Miklos
« Je donne mon avis non comme bon mais comme mien. » — Michel de Montaigne

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19 mai 2013

Life in Hell : Jeff et Akbar sont aux anges

Classé dans : Cuisine — Miklos @ 11:13


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Jeff et Akbar décident de fêter ça (avec un jour de retard) autour de quelques tartes flambées alsaciennes à volonté arrosées d’une bouteille de cidre.

Ils se retrouvent à l’heure dite (enfin en moyenne : Akbar est en avance, et Jeff ne l’est pas).

Les serveuses et Schwarzenegger les accueillent avec des sourires radieux. Le patron aussi. Il leur sert la pince tout en se demandant in peto ce qui va encore lui tomber sur la tête.

À peine les deux compères assis, les cartes apparaissent devant eux suivies presque aussitôt la commande passée par les mets et la boisson.

Jeff est ravi (mais le cache bien) : tout roule parfaitement, le service, la température des plats, leur goût. Akbar, à l’affût, commence visiblement à râler : rien à critiquer. Quant au patron, il jette de temps à autre un regard discrètement inquiet vers leur table.

Leur faim apaisée et toutes bonnes choses ayant une fin, Akbar demande l’addition et tend à l’une des serveuses un billet accompagné de leurs deux cartes de fidélité.

Le temps passe.

Akbar se frotte les mains sous la table.

Le temps continue à passer.

Finalement, la serveuse revient, dépose sur leur table la monnaie et disparaît tout aussitôt à l’allure d’une étoile filante.

Et nos cartes de fidélité ?, demande Jeff.

Akbar est enfin ravi.

Il prend un petit air entendu, interpelle une autre serveuse qui s’empresse de les leur rapporter tamponnées.

Les deux amis s’en vont. Ils sont aux anges, mais pas exactement pour les mêmes raisons.

Jeff et Akbar sont les personnages d’une série de bandes dessinées de Matt Groening, qui est aussi le père de la fameuse – et infâme – famille Simpson.

8 avril 2013

Life in Hell: À l’aide, Superman !

Classé dans : Actualité, Cuisine, Loisirs — Miklos @ 9:51


Superhéros à l’aide de Jeff et Akbar.

Jeff propose à Akbar d’aller manger des tartes flambées alsaciennes à volonté. Akbar, plein d’abnégation, accepte gracieusement malgré la récente expérience qu’il a vécue en ce faisant.

C’est lui qui arrive en premier (comme d’habitude) au restaurant, qui est loin d’être rempli. Il entre. Une serveuse accorte l’accoste. Il lui dit qu’ils seront deux. Elle lui propose deux tables placées en plein dans des passages – l’une où l’un des deux convives est sûr de se faire cogner à chaque entrée ou sortie de clients (Akbar, toujours plein d’abnégation, se dit que ce sera lui, ce qui sera surtout périlleux s’il choisit de manger de la soupe au potiron), et l’autre près de l’entrée de la cuisine où les deux subiront ce sort lors des passages plus que fréquents des serveurs – ou une troisième coincée au fond d’un espace et dont les sièges sont des petits tabourets, contrairement à ceux des autres tables du resto. Akbar lui demande s’il n’y a rien d’autre tout en lorgnant vers les rangées de tables libres. Elle répond par la négative. Contrarié, il dit qu’il va sortir attendre son ami et voir avec lui.

Jeff arrive. Akbar lui explique la situation. Les deux compères rentrent dans le restaurant. Jeff s’accorde pour trouver ces places peu désirables, et demande à Akbar où ils pourraient aller manger.

C’est alors qu’arrive Schwarzenegger. Malgré sa carrure imposante, ce malabar souriant est d’une gentillesse à toute épreuve, et en plus il sait lire sur les visages ce que les deux amis n’ont le temps de lui dire. Il n’y a aucun problème, affirme-t-il italiquement en les menant vers une table agréablement située contre le mur, sans voisins immédiats, et qui était libre lors de la première incursion d’Akbar.

Une serveuse arrive. Akbar commande sa flam’s végétarienne. Avant même que Jeff ait pu dire son choix, la demoiselle annonce qu’ils en auront une entière pour deux. Vous connaissez la chanson, chers lecteurs, se dit Akbar in peto tandis qu’il demande à haute voix à avoir deux demi flam’s distinctes, ne pouvant, lui, en manger d’autres que celle-ci. La serveuse, dont le sourire s’efface avant qu’elle ne disparaisse à l’inverse du Chat de Cheshire, lui dit qu’elle va poser la question aux autorités.

