Miklos
« Je donne mon avis non comme bon mais comme mien. » — Michel de Montaigne

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11 mai 2006

Clearstream, une affaire mondiale

Classé dans : Humour, Politique — Miklos @ 23:19

Si Denis Robert avait révélé la dimension internationale de ce qu’on connaît aujourd’hui sous le nom de l’affaire Clearstream, c’est Le Monde qui lui en donne une dimension planétaire, dans sa tentative de battre Le Canard enchaîné dans la course aux scoops politico-financiers (et en égratignant Libé dans son portrait de Denis Robert). Ne lisait-on pas hier sur la page d’accueil de son site Web, dans le pavé éditions spéciales : Clearstream, une affaire d’Etat Mondial 2006 ?

Las, ce n’était pas une opinion, mais un problème de mise en page informatique : à l’inverse des colonnes du temple de Dagon que Samson a fait s’écarter après que sa chevelure ait quelque peu repoussé, c’est un malencontreux rapprochement de celles de cette rubrique qui ont causé l’osculation de ces deux événements qui ne manquent pas de passionner la France et son président (que l’on sait fort intéressé par le football). Une vaine tentative de remise en forme (de la page, pas du gouvernement) a produit ceci, où l’œil entraîné d’un archéologue distinguera les vestiges de ces colonnes :

C’est encore et toujours l’informatique qui est au cœur de cette affaire. N’avait-elle commencé avec un certain listing… ?

PS : Certains seront ravis de constater que l’affaire en question est revenue à sa dimension d’origine urbi plutôt qu’orbi, qui n’affectera en rien, on l’espère, notre suprématie au Mondial 2006 et son intérêt capital pour la nation :

Panem et circences.

21 février 2006

L’Arménie

Classé dans : Humour, Littérature, Musique — Miklos @ 2:56

- Est-il vrai que la moitié des membres du Comité central est composée d’idiots ?
- Faux : la moitié d’entre eux ne sont pas des idiots.
 
- Quelle est la différence entre un conte de fée anglais et russe ?
- Le conte de fée anglais commence par « il était une fois », tandis que le conte russe commence par « un jour viendra ».
 
- Qu’est ce qu’est un duo soviétique ?
- Un quatuor après une tournée à l’étranger.
 
- Pourquoi les policiers patrouillent-ils trois par trois ?
- Les équipes sont choisies de telle sorte que l’un sache lire, l’autre sache écrire, et pour que le troisième surveille ces deux intellectuels.
 
- Qu’y a-t-il de permanent dans notre économie socialiste ?
- Les pénuries temporaires.
 
- On nous annonce que le communisme est à l’horizon. C’est quoi, l’horizon ?
- L’horizon est une ligne imaginaire qui s’éloigne à mesure qu’on s’en rapproche.

Radio Erevan n’est pas un média arménien (pays dont la capitale est Erevan), ni un média tout court : c’est une station mythique qui n’a émis que par le bouche-à-oreille, et qu’un genre de contenus, des blagues pince-sans-rire russes sur l’absurde de la vie sous le régime soviétique en URSS, suivant un modèle de question-réponse :

- Ici Radio Yerevan. Un de nos auditeurs demande : « Peut-on emballer un éléphant dans un journal ? »
- Nous répondons : « En principe oui, si c’est un numéro qui contient un discours de Khrouchtchev. »

On en trouvera quelques autres ci-contre.

L’Arménie, la vraie, est un pays avec une très lon­gue histoire, remontant à 782 avant J.-C., date de la fondation d’Erevan. Plus souvent envahie et occupée (par les Grecs, les Romains, les Perses, les Français, les Turcs, les Géorgiens, les Russes…), elle connaît des périodes d’indé­pen­dance : ainsi, au Ie s. avant J.-C., sous Tigrane le Grand, l’empire d’Arménie s’étendra de la Mer Noire à la Caspienne et à la Méditerranée. En 301, elle adopte le chris­tianisme comme religion d’état. C’est au XXe s. qu’elle subit le martyre du génocide au cours duquel elle perdra deux tiers de sa popu­lation vivant dans l’empire ottoman. Ce n’est qu’en 1991 qu’elle accède fina­lement à l’indépendance.

La culture arménienne – art, littérature, musique – se retrouve non seulement en Arménie mais là où a essaimé sa diaspora. L’une des plus anciennes commu­nautés armé­niennes est celle de Jérusalem, qui s’est établie en 254. La biblio­thèque de son Patriarcat est l’un des plus grands centres au monde de docu­men­tation de et sur l’Arménie et les Arméniens. Elle porte le nom de Calouste Gulbenkian (1869-1955), magnat arménien, amateur d’art et philanthrope, dont la Fondation, établie au Portugal, héberge dans son musée une extra­or­dinaire collection. Parmi les créateurs arméniens qui se sont fait connaître de par le monde, on n’oubliera pas l’écrivain William Saroyan, les compo­siteurs Aram Khatchaturian (1903-1978) ou Alan Hovhaness (1911-2000), ni notre Charles Aznavour.

