Miklos
« Je donne mon avis non comme bon mais comme mien. » — Michel de Montaigne

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28 avril 2008

L’abus d’alcool…

Classé dans : Langue — Miklos @ 0:46

« Bientôt, les patois auront complètement disparu ; beaucoup de mots employés par les pères ne sont déjà plus intelligibles pour les enfants, et l’on doit se hâter de les recueillir, si l’on porte quelque intérêt aux origines de la langue. » — Edélestand du Méril, Dictionnaire du patois normand, [1849] (cité par Decorde, cf. ci-desous)

En cette période de célébrité médiatique du chti, il est bon de rappeler qu’il n’y avait pas qu’un unique dialecte dans le nord de la France (voire au nord de Paris…), mais une grande variété. Quoi qu’il en soit, cette notoriété aura permis à quelques expressions savoureuses de monter (ou descendre) à Paris et ailleurs en France.

C’est en feuilletant le Dictionnaire du patois du pays de Bray de Decorde1 (Paris, 1852) que l’on est tombé sur une expression somme toute encore assez familière : à tire-larigot, utilisée souvent dans l’expression boire à tire-larigot. Selon le Trésor de la langue française, on la trouve déjà chez Rabelais ; elle possède aussi le sens plus général de « en grande quantité, en abondance », et proviendrait d’une chanson du xve siècle dont le refrain est « Larigot va Larigot, Mari, tu ne m’aimes mie ». Par contre, Decorde fournit une définition plus intéressante dans son Dictionnaire :

Tirlarigo (boire à), boire avec excès. Ce proverbe remonte au xiiie siècle. A cette époque, Eude Rigaud, archevêque de Rouen, fit don à sa cathédrale d’une cloche qui était si difficile à mettre en branle, qu’il dut s’engager à fournir à boire aux sonneurs. C’est de là que nous vient le proverbe : Boire à tire la Rigaud (Voir notre Essai sur Londinières, page 237).

Cette étymologie est ancienne : on la retrouve par exemple dans les Memoires pour l’histoire des sciences et des beaux-arts, anthologie de textes publiée en 1741.

Une explication différente en fait remonter l’origine à un instrument de musique moins encombrant :

« Fleury de Belligen explique autrement ce proverbe : “Le larigot, dit-il, est une petite flûte d’ivoyre, semblable au sifflet d’un enfant, qui rend un ton fort haut, et parce que ceux qui en jouent soufflent de toute leur force, et tirent à perte d’haleine, quand nous beuvons à longs traits et que nous levons le coude et haussons le menton avecques le verre comme ceux qui flutent avec un larigot, pour boire jusqu’à la dernière goutte, nous appelons cela boire à tire-larigot. (Page 203.) »

M. Le Roux de Lincy, Le Livre des proverbes français,
tome second. Paris, 1859

Tout organiste aura entendu parler du larigot, nom d’un des jeux imitant le son de cette flûte. Un curieux passage des Remarques nouvelles sur la langue françoise (troisième édition, Paris, 1682) de Dominique Bouhours fait d’ailleurs remonter larigot à fistula, flûte, en latin. Nous ne résistons au plaisir d’en citer quelques extraits savoureux (et notamment sa conclusion à la fin du second paragraphe, tout en humour très british) :

M. Ménage2 est sans doute un des premiers grammairiens du Royaume ; car quoy-qu’il ait l’esprit universel, & que ce soit une des plus grandes memoires du monde, il s’est attaché toute sa vie à la grammaire. Mais c’est particulièrement dans les étymologies où il excelle : il semble avoir l’esprit fait tout exprés pour cette science ; il semble mesme quelquefois inspiré, tant il est heureux à découvrir d’où viennent les mots. Par exemple, n’a-t-il pas eû besoin d’une espece d’inspiration pour trouver la veritable origine de jargon & de baragouïn. Jargon, selon luy, vient de barbaricus, & et voicy sa généalogie en droite ligne : Barbarus, barbaricus, baricus, varicus, üaricus, guaricus, guargus, gargus, gargo, gargonis, jargon. Baragoüin est le proche parent de jargon : Barabarus, barbaricus, barbaracuinus, baracuinus, baraguinus, baragoüin.

