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« Je donne mon avis non comme bon mais comme mien. » — Michel de Montaigne

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16 février 2023

Des spams très créatifs

Classé dans : Actualité, Humour, Musique, Progrès, Religion — Miklos @ 12:22

Auditorium de la Maison de la Radio. Cliquer pour agrandir.

C’est grâce à une invitation de l’Ensemble C Barré que j’ai pu assister, dimanche dernier, à Cosmigimmicks (titre de l’œuvre d’Unsuk Chin qui a inspiré ce programme on ne peut plus d’actualité), concert surprenant à plusieurs égards qui s’est donné à la Maison de la Radio dans le cadre de Présences, festival annuel de Radio France.

L’Ensemble y interprétait, en compagnie des Neue Vocalsolisten, des œuvres inspirés, pour la plupart, par notre quotidien d’hyperconnectés – spams de plus en plus perfectionnés reçus par courrier électronique (Songs of Spam, de Mikel Urquiza), robots téléphoniques de centres d’appels (My Voice is my Password, de Mikel Urquiza), moyens de protection de plus en plus nombreux dans lesquels on se perd (Passwords, de Georges Aperghis) –, mais aussi par la Bible (Jonah, Seven Chants, de Martin Smolka).

Ma préférence est allée carrément aux deux œuvres de Mikel Urquiza (né en 1988) critiques intelligentes et décalées de ces phénomènes sociaux. Dans My Voice is my Password, un robot répondeur essaie de déterminer si son interlocuteur est bien un humain, et c’est finalement ce dernier qui se demande s’il n’est pas un robot. Ses Songs of Spam sont basés sur des spams bien réels mais subtilement détournés (Urquiza ne serait-il pas maître des transformations, textuelles comme musicales ?), de façon souvent très amusante, ironique, voire sarcastique (comme l’écrit Dan Albertson, cf. ci-dessous) ; ainsi, La taille compte, mème masculin s’il en est (même – si je puis dire – que Radio France y avait consacré une émission), détourne un spam destiné à promouvoir un produit pour ce faire : « Voici X-tender, la plus merveilleuse méthode pour agrandir votre nez »…

Quant à la musique, riche et claire (« rythmes francs, textures transparentes, courtes séquences motiviques », selon Albertson), faisant appel à des styles allant du passé (madrigal de la Renaissance…) au contemporain, elle reflète un don réel « pour faire une musique mémorable à partir des combinaisons les plus improbables » (Albertson). C’est ce qui m’a incité à acheter, en sortant du concert, Espiègle (adjectif qui convient fort bien à ce compositeur !), CD consacré à Mikel Urquiza par l’Ensemble C Barré et les Neue Vocalsolisten ; il comprend ces deux œuvres et quelques autres en plus, et une présentation fort enrichissante du tout par Dan Albertson dans le livret accompagnant ces enregistrements.

D’un genre très différent, Jonah, création mondiale de Martin Smolka (né en 1959), reprend des textes de la Bible décrivant le périple de Jonas en mer, puis au sein d’une baleine, pour échapper à l’ordre divin d’aller à Ninive pour inviter ses habitants à se repentir. Smolka y rajoute ses propres paroles, originales (« Tramway / Le poisson / Comme un train / L’a emmené à la plage / […] / Jonas, Jonas / Il s’est détaché / Propre / Classe / Barbe sèche / Gentleman / Passionnément priant / Gentleman »). Quant à sa musique, on citera ce qu’en écrit Pierre Rigaudière dans Diapason : « voix et instruments se nourrissent de la répétition et de la combinaison de formules simples qui confèrent au texte biblique légèrement revisité une immédiateté émouvante […] ; cette musique qui allie volontiers hétérophonie et micro­tonalité se dispense du superflu et de l’effet pour nous parler sans fard ».

23 mai 2022

Les Trois heures du Juif, récit.

Classé dans : Histoire, Judaïsme, Religion, antisémitisme, racisme — Miklos @ 1:17


Le prétendu meurtre rituel de Simonino, in
Hartmann Schedel, Liber chronicarum, Nürnberg, Anton Koberger, 1493, Trento, Biblioteca comunale (source). On remarquera la marque ovale en jaune sur les personnages et leurs noms « hébraïques » (Mayir, Samuel, Thobias, Israhel, Moyses…). Cliquer pour agrandir.

La curieuse histoire que l’on pourra lire ci-dessous, est parue le 1er mars 1838 dans le Journal des Jeunes Personnes sous la plume d’Ernest Fouinet, puis en 1840 dans L’Écho des vallées et, curieusement, le 11 mars 1841 dans la rubrique « Feuilleton » du Moniteur industriel (on se demande bien quel rapport il y a entre le sujet du récit et la thématique de la publication…). Elle relate un incident antisémite qui aurait eu lieu en 1563 dans la ville de Trente le jour de la fin de l’important concile éponyme, ville où l’on vénérait les restes d’un enfant de trois ans, Simonino, qui aurait été tué en 1236 par des Juifs à des fins rituelles.

Comme le précise un article fort bien intitulé Antisémitisme : Meurtre rituel de Simonino, « fake news » du XVe siècle et publié à l’occasion d’une récente exposition au musée diocésain tridentin, c’est en 1475 que Simonino avait disparu et été retrouvé mort (et non en 1236, comme le raconte l’histoire ci-dessous), et son « culte » aura duré jusqu’en 1965, date où son nom fut retiré du Martyrologue romain.

Le récit qui suit a donc été publié du temps où l’on vénérait encore Simonino. Si l’auteur se positionne très explicitement et clairement contre le violent antisémitisme cruel, immoral et fanatique, exhibé à l’encontre du « héros », Salomon, on y trouve tout de même deux ou trois passages quelque peu ambigus (« Ce n’était plus l’avare et cupide marchand juif, c’était le père éploré, en larmes, orphelin », « son enfant chéri, dont la blonde chevelure d’ange n’avait pas encore pris l’équivoque nuance judaïque »).


Trente, Journal des Jeunes Personnes, 1838.
Cliquer pour agrandir.

Si vous passez jamais à Trente, votre cicerone, après vous avoir lait admirer le long pont de buis sur l’Adige, qui n’a rien d’admirable en vérité que l’eau limpide et fraiche qui coule entre ses pilotis, ne manquera point sans doute de vous conduire à l’église de Saint-Pierre, devant une chapelle, pour vous montrer le corps d’un enfant de trois ans, conservé dans une chasse placée sur l’autel. Ému par l’aspect de cette touchante relique, vous vous empresserez d’en demander l’histoire ; c’est ce que le disert cicérone voulait, et il vous redira avec chaleur et passion comment, en 1236, les Juifs de la ville enlevèrent le petit Simonino, l’enfant unique d’un artisan, et le crucifièrent après lui avoir extrait tout son sang pour l’infâme célébration d’une de ces fêtes odieuses que la haine des fanatiques attribuait aux Juifs. « Rappelez-vous, signor, vous dira-t-il, ce canal qui amène les eaux de l’Adige en larges ruisseaux dans la plupart de nos rues et de nos maisons ; eh bien ! c’est un de ces ruisseaux qui porta le pauvre corps martyrisé jusqu’à la rivière dans laquelle le trouvèrent des pêcheurs. Les Juifs furent convaincus de leur forfait : trente-neuf furent pendus, appiccati, signor, répétera le cicérone avec enthousiasme, et notre saint Sixte IV canonisa le martyr Santo Simonino. Tous les autres Juifs furent bannis de la ville, bien entendu ; mais comme le commence souffrait de leur exclusion absolue, on leur a permis de venir. pour les affaires de leur négoce, passer chaque année trois heures à Trente ; maledetti. » C’est ce que le guide vous recontera avec plus ou moins d’éloquence, mais il ne vous apprendra peut-être point l’anecdote que voici :

