Miklos
« Je donne mon avis non comme bon mais comme mien. » — Michel de Montaigne

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18 novembre 2005

Google recrée la planète

Classé dans : Environnement, Musique, Progrès, Sciences, techniques, Société — Miklos @ 8:59

L’extrait de La Machine à remonter le temps est présent dans la splendide exposition virtuelle de la Bibliothèque nationale de France consacrée aux Utopies : la quête de la société idéale en Occident, qui analyse bien le tournant déci­sif qu’a pris cette litté­rature au xxe s., où l’antici­pation d’un futur idéal se transforme en un regard inquiet, voire paniqué, avec le constat de la course souvent folle induite par le progrès. Voir aussi Livre et liberté.La manne des petites annonces de recrutement de Google continue : dans l’envoi d’aujourd’hui, on remarquera qu’ils recher­chent un expert en ingénierie logicielle spécialisé en cryptographie et en sécurité informatique (s’orien­te­raient-ils vers le commerce en ligne ?) et surtout un spécialiste d’infographie, pour travailler sur « la stéréoscopie, la détection d’objets dans une image, la création de la plus grande image numérique jamais faite d’une taille de l’ordre de peta-pixels1, une mosaïque en 3D de la Terre en résolution multiple, voire la modélisation en 3D de tous les bâtiments sur la planète ».

La réalité virtuelle à cette échelle – avec la téléphonie IP en sus – avance à grands pas pour nous lier tous derrière nos claviers : on pourra atteindre chaque recoin de la planète – sauf évidemment forêts, lacs ou rivières (qui auront probablement bientôt disparus) – sans avoir besoin de sortir de chez soi, pour devenir des « futilités simplement jolies », tels les Éloïs dans La Machine à remonter le temps de H. G. Wells. Sommes-nous destinés à devenir les Gilbert Gosseyn du Joueur Google ?


1 Le peta est égal à un milliard de mégas.

23 octobre 2005

Tapez moins fort, Big Brother vous écoute

Classé dans : Politique, Sciences, techniques, Société — Miklos @ 23:53

La FCC américaine (Federal Communications Commission, l’équivalent de l’ANRT, en quelque sorte) vient de publier le décret d’application d’une directive qu’elle avait émise en août, étendant les provisions d’une loi de 1994 concernant les écoutes : dorénavant, celles-ci s’appliqueront aussi aux universités, aux bibliothèques, aux aéroports fournissant des connexions sans fil et aux fournisseurs d’accès à l’internet (commerciaux, publics – comme les municipalités).

La loi d’origine obligeait les compagnies de téléphone d’adapter leurs systèmes à leurs propres dépens afin de permettre aux Strasky et Hutch fédéraux d’y avoir éventuellement accès. Le nouveau décret requiert cette adaptation de la part de tous ces autres modes de communication (courrier électronique, voix sur IP) jusqu’au printemps 2007.

Les protestations les plus fortes sont venues des universités, qui indiquent que le coût qu’elles auraient à supporter s’élève à 7 milliards de $ au moins, sans pour autant assurer de pouvoir identifier les contrevenants. Elles se préparent donc à ester en justice auprès de la Cour d’appel des US, mais ne remettent pas en cause le droit du gouvernement à utiliser les écoutes pour combattre le terrorisme et la criminalité sur les campus universitaires.

Par contre, le Center for Democracy and Technology, groupe d’activistes pour les libertés civiles, va déposer plainte à l’encontre de cette tentative du gouvernement de contrôler l’internet.

Source : Le New York Times.

