Life in Hell: Akbar is getting ready
Ce n’est pas la première fois qu’Akbar est convié à une cérémonie dans le beau monde, mais, pour ne pas se trouver pris en défaut, il révise assidûment sa bible des Usages du monde, rédigée par l’ineffable plume de la baronne de Staffe, qui, sans avoir été baronne était nonobstant la célèbre précurseuse d’une autre baronne qui ne l’était pas non plus du moins à ses débuts (suivez mon regard, dit Akbar in peto) et qu’il avait épluchée (la bible, pas la baronne) avant d’être allé prendre le thé chez Sissi.
Il note bien l’anecdote qu’elle y raconte au chapitre « Passage des portes » : Vous connaissez peut-être, dit-elle – mais non, il ne connaissait pas – la vieille histoire : Louis XIV invitait l’ambassadeur anglais à monter dans son carrosse et s’effaçait pour l’y laisser entrer le premier, le lord fit un mouvement de respectueux recul, mais le roi eut un geste d’insistance et le grand seigneur monta vite pour ne pas désobliger le souverain en le forçant à se tenir debout plus longtemps à la portière de son carrosse. Ça peut vraiment être utile si l’on vient me chercher ainsi, se dit-il toujours in peto.
Il est tout de même interloqué par l’injonction selon laquelle Le chapeau de cérémonie ne s’accommode pas de la voilette. Ne portant jamais cette dernière, où est le problème, se demande-t-il. Pour la suite, c’est plus clair mais assez contraignant : Lorsqu’on va dîner en ville, on quitte, en arrivant chez l’amphitryon, son chapeau et son manteau (vu le temps, il ne se voyait pas mettre un manteau, mais s’il le faut…), mais on garde ses gants jusqu’à ce qu’on soit assis à table. Alors, seulement, on les retire et on les glisse dans sa poche. Mes gants de ski n’entreront jamais dans ma poche, s’exclame-t-il silencieusement (ahahah !) mais je ne me vois pas manger avec, comment faire ?
Hôtes et invités sont en grande toilette du soir : les hommes en habit et pantalon noir, cravate blanche, gilet blanc ou noir de forme croisée, gants mastic ou blancs, souliers fins. Le plus fin que j’ai comme souliers, se souvient-il, ce sont en fait mes sandales. Mais pour le reste, ça va, soupire-t-il rassuré.
Au moment où sonne l’heure du dîner, le maître d’hôtel, ou la simple bonne, ouvre les doubles battants de la porte du salon et prononce gravement le sacramentel : « Madame Monsieur est servie. » Akbar n’hésite pas à corriger la baronne, enfin, son texte, là où il faut le mettre au goût du jour. Comme il ne connaît presque aucun des convives, il est rassuré de lire que Dans le cas où ce voisin et cette voisine de table seraient inconnus l’un à l’autre, pour faciliter l’expansion (entre nous, ce n’est pas le quotidien qu’Akbar préfère), ou tout au moins les mettre à même de rompre aisément la glace (on n’est pas au cœur de l’hiver, où est le problème ? grommelle-t-il, ou alors on aura le dessert en entrée ?), l’amphitryon ferait en sorte de leur donner, en quelques mots, avant le dîner, une idée claire de leur position sociale et de leurs familles respectives. Et, rajoute-t-elle délicatement mais fermement, Ce procédé est à recommander très fortement.
Avec ça, je suis prêt à attaquer le repas, résume-t-il sobrement.
Jeff et Akbar sont les personnages d’une série de bandes dessinées de Matt Groening, qui est aussi le père de la fameuse – et infâme – famille Simpson.


Selon que l’on ait une vision cyclique ou linéaire du temps et de l’espace, et donc de la vie et de l’univers –, notre conception de l’infini variera du tout au tout : dans le premier cas, à force d’avancer on revient à son point de départ, ad inf. C’est la vision de l’Ecclésiaste. Dans l’autre, c’est la vision de Malebranche – deux cents ans avant les nombres cardinaux de Cantor (qui n’ont rien à voir avec le décompte des électeurs du pape, soit dit en passant), tout de même – qui prévaut.
Par contre, pour ceux des adeptes de Malebranche qui souhaitent réellement exprimer l’infini tout en ne fermant pas la perspective à des remerciements encore plus ampoulés, emphatiques ou boursouflés, on conseillera l’usage des nombres cardinaux de Cantor : « Merci transfiniment », pour faire court, ou, si l’on souhaite pinailler, « Merci 





