Le nouveau code de la route
L’examen du code de la route va être simplifié, nous dit-on. Voici une épreuve que nous proposons, basée sur des cas réels. Que signifie, dans chacune des photos ci-dessous, la signalétique ?

Réponses :

L’examen du code de la route va être simplifié, nous dit-on. Voici une épreuve que nous proposons, basée sur des cas réels. Que signifie, dans chacune des photos ci-dessous, la signalétique ?

Réponses :


« Que de choses à voir, lorsque tous les yeux sont fermés ! » — cité par Restif de La Bretonne
«J’étais fort-curieux de connaître le Personnage assés amoureux, pour courir un si grand danger, ét à-part moi, je disais, —Il faut que ce soit un Oisif ; car les Hommes occupés font un peu plûs de cas de leurs jours utiles : Il marcha ; je le suivis. A l’entrée de la rue Aubri-le-boucher était un cabriolet, gardé par un Jockey ; l’Amoureux y monta, ét partit comme l’éclair, éveillant, dans sa route, par un bruit de tonnerre, tous les pauvres Malades qui commençaient à s’endormir… J’ai toujours été surpris, que la Police moderne donnât si peu d’attention à la tranquilité nocturne des Citadins : Des Gens du peuple crient, chantent impunement ; des Chiens heurlent, aboient ; des Fiacres pesans, des chars rapides ébranlent au milieu de la nuit» les maisons ét les cervaux : Il me semble, que dans un pays bien réglé, le repos des Gens-de-travail devrait être respect ; qu’il devrait être defendu aux Oisifs, aux Libertins, aux Soupeurs-en-ville, ét surtout aux Chiens, de le troubler… Mais nous ne verrons pas cela.
Restif de La Bretonne, Les Nuits de Paris, ou Le Spectateur-Nocturne. À Londres, 1788.
«…la physionomie que prend Paris à l’approche du soir ne laisse aucun doute. Lorsque le travail du jour est achevé et que les liens de cette obligation éternelle sont détachés pour un instant, alors c’est un merveilleux spectacle que de contempler le moment où le captif se sent délivré de son assujétissement. C’est un spectacle merveilleux et pourtant terrible, car il annonce à l’observateur quelle triste et sauvage nature est la nature humaine, et comment, sans lois et sans règles, elle va à tous les vents, produisant des plantes stériles sur le bord des chemins poudreux, ou portant des fleurs empestées au flanc des précipices.
Ici, dans ce Paris, quand le travail cesse sous toutes les formes, — travail du marteau frappant sur l’enclume, travail d’additions et de chiffres, travail de ballots expédiés et de recouvremens de fonds, de plaidoyers et de visites médicales, — alors il s’opère un frémissement de plaisir, il s’élève un hourrah silencieux qui se laisse apercevoir dans toutes les démarches, dans tous les yeux, sur toutes les bouches. Lorsque le soir tombe, un philosophe peut surprendre et saisir à nu tous les secrets de cette nature parisienne. Il y a alors, moralement parlant, des évohé sauvages, des brandissemens de thyrses, des éclats et des élans de satyres, de voluptueux regards. On dirait qu’ici l’âme humaine est joyeuse de voir arriver la nuit et pressée d’entrer dans les ténèbres. Alors les tavernes regorgent d’habitués, les cafés resplendissent, les mauvais lieux s’ouvrent, les théâtres élèvent leurs voix immorales et dépravantes. Il y a alors comme un égorgement moral de tout ce qui est saint et beau. Des quolibets et dés calembours de fumeurs, des verres brisés et vidés, d’étranges plaisirs aux coins des bornes, des scènes mystérieuses, des querelles amères, des insomnies et des souffrances que le travail n’amortit plus, des danses lascives, de bizarres jargons de salon, voilà tout ce qui se laisse apercevoir et entendre.
Nous ne voyons jamais la nuit arriver dans ce Paris sans une secrète terreur; ses astres, son silence, sa beauté, ne peuvent nous en imposer. Nous tournons tristement nos regards vers tous les actes secrets, toutes les défaillances que font éclore ces heures inoccupées. Jadis, pour les hommes des anciens jours, la nuit était mystérieuse, sublime et étincelante de divines clartés ; mais, pour les hommes d’aujourd’hui, il semble qu’elle ne soit plus que la vieille nuit, mère du chaos, épouse du néant. Ils n’en comprennent plus la signification religieuse : ce n’est plus pour eux la cité de Dieu se révélant chaque jour aux hommes ; la nuit leur apparaît comme une caverne qu’il faut éclairer et embellir, et ils y jettent pour la parer pêle-mêle leurs bonnes et leurs mauvaises pensées, leurs désirs, leurs amours, leurs haines et leurs vices. Ils devraient être muets devant elle, et cultiver soigneusement tout ce que le travail du jour a fait éclore de bon et d’utile en eux par le silence, par le recueillement, par la prière ; mais ils abandonnent tout cela, et, sur le sein ténébreux de la nuit, ils vont chercher le bonheur. Les astres ne réveillent en eux que des rêveries oisives et des désirs, le silence ne leur inspire que les pensées d’un solitaire égoïsme.
C’est une chose digne de remarque que cet élan singulier et silencieux qui éclate à l’approche de la nuit. Qu’est-ce que veut dire cela ? Aussitôt que les hommes cessent d’obéir au devoir, ils se mettent à la recherche du bonheur; aussitôt que la lumière s’éteint, ils commencent leurs poursuites ;» aussitôt que la nuit parait, ils rôdent pour le rencontrer, et il y a aussi des temps, hélas ! où, toute lumière étant éteinte dans les âmes, les hommes se mettent, avec leurs flambeaux et leurs torches, à la poursuite de cette chose glissante et vaporeuse, sans l’atteindre jamais.
Émile Montégut, « Journal d’un touriste anglais à Paris », in Revue des deux mondes, 1850.
Jeff et Akbar se rendaient de temps à autre au Rom’ Antique. Bien que la salle, profonde et étroite, était enfumée – c’était avant la seconde Révolution française (celle où le Comité de salut public avait interdit de fumer dans les lieux du même nom) –, Jeff y adorait les calamari fritti croustillants à souhait et Akbar les pizzas, dont la pâte était élastique et savoureuse presque comme le produit napolitain d’origine ; ils partageaient le goût pour du Lambrusco (secco), et admiraient le bagout du serveur et l’art avec il adoptait un accent presqu’aussi italien qu’un né natif bien qu’il devait venir d’un continent plus méridional. Enfin, les prix étaient très raisonnables pour le quartier.
Las, rien n’est éternel. Le Rom’ Antique migra pour s’installer quelques mètres plus loin, dans ce qui avait été un éphémère restaurant oriental. La salle était immense, caverneuse, et les nouveaux occupants en avaient préservé le décor de mille-et-une nuits. Il y faisait froid été comme hiver. Mais comme les patrons avaient apporté avec eux leur carte et leur cuistot, Jeff et Akbar s’y rendaient de temps à autre équipés cette fois de parkas et de manteaux d’astrakan.
Mais même là le changement ne se fit pas attendre. D’abord, le serveur volubile partit. Lorsqu’ils s’y rendirent la semaine dernière, ils constatèrent que la carte avait subi un sérieux amaigrissement : le nombre des pizzas s’était considérablement réduit. Mais leur taille aussi, une fois dans l’assiette. Ultimo ma non meno importante, la consistance délavée de leur pâte faisait penser plus à du décongelé pour fast food (bien que le food était assez slow à venir) qu’à l’œuvre d’un pizzaiolo napolitain, et la garniture nageait dans un magma fromager. Aucune raison d’y retourner, se dirent-ils d’un commun accord.
Tchang est de passage à Paris. Akbar l’emmène dans un restaurant atypique : encadré par un pub anglais et un bar de nuit à tendance gay, il est situé dans une grande chapelle médiévale – maintenant souterraine – fort bien restaurée et éclairée. Le mobilier (chaises capitonnées), le linge de table (nappes et serviettes en tissu) et la vaisselle (Guy Degrenne) sont de bonne qualité, la carte, les menus et les prix honnêtes, la propreté de la salle irréprochable et le service chinois.
Cette fois, ils sont assis à une table à la nappe tachée et déchirée dans un coin ; les serviettes sont en papier, et les deux tables voisines sont chargées de vaisselle sale qui semble y avoir été accumulée. Akbar ne peut s’empêcher de penser aux enquêtes d’Envoyé spécial sur les restaurant asiatiques. La carte qu’Akbar reçoit omet curieusement le menu à 18 € et ne contient que ceux qui commencent à 36 €. Le service est plus chinois que jamais : le serveur laconique demande de loin, avant même d’arriver à la table avec les plats, qui a commandé quoi (pourtant il devrait le savoir, c’est lui qui avait pris la commande), place les assiettes sans un mot devant ses clients et s’éclipse. La nourriture et les prix sont égaux à eux-mêmes. Tchang est ravi. Akbar, qui l’est un peu moins, se dit que le personnel devra passer un sacré coup de torchon avant qu’il y revienne.

