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« Je donne mon avis non comme bon mais comme mien. » — Michel de Montaigne

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14 février 2013

Adieu, veau, vache… Bonjour, cochon, cheval !

Classé dans : Actualité, Cuisine, Médias, Santé — Miklos @ 20:37


Wong Herbert Yee: Hamburger Heaven. 1999

C’est l’histoire d’un petit cochon – en fait, une petite cochonne – qui travaille chez un vendeur de hamburgers dont l’affaire périclite. Pour éviter d’être licenciée et faire des économies destinées à financer la réparation de sa clarinette, elle décide de donner de sa personne et de créer un nouveau menu. Et c’est ainsi que…


“Chicago Rebels Against Filly De Mignon”. Life, 11 February 1952, p. 32.
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Comme on le voit, la viande de cheval dans les hamburgers, ce n’est pas recent. En 1952, le magazine Life rapporte avec un humour plus british que yankee (“The citizens of Chicago […] were shaken to their vitals by some news about their victuals” et autres jeux de mots) qu’une quantité importante de viande de cheval, destinée a priori à la nourriture d’animaux domestiques et de zoos et à la seule boucherie chevaline de la ville, avait abouti dans des hamburgers et des saucisses vendus comme pur bœuf. Elle ne provenait ni de Roumanie ni du Luxembourg, mais de l’usine d’un certain Joe Siciliano qui aurait payé 3.500$ – petite somme (mais importante à l’époque) – au directeur de la division de contrôle de l’alimentation pour qu’il mette la pédale douce sur ce trafic fort juteux qui rapportait à ses commanditaires des millions de dollars et faisait appel à toutes sortes de méthodes allant du graissage de pattes à la disparition d’individus et aux accidents mortels inexpliqués.


Charles L. Sanders: “Paris Scratchpad”. Jet, 19 August 1965, p. 28.

Mais en Europe ? En France ? À Paris ? Dans sa rubrique Paris Scratchpad (« Bloc-notes de Paris »), le journaliste américain Charles Sanders qui avait été posté au bureau parisien d’Ebony pendant trois ans, décrivait en 1969 les hamburgers de viande de cheval qu’on pouvait déguster dans des dizaines de petits cafés. Il rajoutait à l’intention de ses lecteurs : « À propos de la viande de cheval : quand en avez-vous mangé pour la dernière fois ? On en fait d’excellents steaks (c’est ce qu’ils prétendent) et elle est gonflée à bloc de vitamines et de trucs – c’est pourquoi je n’en veux pas. . . Pour ma part, les chevaux doivent être autorisés à garder leurs vitamines et leurs trucs pour eux-mêmes, du moins tant que je pourrai trouver des escalopes de veau, des T-bone steaks [encore autorisés à l’époque] et des côtelettes de porc. » Ce passage est précédé d’une intéressante description du mois de congés payés à la française et de son effet vidangeur sur les villes au mois d’août, dû à la générosité de notre monument national, Charles de Gaulle.


Pablo Picasso : Guernica. 1937.

À ceux qui en concluraient finalement qu’il serait peut-être temps d’éliminer la viande de leur régime alimentaire (décision qu’on ne saurait trop applaudir), on recommandera vivement d’examiner les mentions microscopiques que l’on peut trouver sur les boîtes de conserves, les crèmes, glaces et pâtisseries, et d’éviter tout ce qui comprend carmin ou cochenille, gélatine (sauf si qualifiée de végétale), graisses animales, mono- et diglycérides d’acides gras et leurs esters tartriques, produits aussi connus sous les appellations rassurantes de E120, E441, E471, E472, E479, E532 (on trouvera ici un décryptage fort utile)… Ils seront surpris de voir où on en trouve. Comme quoi, rien de tel que de faire sa propre cuisine à partir d’ingrédients non traités.

Quant aux poissons, qu’on nourrit de façon croissante avec des déchets animaux, ils ne sont ni labellisés, ni tracés…

Et quelques jours plus tard…

On ne croyait pas si bien dire. Voici ce que rapporte la presse ce matin : « Après le scandale de la viande de cheval, celui du poisson ? Sur le marché américain, la fraude apparaît massive. Une étude menée par Oceana, publiée le 21 février, révèle qu’un tiers des poissons consommés ne sont pas ce que les clients croyaient acheter. Pour évaluer l’importance des espèces communes vendues au prix d’une variété bien plus noble – une forme d’escro­querie très rémunératrice –, l’organisation non gouver­ne­mentale (ONG) amé­ricaine a fait procéder de 2010 à 2012 à l’analyse ADN de 1 215 échan­tillons collectés dans 674 magasins d’ali­men­tation et restau­rants de 21 Etats. Les résultats sont sans appel : 33 % des spécimens étudiés ne correspondent pas à l’espèce affichée et portent un étiquetage non conforme à la charte établie par l’Agence américaine des produits alimentaires et des médicaments. » (source)

3 février 2013

Nos pauvres amis !

Classé dans : Actualité, Médias, Nature, Santé — Miklos @ 0:11


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Selon le site consoGlobe, il sera dorénavant interdit de tester des produits cosmétiques créés à l’intention des animaux. Conséquence ? de deux choses l’une : soit les produits pour animaux seront mis sur le marché sans avoir été testés et la santé de ces pauvres bêtes en pâtira, soit ils cesseront d’être produits et ces toujours pauvres bêtes ne pourront plus se maquiller.

Qu’en dites-vous, mesdames (et messieurs, d’ailleurs) ?

On ne comprend pas comment un site passionné par l’écologie y trouve matière à se réjouir.

