Miklos
« Je donne mon avis non comme bon mais comme mien. » — Michel de Montaigne

This blog is © Miklos. Do not copy, download or mirror the site or portions thereof, or else your ISP will be blocked. 

19 août 2009

Alla breve. II.

Classé dans : Actualité, Alla breve, Musique — Miklos @ 21:11

[8] Happy birthday, Mr Purcell! Le 10 septembre 2009 marque les 350 ans de la naissance du premier grand compositeur anglais, Henry Purcell, génie baroque fauché trop tôt (à 36 ans) en 1695. Son œuvre est l’une des plus diverses et des plus raffinées. (Source)

[9] 150e anniversaire de la naissance de Puccini. La Morgan Library & Museum de New York organise à cette occasion une exposition (du 15 septembre au 10 janvier prochains), qui comprend une quarantaine d’objets : rares esquisses d’opéras et autres manuscrits, lettres, premières éditions de livrets, affiches… (Source)

[10] Anniversaire de George Enesco. Le compositeur roumain George Enesco est né le 19 août 1881. Entré à l’âge de six ans au conservatoire de Vienne, il est à treize ans l’élève de Fauré. Sa musique, pure et originale, mérite d’être redécouverte en France. (Source)

[11] Discordes au sein de l’orchestre de la concorde. Créé par le pianiste et chef d’orchestre Daniel Barenboim et par le professeur de littérature comparée Edward Said, le West-Eastern Divan Orchestra réunit de jeunes musiciens israéliens et arabes dans une entreprise commune : faire de la musique. Mais il leur est parfois difficile de faire abstraction de la politique qui les divise encore et toujours. (Source)

[12] Une voix qui monte. Le jeune (24 ans) chanteur (et compositeur) canadien Isaiah Bell est le lauréat du concours organisé par le Festival national de musique au Canada dans la catégorie voix soliste. (Source)

[13] Visions sonores. C’est le titre d’une exposition multimédia à l’Université de Guelph (Canada) présentant l’œuvre de d’hommes et de femmes compositeurs travaillant au Québec et ayant choisi soit d’incorporer à leurs œuvres notation et improvisation, soit de remettre en ­question les bases même de cette dichotomie. Le site web de l’exposition comprend des entretiens et des informations sur les œuvres sous forme de texte et d’images. (Source)

[14] Il n’est jamais trop tard pour bien faire. Une lectrice avait emprunté en 1939 dans une bibliothèque la partition de Rose Marie, opérette de Rudolf Friml et de Herbert Stothart (livret : Otto Harbach et Oscar Hammerstein II) ayant pour thème la conquête de l’Ouest, et l’avait gardée pour des raisons sentimentales. Âgée maintenant de 83 ans, elle l’a finalement rendue, et est soulagée de n’avoir pas eu à payer l’amende. (Source)

[15] Claudio Abbado, une vie consacrée à la musique. Un long article du Guardian brosse la vie du grand chef, le tournant qu’elle a pris en 2000 pour raisons de santé, ses interprétations successives des œuvres de Mahler et de Beethoven – et ce qu’il en pense –, l’orchestre symphonique idéal qu’il a créé à Lucerne… Un article passionnant.

[16] Hildegard Behrens. La soprano wagnérienne allemande, une des plus grandes de sa génération, est décédée à Tokyo à l’âge de 72 ans, apparemment d’un anévrisme. Elle avait fait ses débuts à Fribourg dans le rôle de la comtesse des Noces de Figaro en 1971. Parmi ses rôles : Elettra (Idomeneo de Mozart), Isolde (Tristan et Isolde de Wagner), Salomé, Électre et Tosca (opéras éponymes de Strauss et de Puccini), Marie (Wozzeck de Berg). (Source)

[17] Amos Oz écrit le livret d’un opéra. Le grand écrivain israélien est à l’œuvre : il écrit le livret pour un opéra de Fabio Vacchi, inspiré de son roman Seule la mer. C’est une commande du Teatro Petruzzelli de Bari, où l’œuvre sera créée en 2011. (Source)

18 août 2009

Alla breve. I.