Il n’y a rien de plus clair, & de plus net, & je ne doute pas que M. Ménage ne se sçache tres-bon gré de cette nouvelle découverte : car autrefois il ne croyoit pas que jargon & baragoüin fussent originaires du mesme païs, ni qu’il sortissent de la mesme tige. Il veut dans ses Origines de la Langue Françoise que jargon soit espagnol, & baragoüin bas-breton. Il fait descendre l’un de gerigonza, & l’autre de bara & guin, qui signifient en Bas-Breton pain & vin3. Tant il est vray que les mots, comme les hommes, viennent d’où l’on veut.

(…) Quoy qu’il en soit, nous devons à M. Ménage une infinité de connaissances semblables : & c’est luy qui avec cette faculté divinatrice que M. de Balzac luy attribuë, a découvert que (…) boire à tire larigot, venoit de fistula ; fistula, fistularis, fistularius, fistularicus, laricus, laricotus, larigot, & de-là, dit-il, boire à tire larigot. Tout cela est beau & curieux. M. Ménage triomphe en ces sortes de matieres ; c’est son fort que les étymologies. Aussi dans ses Observations sur la Langue il réüssit admirablement, quand il s’agit un peu d’étymologie : comme on peut juger par les chapitres de jargon, de baragoüin, de laquais, de larigot, & par les chapitres où il demande s’il faut dire trou de chou, ou tronc de chou ; letrin, lutrin, ou lieutrin ; salmigondin, salmigondis, ou salmigondi, &c. Dés qu’il sort de l’étymologie, il sort en quelque façon de son caractere (…)

Enfin, Pierre Borel, dans son Dictionnaire des termes du vieux français (1882) affirme (sans preuve, selon ses critiques) :

Larigaude. Le gosier; de larinx. D’où vient ce que l’on dit, Boire à tire-larigaud.

Devrait-on répéter à propos de son étymologie ce que Bouhous disait de celles de Ménage ? Et pourtant, on trouve aussi cette définition dans le Glossaire de la langue romane de Jean-Baptiste Bonaventure de Roquefort (Paris, 1808), et l’on remarquera que la contrepartie du larynx de l’homme est le syrinx chez l’oiseau, terme synonyme de flûte de Pan (cf. Debussy) : on en revient toujours à la flûte, musicale ou d’alcool… Ce qui nous ramène, pour finir, vers ce souvenir personnel d’une affiche d’autrefois dans le métro sur laquelle un enfant implorait : « Papa, ne bois pas. Pense à moi. » Et l’on a vu de nos yeux vu celle où une main facétieuse avait rajouté « tout » à la fin de la première phrase. Santé !


1 L’Abbé Jean-Eugène Decorde, curé de Bures, membre de l’Académie des Sciences, Arts et Belles-Lettres de Caen, de la Société des Antiquaires de Normandie, de la Société des Antiquaires de Picardie et de la Société d’Émulation d’Abbeville.
2 Gilles Ménage (1613-1692), grammairien, lexicographe, auteur du Dictionnaire étymologique de la langue française (1694) et de Mulierum Philosopharum Historia, récemment traduit et publié chez arléa sous le titre Histoire des femmes philosophes.
3Ménage aurait dû s’en tenir à ses premières dérivations : selon le Trésor de la langue française et d’autres sources (Littré, Britanica), jargon proviendrait de gargun, « gazouillement des oiseaux » et serait effectivement apparenté à l’espagnol gerigonza. Quant à baragouin, le Trésor de la langue française indique que son origine est contestée et, après avoir repris l’étymologie bretonne proposée par Ménage, rajoute :

Différents faits confirment cette hyp. : ce mot apparaît dans l’ouest de la France et s’est vulgarisé un siècle après la réunion de la Bretagne à la France; il est en 1391 opposé à chrestian et françois et est appliqué à un habitant de Guyenne par un homme d’Ingré, Loiret (Dauzat, Festschrift für Ernst Tappolet, supra); prob. à l’orig. sobriquet désignant les Bretons, tiré de leur expression favorite « pain vin » entendue dans les auberges fr.; cf. le nom de famille Painvin relevé par Dauzat dans Fr. mod., t. 17, p. 162, en Loire inférieure; cf. aussi la chanson citée par le Dict. de bas-bret. de Villemarqué, p. XL dans Littré : Baragouinez, guas De basse Bretagne, Baragouinez, guas, Tant qu’il vous plaira.

On retrouve cette explication chez Littré.

19 février 2008

Bonbon ou cacahuète ?