20 octobre 2005

Le web comme hégémonie de l’amateurisme, ou Wikipedia sous les feux croisés

Classé dans : Livre, Progrès, Sciences, techniques, Société — Miklos @ 0:37

Dans un récent article lumineux, Nicholas G. Carr1 analyse les valeurs New Age que le Web nouvelle géné­ration – celui de l’« intel­ligence col­lec­tive » symbo­lisée par Wikipedia et les blogs – repré­sente : « par­tici­pation, collec­ti­visme, commu­nautés virtuelles, ama­teu­risme », avec, comme corrélats, « superfi­cia­lité, préfé­rence des humeurs aux faits, écholalie, encou­ra­gement à l’extrémisme idéo­lo­gique et au commu­nau­ta­risme ». Prenant comme cas d’espèce le manque de qualité et de fiabilité de la Wikipedia2 (qu’il analyse avec exemples à l’appui), il en conclut que l’Internet bouscule l’économie de la culture d’une façon qui en réduira les options plutôt que les élargira : le choix est clair, entre (par exemple) l’Ency­clopédie Britan­nica et la Wikipedia, on choisira ce qui est gratuit, et ce qui s’y trouve sera répliqué à l’infini sur le Web, quel que soit sa qualité. En réponse à Kevin Kelly, qui affirme qu’« à cause de la facilité de création et de diffusion, la culture en ligne est la culture », il dit : « J’espère qu’il a tort, mais je crains qu’il ait raison ».

Il semblerait que même au sein de la Wikipedia on commence à avoir des doutes. Dans un autre article, Andrew Orlowski rapporte que Jimmy Wales, l’un des co-fondateurs, reconnaît finalement l’existence de problèmes réels de qualité. Orlowski soulève d’autres problèmes au-delà de la fiabilité, ceux, par exemple, de grammaire et de syntaxe de nombreux articles. La solution à ce problème particulier ? Des experts – de l’édition, des contenus – ce qui la ferait converger vers les « vraies » encyclopédies actuelles. Mais l’idéologie des contributeurs (en sus du problème économique) pourrait être un frein insurmontable.

Sous-jacent à ces articles est le constat que le Web est passé de l’utopie à la « vraie vie », et elle n’est pas si rose que cela. Philippe Breton l’avait déjà clairement décrit3 pour d’autres médias. C’est aussi ce qu’a affirmé Claude Perdriel, PDF du Groupe Nouvel Observateur, dans la leçon inaugurale qu’il a donnée mardi 18 aux élèves du Centre de formation des journalistes (CFJ) : « Internet est le plus grand danger pour l’éthique et la défense de ce à quoi nous croyons. [... N]’importe qui peut créer des sites, diffuser des rumeurs. Quand les gens de Google disent « Nous sommes le premier média au monde », personne n’a parlé des règles professionnelles de Google. ».4 Ni de celles de la Wikipedia, d’ailleurs.

Dans un très bel article consacré à Giorgio Agamben et Gianni Vattimo5, Michel Guérin s’interroge sur la « mondialisation » (ses guillemets) :

La post­mo­dernité montre deux visages : la menace et la bonace. Par un aspect, elle défait, délocalise, déracine, sape les liens tradi­tionnels ; par un autre, elle comble le désir, au-delà même de ce qu’il aurait pu souhaiter. Ce qu’elle n’autorise plus, c’est l’intermédiaire, qui est à la fois l’essence de l’Eros platonicien et celle de l’autorité protectrice, tutélaire, de la loi qui, jusqu’ici, défendait dans la double acception du mot.

Ce texte s’achève sur un question­nement, destiné à éviter, d’une part, « la vitupération d’une époque mal bâtie, la nôtre » en sombrant dans « passéisme et nostalgie ennemis d’une pensée dont la tâche est toujours le présent », et, d’autre part, « l’anti-humanisme et le cynisme déclarés ». Sans le repère de la croyance au progrès, « Comment trouver notre voie propre entre un sens qui nous fuit en nous faisant courir le risque de l’irréalité et le virtuel qui nous cerne en menaçant d’occuper le lieu de la réalité ? »


