Miklos
« Je donne mon avis non comme bon mais comme mien. » — Michel de Montaigne

This blog is © Miklos. Do not copy, download or mirror the site or portions thereof, or else your ISP will be blocked. 

5 septembre 2012

« Adieu, mon cher gros chat ; vivons tant que nous pourrons : mais la vie n’est que de l’ennui ou de la crème fouettée. »

Classé dans : Cuisine, Histoire — Miklos @ 9:24

C’est par cette formule que Voltaire clôt une lettre adressée le 17 novembre 1764 à son amie Madame de Chambonin (ou Champbonin).

Cela faisait trente ans qu’il corres­pondait avec cette « grosse dameC’est ainsi que la qualifie
Françoise de Graffigny (1695-1758)
dans une lettre à François-Antoine Devaux.
 » – abusait-elle tant de cette délicieuse préparation culinaire pour tromper son ennui ? – qu’il présente dans une autre lettre comme sa parente (elle était en tout cas la mère de son secrétaire).

On fouettait donc la crème du temps de Voltaire, mais bien avant aussi. Plus d’un siècle plus tôt, on peut lire dans un livre du très prolifique théologien Jean-Pierre Camus (1584-1652) :

Direz-vous toujours qu’il vous faut ouvrir la bouche, pour ne la remplir que de crème fouettée et de neige de lait ? »

Jean-Pierre Camus, Défense des lettres d’Agathon à Éraste. Contre les quatre volumes de l’Antimoine leur a opposés. Paris, 1643.

En ces temps-là, le terme de « crème fouettée » pouvait être utilisé péjorativement ; il désignait « un ouvrage, un livre, un discours, et même une personne, lorsqu’on n’y trouve que de belles paroles, de belles apparences, et au fond rien de solide ; par une métaphore tirée de la crème, qui s’enfle prodigieusement quand on la fouette. » (Furetière). C’est bien cette métaphore qu’utilisent Camus et Voltaire à plus de 120 ans de distance.

En quoi consistait-elle? Un livre de recettes de 1720 nous le précise:

Ayez de la crème fraîche, battez-la bien avec des verges de bouleau, ajoutez-y un peu de blanc d’œuf, elle se tiendra un peu de temps comme de la neige, à la hauteur d’un demi-pied dans ce plait : c’est ainsi qu’on la sert pour être mangée promptement. Si vous voulez y mêler un peu d’eau de fleur d’orange, elle n’en sera que plus excellente.

Louis Liger, Le ménage universel de la ville et des champs, et le jardinier accommodés au goût du temps. Bruxelles, 1720.

C’est ainsi qu’on appelait aussi cette crème « neige de lait ». À la différence de la crème Chantilly, cette recette omet le sucre (mais on en parsemait parfois la présentation finale), ce qui n’est pas le cas d’une autre recette de la même époque, dont L’École parfaite des officiers de bouche, maintes fois rééditée depuis le 17e siècle, donne quelques variantes :

Mettez dans une grande terrine une chopine de crème bien douce : ayez une poignée de branches d’ormeaux bien pelées, et arrangées : fouettez bien votre crème, et y mêlez quantité de sucre en poudre, et une pincée de gomme d’Adragan, jusques à ce qu’elle devienne épaisse comme du beurre : dressez-la par morceaux sur une assiette : elle se lève aussi haute que l’on veut, et demeure deux jours en même état, sans qu’il y ait du sucre dessus. Vous pouvez encore la fouetter, en y mêlant de l’eau de fleur d’orange, elle n’en sera que meilleure.

Autre manière

Mettez dans une terrine une chopine de crème, un demi-septier de lait doux, et environ demi-livre de sucre cassé par morceaux ; fouettez-la une bonne demi-heure, et la laissez reposer au moins une heure, en sorte qu’elle soit épaisse de six doigts, et bien ferme ; dressez-la sur une assiette et sur une cuillère, sans mettre du sucre dessus.

Autrement

Mettez dans une terrine une chopine de crème, fouettez-là cinq ou six coups ; mettez-y quantité de sucre en poudre, fouettez-la derechef encore autant, et y mettez une pincée de gomme d’Adragan en poudre ; fouettez-la encore une fois cinq ou six coups ; dressez-la dans un plat ou sur une assiette creuse, avec du sucre dessus.

L’École parfaite des officiers de bouche, neuvième édition. Paris, 1713.

La gomme d’Adragan, connue aujourd’hui sous le terme de gomme adragante, ou, plus familièrement E413, était utilisée comme épaississant, pour faire tenir la crème et en faire une présentation « sous forme de pyramide ».