Classé dans : Langue, Musique — Miklos @ 21:19

הנה הבאתי לך בוטניםEn 1964, le jeune homme épris et naïf de Jacques Brel apporte des bonbons à son amou­reuse, « parce que les fleurs c’est péris­sable, puis les bonbons c’est tellement bon ! » Il devine, à ses formes avantageuses, qu’elle en raffole. Timide, un peu guindé dans ses habits du dimanche, le nœud de cravate labo­rieux, il lui propose d’aller regarder passer les trains. En chemin, il se confie à elle : « Ger­maine, elle est moins belle », et en plus, elle est rousse et cruelle. Mais lorsqu’ils arri­vent sur la Grand’Place près d’un kiosque où l’on joue du Mozart, voici qu’ils croisent un certain Léon, l’ami de la belle (difficile de croire au hasard, la finaude devait le savoir). Et notre dadais de lui céder la place !

Heureusement, il aperçoit Mademoiselle Germaine (qui devait se douter, elle aussi, de quelque chose et se tenait prête), à laquelle il pourra finalement offrir ses bonbons, « bien que les fleurs soient plus présentables ». L’une ou l’autre, après tout qu’importe ? il a tellement envie d’être amou­reux. La chanson ne dit pas ce que devint Cruella et son lion de Léon. Cette histoire se passait où ? Chez les Zoulous ? Les Andalous ? Ou dans la cabane bambou ?1 Pas du tout, c’était sans doute à Bruxelles, Léon oblige.

Quelques années ont passé. L’adolescent boutonneux est devenu un jeune bourgeois libéré : il traite sa mère de névropathe, s’est débarrassé de son accent bruxellois, réside au Georges Vé en écoutant pousser ses cheveux et défile en criant « Paix au Vietnam ! » Germaine ne supporte pas sa coiffure : c’est la rupture, il vient rechercher ses bonbons… et les offre, minaudant, au jeune frère de Germaine. Peace and love. Surtout love.

Les choses se passent ainsi en Wallonie. Mais la Belgique est divisée, comme on vient de nous le rappeler. En Flandre, les amoureux se sont promenés dans une allée bordée de tilleuls, et c’est Walter qui enlève la donzelle volage, tandis que l’amoureux transi se console avec Nadine la rouquine. Ils vécurent longtemps et eurent beaucoup d’enfants sages et industrieux.

La ballade traverse l’Europe, sera chipée à son passage en Italie par Roberto Ferri, et se retrouve interprétée en Israël par le talentueux acteur et chanteur Israel Gurion lors d’un festival consacré à Jacques Brel. L’israélien est plus frustre que le Wallon ou le Flamand : il offre à sa dulcinée des cacahuètes – on aime bien grignoter, au bord de la Méditerranée – au lieu, dit-il, de roses. Mais comme il n’y a qu’une ligne de train en Israël, il lui propose d’aller au zoo voir plein de singes, et ça tombe bien « parce que je t’ai apporté des cacahuètes » (il doit se dire qu’elle les donnera aux simiens au lieu de s’en empiffrer, et conservera ainsi sa taille de guêpe qui le branche un max). En plus, le vouvoiement n’existe pas en hébreu, ce qui permet de sauter quelques étapes, l’israélien ne s’encombrant ni de cravates ni de préliminaires. L’« autre », c’est Rina, une vraie sorcière et en plus elle a plein de taches de rousseur. Nos tourtereaux arrivent finalement dans le jardin public – là-bas, pas de Mozart, c’était avant la vague d’immigration des Russes venus avec leurs violons sous le bras. Et qui voient-ils au loin ? Hanan ! Et puisqu’il veut que je me casse… Bonjour, Rina, t’es trop mignonne ! Et hop ! pas si naïf que ça, finalement.

C’est Voltaire qui aura le mot de la fin (en français) : « Malheur aux faiseurs de traductions littérales, qui en traduisant chaque parole énervent le sens ! C’est bien là qu’on peut dire que la lettre tue, et que l’esprit vivifie. »


1 Robert Desnos, Les Hiboux.

22 janvier 2008

L’universalité de la langue et la particularité du langage : amours, délices et orgues

Classé dans : Langue — Miklos @ 9:32

«Tout le monde sait que le langage transporte aux choses inanimées un caractère emprunté du règne animal. Il fait considérer les unes comme des femelles, les autres comme des mâles, en appelant par exemple, certaine semence une graine, certaine autre un grain, certain amas de pierre une montagne, certain autre un mont, certaine excavation une fosse, certaine autre un fossé. Cette distinction peut sembler étrange ; mais elle est utile, ne fût-ce que parce qu’elle sert à marquer entre les noms les plus semblables, quant à la forme et au sens, une différence assez considérable. En signalant cette différence entre les substantifs synonymes à radicaux communs et terminaisons peu ou point significatives, nous ferons connaître la raison générale qui a guidé le sens commun dans l’imposition de l’un ou de l’autre genre à tels ou tels substantifs.