Le 4 décembre 1563, la ville de Trente était dans un mouvement extraordinaire. Le concile qui s’y tenait depuis dix-huit années allait termimer ce jour-là sa dernière session, et, de tous les points, on voyait les archevêques, les évêques, les chefs d’ordres religieux, les théologiens, les ambassadeurs des puissances de la chrétienté, se rendre dans l’église de Sainte-Marie-Majeure, où s’était loujours tenu à Trente le vénérable congrès. Il fallait entendre les habitants, accourus dans les places ou sur le seuil de leurs portes, pousser, à l’aspect des prélats, les uns en litière, les autres sur des mules richement caparaçonnées, des exclamations italiennes mêlées de paroles germaniques. C’est par ce trait que Scaliger caractérise l’habitant de Trente, en ajoutant qu’il est Romain par l’intelligence, Allemand par l’âme. En effet, ce peuple a, comme les hommes du Tyrol et des Grisons, toute la vivacité d’esprit de l’Italien, gracieusement fondue dans la gravité méditative de l’Allemagne : c’est la charmante alliance des yeux bleus et des cheveux noirs.

On aurait pu remarquer, du reste, que la tristesse et la mélancolie du nord l’emportaient ce jour-là sur l’enthousiaste gaité du midi : tous les habitants, devenus en quelque sorte hôteliers, pour loger trois patriarches, trente-deux archevêques, deux cent trente évêques, douze généraux d’ordre, cent quarante-six théologiens, les ambassadeurs et la suite de tous ces hauts, savants ou saints personnages, les habitants voyaient avec un profond chagrin leurs palazzi ou leurs maisons de marbre blanc rougeâtre se vider tout-à-coup. La ville allait donc rentrer demain dans ce calme qu’elle avait oublié depuis dix-huit ans ! « Plus de loyers richement payés ! » se disaient les hôtelliers. « Adieu les gros bénéfices », murmuraient les aubergistes. Aussi se promettaient-ils de rançonner doublement les pauvres Juifs qui allaient arriver à Trente pour y passer les trois heures seulement qui leur étaient accordées.

Déjà ils arrivaient en abondance. Par les portes Santa-Croce, San-Marpino, dell’Aquila. affluaient à pied, à cheval, ou montés sur d’humbles ânes, des hommes coiffés de toques jaunes ou portant dans quelque partie de leur habillement cette couleur d’éternelle malédiction et d’infamie. Ce stygmate, que si longtemps l’Europe chrétienne imprima sur tout un peuple, fut l’acte non seulement d’une aveugle cruauté, mais encore d’une immoralité stupide : c’était corrompre et non réformer, c’était pervertir en humiliant, car rien ne rend méchant comme de se sentir devenu un objet de mépris et de haine.

Or, un de ces malheureux proscrits, après avoir franchi la porte San-Lorenzo, traversait le pont à grands pas, autant du moins que le lui permettait un enfant de six ans qu’il conduisait par la main et qui courait cependant plutôt qu’il ne marchait. Salomon son père était si pressé ! Dans les trois heures, il avait à aller d’un bout de la ville à l’autre, pour régler ses comptes avec divers marchands, et conclure certains arrangements qui ne pouvaient se traiter par correspondance. La précipitation de sa marche avait aussi pour lui cet avantage. qu’elle le dérobait aux injurieuses interpellations des passants, ou du moins au chagrin de les entendre. Il ne put cependant éviter les injures, tant italiennes que tudesques, dont une vieille femme l’accabla au moment où il arrivait près de la tour carrée, qui défend la ville à la tète du pont.

« Maledetto ! Birbone ! Verfluchter ! Jude ! comment oses-tu passer près de ce canal, où l’on a trouvé le corps du bienheureux Simonino ? y passer avec un enfant encore ! »

La voix et l’accent de cette vieille étaient d’une effroyable dureté, et Salomon hâta le pas sans tourner la tête : il était pâle, et tremblait au point que son enfant le plaignait de ce qu’il avait si grand froid ; il est vrai que l’air etait piquant, car l’hiver est très rude à Trente : mais c’est au cœur surtout que le pauvre Juif avait froid, pendant que la vieille fanatique lui parlait comme nous venons de l’entendre. Enfin, quand il se trouva au centre de la ville, au milieu de ses coreligionnaires, tous dans une incroyable activité comme lui, il se sentit rassuré, et ne craignait pas de s’arrêter pour dire quelques mots à des amis qu’il n’avait pas vus depuis de longues années, qu’il ne devait revoir qu’un instant.

Il était donc vivement occupé à causer d’une affaire importante au coin d’une rue, et son enfant aux roues fraiches et rosées, aux yeux bleus, son enfant chéri, dont la blonde chevelure d’ange n’avait pas encore pris l’équivoque nuance judaïque, jouait avec quelques cailloux de ceux qui servaient au pavage des rues. De temps à autre, Salomon se tournait vers lui pour lui adresser une caresse dans un sourire, et l’enfant lui rendait ce baiser avec amour. Cependant Salomon, tout entier à l’affaire dont il s’entretenait alors, était resté quelques minutes sans resarder derrière lui ou à ses pieds. Il se reprocha enfin d’avoir oublié un instant son enfant bien-aimé, et dirigeait vers lui un regard plein d’une inépuisable tendresse… Benïamin avait disparu.

— O ciel ! ne me parlez plus ! Que m’importent les affaires de ce monde ! Mon enfant ? où est mon enfant ? où est mon Benïamin ?

Il ne songeait plus à l’or qu’il venait recevoir à Trente, ni aux marchés arantageux qu’il devait conclure dans ces trois heures fatales… Il ne lui en restait plus que deux environ. — Que je trouve mon enfant avant tout, se dit-il, et que je meure de faim après. Ce n’était plus l’avare et cupide marchand juif, c’était le père éploré, en larmes, orphelin. Il lui vint une idée effrayante : Benïamin avait peut-être été jouer au bord de l’eau ; il y courut. Pas un batelier qu’il ne lui demandât son enfant.

— Avez-vous vu mon enfant ? il a des cheveux blonds, des yeux bleus comme ceux de sa mère Rachel, sa mère qu’il n’a plus.

Puis il courut par les rues, sondant de l’œil le canal qui les arrose presque toutes.

— Mon enfant !… mon fils bien-aimé ! donnez-le -moi, rendez-le-moi ! qui a vu mon enfant ?

— Ton enfant, Juif, ton enfant ! Est-ce que les Juifs ont des enfants, eux qui les tuent ? Où as-tu mis le bienheureux Simonino ?