Classé dans : Actualité, Alla breve, Musique — Miklos @ 1:13

[1] Musiques inédites de Mozart (1756-1791) et de Schumann (1810-1856). Deux nouvelles partitions inédites du jeune Mozart ont été découvertes récemment et jouées pour la première fois le 2 août à Salzbourg. (Source, avec écoute et facsimile du manuscrit)

Une esquisse d’un fragment d’une quatrième sonate pour piano de Robert Schumann a été découverte à la bibliothèque de l’Université Stanford. (Source)

[2] De quoi est donc mort Mozart ? Selon une récente étude, il n’aurait pas été empoisonné comme l’affirmaient des rumeurs tenaces, mais serait décédé d’une infection aux streptocoques lors d’une épidémie. (Source)

[3] Michel Faul : Nicolas Bochsa (1789-1856), harpiste de la Chapelle impériale, compositeur, escroc. Une biographie parue à l’occasion du 220e anniversaire de la mort de ce célèbre harpiste permet de découvrir aussi les aspects romanesques de sa vie et ses aventures. (Source)

[4] Découverte d’un film sur Gustav Holst (1874-1934). Ce film, réalisé dans les années 1970, comprend des entretiens avec la fille du compositeur et avec deux de ses collègues, eux-mêmes compositeurs. (Source)

[5] Partitions inédites de Villa-Lobos (1887-1959). Ces manuscrits du compositeur brésilien datent de 1921 et comprennent quatre orchestrations de mélodies de Guy Ropartz. Ils ont été découverts dans les archives de la bibliothèque de l’École de musique de Rio de Janeiro. (Source)

[6] 90e anniversaire de la naissance de Benny Moré. Considéré par certains comme le plus grand chanteur cubain de tous temps et tous genres confondus, il est né le 24 août 1919 et décédé en 1963. Cette commémoration comprendra concerts et projection de films documentaires. (Source)

[7] Entretien (audio) avec George Benjamin. Dans cet entretien, le compositeur britannique discute de sa carrière de compositeur et de chef d’orchestre, de sa relation à son maître Messiaen, et de son rapport – de méfiance – à l’égard de l’informatique musicale.

8 juillet 2009

« Un soir, l’âme du vin chantait dans les bouteilles » (Baudelaire)

Classé dans : Musique, Photographie — Miklos @ 7:22


Betty (en)chante, le cœur en danse

« Une femme qui chante laisse voir son âme, comme celle qui se décollette montre son corps. »— Henri Lasserre, « Un amour à distance », in Revue du monde catholique, 1866.


Betty, ou l’écho de cette plainte éternelle…

15 juin 2009

Timeline de compositeurs contemporains

Classé dans : Histoire, Musique, Sciences, techniques — Miklos @ 11:21

Si la fenêtre est vide, essayer de cliquer sur List (une liste de noms devrait s’afficher), puis sur Timeline. Si cela ne marche pas, essayer View in Dipity (le service Dipity est très instable, surtout dans son affichage dans IE8)
• Cliquer sur un compositeur pour voir les détails d’étal civil ; cliquer sur son nom, dans la fenêtre qui s’affiche, pour accéder à sa biographie en ligne.
• Pour se déplacer, utiliser la souris ou les flèches du clavier.
• Pour zoomer, cliquer sur un « + » pour voir plus en détails, ou utiliser la réglette de gauche pour changer l’échelle – du jour au siècle.
• Pour voir un carroussel, cliquer sur « flipbook ».
• Pour voir la répartition géographique des lieux de naissance et de décès, cliquer sur « map ».
• La visualisation plein-écran est possible, ainsi que l’import de cette visualisation dans votre navigateur ; cliquer sur « view in Dipity ».

2 juin 2009

Life in Hell: le massacre des innocents

Classé dans : Cinéma, vidéo, Littérature, Musique, Théâtre — Miklos @ 0:33

Akbar est invité in extremis par Julio à voir la pièce de théâtre L’École des veuves de Jean Cocteau qui se donne présentement à l’Essaïon. Akbar n’en a jamais entendu parler et n’en sait rien d’autre que le titre. Ils sont assis dans la petite salle et attendent. La lumière baisse, une voix demande au public d’éteindre leurs téléphones portables. Sur ces entrefaites, une sonnerie se déclenche. On aperçoit dans la pénombre un spectateur tentant vainement d’éteindre son mobile qui se remet à sonner. Faute d’arriver à ses fins, l’homme décroche et engage une conversation. On entend la voix de son interlocutrice dans les hauts parleurs de la salle. La pièce a donc commencé. Akbar est étonné que Cocteau ait eut vent de ces nouvelles technologies de la communication, mais il n’était pas au bout de ses surprises.