Jeff et Akbar sont les personnages d’une série de bandes dessinées de Matt Groening, qui est aussi le père de la fameuse – et infâme – famille Simpson.

A vous qui avez gros nez
S’adresse ma chansonnette.
Venez tous à moy, venez,
Gentils gros nez de pompette ;
Venez donc d’affection
Chanter la perfection
De ces messieurs les gros nez
Qui sont rouge-boutonnez.
Dieu gard compère Nason !
Je suis de votre brigade.
J’ay ouy, de ma maison,
Qu’il nous faut faire parade
De ces gros nez emperlez.
Ça, ça ! main me baillez,
Vive, vive les gros nez,
Qui sont rouge-boutonnez !
Mon compère, mon amy,
Chantons donc sans moquerie ;
Mon nez pourry à demy
Est de votre confrairie ;
Je ne puis m’en excuser.
Chantons sans nous amuser :
Vive, vive les gros nez
Qui sont rouge-boutonnez !
Hé, Vertugoy ! qu’est cecy ?
Tous les gros nez sont ensemble :
Ma foy ! j’en veux estre aussy ;
Le mien est beau, ce me semble,
Mon compère, Dieu vous gard !
Mettez tout soucy a part :
Vive, vive les gros nez
Qui sont rouge-boutonnez !
Le plus gros nez de vous tous,
Fait à rouge muselière,
Nous vienne mettre à trestous
Son nez à nostre derrière ;
II sçaura certainement
S’il y a du sentiment.
Vive, vive les gros nez
Qui sont rouge-boutonnez !
Ancienne chanson normande, in Charles Nisard, Des chansons populaires chez les anciens et chez le Français. Paris, 1867.
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Autres photos :
• de Grand Central Terminal
• du musée des Cloisters (art médiéval)
• du MoMA (art contemporain).
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