Miklos
« Je donne mon avis non comme bon mais comme mien. » — Michel de Montaigne

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28 avril 2011

« Ce cœur qui haïssait la guerre » — Robert Desnos

Classé dans : Histoire, Littérature, Photographie — Miklos @ 23:37


Le veilleur du Pont-au-Change

« … Desnos qui, tous les témoignages sont là-dessus d’accord, parle pour tous du fond de la nuit ». — Julien Gracq, « Spectre du ‘Poisson soluble’ », Préférences. José Corti, Paris, 1961.

Sur le vif

Classé dans : Littérature, Photographie — Miklos @ 1:21

Qui ne sait pas la puissance du langage des yeux, de ce langage plus fort, dans sa fonction silencieuse, que le discours le plus bruyant ? Les yeux, tout comme la bouche, parlent ou se taisent ; les yeux rient ou rêvent. Les yeux chantent ; ils souhaitent la bienvenue, ou rebutent ; ils glacent, ils déconcertent, ils troublent, ils accusent, ils défendent, ils caressent, ils tuent. Les yeux écoutent, questionnent, répondent ; ils brillent, ils s’assombrissent, ils dansent, même, ils vacillent, ils s’écarquillent. Ils sont immobiles, immuables. Ils se voilent, se fanent, brillent, scintillent, etc., etc. Quelles occasions magnifiques pour ceux qui savent jouer d’un pareil instrument !

Les annales politiques et littéraires, vol. 89, juillet-décembre 1927.

Il se débattit quelques instants encore, soutenant une lutte acharnée, terrible, contre ce sommeil inexorable, puis, malgré Albina et sa sœur, qui unissaient leurs forces pour le soulever et le contraindre à marcher, il laissa tomber lourdement sa tête sur la table et y demeura sans mouvement. Il dormait !

Constant Guéroult, « Le roi des aulnes », in Le Moniteur de la mode. Journal du grand monde. 1er numéro de janvier 1865.

Sous le règne de Don Sébastien, roi de Portugal, ou bientôt après, le premier Ministre n’admettait personne qui n’eût l’air d’une profonde sagesse et une gravité tout extraordinaire. Pour donner des marques plus sensibles de l’une et de l’autre, la manie allait si loin à cet égard, que tous les courtisans, qui se rendaient à son lever, devaient être munis d’une paire de lunettes sur le nez, attachées avec un ruban noir autour de la tête, et qu’aucun n’y était admis sans cette parure. Un officier, qui servait dans l’artillerie, honnête homme, mais un peu brusque et qui ne connaissait pas l’air du bureau, ne pût jamais obtenir audience, ni même l’entrée du logis, jusqu’à ce qu’ennuyé de tous les refus du portier, il s’avisa de paraître en Habit fort obscur, avec un grand sérieux et deux paires de lunettes sur le nez. Alors toutes les portes s’ouvrirent, et il fut conduit, en grande cérémonie, d’une chambre à l’autre jusques au cabinet du Ministre d’État.

Le spectateur, ou le Socrate moderne, où l’on voit un portrait naïf des mœurs de ce siècle. Trad. de l’anglais. Amsterdam, 1721.

Glissez une pipe entre les lèvres d’un vieillard et complétez les phrases suivantes. Trouvez le terme imagé qui décrira la position de la pipe.

a) Une vieille pipe est… dans la broussaille de sa barbe. Une vieille pipe est… entre les chicots de sa bouche édentée.

b) Il s’en échappe des… qui… dans l’air du soir.

c) Une vieille pipe est plantée… Il s’en échappe des…

Resserrez ces deux propositions en une seule.

Jean Maitron et Lucien Leray, Les rédactions d’autrefois. Les Éditions de l’Atelier/Éditions ouvrières, 2008.

En 2011, nous célébrons les 140 ans de la Commune de Paris. Nous avons voulu transmettre la mémoire de cette révolution dans l’espace public, à travers un journal interactif.

Á travers 45 articles et interventions streetart, nous allons tenter de restituer le déroulement de la Commune de 1871 en temps réel là ou elle a eu lieu.

Journal illustré de la la Commune de Paris

C’était surprenant, car peu de filles traînent seules dans ces bars le soir, et celle-ci était étrange : habillée d’une sorte de robe de plage haute en couleur, les yeux dissimulés derrière des lunettes de soleil grosses comme des soucoupes, qui, dans cette pénombre, devait l’empêcher de distinguer quoi que ce soit, elle semblait complètement décalée.

Oklahoma, Trop de cervelle dans la bière. Mon Petit Éditeur, 2010.

Le Français qui, lui, gesticule à l’occasion, use de sa langue pour étourdir et séduire, et donne la comédie aux femmes tout comme un péninsulaire de souche voit dans l’Italien un Français et demi.

