Tibet : une question de titres
Le Quotidien du Peuple, relayant une information de l’agence de presse Xinhua, écrit aujourd’hui :
Le vice-président du groupe UMP au Conseil de Paris, Alain Destrem, a dénoncé mardi un vœu adopté par le conseil d’hisser [sic] le drapeau tibétain devant l’Hôtel de ville, le qualifiant d’acte « sans fondement » qui rendrait plus délicates les relations sino-françaises.
Il rajoute que M. Destrem s’est félicité en apprenant que « deux personnes d’origine chinoise sont arrivées devant l’Hôtel de ville et fait tomber le drapeau tibétain » (version édulcorée du « tore down » de l’original en anglais de Xinhua), et que le conseiller « qui avait l’intention de faire la même chose [ce que ne dit pas Xinhua], s’est réjoui de la disparition du drapeau. » On croirait voir Jeanne Hachette se saisissant de l’étendard des soldats ennemis, ceux de Charles le Téméraire, et rendant ainsi courage aux Beauvaisiens assiégés, ma parole ! C’est d’ailleurs bien la Chine qui avait été victime de l’agression tibétaine en 1959, comme le précise la brève de l’agence Xinhua.
Ce qu’aucun de ces deux organes de presse chinois (qui sont les seuls à reporter cet acte de bravoure) ne mentionne, c’est que M. Destrem est « président du Club “Europe-Chine Coopération” », selon les termes du même Quotidien du Peuple dans un article sur un événement bien moins sujet à controverse, l’exposition de photos en commémoration du 45ème anniversaire des relations diplomatiques sino-françaises au centre culturel de Chine à Paris.
Comme quoi, tout est dans le contexte.


