Miklos
« Je donne mon avis non comme bon mais comme mien. » — Michel de Montaigne

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13 avril 2012

Les sondages sont-ils devenus infaillibles ?

Classé dans : Actualité, Littérature, Médias, Politique — Miklos @ 20:11

C’est la question que Marie Drucker posait ce soir à l’ouverture du journal télévisé de France 2. La réponse en a été donnée par Isaac Asimov il y a plus d’un demi-siècle, dans un récit dont nous avions déjà donné un extrait ici.

12 avril 2012

France 3 et la résurrection

Classé dans : Actualité, Littérature, Médias, Politique — Miklos @ 1:07

La résurrection d’un mort n’est pas plus impossible que l’illusion d’un grand nombre de témoins sages et éclairés qui l’attestent. — RR. PP. Richard et Giraud, Dictionnaire universel, dogmatique, canonique, historique, géographique et chronologique des sciences ecclésiastiques, t. 6, chap. « Religion ». Paris, 1765.

… le présent comporte un thème versif,un thème inversif et un thème aversif. […] Au thème versif qui oppose l’accompli à l’inaccompli, correspond, pour l’époque présente, le présent dit cursif, qui évoque un procès un cours. Au thème aversif qui verse l’inaccompli dans l’inaccompli, correspond le présent dit précursif, qui se montre habile, le style aidant, à exprimer le futur très prochain. — Annie Boone, André Joly, Dictionnaire terminologique de la systématique du langage. L’Harmattan, 2004.

On vient d’apprendre le décès d’Ahmed Ben Bella. Tous les médias en parlent, alors comment s’en distinguer ? Eh bien, France 3, ne voulant pas être de reste, annonce déjà sa résurrection prochaine – après tout, c’est de saison – et nous le montre bien vivant à Alger, parlant et bougeant, dans 7 mois et 4 jours. On imagine qu’ils ont utilisé la machine à explorer le temps de H.G. Wells pour un bref aller-retour qui leur a permis de rapporter ce scoop.

5 avril 2012

L’ours vert

Classé dans : Littérature, Peinture, dessin, Photographie — Miklos @ 23:14

Je remarque aujourd’hui pour la première fois que les plaisirs bruyants portent à la mélancolie ; le bal masqué me poursuit encore de son fracas : il m’est impossible de trouver le sommeil. L’air pur des champs me fera du bien, allons le respirer.

Devant mes pas s’ouvre un espace sans limites : point d’arbres, point de plantes, point de fleurs. Un doux crépuscule tient lieu d’ombre et de verdure ; un air chaud et embaumé remplace le parfum des fleurs ; rien ne trouble le silence et la solitude qui règnent autour de moi. Je m’avance en livrant à l’écho, qui ne me répond pas, les refrains d’une romance sentimentale.

Au moment où je commence à faire l’observation que le pays ne me semble guère peuplé, sinon complètement désert, un bruit sourd et mesuré retentit dans le lointain. C’est un cheval, me dis-je, et monté sans doute par un cavalier. Ce n’était pas tout-à-fait un cheval, ni absolument un cavalier. Autant que j’en pus juger à travers la rapidité de sa course, l’animal que je vis ainsi lancer sa monture à la poursuite d’un ours vert (que je sus depuis être l’ours-boa), avait beaucoup de l’homme, quoique ses pieds fussent ceux d’un quadrupède et que sa tête ne fût pas entièrement humaine. Il me sembla entendre les aboiements d’un chien ; mais je n’aperçus que le dos rond d’une tortue qui paraissait suivre avec ardeur la piste du gibier. À quelle race peuvent donc appartenir ces créatures que je viens de voir, et comment se fait-il qu’ici les tortues courent comme des lévriers ? J’ai fait une lieue sans avoir pu résoudre cette question.

Toute réflexion faite, j’ai bien marché l’espace de trois lieues, soit douze kilomètres (style moderne et légal), sans pouvoir sortir de ma perplexité. Je sens que je suis fatigué ; je me couche sur le sable et je m’endors. Pas le moindre songe à raconter : Morphée a constamment fermé pour moi la porte d’ivoire, celle par où passent les rêves qui charment les dieux et les mortels.

