Miklos
« Je donne mon avis non comme bon mais comme mien. » — Michel de Montaigne

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8 mars 2005

Héraclite

Classé dans : Philosophie — Miklos @ 22:01

Héraclite vivait à Éphèse, en Ionie, une colonie grecque sur la côte occidentale de l’actuelle Turquie, vers -500. Sa pensée est née de la confrontation de la civilisation grecque avec la civilisation perse. L’œuvre d’Héraclite est malheu­reu­sement perdue. Il nous en reste uniquement des citations par d’autres auteurs, les « Fragments », qui expriment son injonction à la lucidité d’une part et à l’espoir de l’autre comme clé de sagesse et de bonheur dans un monde où rien n’est certain ni permanent.

Sans l’espérance, on ne trouvera pas l’inespéré, qui est introuvable et inaccessible.

Si le bonheur était dans les délectations du corps, nous dirions que les bœufs sont « heureux », lorsqu’ils trouvent du bon fourrage à manger.

Ne faites par rire au point de prêter à rire.

Mieux vaut étouffer une injure qu’un incendie.

Les contraires s’accordent.

La route qui monte et qui descend est une seule et la même.

Rien n’est permanent, sauf le changement.

Les autres hommes ne savent pas ce qu’ils font étant éveillés, de même qu’ils ne savent plus ce qu’ils ont fait [en rêve] dans leur sommeil.

Je me suis cherché moi-même.

28 février 2005

Pour K.

Classé dans : Philosophie — Miklos @ 14:26

Nietzsche philosophait à coups de marteau. Émile-Augustre Chartier, dit Alain (1868-1951), eût choisi le fusain, quelque fin porte-mine ou une plume d’oie, si elle n’avait pas grincé. Tout lui était prétexte à faire de la philosophie, silencieuse et tranquille, mais il voulait — comme il sied à un danseur de ne pas laisser voir dans ses arabesques le travail à la barre qui les prépare — que rien n’apparût de ce qui rend la philosophie identifiable, l’appareillage conceptuel, les références, la systématisation des idées, le gymkhana de la pensée. Aussi, condensées d’écriture et grains de sagesse, l’a-t-il livrée en de célèbres Propos1 — en risquant, il est vrai, d’être pris par les doctes pour un journaliste, un essayiste, ou, au mieux, pour un moraliste.

— Robert Maggiori, Le rouge-gorge d’Alain, in « Un animal, un philosophe », Julliard, 2005. Recueil de chroniques publiées dans Libération au cours de l’été 2004.


1 J’en avais reproduit deux, ici, extraits des Propos impertinents, édités chez Mille et Une Nuits, pour 2€50. Je le recommande vivement à la consommation abusive.2
2 « Le feu de l’admiration est plus nécessaire que l’intelligence, et la critique est un ingrat métier. Pour moi j’en suis encore à ne pouvoir lire un auteur si j’aperçois des notes au bas des pages ; ça pue. » (Alain).

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