Dès le milieu du 18e siècle, on voit associé le nom de Chantilly à cette préparation : la Suite des dons de Comus ou L’Art de la cuisine réduit en pratique, imprimé en 1742 précise, à propos de la « Tourte de Massepins à la glace ou pistache » :

Vous pouvez la faire à la crème douce. Pour cela fouettez de la crème comme pour un fromage à la Chantilly. […]

… qui devait être produit à la laiterie de Chantilly, lieu réputé dès le 17e siècle non seulement pour ses préparations, mais pour l’agrément d’y venir les déguster :

Il y a des laiteries en manière de salon, décorées d’architecture, avec quelques fontaines et bouillons d’eau, pour y faire collation, comme la Laiterie de Chantilly.

Augustin-Charles d’Aviler, Cours d’archi­tecture, 1700.

Pour ceux qui, ayant dorénavant l’eau, ou plutôt la crème, à la bouche, souhaiteraient ne pas abuser des calories, on signalera le produit illustré ci-dessus que recommande la bibliothèque nationale de Suisse : il en contient 42% en moins.

31 mai 2012

Bien avant John Cage, Malevitch, Soulages et Yves Klein : Alphonse Allais

Classé dans : Arts et beaux-arts, Danse, Humour, Littérature, Musique, Peinture, dessin — Miklos @ 19:43

Tout le monde a entendu – qu’il en soit conscient ou non – 4’33”, le chef d’œuvre de John Cage en trois mouvements et à l’instrumentation particulièrement originale. Certains ont vu – qu’ils aient aimé ou non –, le Carré blanc sur fond blanc de Malevitch ou les outre-noirs de Pierre Soulages récemment exposés au Centre Pompidou, sans parler des fameux bleusÔ d’Yves Klein.

Ce qu’on sait moins c’est qu’ils n’avaient rien inventé : dans sa communication « Plaisanterie, subversion, exercice de style : quelques œuvres loufoques » lors du colloque Figures du loufoque à la fin du XXe siècle organisé en 2001 par le Cierec, Joël Gilles nous apprend qu’Alphonse Allais s’était présenté ainsi dans le catalogue de 1884 des Incohérents : « Artiste monochroïdal. Élève des maîtres du XXe siècle. ». Il poursuit (avec quelques approximations signalées entre crochets) :

Prémonition étonnante dont il est impossible de décider s’il n’y croyait pas lui-même.

Aux Incohérents de 1883, Allais expose une feuille de papier blanc, simplement punaisée au mur et titrée Première communion de jeunes filles chlorotiques par un temps de neige et en 1884 un monochrome noir, le célèbre Combat de nègres dans une cave, pendant la nuit, ainsi qu’une Récolte de tomates sur les bords de la mer Rouge par des cardinaux apoplectiques.

On en conserve les reproductions, si l’on peut dire, dans l’Album Primo Avrilesque publié à Paris chez Ollendorf en 1897, auxquelles il ajoute cinq autres monochromes dont un gris, la Ronde de pochards dans le brouillard et un bleu : Stupeur de jeunes recrues devant ton azur, Ô Méditerrannée. On y trouve également le pendant musical de ces monochromes, la Marche funèbre composée pour les funérailles d’un grand homme sourd (les grandes douleurs sont muettes) [la mention entre parenthèses est absente de la partition publiée par Ollendorf, cf. ci-dessus] qu’il recommande de jouer lento rigolando et dont la partition se présente sous la forme de trois portées [faux, il y en a huit : il faut tourner la première page, comme il l’est indiqué…] sans aucune note. John Cage s’en souviendra peut-être pour sa partition de 4’33” de silence [sic] en 1952.

La plaisanterie monochroïdale n’est pas une exclusivité d’Allais, il n’en est pas l’inventeur, et d’autres après lui s’y adonneront. […]

Dès 1843, apparaît dans la Critique comique du Salon du Charivari l’Effet de nuit qui n’est pas clair… de lune, acheté subito par Mr. Robertson, fabriquant de cirage  […].

Alphonse Allais ne fait donc pas preuve d’une grande originalité, en s’inscrivant dans cette tradition, à ceci près que ses monochromes, réellement exposés, peuvent prétendre à l’aura de l’œuvre d’art. Au point que lors de l’exposition du Musée des Arts décoratifs de 1973 : « Équivoques » Peintures françaises du XIXe siècle, on pouvait voir à côté des Bouguereau, Chassériau, Carolus Durand, Géricault ou Delacroix, la reconstitution du monochrome blanc avec la précision « bristol moderne, punaises d’époque », dont la reproduction, dans le catalogue, était accompagnée d’une critique de Félix Fénéon.