Telles étaient les seules réponses qu’il reçut, réponses bien amères, bien cruelles ; mais que lui faisaient les outrages ? Il aurait tout enduré, tout supporté, trainé toutes les croix pour ravoir son Benïamin. Il fremissait en voyant ces canaux, — partout un péril pour son enfant,— ces canaux qui avaient porté le cadavre de Simonino !

— Qu’on me le rende, et je donnerai tout ce que j’ai amassé, tout ce que j’ai au monde, tout ce qui ne serait rien sans lui.

Sa douleur attendrissante n’excitait que les rires et les huées de ce peuple fanatique, et cependant le temps se passait vite, et Salomon n’avait point retrouvé son enfant.

Sa dernière heure venait de commencer ; il se mit à courir les rues, les places, les promenades, comme un chien qui a perdu son maître. Il entrait dans toutes les allées, dans toutes les boutiques, s’inquiétant peu des insultes qui l’accueillaient partout. Il osait même, au risque d’être lapidé, entrer dans les églises et les chapelles, foulant aussi aux pieds tous les scrupules religieux ; c’est que sa seule religion alors, c’était son enfant, l’enfant que Dieu lui avait donné.

Pendant que Salomon se débattait dans sa poignante angoisse, une scène d’une majestueuse solennité se passait dans l’intérieur de Sainte-Marie-Majeure ; les légats, au nombre de cinq, présidents du concile, venaient d’annoncer au triple rang d’évêques et d’archevêques, qui se développait devant eux comme un rang d’or, que le saint synode était terminé, et alors le cardinal de Lorraine venait de provoquer les acclamations des pères du concile.

— Au bienheureux Pie, notre pape et seigneur, pontife de la sainte Église universelle, beaucoup d’années et une éternelle mémoire !

Et les pères tombèrent à genoux pour appeler sur lui une vie longue et un impérissable nom dans l’aveuir.

— Aux papes défunts, à Charles V, empereur, au sérénissime empereur Ferdinand, aux révérendissimes légats et cardinaux, aux illustres orateurs, aux évêques de sainte vie, le salut éternel !

— Amen amen ! répondirent les pères.

— Au très saint concile œcuménique de Trente, foi inaltérable, et jurons d’observer ses décrets.

— Nous le jurons !

Et le grand crucifix de l’autel inclina, dit-on, la tête à ce solennel serment.

— Sur tous les hérétiques anathème ! anathème ! répétèrent en chœur tous les membres du concile, qui se forma ensuile en procession pour aller entendre un Te Deum d’actions de grâces à la cathédrale.

Le merveilleux salut du crucifix fut bientôt connu dans la foule, et avec la rumeur pieuse se répandit le cri d’anathème poussé contre les hérétiques. Les masses se passionnaient, se fanatisaient à ces bruits qui circulaient de bouche en bouche. Anathème aux hérétiques ! Anathème aux Juifs ! c’est la conséquence que l’on tirait de toutes parts à haute voix, et les malheureux enfants d’Israël se hâtaient de quitter la ville. La dernière heure était d’ailleurs accomplie, et ils voyaient qu’il n’eût pas été prudent de leur part d’élever sur ce point la moindre discussion en ce moment d’effervescence.

Salomon seul était insensible à cette effervescence populaire ; celle qui fermentait et bouillait dans sa poitrine était si violente ! Il n’avait pas retrouvé Benïamin, et déjà il avait parcouru, examiné, fouillé presque tous les quartiers et recoins de la ville ; car il n’avait plus à voir qu’une courte rue, au bout de laquelle était l’église de Saint-Pierre. Aurait-il méme le temps de terminer ses recherches, au bout desquelles était le bonheur ou le désespoir ? Déja quelques habitants, quelques gardes de la ville l’avaient arrêté pour lui dire :

« Juif ! La dernière heure est expirée !

— Mon enfant ! mon enfant ! j’ai perdu mon enfant, » leur répondit-il en les repoussant à plusieurs pas, tant sa marche était éperdue et effrénée.

Il courait donc comme un fou, les yeux égarés, les cheveux épars, la barbe sillonnée par les crispations de ses doigts ; il courait plus vite que la foule qui le poursuivait, car il venait d’entendre sortir du fond de l’église de Saint-Pierre un cri déchirant, une voix plaintive qui, pénétrante comme la foudre d’un courant électrique, passa de sa tête au cœur, à tout ce qui dans les entrailles d’un père sent et aime un enfant unique.

Qui était capable de le retenir alors ? Non, rien, rien. Il se précipita, malgré tous les obstacles dans la nef, vers la chapelle où se conserve le corps du bienheureux Simonino.

C’est cette circonstance qui mit le comble à la rage du peuple. Un Juif entrer dans l’église où étaient les restes de l’innocent martyr de la synagogue ! Ce ne pouvait être qu’une odieuse bravade, une insulte !

«  À mort ! à mort le Juif ! » s’écriaient déjà de nombreuses voix, et quel horrible fanatisme ! ces cris de mort pénétraient jusque dans le temple du Dieu clément ; mais Salomon était sourd à toutes ces clameurs ; il venait de retrouver là, devant l’autel de San Simonino, son enfant, son unique enfant, mais dans quel état, grand Dieu ! Étendu la face contre terre, les bras en croix sur la dernière marche de l’autel, garrotté à ne pouvoir faire un seul mouvement, et frappé de la main ou du pied par des hommes ou des femmes qui passaient devant lui.

Couper les liens qui retenaient Benïamin, les rompre, ce ne fut rien pour Salomon, dont la force était décuplée par l’exaltation, et pressant son enfant contre son cœur, il descendit de la nef à grands pas, sans que le peuple, stupéfait et anéanti par cet acte d’audace, eut encore songé à se jeter au-devant de lui. Cependant, comme il arrivait près du portail, la peur vint le reprendre ; car il entendait derrière lui la femme qui l’avait apostrophé d’une manière si menaçante sur le pont ; il l’entendait dire à demi-voix : « Meure cet impie, dont la race a tué Simonino ! » Et quand elle fut hors de l’église, toujours sur les pas de Salomon, elle répéta à haute voix ces paroles :

« Meurent ! meurent les juifs, qui prennent les enfants à leurs mères ! » redirent plusieurs femmes que le sentiment religieux porté à l’excès, et le sentiment de l’amour maternel, sauvage et sans frein, pouvaient rendre féroces. « Mort aux Juifs ! ».

— Qu’un le renvoie et qu’on garde son enfant… qu’on le baptise, s’écriait la portion la plus modérée de la foule, qui, cette fois, exaltée par les cris des femmes, barrait irrésistiblement le passage à Salomon.

— Non ! non ! disait le pauvre père avec un désespoir profond, ne m’enlevez pas Benïamin, le seul souvenir que m’ait laissé ma pauvre Rachel !

On allait cependant lui arracher son enfant, le tuer peut-être, et son père lui faisait un rempart de son corps. En ce moment la grande procession du concile, se rendant à la cathédrale, passait près de Saint-Pierre, et plus elle approchait, mieux le premier légat avait entendu la rumeur qui bruissait à la porte de l’église. Quand la tête du cortège solennel fut devant le portail, le légat demanda quelle était la cause de cette agitation que l’on voyait fomenter dans la foule.

