Miklos
« Je donne mon avis non comme bon mais comme mien. » — Michel de Montaigne

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14 mai 2010

Paysage de l’homme solitaire*

Classé dans : Photographie — Miklos @ 22:41


« Je est le cœur de la ville tentaculaire. » (Miklos)

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* Titre d’un poème de Jean Follain.


Il faut qu’une porte…

Classé dans : Photographie, Théâtre — Miklos @ 10:31

Lolive.

Oh çà, Monsieur, quand vous serez sorti, voulez-vous que je laisse la porte ouverte ?

M. Grichard.

Non.

Lolive.

Voulez-vous que je la tienne fermée ?

M. Grichard.

Non.

Lolive.

Si faut-il, Monsieur…

M. Grichard.

Encore ? tu raisonneras, ivrogne ?

Ariste.

Il me semble après tout, mon frère, qu’il ne raisonne pas mal : & l’on doit être bien aise d’avoir un valet raisonnable.

M. Grichard.

Et il me semble à moi, Monsieur mon frère, que vous raisonnez fort mal. Oui, l’on doit être bien aise d’avoir un valet raisonnable, mais non pas un valet raisonneur.

Lolive.

Morbleu j’enrage d’avoir raison.

M. Grichard.

Te tairas-tu ?

Lolive.

Monsieur, je me ferais hacher ; il faut qu’une porte soit ouverte ou fermée : choisissez ; comment la voulez-vous ?

M. Grichard.

Je te l’ai dit mille fois, coquin. Je la veux… je la… Mais voyez ce maraud-là, est-ce à un valet à me venir faire des questions ? Si je te prends, traître, je te montrerai bien comment je la veux.

M. de Breuys, Le Grondeur, comédie. 1691.

2 mai 2010

Life in Hell : Jeff et Akbar s’en vont à Vienne

Classé dans : Lieux, Photographie — Miklos @ 3:30


Jeff et Akbar sont invités à prendre le five o’clock tea chez Sissi au palais de la Hofburg. Akbar révise assidûment son exemplaire des Règles du Savoir-Vivre dans la Société Moderne de la Baronne Staffe, chapitre « Les Visites » :

— La Baronne écrit que « En restant un quart d’heure, on fera preuve d’un parfait savoir-vivre », et que « dès qu’une légère accalmie s’est produite dans la conversation, on en profite rapidement pour saluer la maîtresse de maison, s’incliner circulairement et disparaître avec promptitude… qu’on soit reconduit ou non ». Si elle a raison, on fait comment, pour prendre le thé en quinze minutes ?

— Baronne mon œil, rétorque Jeff, c’est une roturière comme Jeanne-Antoinette Poisson ou Nadine Lhopitalier. Elle s’appelle Blanche Soyer ! C’est peut-être pour ça qu’elle n’a pas le droit de rester plus longtemps chez les aristos.

— Il faut qu’on se rappelle de laisser dans l’antichambre ou le vestibule nos parapluies, nos cache-poussières, nos doubles chaussures et notre pardessus, mais garder le chapeau à la main pendant toute la durée de la visite en veillant à ne jamais présenter à la vue des autres que l’extérieur du couvre-chef.

— Mais nous n’avons pas de niolle, on ne va pas en acheter pour en tenir à la main, on garde nos fez sur la tête ! lance Jeff exaspéré. Déjà que deux mains ne suffisent pas pour tenir la tasse sur sa soucoupe en y mélangeant le sucre et en grignotant un petit gâteau en même temps… Tu penses bien que je ne vais pas me priver de goûter à toutes leurs viennoiseries, affirme Jeff qui ne sait résister aux gourmandises.

— Tu penses qu’on pourra s’asseoir ? Si oui, on pose la tasse sur un genou, la viennoiserie sur l’autre, et on touille. Blanche dit que « quelques maîtresses de maison ne possèdent pas plus de deux fauteuils ».

— Dans ce cas, je m’assois par terre ! susurre Jeff, provocant.

— Bon, pour dire bonjour à Sissi, ce n’est pas si simple. D’abord, « on ne tend pas la main aux gens que l’on voit pour la première fois, dès le début de leur visite ». Ensuite, « il est clair que le temps est passé du salut prosterné, côté des hommes ». On ne pourrait « sans prêter à rire s’incliner jusqu’à terre, une main posée sur le cœur », et il ne nous est pas donné non plus « d’enlever d’un mouvement plein de désinvolture un feutre couvert de plumes pour en balayer le sol avec respect ».

— Heureusement ! Ils doivent bien avoir des femmes de ménage pour faire ça, non ? rigole Jeff doucement.

— Mais « le salut des hommes du monde nous paraît d’un ridicule achevé : il y a quelques années, les bras au-devant des genoux, ils pliaient le corps en deux, d’un mouvement raide, automatique. Aujourd’hui ils font le plongeon ».

— On n’est pas à la piscine, dis donc… On ne peut pas lui dire Bonjour Madame ? s’étonne Jeff.

— Blanche dit qu’on appelle une reine Madame, donc peut-être qu’on peut appeler l’impératrice ainsi ? Sinon, c’est quelque chose comme Votre Altesse Impériale ou Impériale et Royale ou même Sérénissime, il faudra vérifier dans le Gotha.

— On n’a qu’à tout dire, ça sera plus simple, tu ne penses pas ? ironise Jeff.

— Si les salutations à l’arrivée et au départ s’éternisent, tu ne pourras manger tes friandises… prévient Akbar.

— Alors je l’appelle Madame tout court, advienne (c’est le cas de le dire) que pourra. Au pire, elle ne nous réinvitera pas, conclut Jeff.

Jeff et Akbar sont les personnages d’une série de bandes dessinées de Matt Groening, qui est aussi le père de la fameuse – et infâme – famille Simpson.

30 avril 2010

Life in Hell : Jeff et Akbar se font tirer le portrait

Classé dans : Photographie — Miklos @ 22:24

Ni Jeff ni Akbar n’aime se faire photographier, mais ils ne peuvent résister à l’invitation pressante et nonobstant aimable d’Ella et de Pitr :

Miklos développe le cliché et le tend aux deux compères.

Le résultat ?

Akbar : Non, tu vois ça ? Quelle tête j’ai…

Jeff : Et moi donc… Déchire la photo, s’il te plaît.

Églantine, qui s’était jointe à eux : Elle est très bien la photo, on la garde !

Églantine a toujours le dernier mot. Elle demande à leur photographe attitré d’en­voyer le portrait à l’adresse indiquée, ce qu’il fait après avoir supprimé le « pa » initial qu’un petit plaisantin hispanophile y avait rajouté.

Jeff et Akbar sont les personnages d’une série de bandes dessinées de Matt Groening, qui est aussi le père de la fameuse – et infâme – famille Simpson.

19 avril 2010

« La terre parle avec un mal de silence » (Fernand Ouellette)

Classé dans : Littérature, Photographie — Miklos @ 18:36

L’herbe parle à l’oreille, ou la terre bourdonne,

Ou la brise pleure en passant.

— Alphonse de Lamartine, Adieu.

Le sol donne un bel arbre.

L’arbre donne le bois.

Le hautbois hausse le ton

Et donne, lui, le la.

— Miklos, Le sol est sous le la-
tanier.

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