Miklos
« Je donne mon avis non comme bon mais comme mien. » — Michel de Montaigne

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9 mars 2010

Le regard du chat

Classé dans : Littérature, Nature, Photographie — Miklos @ 1:04

Câline

Plutarque, de Isid. & Osir., pag. 376. [Les Égyptiens] représentent la Lune par le Chat, à cause que cet animal est changeant, qu’il veille la nuit et est fertile. (…) D’ailleurs, les prunelles de ses yeux paraissent s’élargir & s’étendre dans la pleine Lune, & au contraire s’appetisser & se rétrécir durant les décroissements de cet Astre.

David Shaw, Voyages de Monsr Shaw, M.D. dans plusieurs provinces de la Barbarie et du Levant. 1743.


Petit museau, petites dents,
Yeux qui n’étaient pas trop ardents,
Mais desquels la prunelle perse
Imitait la couleur diverse
Qu’on voit en cet arc pluvieux
Qui se courbe au travers des cieux.

Joachim du Bellay, Épitaphe d’un chat.

Il parait que l’éclat, le brillant, la splendeur qu’on remarque dans les yeux du chat, vient d’une espèce de velours qui tapisse le fond de l’œil, ou du brillant de la rétine, à l’endroit où elle entoure le nerf optique.

Mais ce qui arrive à l’œil du chat plongé dans l’eau est d’une explication plus difficile, & a été autrefois, dans l’académie des sciences, le sujet d’une grande dispute.

Denis Diderot, Encyclopédie, 1782.

Quand mes yeux, vers ce chat que j’aime
Tirés comme par un aimant,
Se retournent docilement,
Et que je regarde en moi-même,
 
Je vois avec étonnement
Le feu de ses prunelles pâles,
Clairs fanaux, vivantes opales,
Qui me contemplent fixement.

Charles Baudelaire, « Le Chat », in Les Fleurs du Mal.

Les chats sont des chats tout court, et leur monde est le monde des chats d’un bout à l’autre. Ils nous regardent, direz-vous ? Mais a-t-on jamais su, si vraiment ils daignent loger un instant au fond de leur rétine notre futile image ? Peut-être nous opposent-ils, en nous fixant, tout simplement un magique refus de leurs prunelles à jamais complètes ?

Rilke-Balthus, Lettres à un jeune peintre, cité par Marie-Françoise Notz in « Balthus : le secret de la licorne et le chat au miroir » (Modernités 14. Dire le secret, Presses univ. de Bordeaux, 2001).

20 décembre 2009

Réchauffement (régional) à Copenhague

Classé dans : Actualité, Environnement, Politique — Miklos @ 13:49

On n’a pas encore pris la mesure des conséquences à court et long terme des résultats des débats qui se sont tenus à Copenhague, dans un contexte très contrasté d’attente de prises de décision universelles destinées à influencer radicalement notre mode de vie d’une part, et de contestation du bien-fondé des prémices même de la démarche, l’influence de l’activité humaine sur l’évolution du climat d’autre part.

La presse internationale n’a donc pas encore remarqué un réchauffement qui s’est tenu dans les coulisses de Copenhague, lieux discrets où les grands de ce monde peuvent se retrouver hors de l’œil inquisiteur de leurs collègues, des caméras et du public, et donc de la nécessité de prises de position officielles et autres effets de manche.

Il n’y donc que la presse israélienne (et un hebdomadaire franco-turc, Zaman France) qui rapporte la rencontre entre les présidents turc et israélien, Abdullah Gül et Shimon Peres. Les deux chefs d’État ont annoncé leur intention de renormaliser les relations entre les deux pays. Gül a affirmé vouloir aider à faire progresser le processus de paix dans la région, et a répondu favorablement à l’invitation de Peres de visiter Israël. Encore faut-il que les premiers ministres de ces deux pays, Recep Tayyip Erdogan, très critique à l’égard d’Israël, et Benjamin Netanyahu, dont on connaît les opinions nationales, voire nationalistes, prennent acte de ces déclarations, afin qu’elles ne restent pas lettre morte.

27 septembre 2009

« Hargneux et peu attaché à son maître » (Encycl. du dix-neuvième siècle).

Classé dans : Littérature, Nature, Photographie — Miklos @ 10:41

«Shaking her bobbed hair a girl entered the shelter with a small,» wheezing, toadlike bulldog. (Secouant ses cheveux courts, une jeune fille se glissa sous le kiosque avec un petit bouledogue qui respirait péniblement et qui avait l’air d’un crapeau.)

