Miklos
« Je donne mon avis non comme bon mais comme mien. » — Michel de Montaigne

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15 octobre 2013

« Il dit non avec la tête. Mais il dit oui avec le cœur. » (Prévert)

Classé dans : Langue, Progrès, Sciences, techniques — Miklos @ 19:57


Google Translate, ou, Tout et son contraire.
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Tout le monde n’est pas Claude Hagège, et d’aucuns s’en consolent en faisant appel à Google Translate. Mais voici les deux traductions du même texte, l’une vers le français et l’autre vers l’anglais, que propose notre AMIAspirateur Mondial de l’Information. à tous :

1. “Do not worry, I can answer your questions you may have about it.”

2. « Ne vous inquiétez pas, je ne peux répondre à vos questions que vous pourriez avoir à ce sujet. »

Pas un fort en thème, c’est le moins qu’on puisse dire. Quel cancre, là !

On a vérifié une demi-douzaine d’autres traductions : elles s’accordent avec l’anglais, démontrant une fois de plus le leadership la domination mondiale de ce dialecte, tandis que la version française, qui dit l’opposé non seulement de toutes les autres traductions mais de l’original, ne fait que démontrer, une fois de plus, l’esprit franchouillard de contradiction à l’œuvre.

On se demande alors si les grands conflits internationaux ne sont finalement pas uniquement dus à ces bugs défauts de logiciel de communication.

Et pour être plus terre-à-terre, comment faire confiance à un interprète qui dit tout et son contraire ?

14 octobre 2013

Life in Hell: Akbar is getting ready

Classé dans : Actualité, Société — Miklos @ 10:27


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Ce n’est pas la première fois qu’Akbar est convié à une cérémonie dans le beau monde, mais, pour ne pas se trouver pris en défaut, il révise assidûment sa bible des Usages du monde, rédigée par l’ineffable plume de la baronne de Staffe, qui, sans avoir été baronne était nonobstant la célèbre précurseuse d’une autre baronne qui ne l’était pas non plus du moins à ses débuts (suivez mon regard, dit Akbar in peto) et qu’il avait épluchée (la bible, pas la baronne) avant d’être allé prendre le thé chez Sissi.

Il note bien l’anecdote qu’elle y raconte au chapitre « Passage des portes » : Vous connaissez peut-être, dit-elle – mais non, il ne connaissait pas – la vieille histoire : Louis XIV invitait l’ambas­sadeur anglais à monter dans son carrosse et s’effaçait pour l’y laisser entrer le premier, le lord fit un mouvement de respectueux recul, mais le roi eut un geste d’insistance et le grand seigneur monta vite pour ne pas désobliger le souverain en le forçant à se tenir debout plus longtemps à la portière de son carrosse. Ça peut vraiment être utile si l’on vient me chercher ainsi, se dit-il toujours in peto.

Il est tout de même interloqué par l’injonction selon laquelle Le chapeau de cérémonie ne s’accommode pas de la voilette. Ne portant jamais cette dernière, où est le problème, se demande-t-il. Pour la suite, c’est plus clair mais assez contraignant : Lorsqu’on va dîner en ville, on quitte, en arrivant chez l’amphitryon, son chapeau et son manteau (vu le temps, il ne se voyait pas mettre un manteau, mais s’il le faut…), mais on garde ses gants jusqu’à ce qu’on soit assis à table. Alors, seulement, on les retire et on les glisse dans sa poche. Mes gants de ski n’entreront jamais dans ma poche, s’exclame-t-il silencieusement (ahahah !) mais je ne me vois pas manger avec, comment faire ?

Hôtes et invités sont en grande toilette du soir : les hommes en habit et pantalon noir, cravate blanche, gilet blanc ou noir de forme croisée, gants mastic ou blancs, souliers fins. Le plus fin que j’ai comme souliers, se souvient-il, ce sont en fait mes sandales. Mais pour le reste, ça va, soupire-t-il rassuré.