« Un Juif dans l’église ; il a outragé la relique de San Simonino… qu’il meure… Non ! Non ! qu’on le chasse et qu’on garde son enfant pour le baptiser !

— Le faire chrétien malgré lui ! répondit le légat ; ce serait une intolérance cruelle et sans fruit pour la religion. Dieu n’a pas dit : Forcez les enfants de venir à moi ; il a dit : Laissez-les venir. Rendez à ce Juif son enfant, et peut-être, en se rappelant nos paroles et notre action, viendra-t-il un jour à nous. »

Le peuple obéit à l’arrêt miséricordieux du représentant du pape, et, pendant que le bienheureux père franchissait la porte San-Lorenzo, le concile tout entier se joignait au Te Deum d’actions de grâces.

Ernest FOUINET.

(Journal des Jeunes Personnes).

18 avril 2021

Récapitulons…

Classé dans : Religion — Miklos @ 23:59


« Qui sait ce que désigne un ? », Haggadah de Copenhague, 1739.
Cliquer pour agrandir.

La Haggadah de Pâque est un recueil fort ancien de prières, questions-réponses, hymnes, louanges et récits formant le rituel autour du dîner festif de la première nuit de la Pâque juive célébrant la Sortie d’Égypte. Il en existe de magnifiques éditions manuscrites, illustrées de riches enluminures (et pour certaines disponibles en facsimilés). Vers la toute fin de ce recueil se trouve une chanson à récapitulation datant au moins de 1406.

Par coïncidence, on a trouvé une chanson très semblable (mais différent évidemment selon les spécificités des deux religions) dans « Légendes, Chansons de Filasse et de Filerie, Noëls, Ballades », in Le Livre des mères. Les Enfantines du « bon pays de France », recueillies par Ph. Kuhff, 1878 (source). Elle est probablement la version française d’une chanson allemande traduite quasi littéralement, Guter Freund, ich frage dich (on peut en voir ici quatre mélodies, toutes publiées au XIXe siècle).

Les voici en regard l’une de l’autre :

Haggadah de Pâque (trad.)

Le Livre des mères

Qui sait ce que désigne un ?
Moi je sais ce que désigne un :
Un – notre Dieu, dans le ciel et sur terre.

 
 
Il n’y a qu’un seul Dieu.
Il n’y a qu’un seul Dieu.

Qui sait ce que désigne deux ?
Moi je sais ce que désigne deux :
Deux – les Tables de la Loi,
Un – notre Dieu, dans le ciel et sur terre.

Dis-moi pourquoi deux,
Dis-moi pourquoi deux ?
— Il y a deux Testaments.
Il n’y a qu’un seul Dieu,
Il n’y a qu’un seul Dieu.

Qui sait ce que désigne trois ?
Moi je sais ce que désigne trois :
Trois – les patriarches1,
Deux – les Tables de la Loi,
Un – notre Dieu, dans le ciel et sur terre.

Dis-moi pourquoi trois,
Dis-moi pourquoi trois ?
— Il y a trois grands patriarches,
Il y a deux Testaments,
Il n’y a qu’un seul Dieu,
Il n’y a qu’un seul Dieu.

Qui sait ce que désigne quatre ?
Moi je sais ce que désigne quatre :
Quatre – les matriarches2,
Trois – les patriarches,
Deux – les Tables de la Loi,
Un – notre Dieu, dans le ciel et sur terre.

Dis-moi pourquoi quatre,
Dis-moi pourquoi quatre ?
— Il y a quatre évangélistes,
Il y a trois grands patriarches,
Il y a deux Testaments,
Il n’y a qu’un seul Dieu,
Il n y a qu’un seul Dieu.

Qui sait ce que désigne cinq ?
Moi je sais ce que désigne cinq :
Cinq – les livres du Pentateuque,
Quatre – les matriarches,
Trois – les patriarches,
Deux – les Tables de la Loi,
Un – notre Dieu, dans le ciel et sur terre.

Dis-moi pourquoi cinq,
Dis-moi pourquoi cinq ?
— Il y a cinq livres de Moïse,
Il y a quatre évangélistes,
Il y a trois grands patriarches,
Il y a deux Testaments,
Il n’y a qu’un seul Dieu,
Il n’y a qu’un seul Dieu.

Qui sait ce que désigne six ?
Moi je sais ce que désigne six :
Six – les chapitres de la Mishna3,
Cinq – les livres du Pentateuque,
Quatre – les matriarches,
Trois – les patriarches,
Deux – les Tables de la Loi,
Un – notre Dieu, dans le ciel et sur terre.

Dis-moi pourquoi six,
Dis-moi pourquoi six ?
Six urn’s de vin remplies à Cana, en Galilée,
Il y a cinq livres de Moïse,
Il y a quatre évangélistes,
Il y a trois grands patriarches,
Il y a deux Testaments,
Il n’y a qu’un seul Dieu,
Il n’y a qu’un seul Dieu.

Qui sait ce que désigne sept ?
Moi je sais ce que désigne sept :
Sept – les jours de la semaine,
Six – les chapitres de la Mishna,
Cinq – les livres du Pentateuque,
Quatre – les matriarches,
Trois – les patriarches,
Deux – les Tables de la Loi,
Un – notre Dieu, dans le ciel et sur terre.

Dis-moi pourquoi sept,
Dis-moi pourquoi sept ?
— Il y a sept sacrements,
Six urn’s de vin remplies à Cana, en Galilée,
Il y a cinq livres de Moïse,
Il y a quatre évangélistes,
Il y a trois grands patriarches,
Il y a deux Testaments,
Il n’y a qu’un seul Dieu,
Il n’y a qu’un seul Dieu.

Qui sait ce que désigne huit ?
Moi je sais ce que désigne huit :
Huit – les jours précédant la circoncision,
Sept – les jours de la semaine,
Six – les chapitres de la Mishna,
Cinq – les livres du Pentateuque,
Quatre – les matriarches,
Trois – les patriarches,
Deux – les Tables de la Loi,
Un – notre Dieu, dans le ciel et sur terre.

Dis-moi pourquoi huit,
Dis-moi pourquoi huit ?
— Il y a huit béatitudes,
Il y a sept sacrements,
Six urn’s de vin remplies à Cana, en Galilée,
Il y a cinq livres de Moïse,
Il y a quatre évangélistes,
Il y a trois grands patriarches,
Il y a deux Testaments,
Il n’y a qu’un seul Dieu,
Il n’y a qu’un seul Dieu.

Qui sait ce que désigne neuf ?
Moi je sais ce que désigne neuf :
Neuf – les mois de la grossesse,
Huit – les jours précédant la circoncision,
Sept – les jours de la semaine,
Six – les chapitres de la Mishna,
Cinq – les livres du Pentateuque,
Quatre – les matriarches,
Trois – les patriarches,
Deux – les Tables de la Loi,
Un – notre Dieu, dans le ciel et sur terre.

