Miklos
« Je donne mon avis non comme bon mais comme mien. » — Michel de Montaigne

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19 août 2012

Aimez-vous Bétove ?

Classé dans : Musique, Médias — Miklos @ 10:30

Audrey Pulvar, journaliste aux « gros sabots beethovéniens » (c’est elle qui s’est ainsi décrite) connaît toutes les symphonies de Beethoven « sauf leurs numéros » (ibid.). Ses sœurs, elles, jeunes filles très romantiques, jouaient « des sonates de Chopin à n’en savoir que faire » (ibid). Comme il n’en a composé que trois, on compatit avec la pauvre Audrey (en pensant à un piano de notre voisinage qui égra(t)ine tout cet été le même morceau). Ou alors, la journaliste aurait-elle allégrement – c’est le cas de le dire – renommé ainsi les 17 valses et les 58 mazurkas (sans compter les 4 ballades, les 4 scherzos, les 21 nocturnes, les 24 préludes et les 24 études) de notre national polonais, poil au nez ?

Mise en boîte finalement pas si surprenante que cela, il s’agissait de l’émission La Boîte à musique de vendredi dernier consacrée à ce monstre de la musique qu’est Bétove (sic, ça le rend plus proche de nous), émission dont la caméra semblait avoir une préférence affichée pour la belle journaliste sur le visage de laquelle elle n’avait de cesse de revenir même quand l’APHPAudrey Pulvar, hautement populaire ne parlait pas (la plupart du temps). En tout cas, elle s’y attardait bien plus souvent que sur celui des deux autres faire-valoir invités de l’ineffable Ziegel (qui a lancé un curieux « Je te prendrai au mot » au bel Edwin Crossley Mercer à la belle voix quand celui-ci a annoncé qu’il viendrait la prochaine fois en kilt), autrement plus informés musicalement même si moins télégéniques (il faut bien panacher) : Natasha St-Pier (qui est arrivée à jouer correctement après une formation-éclair – c’est pas bidon, j’vous jure ! – du Beethoven sur les bidons du steelband Pan à Paname qu’on est ravi d’avoir découvert) et Luc Ferry (qui connaît tous les numéros, lui, et pas que ça, y compris La Pince à linge des Quatre Barbus – œuvre beethovénienne s’il en est –, mais pas l’Élégie sur la mort d’un caniche). Il nous a épaté, Luc : il s’y connaît vraiment en musique et était ravi de le montrer à tout bout de champ d’un air faussement modeste.

Popu pour popu, on préfère l’humour fin d’un Victor Borge (ci-dessus) ou celui d’un Gerald Hoffnung qui fournira la morale de cette émission d’une nuit d’été à la fin de ce délicieux petit film :

7 juillet 2012

L’agent Orange a encore frappé

Classé dans : Actualité, Littérature, Musique, Sciences, techniques, Société — Miklos @ 9:59

Selon les médias, quelque 26 millions de Français en ont été affecté. On ne sait pas quels en ont été les effets à court terme ni quels en seront ceux à long terme. Il avait déjà frappé auparavant, de façon autrement plus tragique.

5 juillet 2012

Time flies like an arrow (and fruit flies like an apple)

Classé dans : Histoire, Musique, Médias, Sciences, techniques — Miklos @ 18:41


 

23 juin 2012

Manifestement…

Manifesta : importante biennale itinérante euro­péenne d’art contemporain créée à Rotterdam (Pays-Bas) en 1996. Manifesta 9 se tient actuellement à Genk (Belgique).

On serait curieux de savoir si son nom ne se serait pas, consciemment ou non, inspiré de documenta, « musée des cent jours », célèbre exposition quinquennale d’art moderne et contemporain créée en 1955 à Kassel (Allemagne) d’une durée de cent jours. dOCUMENTA (13) s’est ouverte il y a deux semaines.

Manifest : galerie américaine d’arts visuels qui s’est ouverte en 2004 dans un quartier de Cincinnati dans le but de le revitaliser. Son appel à œuvres pour sa quatrième exposition du nu dans l’art est actuellement en cours.

Manifest : Manifest : BA + BFA et Manifest : MFA sont des expositions organisées depuis (au moins) 2008 par le département de photographie du Columbia College de Chicago (US) pour y montrer les réalisations de ses élèves.

Manifestum : chœur d’hommes fondé en 2010 en Finlande ; il vient de sortir son premier CD.