Au moment où sonne l’heure du dîner, le maître d’hôtel, ou la simple bonne, ouvre les doubles battants de la porte du salon et prononce gravement le sacramentel : « Madame Monsieur est servie. » Akbar n’hésite pas à corriger la baronne, enfin, son texte, là où il faut le mettre au goût du jour. Comme il ne connaît presque aucun des convives, il est rassuré de lire que Dans le cas où ce voisin et cette voisine de table seraient inconnus l’un à l’autre, pour faciliter l’expansion (entre nous, ce n’est pas le quotidien qu’Akbar préfère), ou tout au moins les mettre à même de rompre aisément la glace (on n’est pas au cœur de l’hiver, où est le problème ? grommelle-t-il, ou alors on aura le dessert en entrée ?), l’amphitryon ferait en sorte de leur donner, en quelques mots, avant le dîner, une idée claire de leur position sociale et de leurs familles respectives. Et, rajoute-t-elle délicatement mais fermement, Ce procédé est à recommander très fortement.

Avec ça, je suis prêt à attaquer le repas, résume-t-il sobrement.

Jeff et Akbar sont les personnages d’une série de bandes dessinées de Matt Groening, qui est aussi le père de la fameuse – et infâme – famille Simpson.

29 septembre 2013

Au-delà de l’infini

Classé dans : Actualité, Langue, Littérature, Médias, Sciences, techniques, Société — Miklos @ 10:35


François Guizot, Nouveau dictionnaire universel des synonymes de la langue française, 1822.
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« Ce qui a été, sera, et ce qui a été fait, sera fait, et n’y a rien de nouveau sous le soleil. » — Ecclésiaste I:9, trad. Castellion.

« Nous disons donc hardiment que tout ce qu’il y a dans la nature, matière, esprit, nombre, durée, est actuellement et positivement infini. [...] La grande réponse que nous faisons par avance sur les contradictions prétendues qu’on nous formera sur l’infini, est que nous admettons, sans balancer, des infinis plus grands les uns que les autres, et surtout différents les uns des autres ». —Traité de l’infini créé, attribué à Malebranche (1638-1715).

Selon que l’on ait une vision cyclique ou linéaire du temps et de l’espace, et donc de la vie et de l’univers –, notre conception de l’infini variera du tout au tout : dans le premier cas, à force d’avancer on revient à son point de départ, ad inf. C’est la vision de l’Ecclésiaste. Dans l’autre, c’est la vision de Malebranche – deux cents ans avant les nombres cardinaux de Cantor (qui n’ont rien à voir avec le décompte des électeurs du pape, soit dit en passant), tout de même – qui prévaut.

Ces profondes réflexions nous sont suggérées par l’expression « Merci infiniment » dont l’emploi croissant (on vient d’entendre l’ineffable Claire Chazal le répéter au nonpareil Jean d’Ormesson), et donc croassant à nos délicates oreilles, a infiniment banalisé le sens littéral : on rejoint là la conception antique de l’infini. Autant dire « Merci », tout simplement, voire ne rien dire du tout.

Par contre, pour ceux des adeptes de Malebranche qui souhaitent réellement exprimer l’infini tout en ne fermant pas la perspective à des remerciements encore plus ampoulés, emphatiques ou boursouflés, on conseillera l’usage des nombres cardinaux de Cantor : « Merci transfiniment », pour faire court, ou, si l’on souhaite pinailler, « Merci א0 », « Merci א1 » (qui se disent respec­tivement Aleph zéro et Aleph un)… selon le degré de remerciement que l’on souhaite exprimer. Nous, on ira pendant ce temps relire L’Aleph de Borgès, recueil qui commence, comme il se doit, par L’Immortel et se termine par la nouvelle éponyme L’Aleph.