Dis-moi pourquoi neuf,
Dis-moi pourquoi neuf ?
— Il y a neuf chœurs des anges,
Il y a huit béatitudes,
Il y a sept sacrements,
Six urn’s de vin remplies à Cana, en Galilée,
Il y a cinq livres de Moïse,
Il y a quatre évangélistes,
Il y a trois grands patriarches,
Il y a deux Testaments,
Il n’y a qu’un seul Dieu,
Il n’y a qu’un seul Dieu.

Qui sait ce que désigne dix ?
Moi je sais ce que désigne dix :
Dix – les Commandements,
Neuf – les mois de la grossesse,
Huit – les jours précédant la circoncision,
Sept – les jours de la semaine,
Six – les chapitres de la Mishna,
Cinq – les livres du Pentateuque,
Quatre – les matriarches,
Trois – les patriarches,
Deux – les Tables de la Loi,
Un – notre Dieu, dans le ciel et sur terre.

Dis-moi pourquoi dix,
Dis-moi pourquoi dix ?
— Il y a dix commandements,
Il y a neuf chœurs des anges,
Il y a huit béatitudes,
Il y a sept sacrements,
Six urn’s de vin remplies à Cana, en Galilée,
Il y a cinq livres de Moïse,
Il y a quatre évangélistes,
Il y a trois grands patriarches,
Il y a deux Testaments,
Il n’y a qu’un seul Dieu,
Il n’y a qu’un seul Dieu.

Qui sait ce que désigne onze ?
Moi je sais ce que désigne onze :
Onze – les étoiles,
Dix – les Commandements,
Neuf – les mois de la grossesse,
Huit – les jours précédant la circoncision,
Sept – les jours de la semaine,
Six – les chapitres de la Mishna,
Cinq – les livres du Pentateuque,
Quatre – les matriarches,
Trois – les patriarches,
Deux – les Tables de la Loi,
Un – notre Dieu, dans le ciel et sur terre.

Dis-moi pourquoi onze,
Dis-moi pourquoi onze ?
— Il y a onze cent mill’ vierges,
Il y a dix commandements,
Il y a neuf chœurs des anges,
Il y a huit béatitudes,
Il y a sept sacrements,
Six urn’s de vin remplies à Cana, en Galilée,
Il y a cinq livres de Moïse,
Il y a quatre évangélistes,
Il y a trois patriarches,
Il y a deux Testaments,
Il n’y a qu’un seul Dieu,
Il n’y a qu’un seul Dieu.

Qui sait ce que désigne douze ?
Moi je sais ce que désigne douze :
Douze – les tribus,
Onze – les étoiles,
Dix – les Commandements,
Neuf – les mois de la grossesse,
Huit – les jours précédant la circoncision,
Sept – les jours de la semaine,
Six – les chapitres de la Mishna,
Cinq – les livres du Pentateuque,
Quatre – les matriarches,
Trois – les patriarches,
Deux – les Tables de la Loi,
Un – notre Dieu, dans le ciel et sur terre.

Dis-moi pourquoi douze,
Dis-moi pourquoi douze ?
— Il y a douze apôtres,
Il y a onze cent mill’ vierges,
Il y a dix commandements,
Il y a neuf chœurs des anges,
Il y a huit béatitudes,
Il y a sept sacrements,
Six urn’s de vin remplies à Cana, en Galilée,
Il y a cinq livres de Moïse,
Il y a quatre évangélistes,
Il y a trois patriarches,
Il y a deux Testaments,
Il n’y a qu’un seul Dieu,
Il n’y a qu’un seul Dieu.

Qui sait ce que désigne treize ?
Moi je sais ce que désigne treize :
Treize – les attributs divins,
Douze – les tribus,
Onze – les étoiles,
Dix – les Commandements,
Neuf – les mois de la grossesse,
Huit – les jours précédant la circoncision,
Sept – les jours de la semaine,
Six – les chapitres de la Mishna,
Cinq – les livres du Pentateuque,
Quatre – les matriarches,
Trois – les patriarches,
Deux – les Tables de la Loi,
Un – notre Dieu, dans le ciel et sur terre.

1Abraham, Isaac et Jacob.

2Sarah (épouse d’Abraham), Rebecca (épouse d’Isaac), Rachel et Léa (épouses de Jacob).

3Premier des recueils de la loi juive dite orale.

2 août 2018

About the Jerusalem mayor’s stance regarding the pride parade

Classé dans : Judaïsme, Religion, Société — Miklos @ 16:27


People participate in the annual Gay Pride parade in central Jerusalem, under heavy security on August 3, 2017. (Miriam Alster/Flash90)

Quoting the Times of Israel: “Jerusalem Mayor Nir Barkat, who is not running for reelection, has never attended the parade during his time leading the city, saying he did not want to offend the capital’s ultra-Orthodox population.

Is « being gay » (or being whatever) legal in Jerusalem as everywhere else in Israel? If so, why take into account/bother about those who are « offended » by the mere existence of these people and their proper parade, to the extent of murdering one at the last parade? Doing so supports, whence justifies, their undemocratic and hateful attitude.

On the contrary, the mayor should show active support of the statement of the organizers, “In the face of the hatred and fear that has led to violence and murder, we refuse to be silent”, by marching alongside with them.

31 octobre 2017

Something to believe in for everyone || Vous y croyez, vous ?

Classé dans : Langue, Littérature, Philosophie, Politique, Religion, Société — Miklos @ 16:38

Some words ending in –ism.
Some words ending in –ism (fuller list below).
Click to enlarge.

The liberal is your true undying friend
But disagree with him and that’s the end.

The radical, however, claims no friend
Except his catechism, which can bend.

In the revolution there are always cracks:
The Communists killed Trotsky with an ax.

The guns of the Idealists are red-hot:
Whoso commits nonviolence is shot.

Karl Jay Shapiro (1913-2000), ISMs.