Julien Gracq, Autour des sept collines. José Corti, 1989.

27 avril 2011

Mange-moi !

Classé dans : Cuisine, Littérature, Photographie, Théâtre — Miklos @ 22:48

Georgette : Je veux qu’il me mange, moi ; je veux qu’il me mange.

Harny de Guerville, Georget et Georgette, opéra-comique en un acte, 1768.

Boude-moi, gronde-moi, mange-moi, bats-moi, tu en passeras par là, ou tu abjureras ton titre d’épouse (…)

Mirabeau, [lettre écrite du donjon de Vincennes le 1er avril 1779 à Sophie Ruffei], 1er avril 1779.

« Hou côné, Mchié, qui li dire môa cha dinde là ? Schongor, mandjé môa, mandjé môa, mandjé môa ! »

« Hou côné, Mchié, dipis mo djenfant mo todjou gagné bon léquière : mo napas content tendjé doumoundou dimandjé chouvent quiquichojo. Pou fai li plaidji mo coupé cho licou, mo metté li dans mamitté, mo mandjé li. »

(« Vous savez, Monsieur : ce qu’il me disait, ce dindon-là ? — Schongor, mange-moi, mange-moi, mange-moi ! »

« Vous savez, Monsieur : depuis que j’étais enfant, j’ai toujours eu bon cœur : je n’aime pas entendre du monde demander souvent quelque chose. Pour lui faire plaisir je coupe son cou, je le mets dans la marmite, je le mange.)

Jules Faine, Le créole dans l’univers. Tome I : Le Mauricien. Imprimerie de l’État, 1939.

Vous saurez que Monsieur avait mis sur sa table
Un beau citron confit, d’apparence admirable ;
Et comme par devant fort souvent je passais :
Mange-moi, mange-moi, disait-il chaque fois.

Père du Cerceau, « Ésope au collège » (1714), in Œuvres de du Cerceau contenant son théâtre et ses poésies. Paris, 1828.

Seigneur hôte, reprit l’hôtelier, ce que j’ai véritablement ce sont deux pieds de bœuf qui ressemblent à des pieds de veau, ou deux pieds de veau qui ressemblent à des pieds de bœuf. Ils sont cuits avec leur assaisonnement de pois, d’oignons et de lard, et disent, à l’heure qu’il est, en bouillant sur le feu : Mange-moi, mange-moi.

Miguel de Cervantes, L’ingénieux hidalgo Don Quichotte de la Manche, trad. Louis Viardot. Paris, 1827.

Elle aperçut alors une petite boîte en verre qui était sous la table, l’ouvrit et y trouva un tout petit gâteau sur lequel les mots « Mangez-moi » étaient admirablement tracés avec des raisins de Corinthe. « Tiens, je vais le manger, » dit Alice.

Lewis Carroll, Aventures d’Alice au pays des merveilles. Trad. de l’anglais par Henri Bué. Macmillan and Co., 1869.

19 avril 2011

Longtemps, je me suis levé de bonne heure, moi.

Classé dans : Cinéma, vidéo, Littérature, Musique, Santé — Miklos @ 23:59

Ainsi l’habitude la plus salutaire est certainement de se lever et de se coucher avec le soleil. D’où il suit que dans nos climats l’homme et tous les animaux ont en général besoin de dormir plus longtemps l’hiver que l’été. Mais la vie civile n’est pas assez simple, assez naturelle, assez exempte de révolutions, d’accidents, pour qu’on doive accoutumer l’homme à une uniformité, au point de la lui rendre nécessaire. Sans doute il faut s’assujettir aux règles ; mais la première est de pouvoir les enfreindre sans risque, quand la nécessité le veut.

Jean-Jacques Rousseau, Émile, ou de l’éducation. Londres, 1774.

Il y a, en outre, des couche-tôt-lève-tard et des couche-tard-lève-tôt dont les rythmes – notamment dans les couples – ont tant de mal à s’harmoniser. Une certaine variété d’hommes d’action, dont Bonaparte est le représentant le plus connu, est réputée pour « faire des nuits » très courtes mais être sujette, à différents moments de la journée, à des accès de sommeil aussi intenses que brefs.

Maurice Pergnier, Le sommeil et les signes. Essai. Éditions L’Âge d’Homme, Lausanne, 2004.

Je suis connu pour être un mortel (…) plus familier avec la fesse de la nuit qu’avec le front de l’aurore.

William Shakespeare, Coriolan II:1. Trad. François-Victor Hugo. Garnier Frères, Paris, 1964.

Le Chinois de bon ton se lève à onze heures.

Prince Emmanuel Galitzin, « Quelques notions sur la Chine », in Musée des familles : lectures du soir, 6e vol., année 1838-1839. Paris.

