce qu’on fait de mieux dans le genre journalistique décalé, aussi bien sur la forme que sur le fond. En plus, c’est un réel phénomène dans le monde des médias en ligne : il existe, lui, depuis 1996. Après l’avoir épluché (c’est un oignon, mais c’est de rire que vous pleurerez), allez donc lire les blogs du Pape et d’Osama bin Laden sur News Groper.

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