Ableism ⋅ Abolitionism ⋅ Absenteeism ⋅ Absolutism ⋅ Abstractionism ⋅ Absurdism ⋅ Academicism ⋅ Academism ⋅ Achromatism ⋅ Acrotism ⋅ Actinism ⋅ Activism ⋅ Adonism ⋅ Adoptianism ⋅ Adoptionism ⋅ Adventism ⋅ Adventurism ⋅ Aeroembolism ⋅ Aestheticism ⋅ Ageism ⋅ Agism ⋅ Agnosticism ⋅ Agrarianism ⋅ Alarmism ⋅ Albinism ⋅ Alcoholism ⋅ Aldosteronism ⋅ Alevism ⋅ Algorism ⋅ Alienism ⋅ Allelism ⋅ Allelomorphism ⋅ Allomorphism ⋅ Alpinism ⋅ Altruism ⋅ Amateurism ⋅ Amoralism ⋅ Amorphism ⋅ Amyraldism ⋅ Anabaptism ⋅ Anabolism ⋅ Anachronism ⋅ Analogism ⋅ Analphabetism ⋅ Anarchism ⋅ Anecdotalism ⋅ Aneurism ⋅ aneurysm ⋅ Anglicanism ⋅ Anglicism ⋅ Animalism ⋅ Animatism ⋅ Animism ⋅ Anisotropism ⋅ Antagonism ⋅ Anthropocentrism ⋅ Anthropomorphism ⋅ Anthropopathism ⋅ Antialcoholism ⋅ Antiauthoritarianism ⋅ Antiblackism ⋅ Anticapitalism ⋅ Anticlericalism ⋅ Anticolonialism ⋅ Anticommercialism ⋅ Anticommunism ⋅ Antielitism ⋅ Antievolutionism ⋅ Antifascism ⋅ Antifeminism ⋅ Antiferromagnetism ⋅ Antihumanism ⋅ Antiliberalism ⋅ Antimaterialism ⋅ Antimilitarism ⋅ Antinepotism ⋅ Antinomianism ⋅ Antiquarianism ⋅ Antiracism ⋅ Antiradicalism ⋅ Antirationalism ⋅ Antirealism ⋅ Antireductionism ⋅ Antiritualism ⋅ Antiromanticism ⋅ Antiterrorism ⋅ Aphorism ⋅ Apocalypticism ⋅ Apocalyptism ⋅ Arabism ⋅ Archaism ⋅ Arianism ⋅ Armirianism ⋅ Asceticism ⋅ Assimilationism ⋅ Associationism ⋅ Asterism ⋅ Astigmatism ⋅ Asynchronism ⋅ Atavism ⋅ Atenism ⋅ Atheism ⋅ Athleticism ⋅ Atomism ⋅ Atonalism ⋅ Atropism ⋅ Atticism ⋅ Autecism ⋅ Auteurism ⋅ Authoritarianism ⋅ Autism ⋅ Autoecism ⋅ Autoeroticism ⋅ Autoerotism ⋅ Automatism ⋅ Automorphism ⋅ Baalism ⋅ Bábism ⋅ Bahaism ⋅ Baptism ⋅ Barbarianism ⋅ Barbarism ⋅ Bathouism ⋅ Behaviorism ⋅ Behmenism ⋅ Benthamism ⋅ Benzhuism ⋅ Biblicism ⋅ Bibliophilism ⋅ Bicameralism ⋅ Biculturalism ⋅ Bidialectalism ⋅ Bilateralism ⋅ Bilingualism ⋅ Bimetallism ⋅ Bimoism ⋅ Binarism ⋅ Biologism ⋅ Bioregionalism ⋅ Bipartisanism ⋅ Bipedalism ⋅ Biracialism ⋅ Blackguardism ⋅ Bogomilism ⋅ Bogyism ⋅ Bohemianism ⋅ Bolshevism ⋅ Boosterism ⋅ Bossism ⋅ Botulism ⋅ Bourbonism ⋅ Boyarism ⋅ Brahmanism ⋅ Briticism ⋅ Brominism ⋅ Bromism ⋅ Brutism ⋅ Bruxism ⋅ Buddhism ⋅ Bureaucratism ⋅ Cabalism ⋅ Cabbalism ⋅ Caciquism ⋅ Caesarism ⋅ Calvinism ⋅ Cambism ⋅ can-do-ism ⋅ Cannibalism ⋅ Capitalism ⋅ Careerism ⋅ Casteism ⋅ Castroism ⋅ Catabolism ⋅ cataclysm ⋅ Catastrophism ⋅ Catechism ⋅ Catharism ⋅ Catholicism ⋅ Cavalierism ⋅ Centralism ⋅ Centrism ⋅ Ceremonialism ⋅ Charism ⋅ Charlatanism ⋅ Chauvinism ⋅ Chemism ⋅ Chemotropism ⋅ Cheondoism ⋅ Chimaerism ⋅ Chimerism ⋅ Chrism ⋅ Chromaticism ⋅ Cicisbeism ⋅ Cinchonism ⋅ Civicism ⋅ Civism ⋅ Cladism ⋅ Classicism ⋅ Classism ⋅ Clericalism ⋅ Clonism ⋅ Cocainism ⋅ Cockneyism ⋅ Collaborationism ⋅ Collectivism ⋅ Colloquialism ⋅ Colonialism ⋅ Colorism ⋅ Commensalism ⋅ Commercialism ⋅ Communalism ⋅ Communism ⋅ Communitarianism ⋅ Conceptualism ⋅ Concretism ⋅ Confessionalism ⋅ Conformism ⋅ Confucianism ⋅ Congregationalism ⋅ Connubialism ⋅ Conservatism ⋅ Constitutionalism ⋅ Constructionism ⋅ Constructivism ⋅ Consumerism ⋅ Controversialism ⋅ Conventionalism ⋅ Corporatism ⋅ Corporativism ⋅ Cosmism ⋅ Cosmopolitanism ⋅ Cosmopolitism ⋅ Countercriticism ⋅ Counterculturalism ⋅ Counterterrorism ⋅ Creationism ⋅ Credentialism ⋅ Cretinism ⋅ Criticism ⋅ Cronyism ⋅ Cryptorchidism ⋅ Cryptorchism ⋅ Cubism ⋅ Cultism ⋅ Cynicism ⋅ Czarism ⋅ Dadaism ⋅ Daejongism ⋅ Daltonism ⋅ Dandyism ⋅ Darwinism ⋅ de Gaullism ⋅ Defeatism ⋅ Deism ⋅ Demonism ⋅ Denominationalism ⋅ Despotism ⋅ Determinism ⋅ Deviationism ⋅ Diabolism ⋅ Diamagnetism ⋅ Diastereoisomerism ⋅ Diastrophism ⋅ Dichroism ⋅ Dichromatism ⋅ Diclinism ⋅ Dicrotism ⋅ Didacticism ⋅ die-hardism ⋅ Diffusionism ⋅ Dilettantism ⋅ Dimerism ⋅ Dimorphism ⋅ Dinkoism ⋅ Dioecism ⋅ Discordianism ⋅ Ditheism ⋅ Divisionism ⋅ Docetism ⋅ Doctrinairism ⋅ Dodoism ⋅ Dogmatism ⋅ do-goodism ⋅ Don Juanism ⋅ Donatism ⋅ Druidism ⋅ Dualism ⋅ Dudeism ⋅ Dwarfism ⋅ Dynamism ⋅ Dysphemism ⋅ Ecclesiasticism ⋅ Echoism ⋅ Eclecticism ⋅ Ecofeminism ⋅ Ecoterrorism ⋅ Ecotourism ⋅ Ecumenicalism ⋅ Ecumenicism ⋅ Ecumenism ⋅ Egalitarianism ⋅ Egocentrism ⋅ Egoism ⋅ Egotism ⋅ Electromagnetism ⋅ Elitism ⋅ Embolism ⋅ Emotionalism ⋅ Empiricism ⋅ Enantiomorphism ⋅ Encyclopedism ⋅ Endemism ⋅ Endomorphism ⋅ Endoparasitism ⋅ Entrepreneurialism ⋅ Environmentalism ⋅ Eonism ⋅ Epicenism ⋅ Epicureanism ⋅ Epicurism ⋅ Epigonism ⋅ Epigrammatism ⋅ Epiphenomenalism ⋅ Epiphytism ⋅ Epizoism ⋅ Equalitarianism ⋅ Eremitism ⋅ Erethism ⋅ Ergotism ⋅ Eroticism ⋅ Erotism ⋅ Erraticism ⋅ Erythrism ⋅ Escapism ⋅ Esotericism ⋅ Essenism ⋅ Essentialism ⋅ Establishmentarianism ⋅ Estheticism ⋅ Etatism ⋅ Ethnocentrism ⋅ Eudaemonism ⋅ Eudaimonism ⋅ Euhemerism ⋅ Eunuchism ⋅ Euphemism ⋅ Euphuism ⋅ Evangelicalism ⋅ Evangelism ⋅ Evolutionism ⋅ Exceptionalism ⋅ Exclusivism ⋅ Exhibitionism ⋅ Existentialism ⋅ Exogenism ⋅ Exorcism ⋅ Exoticism ⋅ Exotism ⋅ Expansionism ⋅ Expatriatism ⋅ Experimentalism ⋅ Expertism ⋅ Expressionism ⋅ Externalism ⋅ Extremism ⋅ Factionalism ⋅ Factualism ⋅ Faddism ⋅ Fairyism ⋅ Faism ⋅ Familism ⋅ Fanaticism ⋅ Faradism ⋅ Fascism ⋅ Fatalism ⋅ Fauvism ⋅ Favism ⋅ Favoritism ⋅ Federalism ⋅ Feminism ⋅ Ferrimagnetism ⋅ Ferromagnetism ⋅ Fetichism ⋅ Fetishism ⋅ Feudalism ⋅ Feuilletonism ⋅ Fideism ⋅ Finalism ⋅ Flagellantism ⋅ Flunkyism ⋅ Fogeyism ⋅ Fogyism ⋅ Foreignism ⋅ Formalism ⋅ Formulism ⋅ Frankism ⋅ Fraternalism ⋅ Freneticism ⋅ Funambulism ⋅ Functionalism ⋅ Fundamentalism ⋅ Fusionism ⋅ Futilitarianism ⋅ Futurism ⋅ Gallicism ⋅ Galvanism ⋅ Gangsterism ⋅ Genteelism ⋅ Geomagnetism ⋅ Geotropism ⋅ Germanism ⋅ Giantism ⋅ Gigantism ⋅ Globalism ⋅ Gnosticism ⋅ Gongorism ⋅ Gothicism ⋅ Gourmandism ⋅ Governmentalism ⋅ Gradualism ⋅ Grangerism ⋅ Greenbackism ⋅ Gutturalism ⋅ Gynandromorphism ⋅ Gypsyism ⋅ Hasidism ⋅ Heathenism ⋅ Hebraism ⋅ Hedonism ⋅ Heightism ⋅ Heliotropism ⋅ Hellenism ⋅ Helotism ⋅ Hemimorphism ⋅ Henotheism ⋅ Herbalism ⋅ Hermaphroditism ⋅ Hermeticism ⋅ Hermetism ⋅ Hermitism ⋅ Heroinism ⋅ Heroism ⋅ Hetaerism ⋅ Hetairism ⋅ Heteroecism ⋅ Heteromorphism ⋅ Heterothallism ⋅ Highbrowism ⋅ Hinduism ⋅ Hipsterism ⋅ Hirsutism ⋅ Hispanism ⋅ Historicism ⋅ Hitlerism ⋅ Hoboism ⋅ Holism ⋅ Holometabolism ⋅ Homeomorphism ⋅ Homoeroticism ⋅ Homomorphism ⋅ Homothallism ⋅ Hoodlumism ⋅ Hoodooism ⋅ Hooliganism ⋅ Hucksterism ⋅ Humanism ⋅ Humanitarianism ⋅ Hussitism ⋅ Hybridism ⋅ Hydrotropism ⋅ Hylozoism ⋅ Hypercatabolism ⋅ Hypercriticism ⋅ Hyperinsulinism ⋅ Hypermetabolism ⋅ Hyperparasitism ⋅ Hyperparathyroidism ⋅ Hyperpituitarism ⋅ Hyperrealism ⋅ Hyperthyroidism ⋅ Hyperurbanism ⋅ Hypnotism ⋅ Hypocorism ⋅ Hypoparathyroidism ⋅ Hypopituitarism ⋅ Hypothyroidism ⋅ Ibsenism ⋅ Idealism ⋅ Idiotism ⋅ Idolism ⋅ Illiberalism ⋅ Illuminism ⋅ Illusionism ⋅ Imagism ⋅ Immanentism ⋅ Immaterialism ⋅ Immobilism ⋅ Immoralism ⋅ Imperialism ⋅ Impressionism ⋅ Incendiarism ⋅ Incrementalism ⋅ Indeterminism ⋅ Indifferentism ⋅ Individualism ⋅ Industrialism ⋅ Infantilism ⋅ Inflationism ⋅ Initialism ⋅ Institutionalism ⋅ Instrumentalism ⋅ Insularism ⋅ Intellectualism ⋅ Internationalism ⋅ Interventionism ⋅ Introspectionism ⋅ Intuitionism ⋅ Invalidism ⋅ Iodism ⋅ Iotacism ⋅ Irishism ⋅ Irrationalism ⋅ Irredentism ⋅ Islamism ⋅ Ism ⋅ Isma’ilism ⋅ Isobarism ⋅ Isochronism ⋅ Isolationism ⋅ Isomerism ⋅ Isomorphism ⋅ Jainism ⋅ Jansenism ⋅ Jediism ⋅ Jesuism ⋅ Jesuitism ⋅ jim crowism ⋅ Jingoism ⋅ Jism ⋅ John Bullism ⋅ Journalism ⋅ Judaism ⋅ Jujuism ⋅ Junkerism ⋅ Kabalism ⋅ Kabbalism ⋅ Kaiserism ⋅ Kemetism ⋅ Kopimism ⋅ Krishnaism ⋅ Ku Kluxism ⋅ labsurdism ⋅ Laconism ⋅ Laicism ⋅ Lamaism ⋅ Lamarckism ⋅ Landlordism ⋅ Landmarkism ⋅ Lathyrism ⋅ Latinism ⋅ Latitudinarianism ⋅ Leftism ⋅ Legalism ⋅ Legitimism ⋅ Leninism ⋅ Lesbianism ⋅ Liberalism ⋅ Libertarianism ⋅ Libertinism ⋅ Lingayatism ⋅ Literalism ⋅ Liturgism ⋅ Lobbyism ⋅ Localism ⋅ Locoism ⋅ Lollardism ⋅ Lookism ⋅ Looksism ⋅ Loyalism ⋅ Luciferianism ⋅ Luminism ⋅ Lutheranism ⋅ Lyricism ⋅ Lyrism ⋅ Machoism ⋅ Maenadism ⋅ Magnetism ⋅ Majoritarianism ⋅ Malapropism ⋅ Mammonism ⋅ Mandaeism ⋅ Mandarinism ⋅ Manichaeism ⋅ Mannerism ⋅ Manorialism ⋅ Marcionism ⋅ Martinism ⋅ Marxism ⋅ Masochism ⋅ Materialism ⋅ Maternalism ⋅ Mazdakism ⋅ Mechanism ⋅ Medievalism ⋅ Melanism ⋅ Meliorism ⋅ Mendelism ⋅ Menshevism ⋅ Mentalism ⋅ Mercantilism ⋅ Mesmerism ⋅ Messianism ⋅ Metabolism ⋅ Metamerism ⋅ Metamorphism ⋅ Metasomatism ⋅ Methodism ⋅ me-tooism ⋅ Metricism ⋅ Microorganism ⋅ Microprism ⋅ Microseism ⋅ Militarism ⋅ Millenarianism ⋅ Millennialism ⋅ Millerism ⋅ Minimalism ⋅ Misoneism ⋅ Mithraism ⋅ Mobbism ⋅ Modernism ⋅ Mohism ⋅ Mohockism ⋅ Momism ⋅ Monachism ⋅ Monadism ⋅ Monarchism ⋅ Monasticism ⋅ Monetarism ⋅ Mongolism ⋅ Monism ⋅ Monochromatism ⋅ Monoecism ⋅ Monometallism ⋅ Monomorphism ⋅ Monorchidism ⋅ Monotheism ⋅ Montanism ⋅ Moralism ⋅ Mormonism ⋅ Moronism ⋅ Morphinism ⋅ Mosaicism ⋅ Mullahism ⋅ Multiculturalism ⋅ Multilateralism ⋅ Multilingualism ⋅ Multiracialism ⋅ Mumboism ⋅ Muqallidism ⋅ Mutism ⋅ Mutualism ⋅ Muwahhidism ⋅ Mysticism ⋅ Nabobism ⋅ Nanism ⋅ Narcism ⋅ Narcissism ⋅ Narcotism ⋅ Nasalism ⋅ Nationalism ⋅ Nativism ⋅ Naturalism ⋅ Naturism ⋅ Nazism ⋅ Necessitarianism ⋅ Necrophilism ⋅ Negativism ⋅ Neoclassicism ⋅ Neocolonialism ⋅ Neoconservatism ⋅ Neo-Druidism ⋅ Neoliberalism ⋅ Neologism ⋅ Neopaganism ⋅ Neoplasticism ⋅ Neoplatonism ⋅ Neopythagoreanism ⋅ Neorealism ⋅ Neoshamanism ⋅ Nephrism ⋅ Nepotism ⋅ Neuroticism ⋅ Neutralism ⋅ Nihilism ⋅ NIMBYism ⋅ Noahidism ⋅ Nomadism ⋅ Nominalism ⋅ Nomism ⋅ Nonconformism ⋅ Nondenominationalism ⋅ Nonobjectivism ⋅ Nonrepresentationalism ⋅ Nontrinitarianism ⋅ Nudism ⋅ Obeahism ⋅ Obelism ⋅ Obiism ⋅ Objectivism ⋅ Obscurantism ⋅ Obstructionism ⋅ Occultism ⋅ Odinism ⋅ Officialism ⋅ Ogreism ⋅ Ogrism ⋅ Onanism ⋅ Operationalism ⋅ Operationism ⋅ Opiumism ⋅ Opportunism ⋅ Optimism ⋅ Oralism ⋅ Orangeism ⋅ Organicism ⋅ Organism ⋅ Orientalism ⋅ Orphism ⋅ Ostracism ⋅ Overoptimism ⋅ Pacificism ⋅ Pacifism ⋅ Padronism ⋅ Paeanism ⋅ Paedomorphism ⋅ Paganism ⋅ Paleomagnetism ⋅ Paludism ⋅ Pan-Slavism ⋅ Pantheism ⋅ Papism ⋅ Parajournalism ⋅ Parallelism ⋅ 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Professionalism ⋅ Prognathism ⋅ Progressivism ⋅ Prosaism ⋅ Proselytism ⋅ Prostatism ⋅ Protectionism ⋅ Protestantism ⋅ Provincialism ⋅ Prussianism ⋅ Pseudoclassicism ⋅ Pseudomorphism ⋅ Psychologism ⋅ Ptyalism ⋅ Puerilism ⋅ Pugilism ⋅ Purism ⋅ Puritanism ⋅ Puseyism ⋅ Pygmyism ⋅ Pyrrhonism ⋅ Pythagoreanism ⋅ Quackism ⋅ Quakerism ⋅ Quietism ⋅ Quislingism ⋅ Quixotism ⋅ Quranism ⋅ Rabbinism ⋅ Racemism ⋅ Racialism ⋅ Racism ⋅ Radicalism ⋅ Raelism ⋅ Rationalism ⋅ Reactionaryism ⋅ Realism ⋅ Rebaptism ⋅ Recidivism ⋅ Reconstructionism ⋅ Reductionism ⋅ Reformism ⋅ Refugeeism ⋅ Regionalism ⋅ Relativism ⋅ Representationalism ⋅ Republicanism ⋅ Restorationism ⋅ Restrictionism ⋅ Revanchism ⋅ Revisionism ⋅ Revivalism ⋅ Rheumatism ⋅ Rhotacism ⋅ Rightism ⋅ Rigorism ⋅ Ritualism ⋅ Robotism ⋅ Romanism ⋅ Romanticism ⋅ Rosicrucianism ⋅ Rousseauism ⋅ Routinism ⋅ Rowdyism ⋅ Royalism ⋅ Ruffianism ⋅ Ruralism ⋅ Sacerdotalism ⋅ Sacramentalism ⋅ Sadism ⋅ Sadomasochism ⋅ Salvationism ⋅ Samaritanism ⋅ Sansculottism ⋅ 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Surrealism ⋅ Survivalism ⋅ Suwunism ⋅ Swarajism ⋅ Swedenborgianism ⋅ Sybaritism ⋅ Sycophantism ⋅ Syllabism ⋅ Syllogism ⋅ Symbolism ⋅ Symmetallism ⋅ Synchronism ⋅ Syncretism ⋅ Syndactylism ⋅ Syndicalism ⋅ Synergism ⋅ Syntheism ⋅ Systematism ⋅ Tachism ⋅ Talmudism ⋅ Tantrism ⋅ Taoism ⋅ Tarantism ⋅ Tautomerism ⋅ Technopaganism ⋅ Tectonism ⋅ Teetotalism ⋅ Televangelism ⋅ Tenebrism ⋅ Tengrism ⋅ Teratism ⋅ Territorialism ⋅ Terrorism ⋅ Teutonism ⋅ Theatricalism ⋅ Theism ⋅ Theocentrism ⋅ Thermoperiodism ⋅ Thermotropism ⋅ Thigmotropism ⋅ Thromboembolism ⋅ Titanism ⋅ Titoism ⋅ Toadyism ⋅ Tokenism ⋅ Toryism ⋅ Totalism ⋅ Totalitarianism ⋅ Totemism ⋅ Tourism ⋅ Traditionalism ⋅ Transcendentalism ⋅ Transnationalism ⋅ Transsexualism ⋅ Transvestism ⋅ Traumatism ⋅ Triadism ⋅ Tribadism ⋅ Tribalism ⋅ Trichromatism ⋅ Triliteralism ⋅ Trimerism ⋅ Tritheism ⋅ Triumphalism ⋅ Troilism ⋅ Tropism ⋅ Trotskyism  ⋅ Truism ⋅ Tsarism ⋅ Tzarism ⋅ Ultraconservatism ⋅ Ultraism ⋅ Ultraleftism ⋅ Ultraliberalism ⋅ 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