L’homme monte en scène, monologue, interpelle le public, discute avec lui. Il attend un appel de Fanny Ardant qui doit venir jouer dans la pièce qu’il a écrite. Ce n’est pas elle au bout du fil – la célèbre actrice (qui avait quatorze ans lorsque Cocteau est décédé) appellera plus tard mais n’apparaîtra pas (quel dommage ! c’est une bonne actrice, elle) – mais la voisine, une emm… et mauvaise actrice de surcroît qui ne rêve que de décrocher un rôle dans la pièce. Elle ne l’aura pas et, de dépit, lance qu’elle est nulle. Elle ne croit pas si bien dire. Akbar, assourdi par les voix tonitruantes des acteurs, est abasourdi par le modernisme inattendu de la pièce.

Rideau. Enfin, non, il n’y a pas de rideau ; le personnage masculin s’effeuille plus vite qu’une meneuse de revue au Crazy Horse et se retrouve en (légers) habits de centurion (sans la plastique avantageuse à laquelle Spartacus nous avait habitué pour ce type de personnage). Akbar et le public sont ainsi transportés dans le caveau d’un cimetière à Éphèse, quelque deux mille ans plus tôt. Une veuve éplorée (qui tâche de ressembler à Arielle Dombasle mais n’y réussit pas, quel dommage ! c’est une bonne actrice, elle) s’y laisse mourir de chagrin et de faim sur la tombe de son mari. La suivante de la dame (jouée par la voisine emm… qui confirme son manque de talent) la suit de son plein gré dans son triste sort, mais tente de convaincre sa maîtresse d’y renoncer, et de se prendre un autre homme, tiens ! justement, il y a là un centurion qui garde la tombe.

Cela vous rappelle-t-il quelque chose, fidèle lecteur ? L’argument de la pièce est « un conte usé, commun et rebattu », selon les propres termes de La Fontaine, ce qui ne l’a pas empêché de le mettre en vers à sa guise. C’est celui de La Matrone d’Éphèse dont on comptait au moins soixante-seize versions en 1907, de Pétrone (dans le Satyricon) à bien d’autres écrivains connus ou moins connus depuis, à l’instar de Brantôme, John Ogilby, Antoine Houdar de la Motte (1702), John Wolcot (sous le pseudonyme de Peter Pindar), Lessing, Oliver Goldsmith (1762), Eugène Vercousin (1870), Jean Cocteau (avec cette pièce-ci, 1937), Georges Sion (1944) ou Christopher Fry (1946). Les illustrations de la veuve éplorée entourée de sa suivante et du centurion n’ont pas manqué d’inspirer les plus grands, à l’instar de Jean-Baptiste Oudry, de Fragonard ou de Gustave Moreau. Quant à sa mise en musique, on peut trouver The Ephesian Matron, a comic serenata after the manner of the Italian, by Isaac Bickerstaff, esq., the music by Mr. Dibdin, par exemple. Akbar avait récemment entendu une cantate comique composée par Nicolas Racot de Grandval (1676-1753) sur ce thème : fine, joyeuse, enlevée, passant de la tristesse du récent veuvage à l’allégresse du (re)mariage imprévu par un moment de suspense vite résolu.

Ce n’est pas l’impression qu’Akbar a de la pièce qui se joue devant lui : le jeu est maladroit et hystérique, bruyant, lourd et inutilement graveleux, affublé de projections d’extraits du Satyricon de Fellini. Akbar se dit qu’il aurait mieux fait d’aller revoir ce film, un chef-d’œuvre, que cette (mise en) pièce, dont l’interprétation style comédie de boulevard vulgaire ne doit sans doute pas rendre justice aux mânes de son auteur.

Jeff et Akbar sont les personnages d’une série de bandes dessinées de Matt Groening, qui est aussi le père de la fameuse – et infâme – famille Simpson.

The Blog of Miklos • Le blog de Miklos