Miklos
« Je donne mon avis non comme bon mais comme mien. » — Michel de Montaigne

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20 août 2016

Faut-il que vous soyez voussoyé ?, ou, Des bienfaits de la douche

Classé dans : Langue, Littérature — Miklos @ 16:22


Article du Trésor de la langue française. Cliquer pour agrandir.

«Il n’est personne, peut-être, qui n’ait souri, sans grande réflexion, en lisant que Buffon n’écrivait qu’en habit de velours avec des manchettes de dentelles.

On connaît moins une femme de la cour, à peu près contemporaine de Buffon, qui rendait à l’amour le culte que Buffon rendait à la nature et à la muse, et qui n’écrivait pas à son amant qu’elle n’eût fait sa toilette complète, et ne se fut mise en grande parure.

Eh bien, je pensais, il n’y a qu’un instant, que nous faisons tous un peu comme Buffon et comme cette chère et dévote femme, et que la plume à la main, il est rare que nous ne nous imposions pas la gêne de certaines conventions, de certains préjugés, etc.

Par exemple, en commençant cette lettre, mon bon, mon vieux, mon illustre camarade, je me suis demandé s’il serait bienséant de te tutoyer, comme nous avons l’habitude de le faire mutuellement depuis un peu plus d’un. demi-siècle.

Il y a, dans la politesse convenue; de singulières nuances. — La question n’en serait pas une, si j’écrivais en vers. — On tutoie en vers des gens qu’on ne s’aviserait pas de tutoyer en prose.

Grand Roi, cesse de vaincre, ou -je cesse d’écrire,

disait Boileau à Louis XIV.

Prends ta foudre, Louis, et va, comme un lion,

etc., disait Malherbe à Louis XIII.

Les Anglais tutoient Dieu, et je crois qu’ils ne tutoient que Dieu.

C’est du reste un singulier usage que le vousoiement par lequel on parle à an homme comme s’il était plusieurs. J’en ai trouvé le sens et dans Cicéron et dans Mme de Sévigné.

« II y a eu, dit Cicéron, quatre Jupiter — quatre Mercure et six Hercule — et on a attribué à un seul et même de ces personnages les actes plus ou moins réels appartenant à tous ceux qui portaient le même nom. »

Mme de Sévigné, parlant à sa fille d’un de leurs amis qui s’appelait je crois d’Hacqueville.

Je dis : je crois, car j’écris à Saint-Raphaël hors de ma maison, sur une table d’ardoise et sous des rosiers en fleurs le 20 janvier et tu me pardonneras de citer de mémoire pour ne pas me déranger.

Mme de Sévigné dit que cet ami est si obligeant, si dévoué, si actif, qu’il rend si vite un si grand nombre de petits services, qu’on ne peut les attribuer à un seul homme, et qu’on l’appelle « les d’Hacqueville ».

Dire vous à une femme ou à un homme signifie :

O femme, tu offres à mon admiration tant de beautés, de grâces et de charmes, que c’est trop pour une seule mortelle, trop pour une seule déesse; tu réunis les perfections des plus belles et des plus séduisantes ; tu es à la fois Vénus, Junon et Pallas et je vous adore toutes trois en une seule.

O homme, tu es si brave, si noble, si généreux, si savant, si spirituel, si éloquent — tu réunis en toi des vertus et les qualités si diverses qu’on ne peut les attribuer à un seul homme — que je vois en toi Hercule, Jupiter, Decius, Voltaire, Rousseau,» etc., — je vous présente mes respects.

[…]

Alphonse Karr, « Lettres de Saint-Raphaël. IV. À Monsieur Ernest Legouvé, de l’Académie française », in Le Figaro, journal non politique, 21 janvier 1877, p. 1.

