Miklos
« Je donne mon avis non comme bon mais comme mien. » — Michel de Montaigne

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10 août 2010

Google propose la Scientologie

Classé dans : Actualité, Médias, Publicité, Religion, Sciences, techniques — Miklos @ 7:30

Howard Allen O’Brien, plus connue (c’est une femme nonobstant ses prénoms) sous le nom d’Anne Rice, est un écrivain de best-sellers « érotiques, gothiques, d’horreur, de romance » et à thèmes religieux. Justement, à propos de religion : elle vient d’annoncer qu’elle abandonnait le christianisme avec lequel elle a une histoire mouvementée, à commencer par son changement de prénom son premier jour de classe (en réponse à une religieuse qui lui demandait son prénom).

À 18 ans, elle quitte l’Église, puis y revient à 47 ans. Dans un récent article, le Los Angeles Times relate qu’elle vient d’annoncer sur sa page Facebook qu’elle la requittait, ou, plus précisément, “to move away from organized religion in the name of Christ.” Et elle explique ainsi sa décision : “I quit being a Christian. I’m out. In the name of Christ, I refuse to be anti-gay. I refuse to be anti-feminist. I refuse to be anti-artificial birth control. I refuse to be anti-Democrat. I refuse to be anti-secular humanism. I refuse to be anti-science. I refuse to be anti-life. In the name of… Christ, I quit Christianity and being Christian.”

Google, qui n’est jamais en reste avec son système de publicité contextuelle, propose aux lecteurs le site de la Scientologie comme alternative à cette religion organisée anti-démocratique et anti-humaniste que Rice vient de quitter (et, en passant, un autre site qui étudie « objectivement et scientifiquement » la divinité du Christ qu’il démontre ainsi). On en connaît les vertus démocratiques et humanistes.

Tout surfeur avisé aura d’ailleurs remarqué que les publicités de Google semblent provenir par vagues, et actuellement ce serait un tsunami scientologue, que l’on retrouve attachée à toutes sortes d’articles qui ne semblent pas concerner particulièrement la religion, tel celui du Boston Globe en ligne à propos de ces doux synoques qui possèdent un nombre très élevé d’animaux domestiques dans des conditions souvent insalubres (à l’instar de cette personne qui possédait 51 lapins et 11 chinchillas, ou cette mère et sa fille qui hébergeaient 70 chats et 15 chiens dans leur maison et campaient dans une tente afin de leur laisser toute la place).

On se demande pourquoi Google recommande la Scientologie comme alternative à ce type de pathologie ; son autre proposition semble tout de même plus saine et liée à la nature : l’agritourisme en Italie.

7 août 2010

Life in Hell: Libération conditionnel

Classé dans : Actualité, Médias — Miklos @ 13:45

« Mon sang ne fit pas cent tours. Mon sang ne fit pas cinquante tours. Mon sang ne fit pas vingt tours. (J’abrège pour ne pas fatiguer le lecteur.) Mon sang ne fit pas dix tours. Mon sang ne fit pas cinq tous. Non, mesdames, non, messieurs, mon sang ne fit pas seulement deux tours. Vous me croirez si vous voulez : mon sang… Mon sang ne fit qu’un tour ! » — Alphonse Allais.

« Libération : décharge d’une ser­vi­tude. » — Dictionnaire de l’Académie française, 1777.

Le soleil se lève, Akbar aussi. Il se rend, comme chaque matin, à la salle de sport. Ce n’est pas pour conquérir le titre de Mr Muscles mais pour éviter d’esse oppressum totius corporis doloribus et surtout qu’on le traite d’opimus, se dit-il dans son meilleur latin.

La séance assidûment et péniblement achevée, Akbar s’en rentre chez lui. Comme chaque matin, il ouvre sa boîte à lettres et en retire son exemplaire de Libération. Il s’y est abonné d’une part pour soutenir la presse, mais aussi pour assurer le mens sana maintenant qu’il a veillé au corpore sano.

Sur ces entrefaites, il croise le mari de la gentille et nonobstant observatrice Michèle. Après les salutations d’usage, celui-ci lui raconte que, chaque matin, il trouve le quotidien d’Akbar par terre près de la porte cochère. Pas très cachère comme livraison, se dit aussitôt Akbar, ça doit être le « porteur spécial » vanté par le formulaire d’abonnement qui le glisse sous la porte sans se fouler. Trop spécial ce porteur, opine Akbar in petto, ça doit être le même que celui de Télérama. Le mari poursuit : c’est moi qui le dépose dans votre boîte à lettres chaque jour, c’est la moindre des choses entre voisins. Il est vraiment aussi gentil que Michèle, en conclut Akbar qui le remercie avec profusion.

Le sang d’Akbar ne fait pas cent tours (etc., vid. sup.) : il écrit une lettre à Libération et leur intime d’assurer une livraison fiable et conforme à leur engagement faute de quoi il se libérera sur le champ de cette servitude volontaire en résiliant son abonnement. En attendant qu’ils répondent, ce sera Libération conditionnel.

Jeff et Akbar sont les personnages d’une série de bandes dessinées de Matt Groening, qui est aussi le père de la fameuse – et infâme – famille Simpson.

5 août 2010

L’orthographe de Midi Libre, encore des défis importants à régler.

Classé dans : Actualité, Langue, Médias — Miklos @ 12:17

La une de MidiLibre.com, aujourd’hui (corrigée plus tard).

29 juillet 2010

Life in Hell : la Poste et le poste.

Classé dans : Actualité, Médias — Miklos @ 18:46

« Un million de téléspectateurs fermeront peut-être leur poste après avoir ouvert Télérama. » (Source)

Le soleil se lève, Akbar aussi. Il descend prendre son courrier. Il ouvre sa boîte à lettres et découvre, stupéfait, plusieurs Téléramas destinés à ses voisins. Tiens, s’étonne-t-il, Mimi et Jaja lisent ça ? Que Nanard en soit un fan ne le surprend pas, par contre.