1 Auteur, entre autres, de Does IT Matter? Information Technology and the Corrosion of Competitive Advantage, Harvard Business School Press, 2004. ISBN: 1591394449.
2 Cette critique n’est pas récente (voir, par exemple, l’article de Hiawatha Bray de juillet 2004 [dont j’avais parlé il y a un an]). Ce qui est frappant, c’est, qu’avec le temps — la Wikipedia existe depuis plusieurs années — ces problèmes s’aggravent au lieu de se résoudre. Une preuve de plus s’il en fallait que la technologie ne fait que fournir des cadres à l’activité humaine et ne peut garantir une quelconque qualité des résultats.
3 Voir, par exemple, cet entretien dans lequel il décrivait il y a une dizaine d’années déjà l’homo communicans comme prototype du manipulateur, la recherche du plus petit commun dénominateur, l’enfermement dans le « village planétaire » qu’est l’Internet, etc.
4 Cité dans Le Monde du 20 octobre 2005.
5 « Après la modernité. Hommage à Giorgio Agamben et Gianni Vattimo », La Bibliothèque de Midi.

24 juillet 2005

Une brève histoire de mes parents

Classé dans : Progrès, Société — Miklos @ 23:25

Ces échos ce sont aussi des racines, qui nous permettent d’être debout sur des épaules de géants ; dans ce monde qui change avec une vitesse accrue, ce n’est pas tant une nostalgie qu’un point de re­pè­re qui permet de ne pas être enlevé dans la bour­ras­que.

À quatre ans, mon père cassait déjà la glace dans la cour pour avoir de l’eau à la maison. Et pourtant, jeune adulte, il a tout quitté pour aller dans un pays encore désertique, là où son idéal l’entraînait. Ma mère, elle, a été envoyée seule de chez elle à quatorze ans à l’étranger, pour ne pas souffrir la misère qui était devenue celle de ses parents ; elle l’a évitée, mais pas celle de la solitude et du rejet de l’étrangère qu’elle est devenue.

Lui comme ma mère, chacun de son côté, ont connu guerres, déchirements, pertes – ce qui nous a encore été évité, mais pour combien de temps ? Vers la fin de sa vie, mon père disait qu’il ne se reconnaissait plus dans la société qu’il avait aidé à construire. Malgré (ou à cause de) ceci, ils ont été des parents aimants, qui ont encouragé ma curiosité et ne m’ont pas empêché de partir, quand bien même (je l’ai appris longtemps après leur mort), ils en avaient eu le cœur déchiré : ils n’en ont rien montré.

Dans le monde où nous vivons, du moins dans le périmètre très restreint, non pas géographiquement mais culturellement, socialement – humainement – de celui de l’homme moderne, le progrès est identifié à l’évolution technologique, à la course incessante à la satisfaction immédiate – celui du consommateur que nous devrions tous devenir, et surtout celui du profit financier, dans une surexploitation des ressources qui mène au gouffre (mais ce sont les autres qui y tomberont) et dans un délire d’orgueil qui ne peut que soulever l’envie et la rage de ceux qui n’ont rien, mais qui, avec le développement des communications, voient tout.

Ce n’est pas un monde de solidarité ; mais l’être humain l’a-t-il jamais été, en société ? son histoire, notre histoire, en est une de guerres et de conquêtes, de dominations et d’exils. Il n’y a pas de retour vers un passé idyllique, c’est la seule certitude que l’on peut avoir. Mais ce n’est pas une raison de désespérer : entre l’idéalisme aveugle et dangereux et le pessimisme morbide qui rejette tout, il y a le fatalisme heureux, celui qui, prenant acte de la réalité, ne renonce pas : Sisyphe a beaucoup à faire et à refaire. Nous sommes tous des Sisyphes.