26 septembre 2013

Un vrai z’ami français de l’anglais

Classé dans : Langue, Littérature — Miklos @ 14:37

La réticence linguistique des Français à l’égard de l’anglais (et d’autres langues, direz-vous sans doute) est proverbiale et bien ancrée dans la longue histoire souvent mouvementée des deux pays et émaillée de coups fourrés qu’ils se sont mutuellement donnés. Certains iront peut-être jusqu’à soupçonner les grammairiens des deux côtés de la Manche d’avoir intentionnellement inventés ces faux amis qui y abondent perfidement : a large woman who has ideas above her station n’est pas forcément une femme obèse qui se planque pour réfléchir dans les combles de la gare de Waterloo (on se demande en passant pourquoi les Anglais ont donné un nom de défaite à leur gare, bien avant que Margot la Folle ne détruise entre autres leur système ferroviaire), La chair est faible doesn’t mean that this seat is about to break (in this case under the weight of this fat woman), et si vous parlez en français de ses bras ouverts pour vous accueillir, ne traduisez surtout pas vos dires en parlant de her open bras.

Il y a heureusement des exceptions. Jean L’Oiseau de Tourval, huguenot né en France au XVIe siècle et décédé en 1631, était non seulement un grand anglophile comme on va le voir tout de suite, mais sans doute aussi un agent secret au service du Foreign Office anglais. Il ne maîtrisait pas que ces deux langues, mais aussi l’espagnol – qu’il regrettait de ne plus savoir à l’égal de Cervantes, mais tout de même mieux que Sancho Pança, disait-il – et nombre de ses lettres en anglais et en espagnol se trouvent au Record Office à Londres.

Tourval avait effectué de nombreux voyages entre l’Angleterre où il s’était installé en 1603 et le continent. Pierre de l’Estoile mentionne dans ses fameux Mémoires-Journaux leurs rencontres en août 1609. Tourval, qu’il y qualifie de truchemanInterprète. des langues étrangères, viendra lui rendre visite en compagnie du « ministre de l’Ambassadeur d’Angleterre, avec un jeune gentilhomme anglais ». Une autre fois, Tourval lui prête « Tortura Torti, qui est un nouveau livre, imprimé à Londres, in-4°, pour réponse à l’écrit du Cardinal Bellarmin, déguisé sous ce nom de Tortus, qu’il a publié contre l’Apologie du Roi d’Angleterre [traduite en français par Tourval, voir ci-dessous], pro juramento fidelitatis », promet de le lui laisser, et de lui donner plus tard un second ouvrage non encore disponible en France. Pierre de l’Estoile ajoute à propos de ces deux textes : « Ces beaux écrits, qui ne sont pour la plupart que fadaises et plaustra convitiorumCharretées d’injures., et qui, toutefois, sont les bons livres du siècle et les mieux reçus, montrent je ne sais quelle fatale démangeaison d’esprits de ce temps, auquel (comme dit Sénèque en ses Épîtres) tous aiment mieux disputer que se réformer ». Commentaire qui s’appliquerait, soit dit en passant, à bien de blockbusters littéraires contemporains…

Ce qui nous intéresse plus parti­cu­liè­rement ici ici c’est la mention que fait Pierre de l’Estoile de l’activité de traducteur de Tourval : « J’étais allé voir, ce jour-là, ledit Tourval (que je connais), pour le divertir (si j’eusse pu) de la traduction qu’on m’avait dit qu’il faisait en français de l’Apologie du Roi d’Angleterre ; mais je trouvai que c’en était jà fait, et qu’elle venait d’être achevée d’imprimer ici ». En 1610, Tourval avait déjà traduit en français six ouvrages du roi Jacques Ier : c’étaient probablement les seuls – ou presque – ouvrages anglais disponible aux lecteurs français à cette date, tandis que l’inverse était déjà légion : dans un fort intéressant essai sur les débuts de la traduction française à partir de l’anglais publié en 1906, Sidney Lee écrit : « At the end of the sixteenth century there was no French treatise of any genuine interest on science and medicine, or on any of the practical arts of life, such as gunnery, gardening, or needlework, which was not quickly clothed in an English dress ». Et c’est en 1610 que paraît aussi sa traduction – la première du genre ? – des Caractères de vertus et de vices tirés de l’anglais de M. Joseph Hall par le Sr de Tourval, qui signait souvent son nom ainsi : Jean de L’Oiseau de Tourval, Parisien, Δ (ou parfois Turval, voire carrément John Byrde, traduction littérale de son nom).