19 août 2016

L’abeille

Classé dans : Littérature, Nature, Photographie — Miklos @ 22:37


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«Aucun être vivant, même pas l’homme, n’a réalisé au centre de sa sphère ce que l’abeille a réalisé dans la sienne ; et si une intelligence étrangère à la nôtre» venait à demander à la terre l’objet le plus parfait de la logique de la vie, il faudrait lui présenter l’humble rayon de miel.

Maurice Maeterlinck, La vie des abeilles.

Cap de la Hague et environs

Classé dans : Littérature, Photographie — Miklos @ 9:44


Anse de Vauville. Cliquer pour agrandir.


On the road. Cliquer pour agrandir.


« J’aime l’âne si doux
marchant le long des houx.
 
Il prend garde aux abeilles
et bouge ses oreilles ;
 
et il porte les pauvres
et des sacs remplis d’orge.
 
Il va, près des fossés,
d’un petit pas cassé. »
— Francis Jammes. Cliquer pour agrandir.


« Naître avec le printemps, mourir avec les roses […],
Voilà du papillon le destin enchanté ! »
— A. de Lamartine. Cliquer pour agrandir.


« J’ai pour joie et pour merveille
De voir, dans ton pré d’Honfleur
Trembler au poids d’une abeille
Un brin de lavande en fleurs. »
— Victor Hugo. Cliquer pour agrandir.


« Mouette à l’essor mélancolique,
Elle suit la vague, ma pensée,
À tous les vents du ciel balancée,
Et biaisant quand la marée oblique,
Mouette à l’essor mélancolique. »
— Paul Verlaine. Cliquer pour agrandir.


Concentricités. Cliquer pour agrandir.


« Il est d’étranges soirs où les fleurs ont une âme. »
— Albert Samain. Cliquer pour agrandir.


« C’est ton tour de monter sur la charrette rouge
Qui vers Monte-à-regret guide tout roi de bouge,
Afin de le faire éternuer dans le sac
Dès qu’il reçoit au nez la prise de tabac ! »
— Paulin Gagne. Cliquer pour agrandir.


« C’est un cri répété par mille sentinelles,
Un ordre renvoyé par mille porte-voix ;
C’est un phare allumé sur mille citadelles,
Un appel de chasseurs perdus dans les grands bois ! »
— Charles Baudelaire. Cliquer pour agrandir.


« Et d’étranges rêves,
Comme des soleils
Couchants, sur les grèves,
Fantômes vermeils,
 
Défilent sans trêves,
Défilent, pareils
À de grands soleils
Couchants sur les grèves. »
— Paul Verlaine. Cliquer pour agrandir.

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18 août 2016

Homère (de)

Classé dans : Littérature — Miklos @ 17:53


François du Souhait : L’Iliade d’Homère, 1627.

«Je m’étonne seulement qu’il y ait des esprits si revêches et si barbares que de vouloir censurer un tel personnageHomère.. Ou ils ne l’entendentComprennent. pas, ou ils convertissent toutes ses fleurs en venin comme» la vipère. Je dirai volontiers qu’il y a plus à reprendre à leurs mères qu’à l’Homère, parce qu’elles ont fait de sots enfants, et il nous a laissé des doctes enseignements.

François du Souhait (15..-1615?), « Au lecteur », in L’Iliade d’Homère, Prince des Poètes Grecs, avec la suite d’icelle, Ensemble le Ravissement d’Hélène, sujet de l’histoire de Troie. Le tout de la traduction et invention du Sieur du Souhait. Dernière édition, 1627.

3 août 2016

Pianiste en détresse et autres Klee(nex)eries

Classé dans : Peinture, dessin, Photographie — Miklos @ 6:25


Paul Klee : Le pianiste en détresse. 1909.
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Paul Klee : Couple mauvais genre. 1905.
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Paul Klee : Jardin dans la plaine I. 1920.
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Paul Klee : L’autre chambre hantée (nouvelle version). Détail. 1925.
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Paul Klee : Présentation du miracle. 1916.
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Paul Klee : Adam et la petite Ève. Détail. 1921.
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