Elle disparaît.

Elle ne revient pas.

On la voit continuer son service, mais en évitant la table de nos deux affamés.

Puis Schwarzenegger apparaît comme par miracle, précédé par son grand sourire. Avant même qu’Akbar ait pu expliquer le problème, il dit italiquement qu’il n’y a aucun problème et prend la commande.

Et oh miracle ! Tandis que Jeff reçoit sa demi flam’s souhaitée, Akbar en reçoit une entière, ce qui ne lui était jamais arrivé. C’est peut-être pour me clore le bec en me remplissant la bouche, se dit-il in peto. Ou alors, trois demi flam’s pour deux c’est pour compenser les deux demi flam’s pour trois, qui avaient été servies à Polo, Vitak et Akbar lors de leur récent passage ici. Le compte est bon, en moyenne, constate ce dernier après une rapide règle de trois mentalement effectuée.

Et ainsi le dîner se poursuit dans une atmosphère apaisée. Et en guise de récompense, Jeff reçoit une demi flam’s supplémentaire qu’il n’avait pas commandée… C’est sûr qu’il voudra revenir, lui, se dit Akbar in peto.

Jeff et Akbar sont les personnages d’une série de bandes dessinées de Matt Groening, qui est aussi le père de la fameuse – et infâme – famille Simpson.

3 avril 2013

Life in Hell : une règle de trois à l’alsacienne

Classé dans : Cuisine, Loisirs — Miklos @ 0:20

Akbar veut faire découvrir une spécialité culinaire français à deux amis étrangers, Polo et Vitak. Il les amène à ce restaurant de tartes flambées alsaciennes à volonté que Jeff adore positivement.

Le restaurant est vide : il y a à peine quelques clients. Chouette, se dit Akbar, ça va aller comme sur des roulettes. Minute, papillon.

Une serveuse arrive. Elle est nouvelle. Elle demande à la tablée s’ils connaissent le principe : une flam’s pour tous, la même. Akbar susurre d’un air faussement innocent que cela fait des années qu’il fréquente ce lieu et que, ne mangeant que végétarien, il ne peut en partager avec ses compagnons. Après quelques tentatives de contournement, elle lui répond qu’il pourra avoir la sienne, mais que les deux autres devront se partager la leur. Ah bon, encore une qui ne sait pas y faire, se dit-il, tout en remarquant que leurs deux voisines viennent d’être servies de deux demi-flam’s différentes.

Mais il ne s’attendait pas au coup de Jarnac qu’on leur prépare.

C’est d’abord le velouté de Polo : horresco referens, il est servi dans un bol ébréché en au moins trois endroits, comme ça on est assuré qu’il se coupera, et taché sur tout son pourtour extérieur : on voit qu’il a trempé dans un autre bol, qui avait été rempli du même velouté. Au moins ça n’a pas servi à autre chose, se dit Akbar d’un ton conciliant.

Une fois les entrées finies, nies, nies, c’est la surprise, et pas une omelette du même nom : on leur apporte deux demi flam’s : une demi pour Akbar, et l’autre demi pour Polo et Vitak. Un rapide calcul mental permet de réaliser que nos deux étrangers n’auront droit qu’à ¼ de flam’s chacun. Akbar essaie de se souvenir des termes de la section du Code civil consacré à la stipulation de parts inégales (livre III, titre V, chapitre II, deuxième partie, section 5, art. 1520-1525), mais en vain.

Interpellée, la serveuse explique que c’est comme ça et ce n’est pas parce qu’elle préfère Akbar qu’il a une plus grande portion (c’est plutôt le contraire, lui semble-t-il). Akbar se dit qu’heureu­sement ils ne sont que trois, s’ils avaient été cinq, chacun d’eux aurait eu 1/8 de flam’s.

La seule solution équitable, c’est qu’au tour suivant Akbar ne commande rien et contemple en salivant ses deux compères déguster chacun sa ½ flam’s. Après tout, constate-t-il, c’est une façon comme une autre de laisser s’éteindre le feu qui dévore sa bouche du fait du trop-plein de moutarde qui est l’ingrédient dominant, voire carrément dominateur, de sa flam’s végétarienne. Akbar se dit alors, comme l’avait fait en son temps la Duchesse d’Alice au pays des merveilles, « Il y a une bonne mine de moutarde près d’ici », tout en omettant la chute, « la morale en est qu’il faut faire bonne mine à tout le monde ! », que Jeff n’aurait pas manqué de lui citer en le tançant pour l’air ronchon qu’il prend dès qu’il est mal servi.