L’anglophilie de Tourval s’est aussi manifestée par l’introduction (en français) qu’il a écrite au tout premier dictionnaire français-anglais, fruit du travail de son ami Randall Cotgrave publié en 1611, « admirable œuvre de lexicographie » selon Lee et que voici dans son intégralité pour le plaisir de lire cette défense de la langue française et contre le laisser-aller du recours facile à des mots étrangers faute de la bien connaître.

Au favorable lecteur français.

Lecteur, l’auteur de ce livre (gentilhomme anglais, à qui son propre pays et, surtout, le nôtre ont une obligation particulière, qu’ils ont à peu d’autres) après avoir péniblement veillé et travaillé, par plusieurs ans, sur cet œuvre, non moins, certes, ingrat que laborieux, enfin est contraint de le laisser partir de ses mains, plutôt vaincu de l’importunité de ses amis, et de la nécessité que le public en a, que satisfait en son âme de son propre ouvrage. Et t’assure que si on l’eût voulu croire, il fut encore après à se tourmenter, pour trouver la signification de tels mots, qui, possible, ne seront jamais plus ouïs en ce monde (quoique lus) et dont, je crois, il n’y a personne qui ait ouï parler depuis cent ans, que lui, tant sa curiosité a été grande et exacte à lire toute sorte de livres, vieux et nouveaux, et de tous nos dialectes. À cette cause, peur, possible, qu’ayant égard à ce que tu vois, non à ce que tu ne vois pas, tu l’accuses plutôt de ce qu’il a dit que de ce qu’il a été contraint de laisser, qui toutefois serait un trésor inestimable, s’il eût pu trouver, ou par deça, ou en France même (où il a été si curieux d’envoyer exprès) qui l’eut pu, ou voulu résoudre de ses doutes, il te supplie bien fort, si tu trouves ici quelques mots qui te sonnent mal aux oreilles, ou même qui n’y ayant encore jamais sonné, de croire qu’ils ne sont point de son invention, mais recueillis de la multitude et diversité de nos auteurs, que possible tu n’auras pas encore lus, et qui, tant bons que mauvais, désirent tous d’être entendus. Il pouvait bien citer le nom, le livre, la page et le passage ; mais ce n’eut plus ici été un dictionnaire, ainsMais. un labyrinthe. Ceux qui ne les sauront pas, les apprendront ; ceux qui les sauront, jugeront bien que l’ignorance, possible, d’un seul mot, soit substantiel, métaphorique, inusité ou tiré de la variété des arts, peut souvent obscurcir tout un sens, et rendre barbares les conceptions les plus gentilles. Permis à qui voudra d’en user, ou de les laisser. Bien entendu, toutefois, que ce ne serait pas le pis qui nous pût arriver que de remettre susRedonner vie à. certains mots surannés que nous avions mieux aimé laisser perdre, quoique très propres et significatifs. Et autres de notre propre cru, bien que de divers terroir, allant plutôt mendier chez les étrangers pour nous exprimer ou bien nous taisant du tout, ou parlant par un long contournement de paroles, que d’ouvrir un peu la bouche pour en prononcer quelques-uns qui semblaient trop revêches pour la douceur du palais de nos demoiselles, ou gratter l’oreille délicate de messieurs nos courtisans de ce temps-ci. Quant aux fautes de l’impression, l’auteur ne peut totalement prendre sur soi, ne niant pas qu’il n’en soit échappé assez, comme aussi possible en quelques endroits, quelque impropre interprétation ; espérant bien toutefois que les unes ni les autres ne seront pas si grandes que ta courtoisie n’y puisse y suppléer. À tant, il recommande son œuvre à ta bonne réception, et moi je demeure,

Ton très affectionné patriote,

J. L’oiseau Tourval, Parisien Δ.

Trois p’tits clicks et puis s’en vont


Honoré Daumier : Les Badauds. 1839.

Dans un article où il analyse le phénomène du click sur le bouton Like (« J’aime ») de Facebook – notamment au regard du 1,6 millions de Likes sur la page Facebook de soutien au bijoutier de Nice qui avait abattu un jeune cambrioleur –, Xavier de la Porte le qualifie de « geste politique nouveau » et cite le sociologue Dominique Cardon, selon lequel c’est un investissement minimal, certes, mais c’est quand même un engagement, car il est public, ce qui le différencie du vote, qui est d’ordre plus privé.