Vladimir Nabokov, The Gift.

«(…) M. Baretty venait de s’étendre sans cérémonie dans un immense fauteuil à la Voltaire, où, malgré sa rotondité, il paraissait engourdi. Sa pose avait quelque chose de si farouche, et s’accordait tellement avec l’expression rébarbative de son visage, que je ne pus m’empêcher de le comparer à un bouledogue couché dans sa niche, le museau sur les pattes, l’œil assoupi, mais la dent éveillée.» Je remarquai bientôt qu’à travers ses paupières mi-closes, il glissait un regard scrutateur qui, après avoir examiné quelque temps Maléchard, se porta sur moi-même et me força de détourner les yeux.

Charles de Bernard, « Le Paratonnerre ». Revue des deux mondes, 1841.

«Notre chat, comme s’il eût compris ce qui se passait, sauta sans hésiter sur les épaules du mitron, et de là sur la voie publique. Un nouveau danger l’attendait. Surpris de son apparition inattendue, un énorme bouledogue se mit en arrêt devant lui. Moumouth eût vivement désiré esquiver une lutte désavantageuse ; mais le chien le couvait des yeux, ne perdait pas un de ses mouvements, allait à droite quand Moumouth allait à droite, à gauche quand Moumouth allait à gauche, et grognant toujours d’une voix menaçante ; tous deux se tinrent un instant en observation : le bouledogue, les pattes tendues, les dents serrées, le corps en arrière ; le chat, la gueule ouverte, le dos hérissé, la tête basse et penchée en avant. Aucun d’eux ne semblait disposé à entamer les hostilités. Enfin le chien se rue sur son adversaire ; mais celui-ci l’évite adroitement, passe par-dessus, et se sauve dans la direction du quai ; le bouledogue lui donne la chasse : ils partent, ils percent la foule des passants, ils se faufilent entre les voitures; par un esprit naturel d’imitation, les chiens errants qu’ils rencontrent les suivent à la file, si bien qu’au bout d’une minute l’infortuné Moumouth en a plus de trente-sept à ses trousses.

« Je suis perdu, se dit-il, mais du moins je vendrai chèrement ma vie ! »

Il s’accule contre un mur, se dresse fièrement sur ses pieds ; grinçant des dents, le poil hérissé, il contemple ses nombreux ennemis d’un œil si terrible» que tous reculent comme un seul homme. Profitant de leur incertitude, Moumouth se retourne tout à coup et monte le long de la muraille ; il est promptement hors de la portée des chiens. . . .

Émile Gigault de la Bédollierre (1812-1883), Histoire de la Mère Michel et de son chat. Leypoldt & Holt, 1866.

28 août 2009

« …comme si les arbres des champs étaient hommes » (Deut. XX:19)

Classé dans : Nature, Photographie — Miklos @ 23:33

25 août 2009

Une source miraculeuse à l’Espace Vit’Halles

Classé dans : Actualité, Environnement, Nature — Miklos @ 8:24

La salle de sport vient de rouvrir l’un de ses vestiaires, rutilant après sa rénovation : le nouveau carrelage étincelle et le métal poli des douches qui remplacent l’ancien système brille sous les feux. Dès la mise en service de l’espace, l’une d’elles s’est mis à exhiber un caractère particulier : le bouton une fois appuyé, l’eau ne s’arrête de couler, pendant de très longues minutes, 10, 15…

Ce phénomène est signalé au personnel depuis le premier jour, il y a de cela plusieurs semaines, mais il ne se passe rien. Cette eau ne guérit sans doute pas la surdité. On invoquera peut-être les difficultés à trouver un plombier le mois d’août ? Il aurait suffi de mettre un panneau interdisant de s’en servir – il y en bien d’autres qui fonctionnent encore normalement – jusqu’à sa réparation éventuelle. Ou la rénovation suivante.

Ou alors, il s’agit vraiment d’un miracle, et c’est enfin la solution trouvée à la disparition annoncée de l’eau sur Terre et un moyen d’éviter le rationnement inévitable de cette ressource… vitale, si l’on peut dire sans mauvais jeu de mots. Mais on n’y croit pas vraiment. Alors, épelez avec nous : P r i è r e   d e   n e   p a s u t i l i s e r   c e t t e   d o u c h e.   M e r c i.

Merci.

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