Ce qui ne manquera pas de faire sourire ceux d’entre nous qui sont fâchés avec un art plastique contemporain aussi minimaliste que l’est, dans le domaine des arts de la scène, la non-danse.

24 avril 2012

À propos de Luc

Classé dans : Histoire, Humour, Langue, Littérature — Miklos @ 10:58

Disons-le tout de suite, il ne s’agit pas ici de Charles de Luc, l’auteur du Recueil de tout soulas et plaisir et parangon de poésie comme épistres, rondeaux, balades, épigrammes, dizains et huictains, nouvellement composé et publié en 1552, ni de son presque-homonyme et imaginaire Charles du Luc, jésuite et héros de polars historiques d’une certaine Judith Rock, ni même de Charles Emmanuel de Vintimille de Luc, né au château de Versailles en 1741.

Il s’agit de Messire Luc, dont le nom est venu à notre attention en tombant sur le titre de ce curieux ouvrage :

Français, Françaises, vous m’avez compris. On nous trouvera peut-être culotté d’aborder ce sujet, mais de grâce épargnez-nous la déculotée.

Cet ouvrage s’ouvre par une série d’envois plus gratinés les uns que les autres, en français, en latin, en grec, en charentais, en allemand, en russe et même en yiddish :

L’un d’eux, en forme de sonnet, pourrait avoir été écrit par Brassens – qui, soit dit en passant, avait le même esprit potache et grivois – si le livre en question n’avait été publié bien avant sa naissance (en 1850, selon certaines sources) :

Le noble but que se sont fixé ses auteurs, on l’aura deviné, est celui de classer les nombreux ouvrages concernant « l’art de se débarrasser du superflu des aliments », dans un esprit qui « fournit à l’esprit un repos et un exercice salutaire ». Ils ajoutent :

Pour les personnes sédentaires, le rire est une ressource qu’on devrait utiliser ; c’est une gymnastique interne, c’est une course en dedans. […] Malheu­reu­sement nous sommes bien loin du temps où tout en France finissait par des chansons ; mais Béranger l’a dit :

On ne rit guère aujourd’hui :
            Est-on moins frivole ?

Triste constat qui vaut aussi de nos jours. On ne peut donc que vous recom­mander la lecture attentive de ce traité.

À propos de cette partie fondamentale de l’être humain, on citera une autre œuvre, poétique celle-là, publiée à Anvers (il fallait prendre ses distances) et intitulée Sur l’enlè­vement des reliques de saint Fiacre, apportées de la ville de Meaux, pour la guérison du cul de Monseigneur de Richelieu, dont on trouvera le texte intégral ici.

Il s’avère que le célèbre cardinal souffrait horriblement d’hémorroïdes (pardon my French, comme disent les Américains en proférant goulûment des mots que leur morale réprouve) et avait fait venir de Meaux, en grande pompe, les reliques de saint Fiacre, réputées pour leur effet curatif en l’occurrence. Ce qui ne fut pas le cas. (source)

Pour finir, voici une liste (qui ne vise pas à l’exhaustivité) des contextes dans lesquels on trouve ce fameux mot de trois lettres. Il est de ceux qui, seuls, peuvent offusquer les chastes oreilles des jeunes filles en fleur et des culs-bénits, mais qui, utilisés en contexte, perdent leur verdeur tout en en relevant parfois le goût, telle une pincée de poivre ajoutée à bon escient.

– bas-du-cul, bout-de-cul, cul-bas (personne petite, courtaude)

– coupe-cul, jouer à (jouer une partie de jeu sans revanche)

– cucu, cul-cul (stupide)

– cul à fauteuil (académicien)

– cul-bas, cubas (sorte de jeu de cartes)

– cul-béni(t) (personne bigote)

– cul-blanc (motteux, bécasseau, guignette)

– cul-blanc de rivière (chevalier bécasseau)

– cul-brun, cul-doré (bombyx)

– cul comme des hannetons, se tenir par le (se dit de personnes qui sont toujours ensembles)

– cul-d’âne (actinies)

– cul d’artichaud (fond d’artichaud)

– cul-de-basse-fosse (cachot creusé dans les soubassements des constructions fortifiées du moyen âge)

– cul de baril, de barrique, de bouteille, de chaudron, de chope, de flacon, de gamelle, de hotte, de panier, de poêle, de pot, de seau, de tambour, de tonneau, de verre… (base, fond de …)

– cul de chapeau (chapeau dont on a coupé tout le bord jusqu’au lien, c’est-à-dire jusqu’au bas de la forme)