Le féminin est toujours plus général, le masculin toujours plus particulier. Les noms, auxquels convient le premier genre, renferment dans leur signification quelque chose de plus étendu, de plus vague, et de plus indéterminé que leurs synonymes du genre masculin. Et ceux-ci ont un sens précis et spécial : ils expriment les mêmes choses, mais les font considérer comme ayant des bornes, une destination ou une forme particulière, qui les sépare de tout ce qui n’est pas elles, quelque chose enfin qui leur donne une existence distincte. Dans celui des deux termes synonymes qui est au féminin, la chose apparaît comme un tout ou un genre, dont le substantif masculin n’exprime qu’une partie ou une espèce, mais bien caractérisée, ou, comme une substance, une matière, une étoffe sans forme et sans destination précise, qui en reçoit une dans le substantif masculin : c’est ainsi que la barre devient le barreau, la terre le terrain et le terroir, la pâte le pâté, etc. Le mot orge est féminin, quand on ne spécifie pas de quel orge il s’agit, et masculin dans les expressions, orge mondé, orge perlé, orge moulu (Boss.), orge mondé et pilé (Roll.) ; vivre d’orge grossièrement pilé et à demi-cuit sous la cendre. (Marm.) Le pendule est dans la pendule une partie seulement. Les mots aide, enseigne, garde, sentinelle, manœuvre, pris au féminin, désignent des abstractions, des actions vagues. Au masculin, ces mêmes mots signifient des hommes qui ont tel emploi, qui font ces actions par état ; ils deviennent plus précis en donnant à l’idée une forme concrète.

Le substantif féminin est donc l’expression mère ; il signifie le genre, et le substantif masculin l’espèce. Voilà pourquoi, dans les synonymes de cette sorte, le masculin peut toujours se définir par le féminin, mais non pas réciproque ment. Le barreau est une espèce de barre, le pâté une espèce de pâte, le terrain une espèce de terre, le limaçon une espèce de limace ; mais non pas, la barre une espèce de barreau, la pâte une espèce de pâté, la terre une espèce de terrain, la limace une espèce de limaçon. Si le masculin se définit par le féminin, c’est qu’il exprime la même chose que lui, plus certaines qualités ou circonstances qui le déterminent ou le spécialisent. Que si le féminin ne peut à son tour se définir par le masculin, c’est qu’en effet il ne réunit pas ces qualités ou ces circonstances qui appartiennent eu propre au masculin, qui le déterminent et le spécialisent.

Rien de plus facile à justifier que cette règle. Dans chaque espèce animale, la femelle contient et produit le mâle, comme dans le langage le féminin comprend le masculin. De son côté, le mâle se distingue par son individualité ; les caractères de l’espèce ne brillent qu’en lui, ou brillent en lui beaucoup plus que dans la femelle. C’est la femelle, plus certaines qualités que le mâle possède seul, comme la beauté du chant, la vivacité des couleurs, les cornes, la force, etc.

Cette même règle va recevoir des faits une justification plus éclatante encore. Nous la verrons d’abord appliquée aux substantifs qui ont la même terminaison au masculin qu’au féminin.

AMOURS (f.), AMOUR (m.). Passion d’un sexe pour l’autre.