Pour ma part, je suis loin d’être convaincu que clicker sur Like soit un geste politique. Bien au contraire, d’ailleurs : il me semble être dans la majorité de cas celui d’un badaud, aux sens que donne le Trésor de la langue française à ce terme :

1. Celui, celle qui s’arrête dans ses flâneries à regarder les spectacles les plus quelconques, en s’étonnant de tout, en admirant tout.

2. Personne un peu sotte, manquant de jugement et de personnalité, qui croit tout ce qu’on lui dit, et s’empresse de suivre les idées des autres.

3. Qui manifeste une curiosité toujours en éveil et un peu niaise.

4. Qui manifeste un esprit crédule et conformiste.

En d’autres termes, ce click est avant tout un geste « comme ça », facile et rapide, effectué sans réflexion – donc apolitique. Geste public, dit l’article ? Oui, mais vu le nombre de ces gestes publics que font certains, ils deviennent négligeables, ils n’ont aucun sens. Vu aussi le nombre de clicks – ou de vues sur YouTube (on pense à un certain clip personnel franco-français « vu » presque sept millions de fois depuis sa mise en ligne il y a moins de cinq mois) – on est en droit de se demander au moins s’ils sont le fait de personnes qui ont bien consulté le contenu en question. Autre question : s’il y avait un bouton Hate, quel serait le nombre de clicks de ce type-là ?

Ce mécanisme n’est qu’un avatar de la publicité : par ce Like, on adhère à un slogan, à une image, à des contenus souvent proposés en fonction de leur popularité croissante (et dont on se demande s’ils ont été lus par ceux qui ont signalé leur adhésion). Il n’y a qu’à voir les sites de périodiques – même ceux des plus grands – qui indiquent le palmarès des articles les plus appréciés ou les plus partagés : si tout le monde a aimé, vous aimerez aussi ; si tout le monde a acheté, achetez aussi. Comment cela s’appelle, déjà ? Le conformisme, même dans son anticonformisme.

Quant au mécanisme de diffusion de cette notoriété, il s’apparente à celui de la boule de neige, du bouche-à-oreille, et surtout de la rumeur, sorte d’hystérie collective se nourrissant en général de peurs sourdes et souvent injustifiées, voire fabriquées de toutes pièces. « De telles aberrations répondent à un processus bien connu des psycho-sociologues et qui s’articule autour de trois axes : simplifier, accentuer et généraliser. Autant d’attitudes qui, partant de paroles en l’air, aboutissent au déni de la vérité, à l’abdication de la raison, à l’anéantissement du simple bon sens. » (Robert Poinard) Car il s’agit bien d’une simplification à l’extrême, binaire : c’est 0 ou 1, donc aucune place pour les nuances…

Là où le danger de cette attitude neutre, principalement amorale, souvent instinctive, parfois émotionnelle mais rarement réfléchie devient politique, c’est qu’actuellement les grands tribuns de la politique se trouvent l’une à l’extrême droite, l’autre à gauche de la gauche, et qu’il se pourrait que les prochaines élections – le fait de jeter un bulletin dans une urne s’apparentant trop souvent pour une bonne partie de l’électorat à un Like (nourri par les multiples sondages précédant la date fatidique) – ne fasse monter l’un ou l’autre de ces personnages bien au-delà de ce que l’on aurait pu imaginer.

En passant, une autre raison pour laquelle j’évite d’utiliser ce mécanisme propre à Facebook, c’est pour qu’il (Facebook) ait plus de difficulté à me profiler (ce qu’il ne manque de faire, ainsi que Google et les autres « services » dont nous sommes les serviteurs volontaires) : cela ne m’empêche nullement de citer des articles, de donner les adresses de leurs pages Web en rajoutant un commentaire personnel ou non ; c’est aussi une façon plus… réfléchie de partager l’information qui m’intéresse.

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