– cul-de-chaudron (néflier amélanchier)

– cul-de-cheval (actinie)

– cul-de-chien (nèfle)

– cul-de-jatte (personne sans jambes ni cuisses)

– cul-de-four (voûte en quart de sphère)

– cul-de-lampe (clef pendante, support en encorbellement d’une statue ou d’une colonne ; petit ornement gravé qu’on met à la fin des livres, des chapitres ou d’autres endroits d’un ouvrage imprimé ; esp. de coquille univalve)

– cul-de-mulet (variété de figue et parfois de la coquille nommée gondole)

– cul-de-plomb (bureaucrate, personne qui ne prend pas d’exercice, ou très assidue à son ouvrage ; personne moralement immobile)

– cul de porc (épissure d’arrêt formant le bout du filin)

– cul-de-poule (moue où l’on avance les lèvres la bouche fermée)

– cul-de-sac (voie sans issue)

– cul-de-singe (coquille de genre buccin)

– cul-de-Vénus (actinie)

– cul d’or (esp. de merle d’Afrique)

– cul et de tête, y aller de (s’employer avec ardeur et sans précaution pour faire réussir quelque chose ; on rajoute parfois comme une corneille qui abat des noix)

– cul et chemise, être (se dit de deux personnes qui sont complices, solidaires)

– cul goudronné (matelot)

– cul-jaune (esp. de cassique)

– cu(l)-levé ou lève-cul, jouer à (jeu à deux où celui qui perd, s’en va pour laisser sa place à un autre)

– cul levé, tirer au (tirer le gibier au moment où il prend son vol)

– cul luisant (femelle du ver luisant)

– cul-nu (amour représenté tout nu)

– cul par-dessus tête (culbuté, à la renverse, la tête vers le bas)

– cul pour des chausses, prendre (se tromper grossièrement)

– cul-rond (sorte de grand bateau de pêcheur en forme de gondole)

– cul-rouge (variété d’épeiche et du rossignol de muraille)

– cul-rousset (sorte de fauvette)

– cul sec (boire, vider un verre d’un seul coup)

– cul sur pointe (Montaigne : sans-dessus-dessous)

– cul-terreux (paysan)

– cul tout nu (mendiant)

– cul-tout-nu (colchique)

– écorche-cul, à (au jeu : en glissant, en se traînant sur le derrière ; au figuré : de mauvaise grâce, avec répugnance)

– faux cul (culot, masse de matière qui se forme sur les pilons des moulins de poudre à canon ; au figuré : hypocrite)

– gratte-cul (rosier sauvage, églantier)

– petit cul, gros cul, vieux cul (personne méprisable, très antipathique)

Et puisqu’en France tout se termine par une chanson :

4 avril 2012

Life in Hell: le grand prix du Concombre d’Or

Classé dans : Actualité, Cuisine, Littérature, Économie — Miklos @ 14:42

En voyant le prix du grand concombre chez Naturalia, Akbar s’est frotté les yeux. Suivant l’exemple de Xavier Forneret,

Il l’a tiré
Du cageot percé
L’a mis sous ses yeux ;
Et l’a bien regardé
En disant : « Malheureux ! »

Il l’a regardé : ledit concombre n’est pas si long que cela.

Il l’a pesé : 335 gr. Ce qui fait 7,82 € le kg. Les grands concombres, au super du coin, sont à moins de 2 € le kg, et ils sont vraiment grands, eux : 485 gr. En suivant cette fois l’exemple de Stella Baruk, Akbar s’est demandé : si un concombre coûte 25% du prix d’un concombre plus petit de 30%, quel est le prix d’un cornichon trois fois plus petit que le second concombre ?

Il l’a tâté : ce n’est pas de l’or dur, en tout cas. Mais ça risque de devenir rapi­dement de l’ordure du fait du non traitement chimique du légume. C’est comme à la bourse, des grosses sommes pour du court terme, a conclu Akbar in peto.

Akbar s’est tâté la sienne : je ne suis pas millionnaire, constate-t-il. Il décide de ne pas acheter bio, cette fois-là. Il imagine Jeff en train de ricaner.

Quand il n’était pas grand, on lui avait dit : même si tu as faim, mange selon tes moyens.

Jeff et Akbar sont les personnages d’une série de bandes dessinées de Matt Groening, qui est aussi le père de la fameuse – et infâme – famille Simpson.