Polo et Vitak sont ravis. Ils ne sont pas difficiles, se dit Akbar, et au moins cette fois-ci ils ne sont pas allés manger des pizzas.


Akbar venu donner un coup de propre dans la cuisine.
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Jeff et Akbar sont les personnages d’une série de bandes dessinées de Matt Groening, qui est aussi le père de la fameuse – et infâme – famille Simpson.

26 février 2013

Boby Lapointe l’avait prédit. Et bien avant lui…

Classé dans : Actualité, Cuisine, Histoire, Musique, Santé — Miklos @ 0:00

«La dénomination exacte du saucisson de cheval était rigou­reu­sement surveillée à Paris, à la différence de la province ; beaucoup de saucissons de cheval ou d’âne entraient donc dans la capitale sous diverses appellations telles que « saucissons de Lorraine », « d’Arles », « de Bretagne », « de Strasbourg », vendus moins cher que les produits authentiques dont ils avaient usurpé le nom, et qui trouvaient facilement acheteurs, tandis que ces derniers étaient trompés sur la nature même des saucissons. Les qualités apparentes de ces produits étaient accrues par l’adjonction d’un peu de fécule et de graisse de porc au hachis de la viande, pour lui donner souplesse et élasticité. Comme la fécule pouvait absorber jusqu’à 200 fois son poids d’eau, ces saucissons, cuits à la vapeur, prenaient des proportions considérables, et « l’affaire » que croyait réussir leur acheteur contenait en fait entre 30 et 50% d’eau1.

«Découvrir la présence de viande de cheval dans le saucisson fut difficile jusqu’à l’utilisation du test à l’eau iodée : celle-ci produisait une coloration rouge violacée au contact du bouillon de viande de cheval et permettait de conclure aussitôt, sur un petit échan­tillon de la charcuterie, à la présence de cette viande dans le saucisson2. Grâce au test de l’eau iodée, on pouvait dès lors obliger les fabricants à étiqueter de manière intelligible leurs saucissons de cheval pour faire connaître leur composition (car un simple prélèvement sur le saucisson suffisait à en révéler le contenu, sans devoir le couper en deux, ce qui lui ôtait toute valeur commerciale). Désormais, le service d’inspection disposait d’un moyen de pression sur les fabricants qui se savaient contrôlables. »

Ghislaine Bouchet, Le Cheval à Paris de 1850 à 1914, pp. 242-243. Mémoires et documents de l’École des Chartes, 37. Librairie Droz, 1993.

_______
1 P.P., DA/717, doss. 11, rapport de Nocard au nom du conseil d’hygiène et de salubrité publique, 18 avril 1902).

2 Ce test fut découvert par deux Allemands, Edelmann et Brautigam : le produit à examiner (saucisson par exemple) est finement haché, additionné de 4 fois son volume d’eau et porté à ébullition pendant un quart d’heure (pour de la viande fraîche) et une demi-heure (charcuterie). Après le refroidissement, le bouillon résultant de la cuisson est filtré sur du papier mouillé au préalable afin qu’il retienne la graisse. Quelques gouttes d’eau iodée versées à la surface du bouillon font réagir celui-ci qui prend alors une coloration rouge brun violacé qui ne se produit pas avec les bouillons de bœuf, de veau, de mouton, de porc, de poulet ou de chien. La même coloration apparaît avec le bouillon de mulet (mais non avec celui d’âne). Cependant certains fabricants utilisaient l’amidon qu’ils introduisaient dans le saucisson. Au contact de l’eau iodée, l’amidon provoque une vive coloration bleue qui annihile la coloration rouge violacée. Il fallait donc éliminer l’amidon, en ajoutant au bouillon deux à trois fois son volume d’acide acétique qui précipitait l’amidon. Le liquide une fois filtré, on pouvait procéder à l’opération avec l’eau iodée. P.P., DA/717.