Quelle que soit son opinion personnelle de la dite publication, en bon voisin il dépose les exemplaires dans les boîtes idoines. De gustibus non disputandi, se dit-il dans son meilleur latin.

À ce moment, entre une factrice, belle, brune et ténébreuse. Akbar la salue et lui demande si c’est la Poste qui distribue ce… hum… périodique, et si oui, pourquoi elle les lui a tous donnés, il n’est pas la concierge de l’immeuble tout de même (pensant affectueusement, in petto et toujours en latin à la gentille et nonobstant observatrice Michèle).

La belle brune et ténébreuse lui répond que non, c’est une société privée qui en est chargée, et d’ailleurs dans les immeubles où elle vient de distribuer le courrier elle en a trouvé de nombreux exemplaires par terre – qu’elle a gentiment mis dans les boîtes de leurs destinataires afin de leur éviter un éventuel traumatisme dû au manque de leur drogue hebdomadaire – et a entendu des gens se plaindre de cet état de fait.

Akbar en déduit que Télérama a décidé d’optimiser ses frais en faisant distribuer son… hum… magazine au lance-pierre par un concurrent de la Poste. Bon coût pour Télérama, mauvais coup pour ses abonnés, conclut Akbar, en français cette fois. Bonus malus, lui souffle Jeff.

Bon bougre, il décide d’écrire à l’éditeur dudit… hum… hebdomadaire pour lui conseiller de demander à son prestataire de s’entraîner au lancer à distance de courrier, ou, à défaut, de le remplacer avantageusement par Romain Mesnil, par exemple, dont les qualités (de viseur) et la connaissance des rues de Paris ne sont plus à démontrer.

Jeff et Akbar sont les personnages d’une série de bandes dessinées de Matt Groening, qui est aussi le père de la fameuse – et infâme – famille Simpson.

20 juin 2010

Une Américaine pas si tranquille que ça / Catch-22 as can catch in Craigslist

Classé dans : Actualité, Société — Miklos @ 10:16

Une petite annonce dans la section parisienne de Craigslist, intitulée « American woman look for serious man – 22 » (le 22 est l’âge prétendu de la prétendante) ne manquera pas de conquérir le cœur de tout chasseur solitare, ou, comme elle le dit si poétiquement, « Faites-moi savoir si vous êtes prêt à plonger dans l’océan le plus passionné de la poussière de tournesol ».

« Franchement, écrit notre jeune auteure et nonobstant volleyballeuse tout de go au début de son annonce-fleuve aussi longue qu’un roman de Dosto­ïevski, je suis une personne très opti­miste dont le sourire peut vous ré­chauf­fer le cœur, même dans une journée d’hiver enneigée. » Cette phrase rappellera aux fans d’Einstein on the beach de Bob Wilson celle qui exprime l’opinion qu’ont les Russes des parisiennes : “A Russian man once said that the eyes of a Paris lady are as into­xicating as good wine, and that her burning kisses are capable of melting the gold in a man’s teeth.”

Pourquoi Dostoïevsky, pourquoi la Russie? Parce que tout homme curieux aura vite fait de rechercher dans Google la source de ce texte évocateur que nous reproduisons ci-dessous. Hor­resco referens, il s’agit d’une jeune fille esseulée à Tampa en Floride, ou d’une belle moscovite, voire de Juliya, Ukrainienne de 30 ans présente sur de nombreux sites de rencontres de jeunes filles de l’ex-URSS très légèrement vêtues malgré les journées d’hiver enneigées de leur pays (les âmes charitables sont priées de leur envoyer les habits dont elles n’ont plus besoin)…

Cette femme aux trois (ou plus) visages n’a aucun des charmes de l’Olympia-Antonia-Giulietta (malgré la proximité du dernier prénom) d’Offen­bach. Mais il est vrai qu’elle n’est sans doute pas à la recherche d’un poète fauché mais plutôt d’un, comment dit-on, richissime sponsor.

An ad in the Paris dating & romance sec­tion of Craigslist, purpor­tedly pos­ted by a pre­ten­dedly 22 year-old Ame­ri­can woman in search of a serious man, will strike a chord in the heart of lonely hunters who, as she poetically pens, “are ready to dive into the most passionate ocean of sunflower’s dust”.

“Frankly speaking, writes our young authoress and volley-ball player at the opening of her rambling prose as long as a Dostoyevsky novel (see below), I’m a very optimistic person whose smile can warm your heart even in a snowy winter day.” Doesn’t this remind you, o ye fans of Bob Wilson’s Einstein on the Beach, of the line in the Old Judge speech regarding the opinion of Russian men about the Parisiennes: “A Russian man once said that the eyes of a Paris lady are as intoxicating as good wine, and that her burning kisses are capable of melting the gold in a man’s teeth”?

Why do we mention Dostoyevsky and Russian men? Because any man whose curiosity has been piqued by the ad to the extent of googling her before ogling her, would have found that she is a young lonely woman in Tampa (FL), and at the same time a beautiful woman in Moscow as well as Juliya, a 30-year-old luscious Ukrai­nian woman in Odessa, whose presence on many dating sites dedi­cated to ex-USSR scantly dressed women despite the many snowy winter days they have to endure will certainly incite you to send her your old, unused, out-of-fashion, clothing.

This multifaceted woman doesn’t have any of the charms of Olympia-Antonia-Giulietta (despite the resemblance of Juliya/Giulietta) in Offenbach’s La Vie parisienne. But it is true that she’s probably not looking for a poor poet but rather for a, how shall we put it, rich sponsor.

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