— Grandville, Un autre monde. Trans­for­mations, visions, incar­nations, ascen­sions, loco­motions, explo­rations, péré­gri­nations, excur­sions, stations. Cosmo­gonies, fantas­magories, rêveries, folâ­treries, facéties, lubies. Méta­mor­phoses, zoomor­phoses, litho­mor­phoses, métem­psy­choses, apo­théoses et autres choses. Paris, 1844.

4 avril 2012

Life in Hell: le grand prix du Concombre d’Or

Classé dans : Actualité, Cuisine, Littérature, Économie — Miklos @ 14:42

En voyant le prix du grand concombre chez Naturalia, Akbar s’est frotté les yeux. Suivant l’exemple de Xavier Forneret,

Il l’a tiré
Du cageot percé
L’a mis sous ses yeux ;
Et l’a bien regardé
En disant : « Malheureux ! »

Il l’a regardé : ledit concombre n’est pas si long que cela.

Il l’a pesé : 335 gr. Ce qui fait 7,82 € le kg. Les grands concombres, au super du coin, sont à moins de 2 € le kg, et ils sont vraiment grands, eux : 485 gr. En suivant cette fois l’exemple de Stella Baruk, Akbar s’est demandé : si un concombre coûte 25% du prix d’un concombre plus petit de 30%, quel est le prix d’un cornichon trois fois plus petit que le second concombre ?

Il l’a tâté : ce n’est pas de l’or dur, en tout cas. Mais ça risque de devenir rapi­dement de l’ordure du fait du non traitement chimique du légume. C’est comme à la bourse, des grosses sommes pour du court terme, a conclu Akbar in peto.

Akbar s’est tâté la sienne : je ne suis pas millionnaire, constate-t-il. Il décide de ne pas acheter bio, cette fois-là. Il imagine Jeff en train de ricaner.

Quand il n’était pas grand, on lui avait dit : même si tu as faim, mange selon tes moyens.

Jeff et Akbar sont les personnages d’une série de bandes dessinées de Matt Groening, qui est aussi le père de la fameuse – et infâme – famille Simpson.

26 mars 2012

Un grand homme

Classé dans : Littérature, Photographie, Sculpture — Miklos @ 20:49

« Celui qui est grand, maigre et délié est peu sage, vain, menteur, d’un tempérament robuste, inquiet dans ses désirs, facile à croire ce qu’on lui dit, lent dans ce qu’il fait ; et grandement attaché à son opinion. » — Albert le Grand (saint), Les admirables secrets d’Albert le Grand contenant plusieurs traités sur la conception des femmes, et les vertus des herbes, des pierres précieuses, et des animaux. Augmentés d’un abrégé curieux de physionomie, et d’un préservatif contre la peste, les fièvres malignes, les poisons, et l’infection de l’air. Cologne, 1706.

« L’homme le plus long, le plus mince, le plus étroit, le plus géométriquement abstrait dans toutes ses dimensions – le plus frotté de grec, de latin, d’étymologies, d’onomatopées – de thèses, de diathèses, d’hypothèses, de métathèses – de tropes, de syncopes et d’apocopes – la tête qui contient le plus de mots contre une idée, de sophismes contre un raisonnement, de paradoxes contre une opinion – de noms, de prénoms, de surnoms – de titres oubliés et de dates inutiles – de niaiseries biologiques, de balivernes bibliologiques, de billevesées philologiques – la table vivante des matières du Mithridate d’Adelung et de l’Onomasticon de Saxius !… » — Charles Nodier, Histoire du Roi de Bohème et de ses sept châteaux. Paris, 1830.

« Écoutez un peu ceci. Connaissez-vous M. de B… le berger extravagant de Fontainebleau, autrement Cassepot ? savez-vous comme il est fait ? grand, maigre, un air de fou, sec, pâle ; enfin tel que le voilà, il logeait à l’hôtel de Lionne avec le duc et la duchesse d’Estrées, madame de V. et mademoiselle de V. […] Savez-vous ce que faisait ce Cassepot à l’hôtel de Lionne ? l’amour, ma fille, l’amour avec mademoiselle de V. tel que je vous le figure ; elle l’aimait. Benserade dirait là-dessus, comme de madame de… qui aimait son mari ; tant mieux si elle aime celui-là, elle en aimera bien un autre. » — Lettre de madame la marquise de Sévigné à Madame la comtesse de Grignan, 25 mars 1689.

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