Miklos
« Je donne mon avis non comme bon mais comme mien. » — Michel de Montaigne

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17 décembre 2015

Paris vu d’en haut

Classé dans : Architecture, Littérature, Photographie, Sculpture — Miklos @ 0:17


Un couple de touristes regardant avec curiosité Paris du haut des tours de Notre-Dame.
Plus de photos ici.

«La présence de cet être extraordinaire faisait circuler dans toute la cathédrale je ne sais quel souffle de vie. Il semblait qu’il s’échappât de lui, du moins au dire des superstitions grossissantes de la foule, une émanation mystérieuse qui animait toutes les pierres de Notre-Dame et faisait palpiter les profondes entrailles de la vieille église. Il suffisait qu’on le sût là pour que l’on crût voir vivre et remuer les mille statues des galeries et des portails. Et de fait, la cathédrale semblait une créature docile et obéissante sous sa main; elle attendait sa volonté pour élever sa grosse voix; elle était possédée et remplie de Quasimodo comme d’un génie familier. On eût dit qu’il faisait respirer l’immense édifice. Il y était partout en effet, il se multipliait sur tous les points du monument. Tantôt on apercevait avec effroi au plus haut d’une des tours un nain bizarre qui grimpait, serpentait, rampait à quatre pattes, descendait en dehors sur l’abîme, sautelait de saillie en saillie, et allait fouiller dans le ventre de quelque gorgone sculptée : c’était Quasimodo dénichant des corbeaux. Tantôt on se heurtait dans un coin obscur de l’église à une sorte de chimère vivante, accroupie et renfrognée : c’était Quasimodo pensant. Tantôt on avisait sous un clocher une tête énorme et un paquet de membres désordonnés se balançant avec fureur au bout d’une corde : c’était Quasimodo sonnant les vêpres ou l’angélus. Souvent la nuit on voyait errer une forme hideuse sur la frêle balustrade découpée en dentelle qui couronne les tours et borde le pourtour de l’abside : c’était encore le bossu de Notre-Dame. Alors, disaient les voisines, toute l’église prenait quelque chose de fantastique, de surnaturel, d’horrible; des yeux et des bouches s’y ouvraient çà et là ; on entendait aboyer les chiens, les guivres, les tarasques de pierre qui veillent jour et nuit, le cou tendu et la gueule ouverte, autour de la monstrueuse cathédrale. Et si c’était une nuit de Noël, tandis que la grosse cloche, qui semblait râler, appelait les fidèles à la messe ardente de minuit, il y avait un tel air répandu sur la sombre façade qu’on eût dit que le grand portail dévorait la foule et que la rosace la regardait. Et tout cela venait de Quasimodo. L’Égypte l’eût pris pour le dieu de ce temple ; le moyen âge l’en croyait le démon : il en était l’âme. À tel point que, pour ceux qui savent que Quasimodo a existé, Notre-Dame est aujourd’hui déserte, inanimée, morte. On sent qu’il y a quelque chose de disparu. Ce corps immense» est vide; c’est un squelette ; l’esprit l’a quitté, on en voit la place, et voilà tout. C’est comme un crâne où il y a encore des trous pour les yeux, mais plus de regard.

Victor Hugo, Notre-Dame de Paris.

23 novembre 2015

Quand nos amis se défendent…

Classé dans : Actualité, Photographie, Politique — Miklos @ 23:09

11 octobre 2015

Têtes

Classé dans : Peinture, dessin, Photographie — Miklos @ 21:23


Diane, dite La Zingarella ou Petite Bohémienne. Copie romaine d’une Artémis du IVe siècle avant J.-C., fin du XVIe ou début du XVIIe siècle. Italie.


Minerve, dite Alexandre Mazarin.
IIe siècle après J.-C. ou début du XVIIe siècle (?).


Vieux pêcheur, dit Sénèque mourant. IIe siècle après J.-C. Rome.


Buste de divinité fluviale, dite « l’Arno ».
Fin XVIe – début XVIIe siècle. Rome.


Buste de Sérapis. Origine inconnue, IIe siècle après J.-C. (?).