Manifest : festival de musique qui se tient depuis au moins 2010 près de Brisbane (Australie) ; la prochaine édition, Manifest-2012, annonce une brochette d’artistes intéressants.

Oregon Manifest : organisé en 2011, il s’agissait d’un concours de design et de construction de bicyclettes.

ManiFeste : après Agora, l’Ircam inaugure cette année ManiFeste-2012, festival académie durant tout le mois de juin.

17 juin 2012

De Sainte-Colombe à Cat Stevens avec un détour par Sainte-Beuve

Classé dans : Littérature, Musique — Miklos @ 14:22

Les nostalgiques des sixties auront plaisir à réécouter cette chanson mélancolique de Cat Stevens dont la mélodie, l’orchestration et le titre My Lady D’Arbanville font plus penser à la musique élisabéthaine qu’à la pop – même soft – américaine. En fait, le titre était très contemporain à sa composition (1970) et n’avait rien de poétique ni de métaphorique, puisqu’il s’agissait de Patti D’Arbanville – modèle et starlette découverte par Andy Warhol – que Cat Stevens fréquentait alors depuis plus d’un an. Il la décrit couchée dans sa tombe, froide et silencieuse, tandis que lui l’aimait et ne pouvait l’oublier. Non pas qu’elle était morte, mais elle était partie pour un mois à New York, seule. Il s’était senti abandonné, et avait compris que leur relation s’achevait.

Quant aux amateurs de musique baroque, cet air de Cat Stevens leur rappellera sans aucun doute la Fantaisie en rondeau de Mr de Sainte-Colombe le Fils – que l’on peut entendre ci-dessous dans la très belle interprétation qu’en donne Jordi Savall dans le disque Les Voix humaines qu’il faut écouter et réécouter –, fils bien moins connu que son père et non pas uniquement pour le roman de Pascal Quignard et le film qu’en a fait Alain Corneau, Tous les matins du monde. Selon certains chercheurs, le premier des deux ne serait pas le père du second (on trouvera ici quelques informations au sujet des Sainte-Colombe). Quoi qu’il en soit, ce fils putatif se serait installé en Angleterre, pays d’origine de Cat Stevens quelque 250 ans plus tard.

Peu d’informations existent sur l’origine du nom de famille de Patti. Son père se serait appelé George D’Arbanville né « vers 1916 » et aurait été barman. Un George D’Arbanville, vétéran de l’armée américaine et né en 1912, est enterré dans un cimetière national américain. Ce nom semble particulièrement rare, on n’a trouvé qu’une brève mentionIn Itinéraire complet de la France, ou, Tableau général
de toutes les routes et chemins de traverse de ce royaume.

Paris, 1788.
d’un « ham. et chât. d’Arbanville » dans la région parisienne, à proximité de Guetreville, d’Intréville et de Rouvray – il doit s’agir de l’actuelle Rouvray-Saint-Denis.

Le nom d’Arbouville est par contre plus répandu : il semblerait que les deux seules passions de la vie de Sainte-Beuve aient été Mme Victor Hugo et Sophie de Bezancourt Loyré, comtesse d’Arbouville, femme de lettres (on peut lire ici quelques-uns de ses poèmes). Voici ce qu’en dit Léon Séché, dans son introduction à Madame d’Arbouville d’après ses lettres à Sainte-Beuve, 1846-1850 (Mercure de France, 1909) :

Mais la seconde [passion] dura plus longtemps que la première, précisément parce qu’elle ne fut pas entièrement satisfaite, et ce ne fut pas de sa faute si elle ne dura pas davantage encore. Si Mme d’Arbouville avait pris Sainte-Beuve au mot et lui avait cédé, lorsqu’il lui disait que, « pour que l’amitié entre homme et femme soit durable, il faut qu’à un moment aussi court, aussi fugitif que l’on voudra, il y ait eu abandon et faiblesse », elle n’aurait probablement pas été aimée et désirée durant dix ans durant, comme elle le fut ! C’est toujours l’histoire d’Elvire : l’amour pur, qu’on le veuille ou non, est le seul qui ait chance de laisser à l’homme – pourvu qu’il ait le cœur haut placé – un souvenir, des regrets éternels.

On serait curieux de savoir si Sainte-Beuve a écrit après 1850, année du décès de son grand amour, un Ma Dame d’Arbouville la décrivant couchée dans sa tombe, froide et silencieuse.

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