Le mot amour, généralement masculin, prend quelquefois le genre féminin ; mais cela n’arrive guère en prose, suivant l’Académie, si ce n’est quand le mot est au pluriel ; nouvelles amours, ardentes amours, folles amours. Or, évidemment le pluriel est bien plus compréhensif que le singulier : revenir à ses premières amours, n’indique pas l’objet d’un premier sentiment, n’exprime pas qu’il ait été unique, avec autant de précision que, revenir à son premier amour. Ensuite, l’amour désigne un sentiment, et le sentiment seul ; les amours présentent cette idée mêlée avec beaucoup d’autres ; elles font songer aux assiduités, aux petits soins, aux doux propos, aux témoignages d’affection. « Ce Lapon nous dit qu’il lui en avait bien coûté, pendant ses amours, deux livres de tabac et quatre ou cinq pintes de brandevin. » Regn. De plus, et c’est une autre condition dont l’Académie ne parle pas, le mot amour, au pluriel, n’est employé comme féminin que quand il est précédé et non pas suivi de son adjectif : de folles amours, et non des amours folles ; comme de sottes gens, et non des gens sottes. L’adjectif étant mis après, amour, quoique au pluriel, resterait masculin : des amours brutaux (Pasc. Volt.) ; froids, honteux, déplacés, odieux, lascifs (Volt.) ; particuliers (Cond.) « Il est des amours emportés aussi bien que des doucereux. » Mol. C’est qu’en général l’adjectif se place avant le substantif dans les locutions vagues, et après dans les locutions précises. Voy. ci-après Synonymie des expressions qui ne diffèrent que par l’ordre des mots : savant homme, homme savant.) Si donc le mot amour n’est féminin qu’au pluriel et après l’adjectif, la raison en est qu’alors seulement il tient de ces deux circonstances le caractère décidé de vague et d’indétermination qui est propre au féminin.» — Délice et orgue, masculins au singulier, sont aussi féminins au pluriel, même sans avoir besoin, comme amours, d’être précédés de l’adjectif : délices pernicieuses (Boss.), orgues portatives. (Acad.)

B. Lafaye, Dictionnaire des synonymes de la langue française
avec une introduction sur la théorie des synonymes.

Paris, Hachette, 1884

18 octobre 2007

Exercices de style (III)

Classé dans : Langue, Sciences, techniques — Miklos @ 21:44

La curiosité humaine n’a pas de limite : comme ne pas être curieux de ce qui intrigue les internautes et les mène aux modestes propositions de ce blog, ici ou là ? Aujourd’hui, un quidam était à la recherche d’« images d’instruments de perfusion de musique » : serait-ce l’ultime remède à ce qui préoccupait un comparse, une « indicible douleur » ? Plus pragmatiques ceux qui veulent savoir quel était « le costume de Evo Morales le 18 nov 2005 » (un mois jour pour jour avant son élection à la présidence de la Bolivie), ce que « mangent les Bandar Log » (bien qu’ils aient enlevé Mowgli, ils ne comptaient pas le dévorer) ou, plus simplement, « pourquoi lire ? » (pensaient-ils lire la réponse ici ?).

Mais c’est anecdotique. Plus curieuses sont les statistiques qu’a relevées Reuters dans l’historique des recherches effectuées dans notre AMI (Aspirateur mondial de l’information) à tous depuis 2004 à ce jour. Le mot « Hitler » est recherché en premier lieu à partir de l’Allemagne, du Mexique et de l’Autriche, tandis que « nazi » l’est du Chili et de l’Australie (pour qui connaît l’histoire et les lieux de refuge des tenants de ces idéologies, ce n’est pas si curieux que cela). « Sex » intéresse l’Égypte, l’Inde et la Turquie (on ne doit pas le trouver facilement dans le kiosque du coin), « Viagra » l’Italie, le Royaume Uni et l’Allemagne (le French lover n’en a pas besoin, tout le monde connaît sa réputation infaillible), « terrorism » le Pakistan et les Philippines (on se demanderait pourquoi), « Jihad » le Maroc, l’Indonésie et le Pakistan…

Comme quoi, chacun cherche son chat. Et l’« amour » (en français) dans tout ça ? Ce sont le Maroc, l’Algérie et la Tunisie qui le recherchent désespérément, et c’est d’Algérie qu’on est venu chercher ici aujourd’hui « comment faire la moure ». S’il est une réponse à donner, c’est bien celle-ci : avec du cœur, évidemment.

4 juin 2007

Exercices de style (II)

Classé dans : Langue, Sciences, techniques — Miklos @ 21:39

Suite des Exercices de style :

Amours

— La durée minimale pour faire la moure (var. : a prendre à faire la moure).
— L’amour fait mal.
— Déclaration amour en français traduite en albanais.
— Les amants qui ne peuvent jamais se voir.
— Ne pas téléphoner par amour.
— Techniques pour faire l’amour par téléphone.

Anatomie

— Chanteuses avant et après l’esthétique (nombreuses variantes : chanteuses arabes et opération, chanteuses libanaises avant et après chirurgie esthétique, Arielle Dombasle avant la chirurgie esthétique…).
— Chirurgie esthétique et correctrice du mollet.
— Les plus beaux culs de chinoise.
— Matt Damon nu.
— Poil oreille électricité NASA.

