Miklos
« Je donne mon avis non comme bon mais comme mien. » — Michel de Montaigne

This blog is © Miklos. Do not copy, download or mirror the site or portions thereof, or else your ISP will be blocked. 

28 avril 2005

Labyrinthes : au cœur du dédale

Classé dans : Cinéma, vidéo, Lieux, Littérature, Loisirs — Miklos @ 8:33

Labyrinthe de Longleat. Caveat tocator.

Il est des cœurs dans lesquels on aime se perdre en déambulant dans leurs passages paradoxaux menant de paysages radieux en des recoins sombres, en revenant plus tard là où on était passé sans pour autant s’y retrouver, en arrivant dans des lieux inconnus et pourtant familiers. Toute personne qui a aimé le sait pour avoir évolué dans cet univers attachant en perpétuelle reconfiguration, souvent charmant, parfois frustrant et toujours surprenant.

Les labyrinthes fascinent ; parcours initiatique ou passe-temps obsessionnel, ils sont partout. Les jardins anglais, pays des maisons hantées et des portes qui claquent derrière vous dans la pénombre, sans qu’aucune main ne les ait touché, sont des lieux propices aux égarements de tous ordres, et autrement plus mystérieux que les jardins français, où l’on ne peut se perdre : il suffit d’en voir l’utilisation dans des films comme Blow Up d’Antonioni ou Meurtre dans un jardin anglais de Peter Greenaway – deux films dans lesquels jardins et masques sont les artifices (mais aussi les indices) de la scène du drame qui s’y joue. Comble de l’architecture paysagère anglaise : les labyrinthes qu’ils y ont construit. Comble de l’humour british, le roman Trois hommes dans un bateau (sans compter le chien) de Jerome K. Jerome décrit les aventures hilarantes1 de trois idle rich dans le dédale des canaux anglais, dont l’un des épisodes est leur égarement dans le labyrinthe de Hampton Court, que l’on peut toujours visiter.

Si la presse populaire publie, dans ses rubriques de loisirs, des laby­rinthes plus ou moins simples, les techno­logies de l’infor­matique ont permis de mettre à la dispo­sition des amateurs des laby­rinthes recon­figurables : dans le “dédale des portes coulissantes” de Robert Abbott, ci-contre, le fait de passer en un endroit parti­culier dans un sens ou dans l’autre cause l’ouver­ture ou la fermeture d’un passage ailleurs, ce qui complexifie singu­lièrement son plan relativement simple. Dans d’autres laby­rinthes, on n’évolue plus seul : dans Thésée et le Mino­taure il faut non seu­lement sortir du dédale, mais échapper à la bête tapie (représentée par le point noir) qui s’y déplace pour dévorer l’explorateur perdu (le point rouge).

Les labyrinthes n’ont pas fini de fasciner notre esprit tortueux.


1 Dont celui de l’oncle Podger tentant d’accrocher un tableau, ou leur bataille (perdue) pour ouvrir une boîte de conserves sont loin d’être les plus tristes.

19 avril 2005

Une de Chouchou

Classé dans : Humour — Miklos @ 22:24

- Tu chausses du combien ?
- Du 46,5.
- Mais c’est les pieds de Damoclès, ça !

17 avril 2005

Odes au chat

Classé dans : Humour, Littérature, Musique, Nature — Miklos @ 22:25

« Hâtez-vous d’ouïr et d’entendre, car ceci fut, arriva, devint et survint, au temps où les bêtes apprivoisées étaient encore sauvages… Mais le plus sauvage de tous était le chat. Il se promenait seul et tous lieux se valaient pour lui. » Rudyard Kipling, « Le Chat qui s’en va tout seul », in Histoires comme ça. L’édition originale de ces textes — dans un anglais très abordable avec des illustrations aussi amusantes que le texte, se trouve ici.

Les chats de l’Internet sont souvent moins amusants et intelligents que ceux de Geluck.