L’ensemble Shoghaken a donné le 21 avril 2004 un concert au Centre Kennedy de Washington. Une vidéo de la per­for­mance est dispo­nible en ligne.

La musique armé­nienne est princi­pa­lement tra­di­tionnelle, reli­gieuse ou popu­laire (chants pastoraux, de troubadour…), mono­pho­nique et modale. Elle remonte aux premiers siècles après J.-C. – on y trouve même quelques éléments païens précédant l’adoption du chris­tia­nisme. Elle utilise des instru­ments tradi­tionnels variés (vents, cordes, percussions…) typiques, et notamment le duduk, une sorte de hautbois à double anche dont le son est parti­cu­lièrement doux et expressif. C’est ce qu’on a eu le bonheur d’entendre hier au Théâtre de la Ville, où s’est produit l’ensemble arménien Shoghaken. Au cours du concert joyeux et enlevé qu’ils ont donné devant une salle comble et enthousiaste, on a pu entendre un choix d’œuvres – chant de troubadour, berceuses, danses avec chant… – et de styles variés, selon les régions et les époques et où l’on pouvait percevoir les influences plus ou moins orientales et, parfois même une parenté avec la musique de genre klezmer. Moment très chaleureux !

L’année 2006/2007 a été déclarée année de l’Arménie en France. « Cet évènement national, initié à la demande du Président de la République, sera orchestré par Mme Nelly Tardivier-Henrot, chargée de mission au musée du Louvre. L’objectif de cette action est de faire découvrir l’Arménie et sa civilisation vieille de 3000 ans à un public français le plus large possible. Des expositions, des concerts, des colloques, des festivals, des projections seront programmés dans toute la France. La République d’Arménie a été officiellement associée et participera à la hauteur de l’événement. D’ores et déjà, le musée du Louvre consacrera une exposition sur le patrimoine arménien. D’autres manifestations culturelles nationales seront associées à l’année de l’Arménie et seront porteuses de retombées médiatiques importantes. » (Source : Le patrimoine arménien en France). Il est tout de même étonnant de ne trouver aucune information à ce sujet sur les sites culturels français.

À lire :
Bibliographie arménienne (en français)
Les arts de l’Arménie (en anglais, avec 300 illustrations en couleur)

20 février 2006

Un dimanche au musée

Classé dans : Humour, Littérature — Miklos @ 6:55

Je suis épouvanté, je le dis bien haut, du développement insensé que prennent de jour en jour les expositions publiques. Cette manie de rassem­bler dans un espace limité des milliers d’objets pareils, loin de donner de la valeur aux choses, les efface et les noie dans la plus écœu­rante satiété. Tout cela a été fait pour embellir les demeures des hommes, pour leur rendre la vie douce, pour élever leurs pensées, et non pas pour figurer dans ces inter­mi­nables galeries où circule niai­sement une foule hébétée, avec des jacas­sements de perro­quets idiots et des excla­mations de canards prétentieux. J’en dis autant des musées…

Eugène Mouton (dit Mérinos), L’Expositomanie

6 février 2006

Le sommeil au Sénat

Classé dans : Humour — Miklos @ 19:18

L’amicale d’un très sérieux organisme international de recherche vient de diffuser par courriel une invitation (payante) pour un « Dîner sur le sommeil au Sénat ». S’agirait-il donc de faire enfin part des résultats d’études sociologiques sur le mythe ou la réalité du « sénateur assoupi », et de répondre à la question qu’ose poser le Journal L’Alsace/Le Pays (et tous ceux que ce mystère intrigue1 depuis que cette vénérable institution existe), « Pourquoi le Sénat est-il une chambre qui roupille ? »

Las ! Il ne s’agissait, lecture faite du contenu, que d’une ambiguïté lexicale :

Le mercredi 22 mars 2006
Au Sénat
Un dîner sur le thème de :
Le monde fabuleux du sommeil : des moyens pour mieux dormir
etc…

Mais dorment-ils donc si mal que cela qu’ils aient besoin de savoir comment mieux le faire ?


1 De la même catégorie que celui du « pas de sénateur », qui ne signifie pas qu’il n’y a aucun sénateur de présent lors du débat, mais qu’ils mettent du temps pour y arriver.

19 avril 2005

Une de Chouchou

Classé dans : Humour — Miklos @ 22:24

- Tu chausses du combien ?
- Du 46,5.
- Mais c’est les pieds de Damoclès, ça !

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