«Il entre furtivement dans les grandes villes, une quantité assez considérable de chair de cheval, d’âne, qui, après la barrière, est vendue sous le nom de bœuf, mouton, etc. On donne cette viande à meilleur compte que celle dont elle porte le nom pour le moment. Puisqu’il n’est pas d’observation, que les anciens peuples, le tartare d’aujourd’hui, le soldat et le bourgeois, qui mangent de ces animaux, en soient incommodés, pourquoi n’aurions-nous pas des étaux de boucheries où l’on vendrait publiquement cette viande ? Elle serait d’une grande ressource, surtout dans ces temps-ci où la chair de nos animaux ordinaires est à un prix qui ne permet guère au malheureux de s’en pourvoir. »

Mathieu Géraud, Essai sur la suppression des fosses d’aisances, et de toute espèce de voiries, sur la manière de converter en combustibles les substances qu’on y renferme, etc., Amsterdam, 1786.

21 février 2013

Life in Hell : Je chante sous la pluie

Classé dans : Actualité, Loisirs, Musique, Santé — Miklos @ 13:09

Refrain :
Je chante sous la pluie
Oui, je chante sous la pluie
Quelle charmante impression
J´adore cette sensation!
Les gros nuages noirs
Ne peuvent m´émouvoir
Car j´ai dans le cœur
Un soleil plein d´ chaleur
Par ces temps orageux
Tous les gens rentrent chez eux
Toujours et encor
Je reste tout seul dehors
Pensant à ma mie
Moi je chante sous la pluie
Oui, je chante sans bouger sous la pluie

Si je chante pourquoi? D´où vient cette gaieté?
Cet hiver, pourquoi m´ paraît-il l´été?
Plus heureux que la veille je m´ lève chaque matin
Oui, mais heureux moins que le lendemain
Si tous les jours de ma vie sont très doux
C´est que toute ma vie est toute pleine de vous.

(au refrain)

Si je suis toujours souriant et joyeux
C´est que j´ n´ai jamais que des jours heureux
Je n´ sens pas la pluie! Vraiment c´est réel
Mais avant qu´il brille je vois l´arc-en-ciel
Si, même quand je dors, mes rêves sont doux
C´est que mes rêves aussi sont tout pleins de vous.

(au refrain)

Auteur non identifié

Bon jour mal jour, Akbar s’extirpe péni­blement de dessous sa couette et se traîne jusqu’à la salle de torture sport voisine.

Il aime commencer sa journée séance par une bonne balade à vélo. Ce n’est pas gagné tous les jours, car bien souvent la moitié des bicyclettes est hors service et les autres sont occupées.

Bien qu’il pédale énergiquement lorsqu’il peut en enfourcher une, il n’arrive jamais à aller bien loin. Une pluie rafraîchissante serait la bienvenue. Mais l’eau qui tombe du plafond de la salle à travers le kleenex qui essaie d’en empêcher l’écoulement n’est pas si fraîche que cela, et arrose un autre des agrès.

Ce dernier a été déplacé pour ne pas se trouver sous le nuage percé. Mais là où il est actuellement disposé, il est inutilisable, coincé qu’il est par un de ses voisins. Et malgré sa musculature croissante, Akbar est incapable de le déplacer du fait des centaines de kilos des contrepoids dont il s’évertue parfois à soulever une partie infime. Il doit renoncer à l’utiliser sans toutefois vouloir s’avouer que c’est toujours ça de gagné.

La source de cette rosée d’une couleur loin d’être rose provient, lui a-t-on dit, des douches du vestiaire qu’il utilise et qui fuient depuis leur rénovation. Ce doit être la raison pour laquelle quatre des sept d’entre elles sont condamnées, se dit Akbar in peto. L’une des trois en fonction s’évertue de compenser le manque, en continuant à s’écouler de longues minutes après qu’on s’en soit servi, sans qu’il soit possible de l’arrêter.

Tout ça fait beaucoup d’eau par terre, elle n’a plus où s’écouler : les nappes phréatiques sont saturées, le kleenex du plafond aussi. Pour éviter les clapotis, des serviettes de toilette sales sont disposées au sol, à l’entrée des douches et près du sèche-cheveux, comme ça, quand on arrive pieds nus et mouillés dessus, on peut les essuyer sans craindre de les salir (les serviettes) encore plus.

La santé avant tout : c’est vit’halles vital, conclut Akbar philo­so­phi­quement.

Jeff et Akbar sont les personnages d’une série de bandes dessinées de Matt Groening, qui est aussi le père de la fameuse – et infâme – famille Simpson.

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