La Victoire de Samothrace. Vers 190 avant J.-C.

Plus de photos ici.


Recueil de Testes de caractere et de Charges dessinées
Par Leonard de Vinci Florentin
& gravées par M. le C. de C°.

MDCCXXX. (Source)

9 septembre 2015

Life in Hell : The Last Supper

Classé dans : Actualité, Cuisine, Photographie — Miklos @ 10:08


De g. à dr. Primus von Quack, Huascar, Hrundi V. Bakshi, Jeff et Akbar.
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La veille du Grand Saut Vers l’Empire du Milieu de Hrundi V. Bakshi, son hôte Akbar décide de réunir leurs familiers autour des petits plats préférés du futur voyageur.

C’est ainsi que Primus von Quack – qui a succédé à Hrundi dans l’autre chambre –, Huascar – qui l’a précédé dans la première – et Jeff se joignent à eux ce soir-là pour arroser ça avec – comment en serait-il autrement – le vin favori de Hrundi, le Porto. À chacun ses goûts, marmonne Akbar in peto, tout en s’assurant que les verres des autres soient bien remplis.

Après avoir copieusement trinqué, ils passent aux choses sérieuses. Au menu : boules de falafel (pas le libanais, l’autre) dans une pita garnie de houmous, de légumes cuits – Hrundi ne les aime pas crus –, et tant qu’à faire aussi de guacamole. Pour dessert, glaces (Häagen Dazs et Ben & Jerry’s, nombreux parfums au choix) et – autre préférence avérée du héros de la soirée – macarons parisiens de chez De Neuville, à la coque croustillante, pure amande, et fondants à l’intérieur (et, comme l’écrit le site du chocolatier avec quelques fautes de grammaire qu’Akbar se garde bien de corriger, « digne représentants du savoir-faire gastronomique français, centrée sur les incontournables de l’univers chocolatier : ganache, praliné et fruits secs (pistaches), complétée des incontournables recettes aux fruits, élaborée par un chef pâtissier »).

Plus tard, Primus, Huascar et Hrundi enfourcheront des Vélibs pour aller faire des selfies devant la pyramide du Louvre rayonnante en pleine nuit. À chacun ses goûts, marmonne Akbar in peto en se pelo­tonnant sous sa couette.


De bas en haut: boules de falafel, riz et ratatouille, guacamole,
houmous, champignons de Paris.

Jeff et Akbar sont les personnages d’une série de bandes dessinées de Matt Groening, qui est aussi le père de la fameuse – et infâme – famille Simpson.

2 août 2015

The Louvre for the hurried tourist | Le musée du Louvre pour le touriste pressé

Classé dans : Arts et beaux-arts, Peinture, dessin, Photographie, Sculpture — Miklos @ 9:43


Le Louvre en un clin d’œil : La Victoire de la Joconde.
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“First-timers usually head to the three most famous works: Mona Lisa, Winged Victory of Samothrace, and Venus de Milo. Finding your way is easy; signs mark the route, and the flow of other tourists carries you along.” (Haas Mroue, Frommer’s Paris from $95 a day. 2006.).

« Le Louvre le constate : les visiteurs se précipitent sur trois œuvres : La Vénus de Milo, la Victoire de Samothrace et Mona Lisa de Léonard. Le Louvre se plaint et se demande même s’il ne va pas les regrouper en un seul et même endroit, histoire de canaliser les foules. » (Martine Keller, Itinéraires de nulle part. Voyages de vie, d’éveil. 2007)

« Mesdames, messieurs, nous savons tous que si nous devions choisir, choisir irrémédiablement, entre la vie d’un enfant inconnu et la survie d’un chef-d’œuvre illustre : la Joconde, la Victoire de Samothrace ou les fresques de Piero della Francesca, nous choisirion tous la vie de l’enfant inconnu. Mais cette question tragique est un piège de l’esprit. Jamais l’humanité n’a été contrainte de choisir et elle ressent invinciblement qu’elle doit sauver l’enfant et les chefs-d’œuvre. » (André Malraux, lors d’un débat à l’Assemblée nationale le 14 décembre 1961).

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