20 mars 2012

Trophées du Salon du Livre 2012

Jean-Claude Beaune (éd.), La mesure. Instruments et philosophes. Actes du colloque qui s’est tenu au Centre d’analyse des formes et systèmes de la faculté de philosophie de l’université Jean-Moulin-Lyon III les 28 et 29 septembre 1993. Champ Vallon, 1994. [De la mesure en toute chose, ce qui est d’autant plus pertinent à l’ére du numérique.]

Pierre Benoît, Le Roi lépreux. Avec une préface d’Adrien Goetz. Le Livre de Poche n° 174, 2012. [Je me souviens de la délectation et des émois avec lesquels j’avais dévoré L’Atlantide, n° 151 dans le Livre de Poche, et que j’avais lu dans l’édition de 1963 que je possède encore.]

Patrick Boman et Christian Laucou, La typographie cent règles. Le Polygraphe, éditeur, 2005. [J’aurais préféré un bon, gros, traité bien structuré, mais à défaut, j’y trouve tout de même mon compte.]

Victor Dallet et Serge Guérin, Le Chocolat. Histoire anecdotes et recettes. Les Éditions du Coq à l’Âne, 2005. [Fait par un chocolatier, il ne parle pas beaucoup de la concurrence, et surtout pas de Bonnat, le chocolat français que je préfère.]

Régis Debray, Un mythe contemporain : le dialogue des civilisations. CNRS Éditions, 2007. [Petit opuscule intéressant qui m’a fourni une citation pour mon introduction à la table ronde La Bibliothèque dans le nuage au Salon du Livre.]

Denis Diderot, Regrets sur ma vielle robe de chambre, ou, Avis à ceux qui ont plus de goût que de fortune, suivi de la Satire contre le luxe. Éditions de l’éclat, 2011. [Les éditions de l’éclat méritent bien leur nom : discrète, c’est une maison de grande qualité, qui diffuse des livres qui rayonnent. Et ce qui ne dépare pas : la non moins grande civilité de Michel Valensi, son directeur.]

Pierre Duplan, Le langage des images. Atelier Perrouseaux éditeur, 2010. [Analyse au scalpel de l’image, de ses composantes, de sa grammaire et de ses usages.]

Antoine Germa, Benjamin Lellouch et Évelyne Patlagean, Les Juifs dans l’histoire. Champ Vallon, 2011. [Plus de 2300 ans en 900 pages, ça fait combien à la page ?]

Jean-Noël Jeanneney, L’État blessé. Flammarion, 2012. [À la veille d’une échéance électorale, lecture critique et salutaire des cinq années qui se terminent. Dédicace : « Pour Michel Fingerhut, bon compagnon dans les bons combats, en chaleureuse amitié ! Jean-Noël Jeanneney. 18 mars 2012 »]

Serge Lehman, Le Haut-Lieu et autres espaces inhabitables. Denoël, 2008. [Un ailleurs juste à portée de la main.]

Franck Médioni (éd.), Le goût de l’humour juif. Mercure de France, 2012. [Vous connaissez l’histoire de ces trois mères qui discutent des qualités respectives de leur fils… ?]

Jean-Noël Mouret (éd.), Le goût des villes imaginaires. Mercure de France, 2011. [Les imaginations de Poe, Tzara, Borges, Perec ou Le Corbusier… !]

Étienne Pédron, Chansons socialistes. Les Éditions Raison et Passions, 2011. [Ah, si le parti socialiste chantait ainsi ! Il n’y a plus qu’un Mélanchon pour porter ce type de protestation, et il ne le fait même pas en chantant…]

Georges Perec, Les mots croisés. Précédé de considérations de l’auteur sur l’art et la manière de croiser les mots. P.O.L., 2009. [Après ceux de Tristan Bernard, voici ceux de Georges Perec.]

Francis Poulenc, Journal de mes mélodies. Grasset, 1964. [Et dire que l’auteur de ces mélodies si délicates aimait les camionneurs !]

Jorge Semprún, Une tombe au creux des nuages. Essais sur l’Europe d’hier et d’aujourdhui. Climats, 2010. [L’essai qui donne son nom à l’ouvrage est disponible en ligne avec l’aimable autorisation de l’éditeur]

Victor Serge, L’extermination des Juifs de Varsovie et autres textes sur l’antisémitisme. Joseph K., 2011. [D’origine russe, apatride dans sa Belgique natale et en France, traité quasiment comme un juif par la préfecture pétainiste sans pour autant « avoir l’honneur » de l’être, comme il l’a dit lui-même, ses écrits tentaient d’alerter ses contemporains sur le sort tragique qui les frappait.]

Dominique Wolton, Informer n’est pas communiquer. CNRS Éditions, 2007. [La dimension anthropologique de la communication

The Blog of Miklos • Le blog de Miklos