17 mai 2005

Quand sortira-t-on du virtuel pour entrer enfin dans le réel…

Classé dans : Livre, Progrès, Sciences, techniques — Miklos @ 9:20

Il existe un tableau de Klee qui s’intitule Angelus Novus. On y voit un ange qui a l’air de s’éloigner de quelque chose qu’il fixe du regard. Ses yeux sont écarquillés, sa bouche ouverte, ses ailes déployées. C’est à cela que doit ressembler l’Ange de l’Histoire. Son visage est tourné vers le passé. Là où nous apparaît une chaîne d’événements, il ne voit, lui, qu’une seule et unique catastrophe, qui sans cesse amoncelle ruines sur ruines et les précipite à ses pieds. Il voudrait bien s’attarder, réveiller les morts et rassembler ce qui a été démembré. Mais du paradis souffle une tempête qui s’est prise dans ses ailes, si violemment que l’ange ne peut plus les refermer. Cette tempête le pousse irrésistiblement vers l’avenir auquel il tourne le dos, tandis que le monceau de ruines devant lui s’élève jusqu’au ciel. Cette tempête est ce que nous appelons le progrès.

Walter Benjamin, Œuvres III,
Folio essais, 1991, p. 434.

La tempête de Google nous pousse tous ; dans quelle direction, ce n’est pas clair, mais un monceau de ruines menace de s’amasser sur les traces de ce tsunami annoncé. En effet, dans sa dernière lettre1 FYI France, Jack Kessler fait part des intentions avérés de cette société, annoncées lors de la réunion de ses actionnaires dont il fait partie, d’une façon très synthétique:

printed books GooglePrint
printed journals GoogleScholar
video, & movies (?) GoogleVideo
music (hints of « under development »)
mobile GoogleMobile
meetings GoogleGroups
shopping Froogle & GoogleLocal
personal communication Gmail & GoogleBlogger
& GoogleTranslate & GoogleGroups
& Orkut(?) & Dodgeball(?)…
digital social networking
reference librarians GoogleSearch
prints & photos GoogleImages & Picasa
maps GoogleMaps & Keyhole
the news GoogleNews
(others?) (many more…)

dans ce qui porte déjà le nom de The Onebox, la Case Universelle, qui représente ce qu’Eric Schmidt, PDG de Google, décrit comme l’objectif de sa société : « Organize the world’s [all of it] information [all of it] so it will be universally [to everyone] accessible [via all ‘devices’] and useful… » – y concentrer toute l’information du monde pour un accès universel. Et cela ne manquera pas de rapporter encore plus gros aux investisseurs qui pourraient s’inquiéter sur une possible orientation philanthropique de « leur » entreprise (comme le dit Jack : « investors always want to know whether they are funding a charity or a money-making enterprise ») : tous ces développements ne feront qu’accroître les revenus, et « If you do business with Google you will pay: the lunch will be delicious, but it will not be free » (si vous faites affaire avec Google, vous payerez; le repas sera délicieux, mais il ne sera pas gratuit).

Cela a le mérite d’être clair: après les ordinateurs (IBM), les logiciels (Microsoft), voici l’information (Google). Avec plus de 3000 employés et recrutant à tour de bras, Google est en passe de réussir encore mieux dans son entreprise. Ils veulent changer la face du monde (câblé) comme l’ont fait leurs prédécesseurs.

Et pourtant, le grand auditorium de la BnF était assez vide, lors de la table ronde professionnelle Les bibliothèques virtuelles européennes : état de l’art et stratégies qui s’est tenue vendredi dernier de 14h à 18h, malgré l’annonce qui en avait été faite ici et ailleurs. Manque d’intérêt ? Fatalisme ? Difficile à dire. Il se peut, comme le disait Chris Batt (du Conseil des musées, bibliothèques et archives du Royaume Uni) qu’il ne faille pas réagir – et surtout pas dans l’urgence. Mais il me semble que sa vision utopique de l’intégration du savoir dans la vie au quotidien risque d’être dépassée par les événements actuels, en l’occurrence le projet concret de Google, même si je ne critique en rien les objectifs qu’il propose, bien au contraire.

Outre la paucité de public, j’ai été frappé par la différence d’échelle qui existait entre les tailles – et les moyens – des bibliothèques nationales représentées et des projets qu’ils pouvaient mettre en œuvre, de Gallica (par exemple) à la collection de la photothèque de la bibliothèque nationale d’Irlande qui, par manque de personnel et de moyens technique, avait dû en sous-traiter la numérisation ; par la fragmentation et le manque de coordination nationale dans certains pays et a fortiori internationale, malgré des projets tels que Minerva, en ce qui concerne la réalisation d’une bibliothèque numérique virtuelle (et non pas uniquement d’un catalogue commun de contenus numérisés, comme l’est actuellement le projet The European Library) ; par l’inertie que la taille de certains organismes fait poser sur l’évolution de leur vision hégémonique du monde.