Paresse, est aussi un vice moral, une nonchalance, une fainéantise, une délicatesse qui empêche de faire son devoir, ou de vaquer à ses affaires. La paresse est le vice des honnêtes gens, ou plutôt des voluptueux. La paresse fait qu’il ne se lève qu’à dix heures comme une Demoiselle. (…).

Paresseux, euse. adj. Qui a le vice de la paresse. On le dit proprement de ceux qui se lèvent tard. J’ai été paresseux aujourd’hui, mais c’est que je me suis couché tard.

Antoine Furetière, Dictionnaire universel, contenant généralement tous les mots français tant vieux que modernes, et les termes de toutes les sciences et des arts. La Haye, 1690.

Longtemps, je me suis couché de bonne heure. Parfois, à peine ma bougie éteinte, mes yeux se fermaient si vite que je n’avais pas le temps de me dire : « Je m’endors. » Et, une demi-heure après, la pensée qu’il était temps de chercher le sommeil m’éveillait (…)

Marcel Proust, « Du côté de chez Swann », À la recherche du temps perdu. Grasset, Paris, 1913.

Un homme qui a coutume de se lever à cinq heures du matin, et qui ne veut pas dormir davantage, dira à ses gens : « Ne manquez pas de m’éveiller à cinq heures ». Au contraire, une personne qui attend quelques nouvelles avec impatience, dira en se couchant : « S’il vient des lettres cette nuit, qu’on ne manque pas de me réveiller ».

Encyclopédie méthodique, Paris, 1784.

Moi, c’est mon usage… je me couche tard… je me lève tôt ; et pendant mes courtes nuits, je ne dors jamais que d’un œil… le gauche… comme ça.

Dumanoir et Cogniard frères, Une Saint-Bar­thé­lémy, ou les Hu­gue­nots de Tou­raine, vau­de­ville non his­to­rique en un acte, 1836.

Il est défendu dans les armées prussiennes de donner à souper, sous peine de 6000 livres d’amende au profit de la caisse des Invalides ; il n’est pas défendu de souper, mais il l’est d’en donner. Cette ordon­nance est très sage ; la guerre est un état d’activité, or il n’est pas possible, lorsqu’on a bien soupé et que l’on s’est couché tard, d’être debout de grand matin. Tout officier général & particulier doit être levé à la pointe du jour ; s’il donne à souper, il ne peut que se coucher très tard : souvent la compagnie entraîne à jouer, et on ne se couche que lorsque le soleil se lève ; c’est la vie d’un sybarite, et non d’un militaire appliqué à ses devoirs.

Turpin de Crissé, Commentaires sur les mémoires de Montecuculi. Paris, 1769.

Et quoiqu’il semble que ce soit la même chose de se coucher de bonne heure ou tard, pourvu que dans les deux cas on reste au lit le même espace de temps ; comme si, par exemple, on s’était couché à neuf heures, et qu’on se lève à cinq, ou qu’on se soit couché à onze, et qu’on se lève à sept : cela n’est pourtant pas indifférent ; et la raison que j’en imagine, c’est que pendant le jour les esprits sont dissipés par les exercices du corps ou de l’esprit, qui sont faibles l’un et l’autre dans les valétudinaires ; raison pour laquelle ils ont besoin de repos le soir de bonne heure. Ajoutez, que comme l’approche de la nuit occasionne une espèce de relâchement dans toute l’économie animale, dont elle était garantie le jour par la chaleur du soleil ; la chaleur du lit devient nécessaire le soir pour suppléer à celle du soleil, surtout en hiver. Les esprits étant donc rafraîchis et corroborés le matin par le repos de la nuit précédente, la chaleur du lit, jointe à celle du jour qui commence, fortifiant de plus en plus le ton des parties ; il en coûte moins au corps de se lever de bonne heure le matin, qu’à se coucher tard le soir.

Robert J. James, Dictionnaire universel de médecine, de chirurgie, de chimie, de botanique, d’anatomie, de pharmacie, d’histoire naturelle, etc. Trad. de l’anglais par MM. Diderot, Eidous et Toussaint. Revu, corrigé et augmenté par Julien Busson. Paris, 1746.

Parce que si l’on se couche tard, on ne pourra se lever que tard ; or quand la journée commence tard, on ne trouve pas le temps de faire une suite d’exercices qui conviennent à une Vierge. Que si le coucher étant réglé, le lever ne l’est pas, c’est un autre inconvénient : lorsqu’on reste au lit plus que le besoin ne le demande, on donne à la sensualité et à la mollesse les premiers moments de la journée ; et ainsi c’est une journée mal commencée (…).

Jérôme Besoigne, Principes de la perfection chrétienne et religieuse. Paris, 1748.

16 avril 2011

Du progrès aux U.S.A. et en France

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