« Dans l’École des Femmes de Molière, lorsqu’Arnolphe revient dans sa maison, s’informe de ce qui a pu se passer en son absence et demande anxieusement : « Quelle nouvelle ? » Agnès, la naïveté, l’innocence, l’âme en fleur, encore blanche comme un lys, ne trouve que ceci à lui répondre : « Le petit Chat est mort. »1 Théodore de Banville, Le Chat, 1882. Beau petit texte sur cet animal si… tellement… essentiel.

Le petit chat est mort
Il est tombé du toît
C’est comme ça
Il a glissé sur j’sais pas quoi
Et patatras
On l’enterr’ra demain j’te jure
Dans un joli carton à chaussures
 
Le petit chat est mort
Et toi et moi on va couci-couça
À cause de quoi ? À cause que c’est
Chaque fois comme ça
Pourquoi c’est toujours les p’tits chats
Et jamais les hommes qui tombent des toits ?

Renaud, Le petit chat est mort, 1994.


1 Qui n’est pas sans rappeler l’amusante nouvelle d’Alphonse Daudet Le Pape est mort (dont j’avais cité un extrait ici bien avant les événements récents qu’on sait), incluse dans « Les Contes du Lundi ».

13 avril 2005

Sortez du placard (ou alors ne ronflez pas) !

Classé dans : Humour — Miklos @ 7:30

Un Américain a été battu à mort par l’amant de sa femme, après avoir découvert que l’homme vivait dans un placard de la maison du couple.

Depuis un mois, la femme de la victime avait autorisé son amant à vivre dans un placard de la maison familiale, sans que son mari se rende compte de quelque chose. Dimanche, le mari a découvert le squatteur après avoir entendu ses ronflements.

Le mari a demandé à sa femme de faire partir son amant le temps qu’il sorte se promener à pied. A son retour, l’amant a menacé le mari avec une arme à feu, avant de l’emmener dans la salle de bain où il l’a battu à mort. (Source: ABC)

1 avril 2005

Mariage princier

Classé dans : Humour — Miklos @ 7:51

Monaco, 6h31 – Le Conseil de la Couronne, saisi par le secrétaire d’État, vient de constater l’empêchement du Prince Rainier III d’exercer ses hautes fonctions, comme en témoignent les attestations du professeur Jean-Charles Piette et des docteurs Vincent Dor et Jean-Joseph Pastor. Deux communiqués du Palais précisent que la régence est confiée à son fils, le Prince Albert, habilité à exercer la plénitude des pouvoirs au nom du Prince souverain empêché. Un troisième communiqué révèle les fiançailles discrètes du Prince héréditaire avec la célèbre musicienne américaine Wendy Carlos. Leur mariage sera célébré par l’archevêque de Monaco de Monaco Mgr Bernard Barsi ce matin à l’hôpital cardio-thoracique de Monaco au chevet du Prince Rainier, afin qu’il puisse leur donner sa bénédiction. Le Prince héréditaire continue ainsi la tradition instaurée par son père, qui avait épousé la charmante actrice américaine, Grace Kelly.

Wendy Carlos est une musicienne de formation classique de haut niveau, qui s’est spécialisée dans les instruments électroniques au point d’en révolutionner l’usage. Elle travaille surtout sur des synthétiseurs des années 60, à la technologie et aux sonorités un peu désuètes, mais parvient à en tirer quelque chose d’intemporel, et elle n’a pas son pareil pour soutenir l’ambiance voulue par un metteur en scène. Ses plus hauts faits sont d’avoir été choisie à deux reprises par Stanley Kubrick pour revisiter divers thèmes classiques ou contemporains, dans Orange Mécanique (où son travail sur Beethoven est impressionnant) et dans Shining (notamment l’effrayant thème qui ouvre le film). Son travail sur Tron est en tous points remarquable.

La constitution monégasque autorise la transmission de la couronne à des enfants adoptifs. Cette disposition prend tout son sens dans le cas de ce mariage, pour des raisons qui concernent chacun des deux jeunes époux. (Sources : ADP, RIP)

The Blog of Miklos • Le blog de Miklos