Jean-Noël Jeanneney, qui a ouvert cette table ronde, a bien posé les enjeux européens et multilatéraux de diffusion, de défense et d’illustration de la culture (pour lesquels nous avons tous besoin les uns des autres) ainsi que ceux de l’organisation du savoir (où le rôle des bibliothécaires est plus que jamais nécessaire), afin de dépasser une perspective uniquement anglo-saxone et profit-making, ce qui n’exclut en rien de s’accommoder et de tirer profit des technologies, ni d’articuler un tel projet sur un partenariat entre le public et le privé. Mais le projet qu’il évoque est encore flou : s’agit-il d’une sorte de bibliothèque nationale européenne, réunissant les fonds numériques des bibliothèques nationales de chacun des pays, ou la bibliothèque des européens, fédérant [toutes] ses bibliothèques, petites ou grandes ?

L’histoire se répète : dans les années 80, le réseau de communication informatique Bitnet (qui avait émergé d’un immense réseau interne à IBM) possédait une structure essentiellement pyramidale (ou arborescente) ; il finit par être détrôné par le réseau TCP/IP (l’internet actuel), qui possède un maillage bien plus libre. Aujourd’hui, toute personne ou organisme peut se raccorder à ce réseau, pour peu qu’elle ait les logiciels adéquats (et un fournisseur d’accès). Les ordinateurs qui s’y trouvent, même les plus petits, peuvent être utilisés dans leur temps libre pour des finalités collaboratives à l’échelle mondiale tels que les prédictions atmosphériques (le projet climateprediction.net), ou la recherche de pulsars par l’entremise de logiciels tels que BOINC.

Je verrai bien la bibliothèque européenne du futur sous forme d’un réseau dynamique permettant le raccordement de bibliothèques petites et grandes – certifiées, c’est essentiel (autant pour la « validité » des fonds que l’adéquation technique) –, avec leurs fonds numérisés (qu’ils auraient constitués selon leurs propres critères), s’intégrant facilement dans un maillage (utilisant probablement des protocoles de type OAI plutôt que Z39.50) qui offrirait, entre autres outils, recherche dans les contenus et accès réparti (DOI ?) à l’ensemble des fonds ainsi disponibles, de façon répartie.

Je préférerais bien évidemment ce modèle plus dynamique à celui dans lequel les petites institutions auraient à « déléguer » leurs fonds numériques à de plus grandes institutions, qui seraient les seules à décider du choix des documents qui feraient partie de « la » collection européenne – qui n’est pas sans rappeler le modèle que semble viser actuellement Google pour les fonds universitaires qu’il veut numériser et héberger. Un tel modèle ne réduit pas le rôle des bibliothèques nationales, plus à même d’établir un tel dispositif (ouvert, et qui ne se réduise pas uniquement à elles), et qui ont la charge et les moyens de conservation (physique et numérique) à long terme pour assurer la pérennité du patrimoine (en utilisant, pour le numérique, OAIS par exemple).

À l’inverse, je le préfère aussi à celui de Jacques Attali, qui débattait hier sur ce sujet avec Jean-Noël Jeanneney sur France Culture, et qui défendait essentiellement le modèle Google, dans une vision idyllique du livre numérique disponible partout, qu’on lit en payant à la carte et qu’on imprime chez soi (bonjour le prix du papier et la mort plus rapide des forêts), l’internet devenant la bibliothèque du futur hors toute autorité centralisée, et sur laquelle je m’étais déjà exprimé il y a plusieurs années.

Entre temps, Google avance.


1 Datée du 15 mai 2005 [note du 11 novembre 2005].

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