Et avant que les photos de quelques-uns de nos amis qui ont pu encore utiliser ces produits légalement ne soient aussi interdites, nous vous en proposons un florilège :


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13 janvier 2013

Les bronches de Paris

Classé dans : Photographie, Santé, Sciences, techniques — Miklos @ 10:11


Rue Michelet, près du jardin de l’observatoire (Paris)
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En comparant le cavalier et son bicycle à une locomotive, on peut dire que, dans le premier système, le foyer est la cage thoracique, la grille les poumon, et la chaudière tout le système circulatoire où se produit la chaleur animale.

Association française pour l’avancement des sciences, Compte rendu de la 2e session. Lyon, 1874.

Telle était en effet la largeur de la partie de la voie réservée aux voitures et que nous avions sous les yeux. Ici le trottoir de gauche n’existait plus, mais on en voyait encore la trace par l’alignement des pavés antiques. Il avait été détruit pour d’autres travaux attenant a la porte St-Vincent et remplacé par un béton de cinquante centimètres d’épaisseur, à côté duquel était un squelette fort bien conservé et reconnu pour être celui d’un très-jeune homme. Sa tête, de forme allongée, avait ses mâchoires garnies de toutes leurs dents d’une grande beauté.

E.-C. Martin-Daussigny, « Description de la voie romaine découverte à Lyon dans le quartier du jardin des plantes, en 1854, in Revue du Lyonnais, t. 12. Lyon, 1856.

Égouts publics. Dans chaque rue, devant chaque trottoir, se trouve une conduite dite d’évacuation, située à une profondeur moyenne de trois à quatre mètres. […]

Toutes les bouches sont accompagnées d’un puisard en maçonnerie, fermé en haut par une grille horizontale à charnière et situé au fond du caniveau, contre la bordure du trottoir. […] – Les regards sont de simples cheminées avec échelons, fermées à la partie supérieure par un tampon de 0m51.

La ventilation des égouts se fait à l’air libre par les bouches d’égouts et par les regards. »

P. Pignant, Principes d’assainissement des Habitations des Villes et de la Banlieue, 2e éd. Paris, 1892.

12 janvier 2013

On nous cache quelque chose tout !

Classé dans : Actualité, Cinéma, vidéo, Médias, Santé, Société, Économie — Miklos @ 12:40


La face cachet du cinéma (
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La face cashée des banques (
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La face cachet de l’industrie pharmaceutique (
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La face cachée de la Lune
(Georges Méliès, Le Voyage dans la Lune, 1902)
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20 octobre 2012

Une femme laissant tomber sa tasse de thé d’horreur et autres choses curieuses et belles

Classé dans : Judaïsme, Livre, Musique, Photographie, Santé, Sciences, techniques — Miklos @ 9:07


Une Femme laissant tomber sa tasse à thé d’horreur en découvrant le contenu monstrueux d’une goutte d’eau grossie de la Tamise révélant l’impureté de l’eau potable à Londres.
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Le titre complet – et amusant – de cette eau-forte datant de 1828 et concernant une eau fortement polluée prouve, si besoin en est, que les préoccupations environnementales et sanitaires ne datent pas d’hier ni de l’émergence de l’intérêt pour le vert ou le bio. L’original fait partie du fonds de la Wellcome Library, dont les très importants fonds sont consacrés à l’histoire de la médecine. Ils ont pour cœur la collection que Henry Solomon Wellcome (1853-1936), magnat de l’industrie pharma­ceutique, avait réunie durant des dizaines d’années. Son accès en ligne est le fruit d’un programme de numé­ri­sation de la bibliothèque qui permet d’accéder d’une façon bien trop limitée (des extraits, et de si petite taille que même avec la loupe fournie il est souvent impossible de lire les textes, mais uniquement d’en voir les remar­quables illus­trations mais là aussi sans pouvoir en examiner les détails) à d’anciens – parfois fort anciens – documents. Quel dommage.

Heureusement, ce document-ci est aussi accessible par l’entremise de la Bibliothèque numérique mondiale, qui, elle, fournit le moyen d’agrandir de façon quasi illimitée les documents qui s’y trouvent, et de les examiner jusqu’au plus infime détail (tel le grain du papier !), ce qui permet de distinguer dans l’eau-forte en question le petit personnage de forain en bas à gauche et de lire ce qu’il dit. Cette réalisation vraiment internationale de la Biblio­thèque du Congrès aux États-Unis, avec la contri­bution d’insti­tutions parte­naires dans de nombreux pays et le soutien de l’Unesco et d’orga­nismes privés, donne accès à un relativement petit nombre de documents (quelques milliers) choisis de par le monde, mais avec une qualité incomparablement meilleure aussi bien en qualité de numérisation qu’en documentation (les documents sont accompagnés de notices détaillées en sept langues) que les grandes bibliothèques numériques (Hathi Trust, Gallica ou Google Books, par exemple ou les portails tels qu’Europeana), qui ont privilégié la quantité à la qualité.

On peut y effectuer des recherches, y naviguer par lieu, période ou thème, et trouver ainsi de réels trésors, mais on peut tout de même se demander quels sont les critères qui ont présidé aux choix : la rubrique « musique » ne comprend à ce jour que 31 documents (contre 144 dans « Sports, jeux et loisirs », ce qui laisse rêveur), dont la majorité sont des photographies… On y trouve seulement 9 manuscrits d’intérêt variable : une lettre à Eisenhower signée par trois amoureuses d’Elvis aux côtés des manuscrits d’un des quatre exemplaires des Cantigas de Santa Maria datant des 13e-14e s., de L’Oratorio de Noël de Bach et de La Flûte enchantée de Mozart… Quant aux trois enregistrements sonores qui s’y trouvent, n’en parlons pas.

Ne boudons toutefois pas notre plaisir et admirons ce qui nous y plaît vraiment, à l’instar de ce manuscrit unique de l’intégrale du Talmud de Babylone.

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