Cinéma, peinture, photographie

— Peinture de drap sur corps.
— Photos gratuites seins plats.
— Vidéo de femmes nues dans la foule.
— Vidéo accouplement de Danois.
— Vidéo fait réel du surnaturel.

Coquineries

— Accouplements bizarres (var. : faire lamoure avec un animal).
— Lieux coquins Paris rue, magasin, parc (var. : liste des rues des putes à Paris).
— Où sont les putes à Budapest (vars. : à Prague, à Strasbourg, en Espagne, en Pologne) ?
— Restaurant coquin osé.
— Se promener nue.

Danse

— Ballet danseurs nus (vars. : ballet sodomie ; belles cuisses de danseurs ; chorégraphie danseurs nus ; danseurs nus avec public femmes).
— Combien de temps pour devenir professeur de danse moderne ?
— Comment répliquer deux danses de données ?
— Danse des mineurs Afrique du sud avec des bottes en caoutchouc vertes.
— Danse mathématiciens.
— Danseurs suspendus.
— Danseuses qui dansent.
— Des danseurs qui dansent dans le PC.
— La moralité du danseur de corde et le balancier qui vous gène.
— Lumière qui fait danser.
— Pas de danse genre baba cool.
— Virtuel qui danse avec la musique.

Existentiel

— Je veux être comme ça.
— Le rôle de la nausée dans la philosophie.
— Logique quand qui comment pourquoi ?
— Monologue à deux.
— Pourquoi un homme ne téléphone pas ?
— Pourquoi écrire une lettre à un ami ?
— Quelle culture pour une société virtuelle ?
— Va-t-on vers le chaos mondial ?

Histoire, grands hommes

— Alfred Dreyfus à Deauville.
— Alphonse Daudet planète Mars.

Langue

— À quoi sert la langue dans notre bouche ?
— Comment parle la langue française ?
— La différence entre la langue des adultes et des vieux.
— Que signifie le nom commun le « déluge » ?

Lecture, écriture, littérature

— Contes et légendes que je peux lire sur Google.
— Écrire son autoportrait.
— J’aime lire la nuit les chats perdus.
— Logiciel pour aimer lire.
— Pourquoi écrire sa vie ?
— Pourquoi lire ?
— Le livre est-il un outil de liberté ?
— Que racontaient les pièces de tragédie grecque ?
— Texte en anglais sur une personne morte.

Musique

— Comment commencer symphonie.
— La naissance et la mort de Steve Reich.
— La symphonie cool de Beethoven 5e version dance.
— Les musiques qui tuent.
— Massenet pourquoi tu me réveilles au souffle du printemps.
— Quel était le métier de Montaigne ? (var. : de Mozart ?)
— Salieri anti morsures.

Nature

— Accouplement d’une reine d’abeille (vars. : de chevaux, d’éléphants, de singes).
— Arbres aux formes suggestives.
— Chat arménien en France.
— Cheval pieds nus.
— Comment tresser un cheval.
— Empoisonner les pigeons (var. : un cheval).
— Géographie homme tronc femme forêt.
— Les mites dans la philosophie grecque.
— Pourquoi le chameau a-t-il deux bosses ?
— Tuer des baleines Quelle horreur !

Religion, mystique, surnaturel

— Ange un peu mystique.
— Je ne suis pas juive.
— Nom des 8 portes du paradis.
— Utiliser son aura.
— Vidéo de phénomène surnaturel histoire vraie.

Vie pratique

— Adopter danseuse virtuelle.
— Avec quoi râper les carottes.
— Baston de rue organiser.
— Camps entraînement paramilitaire France.
— Comment empoisonner sa femme (vars. : les gens ; lentement).
— Comment intercepter les SMS que mon mari reçoit sur son téléphone portable ?
— Comment tresser un cheval rapidement.
— Dans quel sens accrocher un fer à cheval ?
— En cas de crash financier ?
— Lettre pour répondre à une invitation de mariage.
— Nostradamus prédictions pour 2005.
— Plus récente méthode de triche en examens.
— Tricher un compteur électrique.

Varia

— Ballon gestique sans chirurgie.
— Depuis quand réputation les Anglais sont homosexuels ?
— Gregory Peck était-il arménien ?
— Humour avec des satellites.
— Je dessine des labyrinthes bien étranges.
— Inventions cinéma entre 1760 et 1920.
— Recherche poignard nazi.
— Quelle est la différence entre la thèque et le base ball ?

Le mot de la fin

— La mort de Miklos.

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